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 Erlend Loe [Norvège]

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Menyne
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MessageSujet: Erlend Loe [Norvège]   Mar 27 Mai 2008 - 20:49

Il y a un fil sur cet auteur en littérature jeunesse, mais voici plutôt la partie adulte !



Erlend Loeest né en 1969 à Trondheim, en Norvège. Diplômé de l'Ecole de cinéma de Copenhague, il est scénariste et vit à Oslo. Il est l'auteur de plusieurs romans et albums pour la jeunesse et pour adultes, dont Naïf.Super qui a été traduit en dix-neuf langues et couronné par le Prix du Télégramme, et Autant en emporte la femme, porté à l'écran par le réalisateur norvégien Petter Naess. Il y a aussi Doppler et Volvo Trucks.
(Notes de l'éditeur)

Ayant découvert Erlend Loe par ses livres jeunesse, je m'attendais à retrouver son style bien particulier, son humour et ses petites vérités que j'appréciais tellement dans Kurt et le poisson  puis avec Méchant Kurt.
Ce ne fut pas le cas ici. jypeurien  Il y a quelques phrases bien incisives mais l'ensemble n'est pas aussi prometteur que les 'Kurt'.
Par contre, Naïf. Super me tente beaucoup !

Autant en emporte la femme


La quatrième de couverture:
Quand Marianne s'installe sans crier gare dans l'appartement du narrateur, la vie de ce dernier prend un tour bien singulier. Peu à peu, il voit les décisions lui échapper, sans trouver  quoi que ce soit à y redire. Il se laisse porter, extérieur à sa propre existence, à la maison comme en voyage, dans leur Norvège natale ou sur les routes d'Europe. Marianne prend les initiatives, décide de tout. Mais l'a-t-il au moins choisie ? Rien n'est moins sûr ... Un hymne à l'humour absurde sur l'amour et l'incompréhension, la difficulté et le bonheur d'être deux.

En 300 paragraphes (ils sont numérotés), Erlend Loe nous raconte cette histoire d'amour contemporaine.
C'est presque un journal intime que nous dévoile le héros: son histoire avec Marianne.
Le narrateur se laisse "envahir" par cette jeune femme. Deux caractères s'opposent et tentent de s'aimer. L'un est souvent indécis, peu sûr de lui et l'une impose et ne supporte aucune concession !

Quelques petites phrases ....:

Toujours est-il que Marianne était là, que sa commode était là elle aussi, et que tous ses vêtements comme ses effets personnels s'étaient déjà mélangés aux miens. Bon.
je me décidai à tomber raide dingue amoureux d'elle. Voilà. j'allai même commencer pas plus tard que le jour d'après. On ne pouvait guère faire plus vite. (page 28 )


Assis dans le grand lit de la chambre d'hôtel, nous nous retrouvons tous les deux en mesure de nous ouvrir très librement de notre relation. Je dis que je trouve bizarre que nous soyons ensemble. C'est arrivé si brutalement. Presque sans que je le sache, sans que ma propre volonté ait une quelconque influence. (page 110)

Idea Un conseil : commencez par la série des 'Kurt' sourire
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Chimère
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Dim 1 Juin 2008 - 11:25

DOPPLER de Erlend LOE
Ed Gaïa/203p
Trad (norvégien) : Jean Baptiste Coursaud


Andreas Doppler tombe de vélo en forêt et c’est la révélation. Il quitte femme et enfants et installe sa tente dans les bois. Désormais il vivra de chasse et de cueillette et surtout loin des gens. Car Doppler est un misanthrope, un vrai. Il n’aime pas ses congénères et nous le fait savoir.

L’humour de Loe marche à fond avec moi. J’adore la façon qu’il a de partir d’une anecdote déjà drôle à la base pour la faire dériver dans une histoire encore plus délirante, telle cette partie de chasse où ce brave Doppler se trouve contraint d’adopter un jeune élan dont il vient de tuer la maman (syndrome Bambi assuré) qu’il baptise Bongo. Bref, cet individu qui ne pense pas de bien de son espèce et de la société dans laquelle il vit me fait rire et j’aime bien le côté allons le plus loin possible dans le délire de l’histoire. Il est au fond très touchant ce personnage qui vit mal sa petite crise de remise en question après la mort de son père (le père est un autre personnage qui me semble doué d’excentricité lui aussi bien qu’on en parle peu dans le roman) et on lui souhaite bonne chance dans sa tentative de réforme de la société norvégienne.
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coline
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Dim 1 Juin 2008 - 11:35

Rappelez-le moi...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe......
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Chimère
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Dim 1 Juin 2008 - 12:24

coline a écrit:
Rappelez-le moi...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe......

