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 Régis Messac

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MessageSujet: Régis Messac   Régis Messac EmptyMar 17 Juin 2008 - 11:19

Régis Messac Messac10

Biographie: (Source Wikipedia)

Régis Messac, né à Champagnac le 2 août 1893, mort du côté de Gross-Rosen ou de Dora en 1945, est un écrivain français.

Premier exégète de la littérature policière et scientifique, auteur d’une thèse sur l’origine du roman policier, Le « Detective Novel » et l'influence de la pensée scientifique, Régis Messac écrit avant 1939 les premiers essais littéraires sur la science-fiction. Arrêté par les Allemands le 10 mai 1943, déporté Nacht und Nebel, il disparaît en Allemagne à une date indéterminée, postérieure au 19 janvier 1945. Son nom figure au Panthéon, parmi ceux des écrivains morts à la guerre.
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MessageSujet: Re: Régis Messac   Régis Messac EmptyMar 17 Juin 2008 - 11:23

QUINZINZINZILI

Qui, de nos jours, connaît encore cet auteur atypique que fut Régis Messac ?
Né en Charente-Maritime en 1893, fils d'instituteur, il deviendra à son tour enseignant après avoir été blessé d'une balle dans la tête lors de la première guerre mondiale.
De 1923 à 1929, il s'expatrie d'abord en Grande-Bretagne puis au Canada où il occupe un poste de progfesseur à l'Université Mc Gill de Montreal.
De retour en France, il devient chroniqueur pour de nombreuses revues littéraires, syndicales et pacifistes. C'est au cours des années 30 qu'il crée la revue « les Hypermondes » où il met en avant un genre littéraire jusqu'ici boudé par le public : la Science-Fiction.
Car Régis messac est un précurseur; déjà, en 1929 il soutient une thèse sur « le Detective Novel » et l'influence de la pensée scientifique qui mettra en avant – avec le succès qu'elle connaît depuis – la littérature policière.
Mais ses réflexions anti-conformistes (pour l'époque) sur la pédagogie lui vaudront d'être écarté du monde de l'enseignement après qu'il ait signé en 1933 un pamphlet intitulé « A bas le latin! »
Désormais marginalisé, Régis Messac va se consacrer à l'écriture, notamment de romans de science-fiction dans lesquels transparaît son pessimisme radical sur l'avenir de l'espèce humaine avec « Quinzinzinzili », « La Cité des Asphyxiés » et « Valcrétin », roman posthume dans lequel s'exprime le constat qu'il dresse de la société de son époque: « Où est le bonheur ? Dans l'accord avec son milieu. Si nous vivons parmi les Crétins, soyons crétins. » Constat qui est hélas! aujourd'hui encore d'actualité puisque Martin Page en a décliné le thème il y a quelques années avec son roman « Comment je suis devenu stupide. »

Lorsque l'Allemagne envahit la France en 1940, Messac l'insoumis, le pacifiste, l'ennemi de toutes les dictatures, qu'elles soient politiques, religieuses ou culturelles, participe à un réseau visant à faire évader des jeunes enrôlés de force pour le S.T.O. De plus en plus investi dans la Résistance, il est arrêté le 10 mai 1943 à Coutances.
Condamné par un tribunal militaire, il est incarcéré à Fresnes puis au camp de Struthof (Alsace) avant d'être déporté en Silésie et en dernier lieu dans le camp de concentration de Gross-Rosen. On suppose qu'il a été déplacé au cours des « marches de la mort » en 1945 vers le camp de Dora puis vers Bergen-Belsen.
La date de sa dispartition a été fixée au 15 mai 1945.


Dans « Quinzinzinzili », roman de science-fiction apocalyptique écrit en 1935, Régis Messac prévoit déjà la catastrophe que sera la seconde guerre mondiale ainsi que l'invention et l'utilisation d'armes de destruction massive quinze ans avant que la première bombe atomique ne ravage la ville d'Hiroshima.
Les causes de la guerre imaginée par Régis Messac ne sont bien évidemment pas celles qui ont effectivement entraîné le monde dans un conflit meurtrier qui durera six ans. Messac imagine que le Japon met le feu aux poudres en envahissant la Chine. Les grandes puissances : Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni, Etats-Unis, choisissent leur camp et c'est très rapidement l'escalade.
Cette guerre, commencée de manière conventionnelle, prendra un tour nouveau avec la mise au point d'une arme absolue réalisée par un scientifique japonais, une sorte de super-bombe qui décompose l'atmosphère, la rend irrespirable, et élimine ainsi tous les êtres vivants se trouvant à proximité.


