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 Patrick Rambaud [Humour]

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coline
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MessageSujet: Patrick Rambaud [Humour]   Dim 4 Mai 2008 - 15:14



Patrick Rambaud est né à  Paris en 1946.
Prix  Goncourt en  1997( avec La Bataille), il est l’ auteur de pastiches, parodies et autres satires (une quarantaine).
Il avait, entre autres, parodié  Duras dans  Virginie Q signé Marguerite Duraille .

Après François Mitterrand ("Le Tronc et l’écorce"), Nicolas Sarkozy est le deuxième président français à qui Patrick Rambaud s’en prend dans son dernier ouvrage Chronique du règne de Nicolas 1er

Citation :
Bibliographie/Index (Cliquez sur les chiffres pour accéder directement aux pages)

1976 - Les Complots de la liberté - 1832
1977 - Parodies par Michel-Antoine Burnier & Patrick Rambaud
(comprenant des parodies de Simone de Beauvoir, Pierre-Jakez Hélias, Marguerite Duras, Louis Aragon, Henry de Montherlant, Gilles Deleuze et Félix Guattari, André Malraux, Samuel Beckett, Emmanuelle Arsan, Boris Vian, Françoise Mallet-Joris et Philippe Sollers, François Mitterrand, Roland Barthes, André Breton, Françoise Sagan, Maurice Clavel, Gérard de Villiers, Charles de Gaulle)
1984 - Fric-frac, Grasset
1985 - La Mort d'un ministre, Grasset
1986 - Comment se tuer sans avoir l'air, La Table Ronde
1988 - Virginie Q.,   - sous le pseudonyme de Marguerite Duraille
1988 - Le Visage parle
1980 - Elena Ceausescu : carnets secrets
1990 - Ubu président
1994 - 1848, Grasset
1991 - Les Mirobolantes Aventures de Fregoli
1996 - Le Gros Secret : mémoires du labrador de François Mitterrand (sous le pseudonyme Baltique)
1996 - Mururoa mon amour- sous le pseudonyme de Marguerite Duraille
1997 - La Bataille  Pages  2
1997 - Le Journalisme sans peine
1998 - Les Aventures de mal
2000 - Il neigeait
2001 - Bernard Pivot reçoit…  Pages 3
2002 - Comme des rats  Pages 2
2003 - L'Absent
2004 - Le Sacre de Napoléon - 2 décembre 1804
2005 - L'Idiot du village  Pages 1
2006 - Le Chat botté
2007 - La Grammaire en s'amusant
Chroniques du règne de Nicolas Ier (en pastiche de Saint-Simon) :
2008 - Chronique du règne de Nicolas Ier (Chronique des six premiers mois du « règne » de Sarkozy)   Pages 1, 2
2009 - Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier  Pages 2, 3
2010 - Troisième chronique du règne de Nicolas Ier  Pages 3
2011 - Quatrième chronique du règne de Nicolas Ier
2012 - Cinquième chronique du règne de Nicolas Ier
2013 - Tombeau de Nicolas Ier, avènement de François IV


Citation :
Arrêté le 15/01/2013 à la page 3
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coline
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Dim 4 Mai 2008 - 15:17

Chronique du règne de Nicolas 1er

C’ est un pamphlet satirique. Il n’y a pas de révélations mais une reformulation des événements depuis l’avènement de Nicolas 1er jusqu’en novembre 2007.
Je l’ai trouvé très drôle et me suis prise à espérer qu’il y aurait d’autres volumes…

Un portrait irrésistible du personnage appelé Sa Majesté, Notre Précieux Souverain, Notre Bien-Aimé Monarque, Notre Magnifique Souverain, Notre Stupéfiant Souverain, Notre Avisé Souverain, Notre Sublime Majesté, Notre Efficace Majesté…

« Même parvenu, notre Précieux Souverain ne trouva point la paix en lui-même, tant il restait secoué en continu par des nervosités. Qui l’a vu fixe et arrêté ? Il ne bougeait que par ressorts. Si vous le regardiez dans sa course, vous démontiez la machine. Il marchait des épaules, avec une façon personnelle de se dévisser le cou, remuant par courtes saccades comme s’il était engoncé dans un costume que lui taillait pourtant à ses mesures un artiste italien en renom. Il ne tenait pas en place. Quand il parlait au public, plusieurs fois dans une même journée, il se rengorgeait ainsi qu’un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions pour animer ses dires, dont la teneur importait peu car ses discours valaient par leur forme plutôt que par un fond très changeant selon les auditoires ; pour cela il était bien pourvu d’une panoplie complète de mines et de tics qui ponctuaient ses paroles, les versant tantôt vers l’évidence, tantôt vers l’ironie, tantôt vers l’enflure. »

La photo officielle:
"Toujours dans l’esprit de rompre avec les coutumes d’avant, l’Impératrice se chargea du portrait officiel, mandant pour cela un spécialiste des starlettes qui devait apporter du neuf. Eh non! Là aussi, on renoua avec la tradition en posant le Souverain devant la même bibliothèque que le roi Mitterrand qui, lui, tenait à la main un livre de M. Montaigne. Sa Majesté ne tenait aucun livre car ne savait comment cela se tenait."


