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 Anne Marie Garat

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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeLun 5 Jan 2009 - 17:11

Je pense effectivement que tu ne t'y retrouverais pas également Coline Wink
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coline
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeLun 5 Jan 2009 - 18:54

sentinelle a écrit:
Je pense effectivement que tu ne t'y retrouverais pas également Coline Wink

Je le savais déjà un peu...Mais je te fais confiance Senti... Wink
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeSam 6 Juin 2009 - 21:40

Lu sur le site de Lire:
Citation :
La direction de la fiction de France 2 s'intéresse de très près au roman-fleuve (900 pages) d'Anne-Marie Garat, Dans la main du diable (Actes Sud), œuvre d'une écrivaine, critique et professeure de cinéma, récompensée par le prix Femina en 1992 pour Aden. Publiée en 2006, cette fresque qui se déroule avant la guerre de 1914 est en cours d'adaptation.

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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeSam 24 Oct 2009 - 17:12

Je vous livre mes ressentis de lecture à froid Cool (ça date de février dernier) sur "Dans la main du diable" ....je préviens de suite, ça diffère des ressentis de Senti mais chut

J'ai lu ce roman il y a plusieurs mois (Février 2009) et malgré le temps qui passe, j'éprouve toujours autant de difficultés à en parler, à écrire ce que j'ai ressenti en suivant la famille Galay et l'héroïne de l'histoire, Gabrielle Demachy.
Comme ma lecture date un peu, je suis dans l'impossibilité d'en proposer un résumé exhaustif et j'espère que l'indulgence ne fera pas défaut. Gabrielle Demachy, après mûre réflexion, décide de quitter le cocon familial qu'elle partage avec sa tante Agota et la domestique de cette dernière. Elle n'en peut plus de vivre dans le souvenir du cher disparu qu'est devenu Endre, le fils unique d'Agota, ce cousin qu'elle admire encore et toujours, celui qui fut sans doute son premier amant. Endre n'est jamais revenu d'un de ses voyages aux confins du monde, en Birmanie, laissant le mystère et l'espoir d'un retour se tapir au coeur du petit appartement parisien. Gabrielle répond donc à une proposition d'emploi de préceptrice et est embauchée par Mme Bertin-Galay mère, matriarche de la famille et chef de l'entreprise délaissée par son époux, éternel explorateur féru de sciences et de connaissances nouvelles (comme en produisait, délicieusement, les familles bourgeoises d'un XIXè siècle en fin de course), afin de pourvoir à l'éducation de sa petite fille Millie (fille de son fils Pierre, professeur de médecine de son état).
Gabrielle s'installe dans sa nouvelle demeure campagnarde du Mesnil, sa nouvelle vie et se met à apprivoiser, petit à petit, la fillette dont elle a désormais la charge éducative: Millie s'épanouie et s'ouvre enfin au monde, elle que l'on croyait sans étincelle, elle qui ne connut pas sa mère, morte en lui donnant la vie. Le quotidien écoule joies, mélancolies, rencontres, promenades au fil des saisons et des visites.
Notre héroïne croisera la route d'un étrange soupirant en la personne de Michel Terrier, fonctionnaire au ministère des armées, soupirant qui s'intéresse de très près à ses relations avec Pierre Galay, et se laissera un tantinet embobinée par ses belles paroles jusqu'à ce que, découvrant peu à peu les liens d'un ami de Pierre avec Endre, son amour perdu, creusant derrière les apparences pour apprendre que Millie n'est pas la fille de Pierre (il épousa sa mère pour la protéger) mais celle d'une ombre recherchée par les services secrets français, elle ne cède au charme de Pierre et entrevoit une réalité bien sordide où les conflits d'intérêt et les mensonges remuent la tourbe, noire et gluante, des secrets d'état.
"Dans la main du diable" est un roman fleuve qui se lit sans qu'on puisse le lâcher: entre chronique familiale d'un siècle qui s'éveille à la plus grande des modernités et aux plus extraordinaires changements socio-politiques et roman à suspense, le lecteur suit avec délectation la jeune Gabrielle qui habitée par diverses passions, actrice involontaire de complots, côtoyant le crime, l'injustice et l'espionnage, se trouve prisonnière d'une mécanique sentimentale et historique qu'elle ne peut contrôler. Et lorsque l'on apprend qu'elle est en possession d'une malle et d'un cahier en hongrois, exhalant le soufre des pires poisons orchestrés par l'expérimentation secrète en terres coloniales lointaines, les ingrédients sont réunis pour que l'ambiance du récit virevolte de l'amour à la haine, de l'horreur à la tendresse, de la beauté ineffable d'une campagne tranquille aux catastrophes futures qui couvent sous la braise des secrets-défense, des idées révolutionnaires et de la misère d'un menu peuple toujours exangue.
Gabrielle, belle de sa jeunesse, de sa culture, de son appétit de la vie, de sa sensualité et de son humanité, expérimente malgré elle la beauté du diable ainsi que sa main veloutée à la force d'airain. Elle est d'une luminosité aussi fragile que rassurante et éclaire, ardente et fervente jeune femme moderne et revendicatrice de sa liberté et de son libre arbitre, "le roman de sa vie" qui commence à un moment particulier de l'histoire humaine dont la modernité et les inovations technologiques vont perturber, avant de les chambouler, les repères d'une société, héritière des Lumières, qui s'engage sur une voie dont elle ne discerne pas encore les balisages.
Anne-Marie Garat avec "Dans la main du diable" fait bruisser l'écho jubilatoire des grandes fresques romanesques telles de "Les Thibault" de Martin du Gard, ou "La comédie humaine" de Balzac, elle ouvre avec générosité les portes de l'imaginaire, celui qui s'est construit au fil des lectures d'enfance et d'adolescence, et offre un récit à la puissance romanesque emportant toute la réserve que l'on peut avoir devant les romans feuilleton ou les romans fleuve! Elle nous entraîne à la suite de Gabrielle dans la nostalgie de l'enfance, des histoires que l'on se raconte, qu'on se fabrique avec les bribes de secrets familiaux et de non-dits transpirants des murs feutrés des maisons bourgeoises. Le tout servi par une langue française d'une vraie richesse et d'une réelle beauté: l'auteur assemble avec maestria les mots pour leur donner une grande puissance poétique et évocatrice, et transporter son lecteur dans l'univers précieux et merveilleux d'une langue française que l'on souhaiterait lire plus souvent!
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeSam 20 Mar 2010 - 13:44

