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 Christophe Ono-dit-Biot

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monilet
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MessageSujet: Christophe Ono-dit-Biot   Mer 21 Mai 2008 - 17:03




Christophe Ono-dit-Biot, né au Havre le 24 janvier 1975, est un journaliste et écrivain français. Il est directeur adjoint de la rédaction de l’hebdomadaire Le Point, dont il est notamment responsable des pages Culture. Écrivain, il est l’auteur de cinq romans.

Il intervient dans La Matinale de Canal+ où il interroge une personnalité dans le cadre d’une rencontre intitulée « La Promesse de l’Aube » Il tient aussi une chronique littéraire hebdomadaire sur France Info. Il participe à l’émission politique de BFM TV, BFM 2012, animée par Olivier Mazerolle, et participe depuis 2011 à l'émission Avant-premières sur France 2, présentée par Élisabeth Tchoungui.

Bibliographie



2000 : Désagrégé(e), Plon/Pocket — prix Edmée de La Rochefoucauld 2001
2002 : Interdit à toute femme ou femelle, Plon/Pocket
2004 : Génération spontanée, Plon/Pocket — prix Littéraire de la Vocation 2004 et prix Vol de nuit
2007 : Birmane, Plon/Pocket — prix Interallié 2007
2013 : Plonger, Gallimard — grand prix du roman de l'Académie française 2013

Je viens de terminer la lecture de Birmane

Résumé du livre dans Evène

Exotique : 1 - Caractère de ce qui n'est pas naturel, qui n'appartient pas aux civilisations de l'Occident ou qui provient de pays lointains et souvent chauds. 2 - Goût, attrait, représentation d'êtres ou de phénomènes originaires de pays lointains, inconnus, mystérieux. 3 - Impression étrangère produite par une personne, un objet, un événement. A la suite d'une dispute, un jeune homme s'envole pour le pays qui nourrit tous ses fantasmes. Son but : décrocher l'interview du plus grand trafiquant d'opium de tous les temps, et changer le cours de sa vie en rapportant ce scoop. Double problème : César est un amateur. Et la Birmanie une dictature. A Rangoon, frappé par des attentats, et où la paranoïa le dispute à la moiteur tropicale, il rencontre deux expatriés au charme trouble : une jeune médecin humanitaire et un antiquaire marié à une Birmane. Deux personnages dont il ne sait rien ; en lui venant en aide, ils vont le faire plonger en plein coeur de ce pays de tous les dangers. Et le mettre sur le chemin d'une figure de la rébellion politique, réfugiée dans la jungle avec son peuple. Trop beau pour être vrai ? Des faubourgs de Rangoon aux ethnies du Triangle d'Or, des villages lacustres du lac Inle à la Vallée des Rubis, voici l'itinéraire aventureux d'un héros de notre temps.

Pour moi c'est un bon roman d'aventure dans une langue correcte, sans autre ambition. Il y a longtemps que je n'avais lu ce type de livre. la lecture fut agréable, divertissante. Rien de plus en ce qui me concerne.


Dernière édition par mimi54 le Sam 26 Oct 2013 - 13:15, édité 1 fois (Raison : Mise à jour biographie, et bibliographie)
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coline
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mer 21 Mai 2008 - 18:52

Christophe Ono-dit-Biot est un des chroniqueurs réguliers du Bateau Livre...
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Arabella
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mer 21 Mai 2008 - 19:42

J'étais tenté (à cause du Bateau livre) mais tu viens de m'enlever l'envie Monilet. Ma LAL te remercie Wink

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La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
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coline
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mer 21 Mai 2008 - 19:44

Arabella a écrit:
J'étais tenté (à cause du Bateau livre) mais tu viens de m'enlever l'envie Monilet. Ma LAL te remercie Wink

Euh...moi aussi... content
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monilet
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mer 21 Mai 2008 - 22:16

Ben oui, je l'ai trouvé léger mais il faudrait quand même un autre avis.
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mona
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mer 21 Mai 2008 - 23:00

J'ai lu Birmane en Février...
Lecture facile, agréable , une histoire bien menée dans un contexte géo-politique actuel qui somme toute est quand même le moteur de l'intrigue....
Une aventure romanesque qui dévoile un pays dans toutes ces facettes : c'est l'impression que j'ai eue.

Un bon roman, pour ma part réussi

A travers cette histoire, Christophe Ono-dit-Biot transmet avec délicatesse sa passion pour la Birmanie et son peuple.
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coline
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mer 21 Mai 2008 - 23:36

Ah...Merci Mona de donner ton point de vue...différent de celui de Monilet...C'est toujours intéressant d'avoir plusieurs avis... content
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monilet
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Jeu 22 Mai 2008 - 8:43

mona a écrit:
Jl'intrigue....
Une aventure romanesque qui dévoile un pays dans toutes ces facettes : c'est l'impression que j'ai eue.