« Plus Notre Souverain montait vers les cimes et plus il exigea d’autrui une parfaite révérence, et jamais il n’hésita à menacer les gazetiers trop fouilleurs ou malintentionnés : « Toi, disait-il à qui avait douté et critiqué, toi je ne t’oublierai pas ! ». Car il avait une forte mémoire des outrages ou de ce qu’il prenait pour tels. »

« Notre Magnifique Souverain ne se chargeait point la cervelle.[…] Sa Majesté entendait remplacer la sotte érudition par la vitesse de ses propos. « Je ne suis pas un intellectuel », aimait répéter Notre Maître Affirmé pour qui une cervelle encombrée ne valait pas tripette. Les décisions devaient s’enchaîner, et mieux encore : les images de ces décisions. »

Portraits savoureux aussi de ceux dont il s’entoure.
Morceaux choisis :

« Notre Stupéfiant Souverain avait souvent chanté la transparence des mœurs en politique et il ne put trouver plus transparent que le Duc de Sablé (Fillon), qui le laissait toujours gagner d’une enjambée,, ayant pour vocation de demeurer en retrait et pour ambition d’exécuter.[…] Il s’accommoda de la brochette de ministres que Notre Avisé Souverain lui offrait, à charge pour lui d’harmoniser leurs partitions afin que nul n’entendit de couacs. »

« On nota à la Justice la présence de la fille adoptive de Leurs Majestés Compatissantes, la baronne d’Ati, parce que, sur la photographie traditionnelle de ce ministère, il fallait remarquer des robes vives et féminines parmi les costumes anthracite, ce qui égayait l’ensemble et faisait joli comme image. Cette baronne d’Ati ramassait dans son histoire et son trajet les thèmes qui ravissaient Sa Majesté, et qui feraient sangloter les âmes sensibles comme il y a longtemps la lecture des Deux orphelines à la veillée. Mérite, effort et récompense, voilà ce qu’elle représentait comme un exemple à opposer à la fainéantise congénitale du troupeau, pour lequel le travail pesait, quand il y en avait, et plus encore quand il n’y en avait pas.
[…] C’était une Mauresque des bords de Saône. Elle avait du mordant, on disait même qu’elle avait de grandes dents, tant au-dehors qu’au-dedans. Se retournant vers son passé, la baronne lançait des formules : « On peut être pauvre et heureux ! », ceci à l’adresse de ces millions de pauvres englués tout en bas, sans autre espoir que l’Euromillions et dont personne ne voulait même au banc de nage d’une galère. »


« Le pouvoir n’était point dans les palais convenus de l’Etat, mais les dirigeants authentiques étaient regroupés au Château dans les parages immédiats de Notre Sublime Majesté.[…] Ily avait des favoris plus favoris que les autres, sur lesquels Son Efficace Majesté se reposait. Les deux essentiels étaient disposés comme presse-livres de chaque côté du sanctuaire d’où surgissaient les décisions cruciales.
[…] A droite, quand on regardait les jardins bien tondus du Château, le cardinal de Guéant occupait le bureau d’angle.[…] A la totale disposition de Sa Majesté qu’il admirait pour avoir déjà orchestré son action à la Police et sa campagne de France. La galopade sans fin de Son Maître, qui sautait telle une puce d’un sujet à l’autre, le fascinait, lui, l’immobile, qui restait planté dans l’ombre des coulisses, avec, doit-on le dire, une certaine délectation.
[…] A gauche du sanctuaire officiait un second favori, le chevalier de Guaino, dont la charge était bien lourde : il devait coudre les discours et les interventions de Notre Souverain afin qu’il montrât une belle aisance à tous propos et en toutes circonstances.[…] Le mot secrétaire, d’ailleurs, signifiait « qui connaît les secrets du Prince ». Le travail était abrupt car il fallait mettre en forme les bribes de paroles et le vouloir de Sa Majesté, leurdonner une charpente puisque celle-ci n’était pas au fait de notre langue, n’ayant obtenu qu’un pâle sept sur vingt en français au baccalauréat . Notre Adolescente Majesté s’était dépatouillée fort mal des dissertations lycéennes dont les thèmes lui demeuraient obscurs et la laissaient en surchauffe mentale.[…] Ajoutons qu’en ce temps-là il n’avait point encore le loisir d’obtenir une note prestigieuse par décret, et on saisira son aversion pour les humanités, l’histoire, la géographie, les mathématiques et la philosophie où il stagnait en dessous de la moyenne.
Au chevalier de Guaino de broder avec fougue, assis à sa table, des envolées nourries de citations tronquées dont il tenait un catalogue complet. […] Ces fragments devenaient des fétiches, et leur portée n’était pas mince, donnant à Notre Souverain Universel un souffle et une science que chacun vénérait à condition qu’il ait fait des études courtes. »