D'accord ! On t'envoie un MP toutes les semaines ? Laughing
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coline
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Dim 1 Juin 2008 - 12:57

Chimère a écrit:
coline a écrit:
Rappelez-le moi...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe......

D'accord ! On t'envoie un MP toutes les semaines ? Laughing

Non...Seulement un rappel en été... Very Happy
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Chimère
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Dim 1 Juin 2008 - 13:02

Zut, je rêvais de faire du harcèlement ange Wink
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coline
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Dim 1 Juin 2008 - 13:03

Chimère a écrit:
Zut, je rêvais de faire du harcèlement ange Wink

Alors harcèle...Je me laisserai harceler... sourire
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Menyne
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Lun 2 Juin 2008 - 20:44

Chimère a écrit:
DOPPLER de Erlend LOE
Ed Gaïa/203p
Trad (norvégien) : Jean Baptiste Coursaud


Andreas Doppler tombe de vélo en forêt et c’est la révélation. Il quitte femme et enfants et installe sa tente dans les bois. Désormais il vivra de chasse et de cueillette et surtout loin des gens. Car Doppler est un misanthrope, un vrai. Il n’aime pas ses congénères et nous le fait savoir.


Celui-ci, il m'inspire ... un de plus à ma liste !
As-tu lu les livres jeunesse ? Je pense que tu ne peux qu'apprécier.
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Menyne
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Lun 2 Juin 2008 - 21:50

coline a écrit:
Rappelez-le moi...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe......

Ne commence pas par Autant en emporte la femme, je ne pense pas que cela soit le plus révélateur de son humour un peu décalé ! jypeurien
Lis, les Kurt ( conciliabule je sais je l'ai déjà dit ...)
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kenavo
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Lun 2 Juin 2008 - 21:54

menine a écrit:
Lis, les Kurt ( conciliabule je sais je l'ai déjà dit ...)
OUI - mais en fin de compte, tu arrives à me faire très, très curieuse et je pense que je ne pourrais plus non plus passer à côté sourire

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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coline
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Lun 2 Juin 2008 - 22:11

menine a écrit:
Ne commence pas par Autant en emporte la femme, je ne pense pas que cela soit le plus révélateur de son humour un peu décalé ! jypeurien
Lis, les Kurt ( conciliabule je sais je l'ai déjà dit ...)

Je suivrai tes conseils... Wink
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Queenie
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Ven 4 Sep 2009 - 19:48

coline a écrit:
Rappelez-le moi...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe...Je ne dois pas passer l'été sans lire un Erlend Loe......

Alors Coline ?


Lu Doppler.

Je ne serais pas aussi enthousiaste que Chimère. Même si je reconnais qu'il y a plein de situations cocasses, et poussées jusqu'au-boutisme. Elles m'ont fait sourire et ça m'a franchement très bien divertie. Mais pas de fous rires, ou d'hilarité, ou d'envie de ne pas lâcher le livre.

Cela dit, j'en lirais bien d'autres. Loe arrive très bien à décrire l'aversion de ce gars pour l'espèce humaine, et des lignes excellentes sur le rejet de l'application. Être appliqué étant le pire du pire de la perte de soi, selon Doppler. Il faut du bordel, de l'ennui, du Rien faire, de la désobéissance, un peu de chaos et de laisser aller.
Pourtant il s'applique à faire son totem, il s'applique à "éduquer" son fils. C'est plein de paradoxes, mais pas complètement incompréhensibles. Juste qu'il ne peut pas ne Rien faire tout le temps, qu'il se donne des buts, mais juste pour sa satisfaction personnelle et pour ce en quoi il croit.


L'impression que ce livre pourrait être la suite de Autant en emporte la femme, vu ce qu'en a dit Ménine, puisque ce Doppler quitte justement sa femme qui est si appliquée, et ses enfants si "sérieux" pour aller vivre dans cette forêt seule.