.
Je ne conteste pas cet aspect documentaire. Pour ma part il manque quelque chose pour faire un grand livre.
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Lun 19 Juil 2010 - 19:19

Ce livre m'a été conseillé. Et je ne regrette pas! J'aime beaucoup ces livres qui renseignent sur ces pays qu'au final nous ne connaissons pas forcément très bien (pour certains évidemment). Un beau roman d'aventure avec une fin mystérieuse d'ailleurs je ne sais pas comment vous l'avez interprétée? (Je comprendrais que vous ne répondiez pas pour les autres...) C'est parfois, en effet, documentaire mais si on aime ça je pense que ça passe tout seul.
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mimi54
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Dim 27 Oct 2013 - 20:34


Plonger, Christophe Ono-dit-biot
Gallimard, Août 2008
448 pages
Grand prix du roman de l’Académie Française 2013


4ème de couverture:

Citation :
«Ils l'ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d'un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau.»
Un homme enquête sur la femme qu'il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon.
Elle était artiste, elle s'appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe.
Pour son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour – leur rencontre, les débuts puis l'ascension de Paz dans le monde de l'art, la naissance de l'enfant – et essaie d'élucider les raisons qui ont précipité sa fin.
Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l'on se lave de tout, Plonger est l'histoire d'un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d'une époque où il devient de plus en plus difficile d'aimer.
Le ton est donné ; Paz est morte. Restent César et son fils Hector à qui l’histoire est contée.
Leur amour est né d’un malentendu ; il a tenu cahin-caha jusqu’au jour où Paz, belle espagnole solaire, artiste photographe au fait de célébrité, femme qui étouffe dans cette Europe que César ne veut plus quitter ; traumatisé aux quatre coins de la planète, il se replie accaparé par son fils qu’il aime, et dont la naissance l’a littéralement transformé.

Pour Hector, César dissèque ce couple qui a tant de mal à se trouver, à se former, et finalement à s’aimer. Ce couple, qui à défaut de communiquer, se réfugie individuellement dans son monde. Ce couple c’est un peu le reflet de notre société moderne, c’est un peu nous tous, enfants gâtés qui nous posons mille et une question futile, et en oublie l’essentiel.

Sans doute que les clichés sont parfois un peu exagérés ; sans doute que les traits de personnalités peuvent paraître, à certains moment caricaturaux.
N’empêche…Qu’il est attachant cet homme si protecteur, et maternel qui s’en va à la recherche de cette femme échouée sur une plage d’Arabie, non pas pour lui, mais pour son fils. Cet homme malheureux, mais qui ne juge pas, qui pardonne, ne montre ses colères que dans les non-dits (ce qu’il ne montrera pas à son fils).

Et puis il y a l’écriture, qui comment dire…m’a enveloppé, m’a permis de me faire toute petite parmi eux, m’a tantôt " demandé" de les laisser en paix (tiens, Paz…cela veut dire la paix…), et tantôt m’a "invité" chez eux. Sans doute pas une" grande "écriture (si on écoute les puristes), mais une écriture à laquelle, à ce moment précis j’ai été sensible.

Les dernières pages de ce roman sont d’une beauté rare, et donnent tout leur sens à cette romance qui tombe à l’eau. Le lecteur, lui plonge avec César au milieu du silence qui a gainé ce couple.


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Cassiopée
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Dim 27 Oct 2013 - 21:26

PLONGER
Citation :

“Dans la vie, n’attends pas que le destin te prenne en charge.”
C'est pour son fils, Hector, que César écrit, enfin, c'est ce qu'il dit. Il veut lui raconter sa mère, lui expliquer comment ils se sont connu, aimé ... Peut-être est-ce aussi pour lui, une façon, de comprendre pourquoi ils se sont perdu, un moyen pour apprivoiser l'absence, de faire son deuil ...

J'ai lu, je ne sais plus où, je ne sais plus quand, qu'on ne doit pas mettre l'amour en cage... même si elle est dorée, douce et adaptée... On n'enferme pas l'amour, pas plus qu'on enferme un oiseau ...

Paz, la mère d'Hector, aimait la vie par dessus tout mais la vie qu'elle choisissait, qu'elle célébrait à sa manière quand elle le souhaitait... Une artiste dans toutes les fibres de son corps, une artiste qui demandait à être comprise mais comme beaucoup de personnes du milieu de l'art .... un être tourmenté, indécis, fragile et solide à la fois, ambivalent, capable d'actes "déraisonnés", de se terrer dans de longs silences, surprenante, déroutante... Mais forcément captivante....