Le narrateur, Gérard Dumaurier, est précepteur des deux enfants d'un homme d'affaires enrichi par le commerce des armes. Au moment où l'apocalypse est sur le point de se déclencher, Dumaurier et ses deux élèves se trouvent en Lozère dans un sanatorium, le cadet des deux frères étant légèrement atteint de tuberculose. Parti en excursion en compagnie de ses protégés ainsi qu'avec cinq autres garçons et une petite fille, Dumaurier décide d'explorer une grotte à flanc de colline.
Alors que tous s'amusent à visiter la caverne dans une joyeus insouciance, un grondement soudain venu du dehors attire leur attention. Ce qu'ils croient être un banal orage est en fait la catastrophe annoncée. Partout, de par le monde, les super-bombes ont explosé et ont ravagé la surface de la Terre, ne laissant pour seuls survivants que cette poignée d'enfants accompagnés d'un seul adulte.


Dumaurier, à l'instar de l'auteur, n'espère rien de la capacité de la race humaine à corriger ses défauts et à construire un monde meilleur que celui qui vient d'être anéanti. Il va donc se poser en observateur et étudier cette horde d'enfants livrés à eux-mêmes. Il va très rapidement constater que cet embryon de société va reproduire les tares et les excès de l'humanité disparue. Redevenus sauvages, les enfants vont réinventer un langage sommaire, une sorte de babil enfantin où le vocabulaire est déformé et simplifié à l'extrême. Ils vont se créer un dieu tout-puissant : « Quinzinzinzili », déformation de « Pater Noster / Qui es in coelis » mais aussi – ce qui est plus grave encore – la domination des plus forts sur les plus faibles, l'intimidation de l'autre par le biais de la violence et enfin le meurtre et le viol sur la personne de la seule fillette rescapée.
Profondément dégoûté par cette attitude, Dumaurier se dénommera désormais Eskhatos (d'après le mot d'origine grecque Eschatologie), « l'homme final, le dernier. »
Consignant ses mémoires dans un vieux carnet, Dumaurier/Eskhatos va décrire cette plongée dans la barbarie, observant ces enfants qui reproduisent à leur échelle les comportements qui ont conduit l'humanité vers son extinction.


D'un pessimisme effrayant, le roman de Régis Messac laisse peu d'espoir sur la capacité de l'être humain à se défaire de ses tares, condamné à reproduire indéfiniment les mêmes comportements brutaux et sordides. Entre « Ravage » de Barjavel et « Sa majesté des mouches » de Golding, « Quinzinzinzili » s'inscrit dans cette lignée de romans qui nous présentent des contre-utopies et jettent un regard désabusé sur la capacité de l'espèce humaine à trouver une quelconque forme de rédemption.
En cela, Régis Messac ne se sera pas trompé, lui qui disparaîtra en 1945, victime de la folie meurtrière de ses frères humains.
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MessageSujet: Re: Régis Messac   Régis Messac EmptyJeu 19 Fév 2009 - 16:33