« Porte-plume, porte-coton, porte-parole, porte-voix, porte-fanion, porte-chéquier, porte-clés se côtoyaient ainsi dans l'intimité du Château pour servir à genoux. Nous n'allons pas énumérer ces personnels, cela fatiguerait, ni mentionner les degrés de servilité ou la relative puissance de chacun; contentons-nous de regarder brièvement celui qui fermait ce peloton, le petit marquis de Benamou, parce que son cas était exemplaire. L'Avisé Souverain le chargea d'une mission peu gratifiante qu'il maquilla en prestige, à la culture, car il en fallait un et on ne trouva que lui, courtisan-né, toujours prompt à se faufiler dans les antichambres en quémandeur de poste, pourvu que cela lui apportât des avantages, un peu d'or et beaucoup de mousse. Il devait doubler Sa Majesté partout où celle-ci risquait de sombrer dans le bâillement et le désintérêt, au théâtre où il fallait rester longtemps assis sans agir, au concert, aux expositions où l'on devait faire le gracieux, dans les festivals qui fleurissaient l'été et ne servaient qu'à faire tourner le commerce local de la restauration et des souvenirs. Ce petit marquis de Benamou s'était jusque-là distingué dans le camp adverse à celui de Nicolas Ier… »
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Dim 4 Mai 2008 - 15:20

Chronique du règne de Nicolas 1er

Mon passage coup de coeur (vous comprendrez aisément pourquoi... content )

« Notre Leader Adulé ne savait rester devant une toile de M. Cézanne qui figurait des pommes, car il ne voyait pas la nécessité de ces fruits qu’on ne pouvait croquer. Il ne savait rester assis pour suivre du début à la fin Le déjeûner sur l’herbe de M. Jean Renoir, car, quitte à déjeûner sur l’herbe, autant que ce fût avec Johnny Walker Bush, le tsar Vladimir ou l’émir su Qatar avec lequel il était en affaires. A un concert de Mozart, où il n’y avait d’autre enjeu que la musique, il préférait un match de ballon parce qu’il y avait des points à marquer, un vainqueur à couronner, un perdant à écharper.
[…] L’école ? Elle devait fournir des contribuables pour éponger la dette nationale ; elle devait former, voire formater, des apprentis, des ouvriers, des employés, des boutiquiers, des ingénieurs. Il l’avait annoncé avant même son règne et très haut : « On a bien le droit de faire Lettres Anciennes, mais l’Etat ne va pas pouvoir payer longtemps pour des gens qui veulent cultiver leur esprit. » […] Qui n’était point rentable devait périr ; cela valait aussi pour les Universités dont Notre Maître entendait couper les branches mortes, ces matières sans issues concrètes et immédiates, et qu’elles devinssent privées, à la main des entreprises qui y puiseraient leur futur personnel. Ainsi y aurait-il une compétition entre les établissements, des diplômes plus ou moins valides et plus ou moins chers, parce que si l’étudiant paie des études longues de sa poche, il s’efforce mieux de réussir ; cantonnés aux études courtes, les démunis n’engorgeraient plus les amphithéâtres.
Après avoir aidé par un gros cadeau impérial et fiscal les mieux favorisés, Notre Paternel Leader cherchait le moyen de remplir ses caisses, vidées de nombreux milliards. Il voyait la Culture comme un gâchis, puisque le théâtre, la danse, l’opéra et autres fariboles artistiques suscitaient chez lui des envies de course à pied, donc il donna ses instructions pour réduire les aides et les subventions à ces gens-là, qui vivaient aux crochets d’un Etat bonasse. Aussi dans ce domaine, l’Empereur exigeait des résultats, décidant que la demande supplantât l’offre, que la création répondît aux attentes du public. Si on lui rétorquait qu’il y avait eu bien des pièces, bien des livres, bien des films qui, à leur sortie, avaient été fraîchement reçus ou même sifflés, avant de devenir des classiques, que MM de La Fontaine et Molière eux-mêmes avaient été subventionnés par Louis XIV, Sa Majesté répondait se moquer bien des largesses de Louis XIV, que son ami Clavier plaisait aux masses sans que l’Etat le payât de surcroît, que ni M. Macias ni Mme Line Renaud n’avaient besoin qu’on puisât pour leurs spectacles dans le Trésor Public. C’était imparable. Il n’y avait désormais que des produits à vendre, et même les œuvres d’Art de nos musées pourraient être vendues si cela rapportait. Les subsides de l’Etat allaient être distribués en fonction de la fréquentation des salles de cinéma et de théâtre, et tout le reste dépendrait étroitement du box-office qui, lui, ne se discutait pas.
En ce premier automne du règne, et pour la première fois depuis près d’un siècle, il n’y eut point de rentrée littéraire.[…] A elle seule, Sa Majesté recouvrait tout de son ombre. On ne voyait fleurir que la politique aux devantures, des opuscules, des libelles, des mémoires, des révélations, des rumeurs, des louanges sur le couple impérial, en concurrence avec lesgazettes qui, pour accroître leurs ventes, n’avaient qu’à publier les visages de Notre Souverain ou de l’Impératrice, même si elle ne souriait que contrainte, avec toujours ce regard pâle et flou. Un sirocco d’inculture soufflait au-dessus de nous, et sans doute annonçait des jours brûlants.
»
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Dim 4 Mai 2008 - 22:13