César aime Paz, elle le fascine, il pense qu'elle l'équilibre alors qu'elle le désarçonne et le déstabilise. Il essaie de s'approcher, de la " caresser" mais elle étouffe, elle s'isole, elle s'enfuit dans sa tête ....

C'est un long monologue auquel nous allons être confrontés, cheminement de César vers l'acceptation de la situation qu'il n'a ni choisie, ni souhaitée mais peut-être provoquée sans en être conscient....

A-t-il aimé Paz, une image de Paz, ou la vitalité qu'elle dégageait?

On peut reprocher à ce livre un côté “cliché” avec une artiste insaisissable et un journaliste désabusé d’avoir trop vécu. Si l’on met en exergue quelques phrases comme celles que l’on peut lire sur le temps qui passe (ce n’est pas nouveau: “tempus fugit”...) ou sur l’amour...quelques esprits chagrins diront que l’auteur n’a rien inventé dans son roman d’amour mais ...

Il y a un “je ne sais quoi” dans l’écriture qui porte, emporte, comme une houle à l’intérieur de nous-mêmes; comme une vague qui enveloppe et apporte parfois douceur, parfois fraîcheur....
Et toute cette eau que ce soit pour Paz ou pour nous, n’est ce pas comme une matrice? Un moyen de se retrouver?

Il est si difficile d'aimer... Quelquefois on aime trop et ainsi on aime mal... Qu'il est délicat ce dosage à trouver pour que chacun soit épanoui....
C’est tout cela que Christophe Ono-Dit-Biot essaie de comprendre à travers l’histoire de César et de Paz....

Spoiler:
 
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shanidar
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mar 1 Avr 2014 - 17:17

Plonger

(je vais être un peu plus radicale que mes prédécesseurs sur ce livre et finir par rejoindre Monilet pour ce qui est de la lecture facile/divertissante.)

J'ai commencé ce livre avec la fleur au fusil. Ayant parcouru rapidement (d'un seul œil et presque clos) la 4ème de couverture, j'y avais lu qu'il y était question d'amour tourmenté, de voyage et de plages… Cela fleurait bon l'aventure, la rocambolesque, celle qui transporte et fait rêver…

César est un journaliste critique d'art de quarante ans (comme Ono-dit-Biot), il rencontre Paz (jeune photographe espagnole), c'est très bobo, très propre sur soi (moi qui croyait que les artistes étaient des débauchés et bien pas du tout), très milieu branché parisien. Loin de l'aventure attendue même si Paz photographie des plages !!


Il faut quand même reconnaitre que certains passages (rares) fonctionnent merveilleusement bien dans le livre (la rencontre fortuite dans une épicerie, la Biennale de Venise, les Asturies…), les 50 dernières pages sont très bien mais elles le sont parce que le personnage principal/narrateur perd le contrôle des évènements, perd la maitrise des temps et prend soudain un peu de consistance (et surtout parvient à émouvoir).

Mais toute l'histoire est totalement submergée par des clichés, en veux-tu en voilà qui gâchent tout plaisir.

Mais pas seulement… :

Si on retire tous les clichés écrit par Ono-dit-Biot : le livre fond d'une bonne moitié (reste tout de même 225 pages, oui). Car comme le dit Paz : "J'aime les clichés parce qu'ils disent toujours la vérité." Oui, les français se sentent supérieurs, les espagnols savent faire la fête et les allemands sont des gens organisés. C'est bien puisque c'est vrai. On a envie de pleurer mais ce n'est pas fini puisqu'à cela César répond : "Mais heureusement que tu aimes les clichés, pour une photographe !". Les bras m'en tombent.


Si on retire toutes les mondanités liées au métier de critique (le name dropping insistant et vain) et qui n'ont pour le coup aucun, mais alors vraiment aucun intérêt : reste une centaine de pages…

Alors, j'entends bien la petite voix me dire : shani, shani, tu sais bien que tu n'aimes pas l'autofiction… Oui, c'est exact. Donc si j'enlève tous les discours du narrateur sur la vie de Christophe Ono-dit-Biot : son rapport à son journal, sa relation avec la profession de critique d'art (avec l'opposition pas seulement stéréotypée mais totalement stérile entre César/Critique et Paz/Artiste, l'un ne comprenant rien au travail de l'autre, les places étant interchangeables, bien sûr), ses discours plus que oiseux sur son amour de la beauté (voir sa définition de l'esthète qui manque tant de profondeur ou d'intérêt qu'on en reste sidéré)…

"Comment vas-tu César ?
- Je vais très bien, César.