Dans la main du diable est le pavé auquel j'ai fait allusion sur le fil "derniers livres offerts/achetés".

J'ai été jusqu'à la page 377, en m'encourageant mentalement. Mais impossible de continuer plus loin, c'est si lent ! Pas moyen de m'identifier au personnage, ennui mortel. Anne Marie Garat - Page 2 377477 Anne Marie Garat - Page 2 162492
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeSam 20 Mar 2010 - 14:08

Je crois qu'on aime ou qu'on... s'y ennuie mortellement. Tout comme toi, je fais partie de ceux qui ont trouvé le temps long et j'ai abandonné avant la fin, sans aucun regret jypeurien
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeSam 20 Mar 2010 - 14:16

Oui, sentinelle, j'avais lu ton avis et c'est lui qui m'a incité à poster. (Je lis en général tout le fil avant de répondre - heureusement, je lis vite, comme la plupart d'entre vous j'imagine). Anne Marie Garat - Page 2 Icon_wink
Mon amie n'avait pas tari d'éloges sur cette lecture que je m'étais sentie bien bête alors que je pataugeais, je me suis dit que je passais à côté de quelque chose, mais quoi ?
Je suis contente de constater que je ne suis pas la seule. Anne Marie Garat - Page 2 Icon_biggrin
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeSam 20 Mar 2010 - 14:23