Patrick Rambaud a du talent pour la parodie.
Dans ce livre là c'est Saint-Simon et ses Mémoires qu'il pastiche, et c'est très bien fait.
On n'apprend pas grand chose de nouveau, mais c'est admirablement bien raconté.
A lire.


Dernière édition par Stell_A le Dim 4 Mai 2008 - 22:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Dim 4 Mai 2008 - 22:38

Merci Stell_A de m'avoir fait pofiter de cet ouvrage..;
Je vais le mettre au cerclage, j'espère qu'il aura du succès... content
(Partisans de Sarko s'abstenir... Wink )
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Lun 5 Mai 2008 - 7:09

"Chronique du règne de Nicolas 1er"

Patrick Rambaud est un auteur que j'apprécie tout particulièrement pour avoir écrit – entre autres – une passionnante tétralogie consacrée à l'empereur napoléon 1er : « La Bataille » - « Il neigeait » - « L'absent » - « Le chat botté ». Mais je l'apprécie d'autant plus depuis qu'il a commis cette « Chronique du règne de Nicolas 1er ».

Ne s'étant pas remis de cette sinistre journée du 6 mai 2007 qui a porté au pouvoir le plus ridicule des chefs d'état de l'Histoire de France, il a décidé de décrire, à la manière des Mémoires du Duc de Saint-Simon, l'ascension et les premiers mois du règne de cet homme dont les fonctions et les responsabilités – à l'instar de ses costumes – s'avèrent trop grandes pour lui.


Ainsi, du mois de mai à celui de novembre, Patrick Rambaud compose un portrait sans concessions de ce roitelet de pacotille, de ce principicule d'opérette qui a fait de la France un arrondissement de la Principauté de Monaco.
Tout y passe : des origines de notre vénéré leader jusqu'à son tonitruant divorce annoncé à grands coups de trompettes afin de noyer – par l'entremise de médias obséquieux – la montée d'un mécontement populaire, en passant par la composition d'un gouvernement formé d'habiles courtisans et de traîtres à la Gauche, ainsi que par quelques piques sur l'inculture crasse de notre monarque... heu... président, sans oublier l'actualité qui a marqué ces six premiers mois de règne : les vacances à Wolfeboro, la visite de Kadhafi, l'affaire Clearstream, le pouvoir d'achat des français en berne, etc...


Sur les origines de notre bouillant potentat on peut lire par exemple :


« Rien, cependant, rien ne disposait à de pareils honneurs Notre Trépidant Souverain. Il avait en effet connu l'enfance malaisée des fils d'immigrés, à la périphérie de notre capitale, dans une banlieue aux murs salis par les vapeurs automobiles et mal pourvue en logements sociaux. A Neuilly. Ainsi commença dans la plus parfaite modestie la légende de ce Chef Rutilant qui sentit monter en lui, très tôt et jusqu'à la migraine, le sang bouillonnant de ses ancêtres. Son père venait de Budapest et, pendant l'hiver glacial de 1948, on le vit dormir à même une grille du métro parisien, toutefois près de l'Arc de Triomphe. Epoque bénie ! Clémente République ! Désireux de regrouper une famille autour de lui mais sans vrai travail et sans un sou, ce père serait aujourd'hui reconduit en autocar à la frontière hongroise. Le cours de l'Histoire en eût été changé. »

Sur son parcours scolaire et son cheminement intellectuel :


« Il détestait l'école, le foie de veau et les légumes. A Saint-Louis-de-Monceau il ne brilla guère par l'étude, séchant des cours très ouvertement et par ennui, chahutant pour qu'on le remarquât, mais qui le remarquait ? Personne. Aussi le jeune solitaire s'enfermait-il dans sa mansarde de la rue Fortuny pour parfaire sa culture selon ses goûts et, tout en se gavant de pâtisseries, il posait sur son tourne-disques Teppaz en simili-cuir vert les oeuvres complètes des principaux poètes, gloire de leur époque, MM. Hervé Villard, Serge Lama et Johnny Halliday dont il connaissait les poèmes par coeur. [...]
Notre Adolescente Majesté s'était dépatouillée fort mal des dissertation lycéennes dont les thèmes lui demeuraient obscurs et la laissaient en surchauffe mentale. Un soir, à l'étude, devant un devoir ardu (en voici l'intitulé : « Corneille a peint les hommes tels qu'ils devraient être, Racine tels qu'ils sont, commentez et expliquez »), Notre Omniscient Souverain se trouva bien sec; à Cinna et au Cid il préférait de loin Thierry la Fronde ou Dallas qui le remuaient jusqu'à la moelle. Ajoutons encore qu'en ce temps-là il n'avait point encore le loisir d'obtenir une note prestigieuse par décret, et on saisira son aversion pour les humanités, l'histoire, la géographie, les mathématiques et la philosophie où il stagnait en dessous de la moyenne. »