Bizarre comme Loe pointe vachement du doigt l'esprit norvégien... Ce besoin de spécifiquement critiquer son "peuple". Je ne comprends pas toujours ce qu'il critiquait d'ailleurs lorsqu'il disait juste : ah ça, la norvégianité est terrible!
Mais bon, quelques pistes à quelques endroits tout de même.


J'aime beaucoup son histoire d'amitié avec l'Elan et d'autres trucs qui partent dans tous les sens.

(peut-être des extraits plus tard)

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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Mar 26 Jan 2010 - 22:44

Doppler (Doppler, 2004), traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud en 2006. 10/18. 205 pages.
Doppler est marié et père de famille. Il habite la Norvège, un bien beau pays.
Citation :
"Je suis cycliste. Et je suis époux, père, fils, salarié. Propriétaire d'une maison. Et je suis un chapelet d'autres choses aussi. On est tant de choses.
Or donc, je pédalais à l'air libre. Au printemps, par ici. Et puis j'ai fait une chute. D'une manière méchamment brutale. L'affaire est connue : dans la forêt, ça dépote. Et les marges de manoeuvre sont souvent réduites." (page 32).
Bref, il se vautre par terre. Il est donc au sol.
Citation :
"Au début, je souffrais le martyre. J'étais incapable de bouger. Inerte, je regardais des branches osciller lentement sous l'effet de la brise légère. Et, pour la première fois depuis des années, le silence était si grand. Lorsque les douleurs les plus aiguës ont reflué, un calme béni s'est emparé de moi. Ne restait que la forêt. Envolé ce brassage habituel de sentiments, réflexions, obligations et projets hétéroclites et complexes. D'un coup d'un seul, tout n'était que forêt. Volatilisées aussi ces chansons pour enfants qui me tapent sur le système et me trottent sempiternellement dans la tête, ces mélodies qui agrémentent les films que mon fils et ses acolytes regardent sur VHS ou DVD. Stridentes, insidieuses, insistantes, elles ont l'art de s'immiscer puis de squatter mon système nerveux central. Lors de ma chute, elles se diffusaient en boucle depuis des mois dans mon crâne. " (page 32).
Bref, notre héros a une révélation. Il en a marre de son boulot (comme on peut le comprendre !), de sa vie, de la société de consommation.
Il plaque tout et va vivre dans la forêt. Sa femme ne comprend pas bien.

Tout cela ressemble singulièrement au Lièvre de Vatanen, le fameux roman d'Arto Paasilinna et c'est, pour moi, le principal problème du livre. Cela ressemble donc à du Paasilinna, mais ça n'a pas la folie, le rocambolesque que peut avoir Paasilinna quand il est en forme (Le Meunier Hurlant, La Cavale du géomètre...).
Alors, il y a des scènes amusantes : la chasse à l'élan, la cohabitation de notre héros avec un jeune élan, qui habite la même tente que lui.
Citation :
"Bien évidemment, l'élan ne dit rien. Il se contente de me regarder en ouvrant de grands yeux confiants.
Quelle félicité d'avoir quelqu'un qui est incapable de parler". (pages 18-19).
Globalement, l'élan est un "personnage" bien trouvé.
Le traducteur se permet même d'ajouter un jeu de mots (sauf si une blague similaire se trouvait déjà dans l'original), page 43, avec le double sens de "incontinent" (là, on se trouve quand même au niveau jeu de mots pipi-caca).

Le roman avance, entre fâcheux qui viennent le visiter, combines pour se procurer de quoi vivre, hommage loufoque à son père, et pensées philosophiques plus ou moins profondes ("Nous naissons seuls et nous mourons seuls. Il s'agirait de s'habituer à cet axiome séance tenante et pour de bon", page 55), analyse sociologique bienvenue liée au Toblerone - j'y ai repensé en achetant mon Toblerone blanc de 400 grammes, dans un aéroport -, rencontre avec des personnages bien sûr hauts en couleurs.