Moi aussi je culpabilisais de ne pas aimer ce roman qui suscitait en général beaucoup d'enthousiasme, mais en grattant un peu, j'ai découvert d'autres lecteurs qui n'avaient pas aimé non plus et ce pour les mêmes raisons que moi. Du coup je ne me dis plus que je suis passée à côté mais plutôt qu'il n'est pas pour moi, tout simplement Wink
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeLun 24 Jan 2011 - 18:09

L’enfant des ténèbres


Voici une grande fresque située à l’aube de la deuxième guerre mondiale : Camille, héritière d’un empire financier basé sur les gâteaux et le chocolat, revient de New York et retrouve sa famille. Elle a promis à un ami très cher d’aller jusqu’en Hongrie déposer un mystérieux carnet de cuir rouge…
De nombreux personnages se croisent, s’affrontent où se découvrent au fil du récit, qui fait apparaître la sombre toile du nazisme naissant, du crime et de l’espionnage, tout en gardant un côté romanesque. Belle écriture, mais il est parfois difficile de s’y retrouver tellement les personnages sont nombreux, d’autant que de nombreuses références sont faites à l’ouvrage précédent.


Je vois que son style ne fait pas l'unanimité ! Alors que moi je l'ai beaucoup apprécié, ainsi que le vocabulaire assez riche...
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeSam 17 Sep 2011 - 16:42

Anne-Marie Garat : Photos de familles. Un roman de l' album. - Actes Sud

Historienne des images, enseignante, romancière, A.M. Garat analyse 48 photos d' humbles anonymes.
Dans les marchés aux puces, elle collectionne des centaines d' albums de familles.

Avec précision et subtilité, avec concentration, avec tendresse, AM Garat étudie les "vies minuscules" des ignorés, des obscurs.
Dans son essai sagace, AM Garat est peut etre une cousine de Pierre Michon. Elle contemple les visages
de ceux qu' elle n' a pas connus. Elle écoute les voix timides et indécises des familles du passé. Elle déchiffre les désirs et les craintes des gens ordinaires. Elle les invente et les imagine. Elle construit la
biographie des individus peu à peu oubliés. Elle cherche des repères. Elle perçoit les fantomes d' un imaginaire intime et lointain. Elle reve et raconte.
Extrait de l' article de Gilbert Lascault (excellent écrivain), La Quinzaine, n° 1 O44

Quelqu' un dans ma famille fréquentait beaucoup les marchés aux puces et il ramenait les humbles objets abandonnés, dispersés, livrés aux yeux de chacun et de tous.
Les assemblant chez lui, il leur donnait une seconde vie.
Il avait lui aussi quelques albums de familles. Et derrière les poses convenues, les décors de mauvais
gout, j' étais ému en regardant ces photos sépia d' un autre age, où tous les personnages présents
étaient morts depuis longtemps. Et dont c' était l' ultime trace.


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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeSam 17 Sep 2011 - 17:56

bix229 a écrit:
Quelqu' un dans ma famille fréquentait beaucoup les marchés aux puces et il ramenait les humbles objets abandonnés, dispersés, livrés aux yeux de chacun et de tous.
Les assemblant chez lui, il leur donnait une seconde vie.
Il avait lui aussi quelques albums de familles. Et derrière les poses convenues, les décors de mauvais
gout, j' étais ému en regardant ces photos sépia d' un autre age, où tous les personnages présents
étaient morts depuis longtemps. Et dont c' était l' ultime trace.


Ces dernières lignes sont de toi, Bix, ou de Anne Marie Garat? (En fait je relis mieux, et le texte est au masculin, donc je suppose que c'est de toi) Elles me touchent beaucoup.
J'aime beaucoup ces vieilles photos sauvées du passé qui nous disent tout et rien en même temps sur des personnes d'autrefois, dont on sait cependant qu'elles furent aussi vivantes que nous.(je remarque que tu dis qu'ils sont morts depuis longtemps et que je dis pour ma part qu'ils ont été vivants....)
J'en ai toute une série en fond d'écran, qui tournent au fil du temps. En voivi une. Il ne faut pas regarder que les visages, mais les attitudes, les yeux, les regards, les mains aussi.