Mais le ridicule n'est pas le privilège du Prince, et pour ce qui est de son entourage, Patrick Rambaud nous livre une galerie de portraits truculents où sont égratignés les membres du gouvernement, les officieux comme le Cardinal de Guéant, le chevalier de Guaino, et les officiels, comme la Baronne d'Ati, le Duc de Sablé (François Fillon) sans oublier bien sûr la marquise de La Garde :


« Elle présentait bien à l'écran, hâlée comme au retour de Biarritz, le cheveu gris de fer taillé court, le foulard de prix mais négligemment posé autour du cou, un sourire plein de dents fort hollywoodien. Enfin, elle illustrait jusqu'à l'extravagance l'individualisme forcené de la pensée régnante. « Vous voulez gagner des sous ? disait-elle. Faites comme moi, travaillez plus et plus encore, arrêtez de penser, agissez ! » Elle débusquait un flemmard derrière le moindre chômeur et n'en avait aucune indulgence ; elle ne saisissait pas que le petit nombre de chanceux qui parviendrait à travailler plus priverait des milliers d'autres de travailler tout court. Cela s'était vérifié dans bien des royaumes voisins, où l'on travaillait moins mais presque tous, et qui n'en étaient que plus riches, comme la Norvège, la Suisse, le Danemark, la Hollande, la Suède. Même si vous lui démontriez par les chiffres cette impertinente vérité, notre marquise n'en démordait pas et se cantonnait à la sienne. Elle allait répétant que le travail était une joie, condamnait à la tribune Le Droit à la Paresse de M. Paul Lafargue, un libelle de 1880 dont elle n'avait lu que le titre, qui l'épouvanta, sans savoir que son auteur s'extasiait en fait sur le machinisme naissant : grâce aux nouveaux engins, pensait-il, les enfants de huit ans n'auraient plus à travailler treize heures par jour ; sans doute, mais M. Lafargue n'avait pas prévu Les Temps Modernes de M. Chaplin, les usines de M. Ford, ni ces ingénieurs en automobile d'aujourd'hui que les cadences mangeaient et qui se pendaient dans leurs vestiaires, à Mulhouse.
Un jour, la marquise revint bouleversée de la gare du Nord. Quoi ? Avait-elle été remuée par les régiments banlieusards qui se tassaient dans des trains vieillots dangereux et sales ? Non. Ce n'était pas sa fibre. Elle sanglotait sur le sort des millionnaires obligés de s'expatrier à Londres ou à Bruxelles, et qu'elle avait vus monter, si moroses, si patriotes, dans l'Eurostar ou le Thalys pour échapper à l'impôt. La marquise de La Garde avait résolu de vivre à côté du réel, à l'inverse de notre très considéré Prix Nobel, M. Camus, qui l'en aurait instruit avec un seul adage : « la vérité de l'esclave vaut mieux que le mensonge du seigneur. » Pour qu'elle comprît M. Camus, il eût fallu que la marquise ne possédât point un gésier à la place du coeur et qu'elle eût un oeil moins myope. Peu importait. Deux jours après son installation au palais de Bercy, Sa Majesté la salua en ces termes : « c'est la meilleure à cette place, elle va battre tous les records ! » On ne sut pas tout de suite de quels records il s'agissait. »


Je passerai rapidement sur les traîtres : le marquis de Benamou, Eric Besson, Bernard Kouchner promu Comte d'Orsay, l'abbé Bockel, le chambellan Attali... portraits pathétiques de félons de haute volée venus grossir les rangs du gouvernement princier à seule fin de faire miroiter leur ego boursouflé.
On verra aussi dans cet ouvrage la chasse aux sans-papiers, aux jeunes de banlieue et aux chômeurs, la polémique sur la part de l'inné et de l'acquis, les tests ADN, la manipulation de l'opinion à propos des infirmières bulgares détenues en Libye, la lettre de Guy Môquet, ou encore les coupes sombres dans les budgets de l'éducation et de la culture :