En voilà un qui aurait du être cité parmi les "oubliés" du forum innocent

Quinzinzinzili


Gérard Dumaurier, précepteur de deux jeunes garçons, Charles et Ratbert Clendennis, issus de la belle bourgeoisie anglaise, est en vacances dans le Sud Ouest de la France, sur la côte basque. Lorsque la guerre éclate, il a quitté le bord de mer avec ses deux protégés pour un endroit d'altitude perdu en Lozère: Charles a les poumons fragiles et son état de santé inquiètait le médecin. Le chaos survient au moment où Gérard, Charles, Ratbert et un groupe d'enfants et d'adolescents souffreteux, et parmi eux une seule fillette, visitent des grottes en compagnie de leur jeune guide. Tout tremble, tout devient étrange et tous se terrent dans la grotte, oubliant la faim et la soif. Le temps s'étire lentement, l'éternité passe, la curiosité de certains devient plus forte que leur peur: il faut se rendre compte de ce qui s'est passé. Le spectacle est absolument terrifiant: le paysage est méconnaissable, la vallée noyée sous une mer jaunâtre, les repères n'existent plus comme si le monde avait souffert d'un immense et inimaginable tsunami. Nous sommes en 1935, le chaos chimique a dévasté le monde en une réaction en chaîne que les savants fous n'avaient pas envisagée: les effets secondaires d'une invention hallucinante peuvent avoir des conséquences collatérales dépassant l'imagination!
Gérard Dumaurier et son groupe de jeunes semblent être les uniques rescapés, les ultimes représentants de l'espèce humaine...."J'étais Gérard Dumaurier. Une personne logée bien à l'aise dans un monde fait pour elle comme l'écrou pour la vis. Il y avait des terrasses de café pour ma soif, des tailleurs pour me vêtir, des radiateurs pour me chauffer, des femmes agréablement parées pour me sourire. Aujourd'hui....Mais je ne veux plus penser à aujourd'hui. Je ne veux plus...Ou pas encore. Il faudra bien..." (p 22) Gérard est le seul adulte entouré d'enfants et d'adolescents, il est le seul à être mâture et à se rendre compte que plus jamais rien ne sera comme avant.
Très vite, Gérard se place en retrait du groupe, tel l'observateur d'une peuplade inconnue: il ne peut s'identifier à ces jeunes, à peine sortis de slimbes de l'enfance, ces jeunes qui rapidement inventent un langage, des codes de communication, une nouvelle façon de vivre, une nouvelle religion...l'adoration d'un Dieu issu de l'imaginaire enfantin, omnipotent, omniscient, résolvant les arcanes des causes à effets dans un dénouement inexplicatble donc divin: le quinzinzinzili!
Gérard, notre narrateur, devient alors le témoin de l'éclosion d'une nouvelle humanité, qu'il trouve encore plus affligeante que celle qui a été détruite par la folie des hommes. Du chaos ne sort pas forcément la rédemption, du chaos n'éclot pas un renouveau gageure d'une innocence retrouvée. Non, du chaos naît un éternel recommencement, le cycle infernal des violences, d'autant plus terribles que le sens moral a disparu. Les enfants, êtres sociaux en devenir, évoluent en sauvageons d'une cruauté sans limite, une meute où dominants et dominés déterminent le rang social. Cette horde réinvente ce que les hommes ont toujours su réaliser: la guerre et l'amour ainsi qu'une étrange géométrie dont le pouvoir serait insufflé par le Quinzinzinzili.
Comme le firent leurs lointains ancêtres des temps préhistoriques, la horde s'aventure au-delà du périmètre rassurant de la grotte pour découvrir le vaste monde, en quête de nouveaux territoires. Et Gérard de les accompagner, observateur extérieur au regard ironique, à l'humour noir irrésistible "En attendant, dans ce monde dément qui m'entoure, je me suis mis à étudier ces dégénérés comme on étudierait une colonie de fourmis. Vraiment, ce ne sont plus des hommes, ni des fils d'homme. Pour tâcher de les comprendre, il me faut faire un effort, un effort considérable. Ils se sont fait à mon insu, quoique à mes côtés, tandis que je macérais dans mon découragement, un langage à eux, une explication du monde à eux, des habitudes, un genre de vie à eux. Quand je m'en suis aperçu, il était trop tard. - Et puis, trop tard, trop tard...Trop tard pour quoi faire? Pour les éduquer, les rattacher à l'ancienne civilisation? Est-ce que j'en aurais été capable, si je m'en étais soucié? Et est-ce que je m'en soucie." (p 78)
Régis Messac, qui disparaîtra dans l'horreur indicible des camps d'extermination nazis, décrit, dans "Quinzinzinzili", une humanité sombre qui ne semble pas présenter le moindre signe d'attitude vraiment positive et constructive. "Quinzinzinzili" est le roman pessismiste d'un écrivain qui ne portait pas de regard optimiste sur le monde qui l'entourait: le chaos apporté par l'hégémonie nazie vit en filigrane visionnaire dans les lignes du roman. L'apocalypse est toujours plus proche de nous que nous ne le croyions....vision noire, sombre d'une humanité qui lentement perd ce qui la démarque du monde animal. Seule, la lumière de la littérature, des beaux textes classiques, apporte une fragile lueur: le souvenir des beautés de l'ancienne civilisation apaise le désarroi de l'adulte-observateur inacapable de s'adapter à la nouvelle situation, souvenir qui lui évite de sombrer dans la folie du désespoir, dans la folie des repères perdus....un avant-goût, prophétique?, de ce qui se passera dans les camps. Gérard Dumaurier serait-il le dernier homme, l'Eskhatos?
"Quinzinzinzili" est un roman de science-fiction d'une modernité troublante: aujourd'hui regarde demain avec effroi, le vernis de civilisation est tellement mince, si facile à ôter en grattant un peu, que le chaos ne semble jamais loin de nous. Entre le désespoir et l'ironie, l'humanité s'accroche aux fastes de la mémoire des livres, des tableaux, de la belle architecture et des découvertes salvatrices...l'espoir est mince mais existe.
A découvrir!
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MessageSujet: Re: Régis Messac   Régis Messac EmptyJeu 19 Fév 2009 - 17:31

Chatperlipopette a écrit:
En voilà un qui aurait du être cité parmi les "oubliés" du forum innocent
[...]
A découvrir!
il y a des votes le mois prochain Very Happy

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c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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MessageSujet: Re: Régis Messac   Régis Messac EmptyJeu 19 Fév 2009 - 21:56

Il faudra que je ne l'oublie pas le mois prochain Wink
oups, ma syntaxe n'est pas au top ce soir Shocked
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MessageSujet: Re: Régis Messac   Régis Messac EmptyLun 2 Nov 2015 - 22:57

Je viens de commencer Quinzinzinzili. J'en profite pour faire remonter le fil de Biblio. Avis aux lecteurs l'ayant déjà lu, je crois qu'il mérite que son œuvre vivent au travers de nos échanges !

_________________
La seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien.
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MessageSujet: Re: Régis Messac   Régis Messac Empty

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