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 Markus Zusak [Australie]

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Marie
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MessageSujet: Markus Zusak [Australie]   Mer 21 Mai 2008 - 20:37


Markus Zusak est né à Sydney en 1975. Il est le benjamin de quatre enfants. Ses parents sont d’origine allemande et autrichienne.

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J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
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Marie
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Mer 21 Mai 2008 - 20:58

La voleuse de livres ( The Book Thief)
traduit de l'anglais ( Australie) par Marie France Girod
Oh! Editions



La Voleuse de livres de Markus Zusak a obtenu le prix Millepages Jeunesse décerné par les librairies Millepages.C'est effectivement un de ces livres qui convient parfaitement, à mon sens, à des lecteurs à partir de l'âge de 12 ans. Ce qui ne veut pas dire que des adultes ne puissent pas éprouver du plaisir à le lire, bien au contraire. Je partais un peu suspiscieuse, et n'ai pas pu m'arrêter.Bien sûr, c'est "fabriqué", mais tout l'est. L'essentiel sont les émotions suscitées, et vraiment, je serais contente que beaucoup d'ados lisent ce roman.

Cette histoire se déroule dans l'Allemagne nazie -, le lecteur est transporté à Molching, non loin de Dachau. La Mort est la principale narratrice. L'auteur l'a voulue pince-sans-rire - « Je n'ai pas de faux, ni de faucille », précise-t-elle - et omniprésente.Et , ce n'est pas une mauvaise idée, annonçant à l'avance les noms de ceux qu'elle va emporter..En cette époque troublée, la Mort est un peu débordée, il lui faut s'organiser..

L'héroïne est une petite fille, Liesel, confiée à une famille peu avant la guerre, famille d'adoption, les Hubermann. Car le père de Liesel, un communiste, a disparu ; sa mère est trop pauvre pour s'occuper d'elle. D'un ton laconique, la Mort raconte comment elle a fauché le petit frère de Liesel. Il avait à peine 6 ans. « Un train roulait à toute allure. Bondé d'être humains. Un enfant de 6 ans mourut dans le troisième wagon. » L'unique réaction de la petite Liesel, face à cette tragédie, est de saisir un livre tombé dans la neige. Le Manuel du fossoyeur - puisqu'il est dit que la Mort a le sens de l'humour - sera sa première lecture.
La voleuse de livres en "volera" 14, et tous seront détournés de leur fonction initiale ( Mein Kampf servira à sauver un Juif..). Et ayant appris à lire avec ce Manuel du fossoyeur, Liesel, pendant les bombardements sur l'Allemagne, lira tous les ouvrages qu'elle possède dans les abris . . Lire, c'est conjurer le sort et rester vivant.
Déclaration d'amour à la lecture,aux liens familiaux,à la solidarité humaine. Jamais trouble, quelquefois très dur, et souvent plein d'humour.

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coline
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Mer 21 Mai 2008 - 21:46

Marie a écrit:
La voleuse de livres ( The Book Thief)
Et ayant appris à lire avec ce Manuel du fossoyeur, Liesel, pendant les bombardements sur l'Allemagne, lira tous les ouvrages qu'elle possède dans les abris . . Lire, c'est conjurer le sort et rester vivant.
Déclaration d'amour à la lecture,aux liens familiaux,à la solidarité humaine. Jamais trouble, quelquefois très dur, et souvent plein d'humour.

J'ai très envie de le lire...Merci Marie!
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coline
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Jeu 3 Juil 2008 - 12:25

LA VOLEUSE DE LIVRES

Je sais que les avis sont bien partagés sur ce livre…Je sais aussi qu’il fut un best-seller en 2007, traduit en vingt langues.
Marie en avait parlé et son commentaire avait attiré mon attention. J’ai eu envie de le lire. Et, je dois le dire, j’ai aimé ce roman.
Je l’ai aimé pour son originalité et sa profondeur.
Je l’ai aimé pour les valeurs humanistes qu’il défend : l’amitié, les liens de la famille, la solidarité humaine.
Je l’ai aimé parce que je me suis attachée à ses personnages.
Je l’ai aimé parce que le récit est bien construit.
Je l’ai aimé pour la poésie qui se glisse, l’air de rien, au détour des phrases.
Je l’ai aimé pour tout ce qu’il m’a renvoyé d’émotions, au fil de ses 526 pages, du rire aux larmes.

Ce qu’il raconte ? Quatre ans de la vie d’une petite fille, Liesel Meminger, à Molching, près de Munich et de Dachau, dans l'Allemagne nazie.
Et c’est la Mort elle-même qui raconte son histoire ! Une Mort pince-sans-rire, dotée d’un humour noir... mais aussi de compassion!