« Notre Grand Leader posait un regard uniforme sur tout, et l'idée qu'il en tirait n'était régie que par la pure efficacité. L'école ? Elle devait fournir des contribuables pour éponger la dette nationale ; elle devait former, voire formater, des apprentis, des ouvriers, des employés, des boutiquiers, des ingénieurs. Il l'avait annoncé avant même son règne et très haut : « on a bien le droit de faire lettres anciennes, mais l'Etat ne va pas pouvoir payer longtemps pour des gens qui veulent cultiver leur esprit. » Cela inversait le sens habituel des études depuis l'Antiquité : qui apprenait la sagesse chez Sénèque ou Platon se rangeait du côté des improductifs et des assistés, et ne servait en rien quand nous avions besoin de travailleurs durs à la tâche, peu regardants au salaire, dociles, polis, qui n'avaient point à réfléchir sur les étoiles puisque Sa Majesté pensait à leur place, ce qui permettait à la fois de gagner du temps et de l'argent. Qui n'était point rentable devait périr ; cela valait aussi pour les Universités dont Notre Maître entendait couper les branches mortes, ces matières sans issues concrètes et immédiates, et qu'elles evinssent privées, à la main des entreprises qui y puiseraient leur futur personnel. Ainsi y aurait-il une compétition entre les établissements, des diplômes plus ou moins valides et plus ou moins chers parce que si l'étudiant paie des études longues de sa poche, il s'efforce mieux de réussir ; cantonnés aux études courtes, les démunis n'engorgeraient plus les amphithéâtres.
Après avoir aidé par un gros cadeau impérial et fiscal les mieux favorisés, Notre Paternel Leader cherchait le moyen de remplir ses caisses, vidées de nombreux milliards. Il voyait la Culture comme un gâchis, puisque le théâtre, la danse, l'opéra et autres fariboles artistiques suscitaient chez lui des envies de course à pied, donc il donna ses instructions pour réduire les aides et les subventions à ces gens-là, qui vivaient aux crochets d'un Etat bonasse. Aussi dans ce domaine, l'Empereur exigeait des résultats, décidant que la demande supplantât l'offre, que la création répondît aux attentes du public. Si on lui rétorquait qu'il y avait eu bien des pièces, bien des livres, bien des films qui, à leur sortie, avaient été fraîchement reçus ou même sifflés, avant de devenir des classiques, que MM. La Fontaine et Molière eux-mêmes avaient été subventionnés par Louis XIV, Sa Majesté répondait se moquer bien des largesses de Louis XIV, que son ami M. Clavier plaisait aux masses sans que l'Etat le payât de surcroît, que ni M. Macias ni Mme Line Renaud n'avaient besoin qu'on puisât pour leurs spectacles dans le Trésor Public. C'était imparable. Il n'y avait désormais plus que des produits à vendre, et même les oeuvres d'art de nos musées pourraient être vendues si cela rapportait. Les subsides de l'Etat allaient être distribuées en fonction de la fréquentation des salles de cinéma et de théâtre, et tout le reste dépendrait étroitement du box-office qui, lui, ne se discutait pas. »


Je pourrais ainsi continuer infiniment à citer des passages de ce livre tant celui-ci m'est apparu savoureux, mais abuser des citations reviendrait quasiment à recopier la totalité de cet ouvrage, et ce n'est pas mon but. J'avoue pourtant, au regard de ce que j'ai écrit ci-dessus, avoir largement cité (peut-être même trop ?) certains passages de ce livre qui m'ont particulièrement marqués, au détriment d'un commentaire plus personnel. Mais comment faire ressentir l'esprit et la forme de ce bouquin ? Comment parler de la prose de Patrick Rambaud qui s'est pour l'occasion grimé en un moderne Saint-Simon ? Comment décrire la verve, l'humour, et l'esprit frondeur qui font la richesse de ce récit dont la seule prétention est de nous faire rire de cette calamité qui s'est abattue sur notre pays un soir de mai de l'an 2007 ? Ce n'est pas paresse de ma part que d'avoir abusé des citations, mais j'ai trouvé dans ce procédé le meilleur moyen de donner un aperçu du ton et du contenu de ce désopilant opuscule.


Que dire, sinon que je souhaite voir paraître un jour une suite à cette « Chronique du règne de Nicolas 1er » en espérant – il est permis de rêver – qu'elle porte en sous-titre quelque chose comme « La chute » ou « La déconfiture », ce qui révélerait que notre pays en aurait bel et bien fini avec les pathétiques gesticulations du sinistre histrion qui nous gouverne.
Notre président qui, nous l'avons vu plus haut, n'aime pas les humanités, devrait garder en mémoire et se répéter chaque jour cet adage de l'Antiquité latine : « La roche tarpéienne est proche du Capitole ».
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Lun 5 Mai 2008 - 14:48

Ah!...Biblio...Je me disais bien que ce livre était pour toi... content
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Lun 5 Mai 2008 - 16:09

Et de mon côté je suis content qu'il t'ait plu content
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Mer 14 Mai 2008 - 11:25

Je viens de terminer L'idiot du village.

En voici le résumé officiel:
Un jour, en parcourant le quotidien qu'il vient d'acheter, notre héros tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie, ou à un numéro spécial, mais non, car d'autres hallucinations vont le replonger définitivement dans les années 1950.
Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger, puis il se résout à accepter ce sort improbable.
Il devient plongeur dans un restaurant des Halles, et il va savourer sa supériorité: il connaît l'avenir ...