Le texte n'a pas une qualité littéraire de premier ordre, il consiste souvent à tenter un effet burlesque lié au passage sans transition d'un langage assez tenu à un langage très relâché.
Et il n'a pas été bien relu ("je me serai éclipsé", page 73 ; "nous accompgner" et "pertinemment que que" page 85, "à vaguement à prononcer", page 122, je ne sais même pas pourquoi je les énumère).

Le programme de notre héros a toute ma sympathie ("Je vais cultiver l'oisiveté à un niveau que peu ont atteint avant moi"), il picole, plaque son boulot (le rêve) tout ça... C'est objectivement humoristique, mais j'ai passé tout le roman à penser que Paasilinna, c'est plus marrant (même s'il a des procédés, lui aussi, qui sont d'ailleurs un peu les mêmes que ceux de Loe dans ce bouquin, le désire d'aller voir ailleurs, de changer de vie, les situations qui dégénèrent...).
Sympathiquement foutraque, donc, et si on y entre sans penser à Paasilinna, ce livre peut même être drôle.
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MessageSujet: Re: Erlend Loe [Norvège]   Mar 14 Juil 2015 - 20:43

J'ai emprunté il y a quelques semaines Jours tranquilles à Mixing Part et j'ai très souvent souri. C'est l'histoire d'une famille de Norvégiens qui loue une maison de vacances (ou un appartement, je ne sais plus) en Allemagne (madame est germanophile, monsieur pas du tout). Il y a quelques situations extrêmement cocasses, parfois un peu sordides, mais toujours drôles à mon sens...



Un petit échantillon (il n'y a presque que des dialogues entre Nina la casse... pieds et Telemann le fumiste) :

Citation :
Telemann ?

Oui.

Tu as conscience que, chaque fois que tu fumes, ta vie raccourcit de onze minutes ?

Non, je n’en avais pas conscience.

C’est pourtant ce qui se passe.

D’accord.

Et à quoi tu penses, maintenant que tu le sais ?

Je ne sais pas. Onze minutes, ce n’est pas la fin du monde non plus.

Certes. Mais si tu mets bout à bout toutes les cigarettes que tu fumes, on aboutit vite à des mois et des années.

On ne peut pas penser en ces termes.

Ah bon ?

Non. Un paquet de dix fait à ce moment-là cent onze minutes. Ça correspond à un film un peu long ou par exemple à l’une de ces petites représentations que nous proposons au Nationaltheatret, dans la Salle des peintres.

Où est-ce que tu veux en venir ?

Il y a beaucoup de films et de mises en scène qu’il ne vaut pas le coup de voir. Donc tu peux dire que si je me mets à ne plus assister aux représentations dont je sais d’avance qu’elles ne m’apportent rien, c’est-à-dire la plupart, c’est du pareil au même.

Tu n’es pas sérieux, là ?

Bien sûr que si.

Parfois, je me demande si tu n’as pas une case en moins.

Mais tu sais, il y a tant de choses que je pense à propos de toi mais que je ne dis pas.

Non ?

Si.

Comme quoi ?

Je ne souhaite pas m’étendre sur le sujet, si j’ose dire.

C’est lâche de ta part.

Je crois que, sur ce coup-ci, tes paroles dépassent ta pensée, Nina.

Je veux savoir ce que tu penses de moi.

Pas de commentaire.

Mais tu m’aimes, au moins ?

Mais ouiii.

***

Tu dors ?

Quoi ?

Je te demande si tu dors.

À ton avis ?

Je peux te dire un truc ?

Humpf.

Je repense à ce dont on a parlé aujourd’hui.

Hmm… ?

Je trouve ça important qu’on se dise ce qu’on pense l’un de l’autre. Ça doit pouvoir concerner les petites broutilles comme les choses importantes. Et il faut qu’on puisse s’en parler à n’importe quel moment.

Tu n’as pas un peu peur que ce soit brutal ?

Si c’est le cas, eh bien tant pis.

Et tu veux qu’on commence quand ?

Tout de suite.

OK. Moi je trouve, par exemple, que c’est un poil agaçant que tu me maintiennes éveillé pile au moment où je suis en train de m’endormir.

Mais c’est important.

Peut-être, mais je te rappelle qu’on se revoit pas plus tard que demain matin. Et il ne va rien se passer de particulier entre nous d’ici là.

Tu veux dire que j’aurais dû attendre ?

Voilà.
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