1939, Liesel a neuf ans. Sa mère les emmène, elle et son petit frère, en train, vers une famille d’accueil. La mère est « Kommunist », le père a déjà disparu.
Le petit frère de Liesel meurt pendant le voyage.
Lors de son enterrement, dans la neige, Liesel récupère un livre que le jeune fossoyeur a perdu : « Le Manuel du fossoyeur ». C'est son premier vol de livres.

A Molching, dans une rue pauvre, rue Himmel (ce qui signifie "paradis" en allemand), Rosa et Hans Huberman recueillent la fillette.
Rosa lave le linge des riches pour survivre et Hans, peintre qui n’a plus de travail, joue de l’accordéon pour gagner quelques pièces.
Liesel, la nuit, est en proie aux cauchemars et Hans veille tendrement sur elle, la rassure, puis lui apprend à lire. Elle se passionne pour les mots.

«Procédons dans l'ordre», dit Hans Hubermann cette nuit-là. Il lava les draps, puis les étendit. «Maintenant, on peut y aller, fit-il en revenant. La classe de minuit peut commencer.»
La poussière dansait dans la lumière jaune.
Liesel était assise sur des draps propres et froids, honteuse et ravie. L'idée qu'elle avait mouillé son lit la taraudait mais, en même temps, elle allait lire. Elle allait lire son livre.
[…]
«Pour être franc, expliqua sans détour Papa, je ne lis pas très bien moi-même.»


Le jour Liesel va en classe, joue au football dans la rue, participe par obligation aux activités des jeunesses hitlériennes, et commet des larcins (des pommes, des pommes de terre, des livres…) avec son meilleur ami, Rudy Steiner.

Tout autour, l’horreur.
Le mois de mai 1939 tirait à sa fin et la soirée se déroulait comme la plupart des autres. […].
Un peu plus tôt, il y avait eu un défilé.
Les membres extrémistes du NSDAP (connu également sous le nom de parti nazi), en chemise brune, avaient parcouru au pas la rue de Munich en portant leurs drapeaux fièrement, la tête haute et comme plantée au bout d'une pique. Ils chantaient à pleine voix, le clou étant une interprétation rugissante de «Deutschland über Alles», «L'Allemagne par-dessus tout».
Comme toujours, ils furent applaudis.
Cela les stimulait. Ils poursuivirent leur route vers on ne savait où.
Les gens les regardaient passer, les uns en saluant bras tendu, les autres en applaudissant à s'arracher la peau des mains. […]
Liesel était sur le trottoir avec Papa et Rudy. Le visage de Hans Hubermann ressemblait à une fenêtre aux volets clos.

QUELQUES CHIFFRES
En 1933, 90 % des Allemands affichaient un soutien sans faille à Adolf Hitler.
Ce qui veut dire que 10 % ne le soutenaient pas.
Hans Hubermann en faisait partie.
Il y avait une raison à cela.


Oui, l’horreur...Avec les groupes de Juifs arrêtés, affamés, sales et maltraités qui défilent en direction de Dachau sous le regard des gens de la ville...