Anne Marie Garat - Page 2 Gosnel12


J'ai peut-être très vaguement le projet d'écrire un jour à partir de telles photos. Cela me rappelle le livre Trois fermiers s'en vont au bal de Richard Powers.
Bien que n'ayant jamais pu le voir en librairie, j'avais repéré ce livre d'Anne Marie Garat. je fais partie de ceux qui ont beaucoup aimé ses romans, notament sa trilogie, mais aussi La chambre noire, qui explorait déjà les photos anciennes et les mystères qu'elles cachent/dévoilent.J'ai mis Photos de familles, un roman de l'album en suggestion à la médiathèque. j'espère être exaucée un de ces jours. Ou sinon, pourquoi pas, direction liste de Noël.
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeSam 17 Sep 2011 - 18:24

Oui, Topocl, le commentaire au commentaire est de moi. Sinon je cite la source...
Et je t' encourage à écrire sur ce sujet-là. Le commentaire ne peut etre que profondément personnel
et affectif.
Je te conseille aussi un album précieux que j' ai eu la chance d' acheter au bon moment.

"Chefs-d' oeuvre des photographes anonymes" : Pierre de Fenoyl. Texte de Jacques Laurent.
- Hacette
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeDim 18 Sep 2011 - 11:03

J'ai fiat une eptite recherche rapide sur le livre d'Anne Marie Garat. C'est une édition réactualisée d'un livre qui était paru au Seuil en 1994 à la lumière des apports de la photo numérique
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeLun 10 Déc 2012 - 20:47

Photos de familles, un roman de l'album

Anne Marie Garat - Page 2 Ffffff10

Il ne faut pas attendre de ce livre une étude structurée, mais plutôt un amalgame de réflexion d’Anne Marie Garat sur les photos de familles, qu’elle collectionne depuis longtemps au gré des brocantes et marchés au puce ; Il y a plein de choses intéressantes sur la photographie, la construction, la part du hasard et le sens à lui donner. Sur la façon de prendre des photos ( dans l’atelier d’un professionnel ou sous le déclencheur d ‘un père de famille, ou d’un lointain cousin, pour un cliché construit, réfléchi ou spontané, fixant l’instant, rendant la seconde éternelle), de les conserver, de les regarder. Sur la famille, le lien, l’absence, la transmission, la mort. Sur les non-dits et les secrets qui transparaissent sur ces clichés ordinaires. Sur l’émotion et le sens qu’on y trouve selon l’expression, le geste, les ressemblances. Emotion qu’on y trouve moins depuis que la photo est devenue jetable comme beaucoup d’autres choses. il y a quelque passages un peu obscurs et redondants, aussi.

C’est globalement intéressant, dans le style noble et attentif habituel à Anne-Marie Garat, illustré de clichés de la collection de l’auteur, qui a eux seuls valent le déplacement, qu’elle décrit, analyse, compare, décortique et sur lesquels elle laisse voguer son imagination et son questionnement ; comme elle écrit ses romans, en quelque sorte.

Citation :
L'album apprend à l'enfant qui grandit le principe de filiation, les catégories de la parenté, l'ordre du temps. Ce livre d'images est un manuel pratique, initiatique. Un moyen de vérifier de temps en temps ce qui nous tient ensemble, les vivants et les morts, ce qui nous justifie et nous réconforte, le sentiment d'une solidarité vitale.