(cela résume les 70 premières pages sur 124)


En voilà, c'est alléchant mais je trouve que le contenu ne suit pas.
J'ai été emballée par le premier chapitre puis de plus en plus déçue avec l'impression de plonger dans une autre histoire. C'est le cas, puisque le héros se retrouve dans les années 1950 ... mais cette seconde partie n'est pas très intéressante, un peu molle. On ne sait pas trop où l'auteur veut en venir. Bien sûr, il y a la nostalgie du passé mais ...
C'est un peu comme si le livre n'étais pas complet, parfois trop rapide, parfois trop lent !
Je trouve que le héros n'a rien d'un "idiot" et qu'il accepte bien vite sa situation.

Un petit extrait sympa:
J'ouvre un oeil; Louise joue avec mon Polaroïd. J'étais si fourbu, tout à l'heure, que j'ai oublié de donner un tour de clef, et elle est entrée, elle m'a regardé dormir, elle sourit pour me désarmer. Je ne la gronde pas de son intrusion: dans les chambres de bonne des années cinquante, sans doute vit-on dans la familiarité de ses proches voisins, allez savoir; mes réflexes appartiennent à une époque plus fermée, où les facilités de la vie quotidienne dressent de fortes cloisons entre les gens; à la fin de ce siècle nous nous sommes racornis, la solidarité se résume à un chèque expédié aux oeuvres de charité et qu'on défalque des impôts. Je regarde Louise comme une pure sauvage de cet ancien temps où je suis pourtant né: en mai 1953, j'avais sept ans.
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coline
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Mer 14 Mai 2008 - 14:10

Comme tu le dis sur un autre fil, tu peux donner une seconde chance à Patrick Rambaud...avec Chronique du règne de Nicolas 1er... diablotin
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Menyne
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Sam 7 Juin 2008 - 21:34

Chronique du règne de Nicolas 1er enthousiaste

Un vrai régal. Le sourire aux lèvres du début à la fin (bon, parfois un peu jaune, le sourire) !
Un petit souffle frais sur ces temps difficiles.
Tout ce qui est écrit est tellement vrai. Cela permet de prendre un peu de recul sur ce qui nous arrive.
Quelle belle analyse de notre souverain ! Cela devrait être le seul bouquin autorisé.

Un livre à dévorer et à faire passer ...

J'avais prévu de citer deux extraits et je viens de m'apercevoir qu'ils ont été cités par Coline (la photo officielle et l'école), comme c'est curieux ...
Bon, je me dépêche j'en trouve deux autres ..

Notre Majesté et la justice: diablotin
... Parlait-on autrefois du parcours de l'accusé, pour expliquer sa noirceur ? Halte-là ! Une faute est une faute. on étudiait autrefois la personnalité du coupable ? A quoi bon ? Fallait-il cajoler ce gibier ? Non ! Au cachot ! Les peines devaient s'appliquer en vertu de la pensée régnante, selon une mécanique; il suffisait de frapper et se dispenser de trop réfléchir. Comme les magistrats récalcitraient et le disaient, qui fut bien étonné de leur langage si clair ? Ce fut Notre Juste Leader, qui trouvait le ton des juges d'autant plus fâcheux qu'il était appuyé de raisons sans réplique, auxquelles toutefois Sa Majesté refusait de céder. A l'évidence, les délinquants distingués et joliment nippés qui détournaient des milliards et criaient leur innocence relevaient d'une catégorie spéciale; l'indulgence était de mise sur leurs peccadilles, sinon le risque était trop grand de les bastonner en place publique puisqu'ils faisaient partie de l'édifice financier qu'il convenait de ne point lézarder. Pour la racaille, en revanche, nulle pitié: qui récidive récidivra, autrement dit, selon un fameux dicton de nos terroirs, qui vole un oeuf vole un boeuf, mais qui vole un boeuf ne volera point d'oeuf.

Notre Eloquent Grand Leader et la génétique: diablotin

... -Ah! Sire ... C'est inné chez les écureuils.
- Tiens, tiens. il ferait par instinct les mêmes gestes que ses parents et les parents de ses parents ?
- C'est cela, Sire.
- Et quand le Dauphin lui fait servir une écuelle de soupe en poudre ?
- S'il la mange, c'est acquis.
- C'est ce qu'on a acquéri ?
- Exactement, Sire, ce qui n'est pas inné est acquis, et ce qui n'est pas acquis est inné.
- J'ai tout compris, chevalier. Comme cette pensée est simple et pratique !
pour Sa Majesté, dès cette révélation, la science génétique eut réponse à tout. Pleine de ces espérances, elle fut enflammée à l'idée que dans le noyau de nos cellules dormait une sorte de mémoire, un code-barre, un espion infiltré qui livrait mille confidences. Avec un peu de salive, un poil de barbe ou une crotte de nez on pouvait tout apprendre d'un individu, de sa famille, de ses maux, de ses dispositions au Bien ou au Mal.