« Rue Himmel, Liesel jouait au foot et deux garçons se disputaient le ballon au centre du terrain lorsque le son leur parvint.
[…] Lentement, au début, les enfants avancèrent jusqu’à la boutique de Frau Diller. De temps à autres des ordres étaient aboyés un peu plus fort.
Une vieille dame qui habitait un appartement en étage à l’angle de la rue de Munich se chargea d’éclairer la lanterne de tout le monde.
[…] « Die Juden, dit-elle. Les Juifs. »
[…] Au bout de la rue, sur l’autre trottoir, Liesel aperçut Hans Hubermann avec sa charrette et ses pots de peinture. Il se passait la main dans les cheveux, visiblement très mal à l’aise.
« Mon Papa est là-bas ! » dit Liesel à Rudy, le doigt pointé.
Ils traversèrent et le rejoignirent. Au début il tenta de les éloigner. « Liesel, dit-il, tu devrais… »
Il se rendit compte toutefois qu’elle était déterminée à rester et peut-être était-ce au fond quelque chose qu’elle devait voir. Dans le petit vent d’automne, il resta à ses côtés, sans dire un mot.
Rue de Munich, ils regardèrent.
[…] Lorsque les prisonniers arrivèrent,le bruit de leurs pas palpita sur le revêtement de la chaussée. Dans leurs crânes affamés, leurs yeux étaient immenses.
[…] Ces hommes et ces femmes épuisés tournaient vers eux leurs visages torturés, demandant non pas de l’aide-ils étaient au-delà de ça- mais une explication. Juste de quoi atténuer leur désarroi.
[.. ;] Quels que fussent les sentiments qui animaient les témoins de ce défilé- fierté, audace ou honte- nul ne fit rien pour l’interrompre. Du moins pas encore.»
[…] J’ai l’un des vôtres dans mon sous-sol ! avait envie de crier Liesel. On a fait ensemble un bonhomme de neige ! Je lui ai offert treize cadeaux quand il était malade !
Mais elle se tut.
Cela n’aurait servi à rien.
Elle comprenait qu’elle ne leur était d’aucune utilité. Il était impossible de les sauver. Dans quelques minutes, elle verrait quel sort était réservé à ceux qui tentaient de les aider.
[…] Dans un îlot du cortège, il y avait un homme plus âgé que les autres.
Ses yeux avaient la couleur de l’agonie et, si léger qu’il fût, il était encore trop lourd pour que ses jambes puissent le porter.
[...] Cet homme était un homme mort.
Dans cinq minutes, sans aucun doute, il tomberait dans le caniveau allemand et il mourrait sous les yeux des badauds qui ne lèveraient pas le petit doigt.
Et puis, un être humain.
Hans Hubermann.
Cela se passa très vite.
[…] Quand le pain changea de mains, le Juif se laissa tomber à genoux et étreignit les jambes de Hans.
Liesel regardait, les yeux remplis de larmes.
[…] Un soldat s’avança jusqu’à la scène du crime. Après quelques instants de réflexion, il détacha le fouet de sa ceinture et se mit à l’œuvre. »


Au cœur de l’horreur une petite fille grandit, poussée en avant et soutenue par son amour des mots…
Au cœur de l’horreur battent les cœurs généreux, tendres et magnifiques de Liesel, Hans et Rosa, Max, Rudy…
Au cœur de l’horreur, un peu de chaleur humaine…Et luisent une lueur d’espoir, une étincelle de poésie.
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grain de sel
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Ven 30 Jan 2009 - 21:17

La Voleuse de livres

Cette lecture m'a bouleversée. La dernière fois que j'ai pleuré à la fin d'un livre c'était pour "les larmes d'un assassin" !! La similitude de ces histoires est que les personnages principaux sont des enfants qui ont perdu leur famille de façon tragique....et qu'ils arrivent malgré tout à se construire et renouer/tisser des liens avec d'autres personnes qui vont devenir pour eux une nouvelle famille.
La voleuse des livres nous entraine dans l'Histoire nazi en Allemagne, la mort rôde et c'est elle la narratrice.
j'ai aimé aussi comment est raconté l'importance pour Liesel de découvrir l'impact des mots, de la lecture, les livres et les histoires qu'elle y découvrait.
Un livre à lire absolument!!
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Dim 13 Juin 2010 - 7:55

La voleuse de livres

Je ne savais pas ce qui m’attendait avec cette lecture n’ayant pas lu les recensions et commentaires, à vrai dire le titre et l’apparence ne m’attirait pas trop. Mais le livre me fut recommandé par une amie, donc…on y va !

Il m’a plu comment Zusak raconte une histoire attachante entre des enfants et quelques adultes autour. Certains (vu après lecture dans un forum allemand) – à mon grand étonnement – réduisent alors le livre à une histoire sans ancrage dans la grande Histoire. Pourtant il me semble évident qu’on ne peut pas faire abstraction du cadre historique : la montée du nazisme, l’encadrage par des organisations, l’antisémitisme, les camps de concentration, aussi les bombardements de villes (allemands). Comment l’auteur lie ici alors une histoire avec l’Histoire est très parlante : il montre les effets du nazisme et de la guerre dans la vie quotidienne de ses héros.

Derrière un langage apparemment « léger » et pourtant aussi poétique ; il raconte plus qu’une histoire romantique. Ce livre pourrait bien servir aussi – à coté du plaisir de lecture – d’introduction à l’histoire du III Reich, voir, de dictatures…

Par la dédicace et des informations sur le Web j’ai bien compris que Zusak travaille aussi à partir des expériences de ses parents, allemand et autrichien, respectivement.

Ce qui m’a un peu dérangé c’était la multitude de petits chapitres, certains introductions un peu trop « légères », voir laconiques. Et pourtant cela fait aussi le charme de ce livre :
Il raconte une histoire terrible, et quand même il y a un certain humour. La mort semble inévitable, et pourtant elle n’a pas seulement une face effroyable…
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coline
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Lun 14 Juin 2010 - 1:14

tom léo a écrit:
La voleuse de livres

Ce qui m’a un peu dérangé c’était la multitude de petits chapitres, certains introductions un peu trop « légères », voir laconiques.