Citation :
À regarder ces photographies, nous trouvons ce que nous savons, ce qu'avoir été enfant d'une mère a fait de nous, ce tamis, ce brûlot des regards, une manière de prendre et de tenir, ou de ne pas toucher, un écart qui inquiètent la mémoire ancienne du corps, celles des peaux, des odeurs d’herbe, de poudre, de lait aigre et de laine mouillée. Une matière d'amour et de souffrance, de haine aussi, qui donne des raisons de vie ou de mort à soi, pour le reste des jours.
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MessageSujet: Re: Anne Marie Garat   Anne Marie Garat - Page 2 Icon_minitimeMar 11 Déc 2012 - 12:11

Anne Marie Garat - Page 2 Garat10 Aden

La lecture d'Aden m'a parue éprouvante, lourde, d'une lourdeur sans complaisance dans la volonté de tout dire, tout circonscrire d'un personnage (Aden) dont la vie est une miette, une vie en miettes, une vie déchiquetée. Le texte est pétri d'une volonté d'éclectisme qui effraie, agace parfois et puis qui finit lentement par séduire.

Aden est un homme séparé, seul, sans mémoire, sans souvenir, dépouillé de son histoire par sa propre volonté. Il a renié son passé, il s'est jeté dans le travail (il est programmeur et ce métier lui permet d'utiliser un langage seulement compréhensible et apaisant pour lui), il rejette ceux qui l'entourent, son épouse fuit en Irlande, emportant leur fils qui ne parlera plus que la langue maternelle.

Tissant longuement, lentement, les contours de cette vie désertée, Anne-Marie Garat dessine un espace mental et physique scindé en deux : d'un côté le passé, la mère, la banlieue, la pauvreté des origines niées et de l'autre la ville, la réussite professionnelle et la même stérilité, le même constat d'inconfort d'un lieu à l'autre.

A l'aide de phrases et d'images fortes, récurrentes, souvent complexes, Garat écrit un livre à la dureté minérale, à l'oscillation tragique entre passé et présent, indécision et redécouverte de soi.

Car c'est bien de cela dont il est question dans ce roman difficile d'accès mais qui une fois passés les premiers chapitres prend une direction qui fascine : Aden part à la re-connaissance de lui-même, il tente de se re-trouver, se ré-inventer, se re-construire et cette reconstruction passe par la mère, le père, le passé, la langue, l'acceptation de l'hier, son assimilation, sa re-connaissance, son héritage. Surtout il s'agit de s'adopter, lui qui avait renié son passé, qui se voulait orphelin, doit retisser les liens de la mémoire, retrouver les linéaments de son être à travers ceux de ses parents, pour pouvoir enfin exister. Le thème n'est pas nouveau mais la manière dont Garat fouaille l'existence de son personnage laisse pantelant, en apnée mais avec le désir de voir comment Aden va se ré-introduire dans sa propre existence.

Certains thèmes reviennent comme des litanies au cœur de l'œuvre qui ne peut s'inscrire que dans l'histoire d'un siècle de terreur : Hiroshima (Aden est né le 6 août 1945), les camps de concentration, la longue marche des immigrants d'Europe centrale, la langue niée, mutilée, oubliée, la misère des immigrants et la question centrale : quel passé construit l'avenir des enfants de seconde ou troisième génération, quels sont leurs souvenirs, à quelle part du passé de leurs parents ont-ils droit, quelle part peuvent-ils conquérir, revendiquer alors même que leurs parents tentent d'effacer leur passé, leur mémoire d'avant, leur langue du commencement ?

A travers toutes ces questions, Garat construit un texte d'une grande richesse et d'une beauté inquiète. Un texte qui parfois agace à force de vouloir tout dire, à force de ressassement (la ville, la banlieue, les trajets d'Aden de l'une à l'autre, les rencontres fortuites et la rage rentrée de cet homme sans quille), mais qui finit par s'apprivoiser, à l'image de ce Aden qui d'indifférent et d'homme pressé par la colère devient lentement un fils, un père, un être qui décide de se retrouver pour mieux pouvoir se continuer.

Un texte qui doit être conquis pour pouvoir être apprécié, mais qui laisse après lecture des images fortes, des images intenses . A noter que la photographie tient une place importante tout au long du roman, sorte de jalons qui permettent à Aden d'avancer, de comprendre, de découvrir ce passé qu'on lui a tu ou qu'il n'a pas voulu entendre.

_________________
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