Allez une petit dernier pour la route, cela ne peut pas nous faire de mal... diablotin

Ce fut alors que Notre Leader Maximum inaugura ce que les historiens et ses hagiographes appelèrent par la suite "La stratégie du Bernard- l'Ermite". Le Bernard-l'Ermite est un genre d'asticot des plages qui repère au premier coup d'oeil les plus jolies coquilles, en déloge les habitants, qu'il chasse ou qu'il mange, pour occuper leur place et se faire voir ainsi paré à l'ensemble des crustacés et des coquillages comme le plus beau d'entre eux. Notre Majesté s'apparentait à ce petit animal fiérot et elle n'avait pas son pareil pour, comme lui, repérer les coquilles les mieux nacrées dont elle pourrait profiter pour augmenter sa gloire aux yeux de la terre entière.

Rassurez-vous, il reste encore beaucoup de passages truculents à découvrir !
Tout comme le Bibliomane, je souhaite une suite au doux nom de La chute ou La déconfiture ... sourire
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coline
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Dim 8 Juin 2008 - 15:04

menine a écrit:
Chronique du règne de Nicolas 1er enthousiaste

Un vrai régal. Le sourire aux lèvres du début à la fin (bon, parfois un peu jaune, le sourire) !
Un petit souffle frais sur ces temps difficiles.
Tout ce qui est écrit est tellement vrai. Cela permet de prendre un peu de recul sur ce qui nous arrive.
Quelle belle analyse de notre souverain ! Cela devrait être le seul bouquin autorisé.

Un livre à dévorer et à faire passer ...


Je ne pense pas hélas que ce soit le plus lu sur le (triste) sujet...
L'autre jour je suis rentrée dans un supermarché "culturel"... j'ai eu envie de foutre par terre tous les bouquins qui lui étaient consacrés ...A lui et à ses amours...Une immense table... Evil or Very Mad
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Mar 1 Juil 2008 - 11:06

Déjà, si vous voulez vous détendre, relisez la chronique de Biblio qui vaut bien son pesant de cacahuètes laugh
Le Bibliomane a écrit:
Ne s'étant pas remis de cette sinistre journée du 6 mai 2007 qui a porté au pouvoir le plus ridicule des chefs d'état de l'Histoire de France, il a décidé de décrire, à la manière des Mémoires du Duc de Saint-Simon, l'ascension et les premiers mois du règne de cet homme dont les fonctions et les responsabilités – à l'instar de ses costumes – s'avèrent trop grandes pour lui.

Ainsi, du mois de mai à celui de novembre, Patrick Rambaud compose un portrait sans concessions de ce roitelet de pacotille, de ce principicule d'opérette qui a fait de la France un arrondissement de la Principauté de Monaco.

Et puis surtout ne ratez pas celle-ci... une chronique qui m'a réjouie Very Happy
L'histoire d'une imposture reprise à la base pour bien montrer l'étendue du désastre et comment les français se sont laissés berner par ce personnage haut en couleurs (mais juste en couleurs) et fort en gueule, un Souverain Mégalomane, affublé d'appellations plus comiques les unes que les autres et qui lui siéent à ravir!

C'est écrit comme un pamphlet mais avec cette écriture distanciée qui permet un humour corrosif et une analyse flegmatique des plus précises. Le constat est sans appel. Et le Vénéré Souverain n'en n'est que plus ridicule. S'agitant et vitupérant, magouillant et s'enivrant, il est le bouffon par excellence, et on ne peut s'empêcher de rire même si le rire est amer...

Et puis un style brillant, enlevé et empreint d''emphase qui colle parfaitement à cette galerie de flatteurs égocentriques, fourbes, mégalos ou carrément bidons, que sont nos politiques et ceux du règne Sarkozy.

J'ai ri toute une bonne partie mais ai fini par décrocher car au final Sarko est toujours là ...Salutaire quand-même! Wink
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coline
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Mar 1 Juil 2008 - 11:10

Very Happy Aurons-nous un second volume?...C'est dommage, je crois me souvenir que celui-ci s'arrête à fin novembre 2007 ...
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Patrick Rambaud [Humour]   Ven 8 Aoû 2008 - 23:34

Chronique du règne de Nicolas 1er.

Ce livre sort du lot par son côté drolatique et incisif. Les mots de Rambaud sonnent comme des images.
Rien de nouveau. On revisite, de manière agréable, comique et aussi informatif, les premiers mois du nouveau gouvernement.
J'ai particulièrement adoré la distinction astucieuse entre les transfuges et les "cautionnés".
Quant à la photo de première couverture, elle fait penser au surnom donné à Sarkozy, à savoir Naboléon !

Lorsque le sujet passionne Rambaud, il poursuit généralement la série. Espérons que Sarkozy le passionnera autant que Bonaparte et qu'ainsi nous pourrons continuer à rires aux dépens de notre Président, à défaut de pouvoir agir pour enrayer les dérapages nombreux.
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Patrick Rambaud [Humour]
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