Et pourtant cela fait aussi le charme de ce livre :
Il raconte une histoire terrible, et quand même il y a un certain humour. La mort semble inévitable, et pourtant elle n’a pas seulement une face effroyable…

Je pense que c'est un roman classé plutôt en section jeunesse...Ceci explique peut-être tout cela ...

coline a écrit:
Je l’ai aimé pour son originalité et sa profondeur.
Je l’ai aimé pour les valeurs humanistes qu’il défend : l’amitié, les liens de la famille, la solidarité humaine.
Je l’ai aimé parce que je me suis attachée à ses personnages.
Je l’ai aimé parce que le récit est bien construit.
Je l’ai aimé pour la poésie qui se glisse, l’air de rien, au détour des phrases.
Je l’ai aimé pour tout ce qu’il m’a renvoyé d’émotions, au fil de ses 526 pages, du rire aux larmes.

Bref...je le recommande... aux jeunes et aux moins jeunes!...
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Cassiopée
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Sam 24 Déc 2011 - 11:24

La voleuse de livres

Citation :
« UNE DÉFINITION ABSENTE DU DICTIONNAIRE Ne pas s’en aller : un acte d’amour et de confiance, que les enfants savent traduire.»
« Tu ne dois pas vouloir être comme les Noirs, les Juifs ou les gens qui … ne sont pas nous.»
« Dans le silence de la nuit, le livre s’ouvrit – un coup de vent. »
« Les mots allaient venir et, lorsqu’ils arriveraient, Liesel les prendrait dans sa main, comme les nuages, et elle en exprimerait la substance, comme la pluie. »

Ce livre est un coup de poing, il coupe le souffle … dès le début, j’ai eu le sentiment qu’il me happait (lui –le livre- pas son écriture, ce qui est différent pour moi), qu’il m’englobait, qu’il me « tenait ». Pas dans le sens où l’histoire est intéressante et que vous ne voulez plus la laisser. Non, même pas cela. Je n’ai jamais ressenti une chose pareille avec un autre roman auparavant. Difficile d’expliquer. Ces mots courts, ces commentaires, ces définitions, ces synonymes, ces dessins, ces phrases « coup de poing » :
Citation :
« Peut-on voler le bonheur ? Ou est-ce une supercherie humaine de plus ? »
, cette ambiance et ce sentiment d’être emportée par le livre comme si je ne choisissais plus, comme si lui décidait. Ma première impression, au bout de quelques pages, c’est que j’étais engloutie, submergée…
Les mots, les phrases, les définitions, les dessins, les commentaires, les chapitres hachés, courts ou longs, la présentation particulière, le déroulement inhabituel …. prenaient « mon air », m’envahissaient et je restais le souffle coupé, pantelante d’émotions, de sensations…

La construction du livre est originale. On voit l’Histoire d’une autre façon. C’est très bien pensé mais cela, d’autres auraient pu le faire, alors qu’est ce qui rend ce livre « différent » ?
Peut-être le fait que l’on s’attache à la Mort, comme à un personnage agréable, sympathique alors que la Mort, normalement, on la préfère « loin »…

Le chapitre « La bibliothèque du Maire » est un régal de mots, de sensations, de silences …
La relation de Liesel aux livres et sa relation avec la femme du Maire m’ont fascinée…Mais là je sais pourquoi … les livres, les mots tiennent une telle place dans ma vie !! Un mot peut me transporter de joie comme un mot peut me détruire. Ils ont tant d’emprise sur moi. J’essaie de les apprivoiser, de ne pas leur donner plus d’importance qu’ils ne le méritent… Je ne peux pas, ils sont là, comme « vivants »…

C’est peut-être finalement ça qui fait la différence, qui fait que ce livre est indicible, indéfinissable …. Le livre parle de mort, de morts - la Mort vous parle- et malgré tout …. tout cela est terriblement vivant entre vos mains, dans votre esprit …
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tina
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Sam 24 Déc 2011 - 12:06

Lire ce fil me replonge dans la magie de ce livre, qui, au même titre que "Le 13è conte", m'a d'abord laissée de marbre à sa parution.

Je veux dire, avant de l'ouvrir. Je me suis "best seller international", ouh la la, un clignotant rouge s'allume chez moi dans ces cas là !
Il y a eu tellement de navets "best seller international" !

Et puis, par hasard, je l'ai ouvert et...plus lâché !