(le narrateur se parle à lui-même c'est plus chic)
- Est-ce que tu sais pourquoi tu vas bien ?
- Parce que je suis sur une plage magnifique, à côté d'une femme magnifique
(sic). Je pourrais ajouter d'ailleurs que je ne suis pas sûr d'aller bien parce qu'elle me fait un peu peur. Tu ne la trouves pas aussi belle qu'effrayante ?
- Parce qu'elle a le regard coupant ?
- Oui, entre autres. Parce que je ne sais pas, non plus ce qui vraiment compte pour elle.
- Et pour toi, tu le sais ?
- Oui, je crois.
- Et c'est quoi, alors ?
- D'expérimenter le plus de beauté possible.
- Dirais-tu que tu es un esthète ?
- Je déteste le mot qui sonne artificiel, fat, pas viril, alors que faire l'expérience de la beauté est très physique. C'est une forme d'action."

Alors une fois les coupures faites, que reste-t-il de ce roman… rien… (en dehors des 50 dernières pages)...

Rien ?

Et c'est justement ce rien mon problème. Parce que Christophe Ono-dit-Biot avait tout pour écrire un bon roman, un très bon roman même. La connaissance des pays qu'il décrit, une écriture plutôt légère mais quelque fois qui vise juste (en tout cas un certain maintien, sans doute né de son amour de la beauté), une connaissance approfondie de l'art contemporain et de ses acteurs et un regard que j'espérais journalistique c'est-à-dire (à mon sens) synthétique, aimant les formules et allant à l'essentiel.

Force est de constater que CODB gâche le matériau formidable qu'il avait sous la main. De toutes les expériences qu'il évoque et qui devrait être si ce n'est émouvante, forte, marquante, du moins sentie/ressentie, il ne reste rien. Quel dommage !!


Qu'il soit sur la plage de Phuket après le tsunami, qu'il soit pris en otage quelques heures à Beyrouth, qu'il séduise la femme merveilleuse qu'il aime, qu'il s'engueule avec elle, qu'il décrive les formidables œuvres et les impressionnants artistes du monde de l'art contemporain, rien ne surgit, aucune émotion vraie ne transparait. Il y a quelque chose de stérile dans l'art d'Ono-dit-Biot… Peut-être l'accumulation extravagante de clichés empêche la dimension critique, vivante, émotionnelle de s'épanouir.
Et puis, CODB a la fâcheuse tendance à jouer les Cassandre : le monde est mauvais, la guerre est partout, le capitalisme est laid, nous courrons à notre propre perte, les soixante-huitards nous ont légué un monde pourri, en pleine déliquescence, qui ne cesse de prendre l'eau et qui un jour va nous noyer… César rêvait d'être écrivain et il n'est que journaliste, son meilleur ami est banquier… Triste, triste vieille Europe ! Mais à force, Cassandre, elle casse les pieds !

Dans la catégorie des problèmes soulevés par le texte je vais finir par celui-ci : César aime les femmes, c'est incontestable, mais il les aime comme un homme du XIXème siècle et c'est affligeant. Il est protecteur, paternaliste, géniteur et incapable de se mettre une seule seconde à la place de sa compagne. C'est l'homme d'un autre âge (égotiste, nombriliste, narcissique) face à une femme du XXIème siècle : libre, jeune, effervescente, curieuse, vivante. Qui ne risque pas de finir sous une cloche. Leur amour ne se vit pas pour eux dans le même temps et ne peut être que voué à l'explosion. Il y a par exemple cette phrase hallucinante de misogynie :
Quand il tombe amoureux et après sa première rencontre avec Paz qu'il compare à un taureau de Miura (très original, n'est-il pas), il finit en disant : Mais c'était ma première Espagnole. J'en ai été littéralement sciée.


Bref, Plonger m'a fait couler !

Photos : Martin Parr (cité dans le roman et comparé à une endive, c'est frais !!)

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églantine
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mar 1 Avr 2014 - 17:24

shanidar a écrit:
Plonger


Bref, Plonger m'a fait couler !

Photos : Martin Parr (cité dans le roman et comparé à une endive, c'est frais !!)

Au moins c'est dit  rire ! Et je t'en remercie !

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topocl
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mar 1 Avr 2014 - 18:47

shanidar a écrit:
un peu plus radicale

J'aime ton sens de la nuance, shanidar!
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shanidar
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MessageSujet: Re: Christophe Ono-dit-Biot   Mar 1 Avr 2014 - 20:33

topocl a écrit:
shanidar a écrit:
un peu plus radicale

J'aime ton sens de la nuance, shanidar!

euh oui j'ai dit deux fois stérile...  Embarassed (mouahh ah ah)

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