Il y a de tout, de l'histoire, du fond, un suspens, des livres et toujours cette féérie qui leur est associée, dans un monde de brutes épaisses (toujours d'actualité).

Le livre comme refuge au milieu de la violence, ça me parle.

Le 13è conte, c'est une autre histoire, de femmes, mais les livres sont aussi mis en valeur et tout lecteur passionné se reconnaît.



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darkanny
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Sam 24 Déc 2011 - 12:18

Pas du tout accroché au 13ème conte, trop l'impression qu'on voulait m'y coller une atmosphère, manque de naturel.

Voilà que je parle comme Craclosse dans Titus d'Enfer..... ne mets plus de sujet, vais à l'essentiel.
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Dim 19 Aoû 2012 - 8:53

la voleuse de livres
Ce livre permet de regarder cette guerre du coté de l’Allemagne, car on n’oublie souvent qu’une guerre entraîne des souffrances dans les deux camp ;, cette Allemagne n’était pas le souhait de tout ses habitants. Une vision qui est très intéressante mais au fil des chapitres, l'histoire devient un peu répétitive et ennuyeuse.
Je n’ai pas abandonné car je n'ai pas voulu quitter cette maison afin de connaître le destin de chacun mais certains passages sont un peu longuets.
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topocl
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Jeu 27 Sep 2012 - 14:44

La voleuse de livres

C'est une histoire somme toute assez connue : Liesel, une orpheline de 10 ans dans l'Allemagne nazie, particulièrement douée pour la vie . Elle est recueillie par un couple de Munichois qui vont peu à peu révéler leurs grandes qualités humaines. On est au cœur de l'enfance : des heures de joyeuse insouciance alternent avec des moments pathétiquement douloureux, bercés par l’amour de ses parents adoptifs. Des histoires qu'on a entendues cent fois : de juifs cachés, de bombardements, de faim et de peur . Il n'empêche que le roman prend au cœur et on passe par tout un arc-en-ciel d'émotions allant de la pure joie à l'horreur la plus complète grâce à l'original talent de conteur de Markus Zusak

J'ai été assez gênée dans la première moitié du roman par ce choix de l'auteur d'écrire un roman pour « jeunes adultes» : des phrases qui ne dépassent pas deux lignes, des chapitres très courts, des encarts écrits en gras pour couper la lecture avec un côté ludique. Cela fait un peu gadget et m'a irritée au début. Mais il ne faut pas s'arrêtre à cela et cela s'estompe peu à peu. En particulier parce que Markus Zusak use d’un procédé assez prodigieux dans le récit : c'est la Mort qui raconte, la mort à elle-même. Non pas cette faucheuse sordide qu'on nous présente habituellement, mais une mort pleine de compassion et d ‘humour, qui fait son travail parce que c'est le sien, mais le fait avec une douceur et une attention touchante aux âmes qu'elle emporte, une mort débordée par la tâche dans cette tranche si douloureuse du XXe siècle, mais qui sait aller chercher dans chacun ce qui a fait de lui justement un humain, un être unique. Elle nous livre cette histoire d’un quartier pauvre de Munich sous le nazisme avec une ironie tendre et mélancolique, sans minimiser la noirceur qui rôde. Son histoire totalement réaliste, frise souvent avec la poésie, avec le merveilleux, sans vraiment nuire à la crédibilité de l'histoire. Et en plus de cette histoire d'une petite fille prise dans la guerre, il y a son amour des mots, son amour des livres, de la transmission, qui évidemment ne peut que nous toucher, nous, lecteurs.

Je me suis donc laissée emporter par cette histoire que j'ai crue un peu trop simple au départ, et qui est devenue, au fil des pages, touchante, drôle et tragique à la fois.

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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Jeu 27 Sep 2012 - 14:48

topocl a écrit:
La voleuse de livres

en plus de cette histoire d'une petite fille prise dans la guerre, il y a son amour des mots, son amour des livres, de la transmission, qui évidemment ne peut que nous toucher, nous, lecteurs.

Je me suis donc laissée emporter par cette histoire que j'ai crue un peu trop simple au départ, et qui est devenue, au fil des pages, touchante, drôle et tragique à la fois.


Une fois qu'on a admis, en effet, le parti pris de la simplicité de la langue et de la présentation de l'ouvrage, on peut vraiment se laisser toucher profondément par l'histoire.
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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   Jeu 27 Sep 2012 - 14:58

Très bon souvenir pour moi aussi, mais j'avais eu du mal à m'accrocher à cause du style. Après, on retrouve ce qu'on aime avec la présence magique des livres, seul secours dans toute cette ignominie.





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MessageSujet: Re: Markus Zusak [Australie]   

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