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 Chahdortt Djavann

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topocl
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MessageSujet: Re: Chahdortt Djavann   Ven 12 Sep 2014 - 14:21

Je ne suis pas celle que je suis

Citation :
Une telle histoire peut  paraître tout bonnement inimaginable, mais vivre perpétuellement en cachette, subir des interdictions en tous genres qui touchent à la vie affective et intime a rendu les Iraniens fous. Les situations les plus improbables et les plus insolites, qui n'ont aucune raison d'exister ailleurs, sont monnaie courante en Iran.

On alterne les très courts chapitre, d'où une lecture rapide pour un livre qui semblait gros au départ.

D'un coté, le récit de l'enfance et la jeunesse de Donya, en Iran, sous la dictature des mollahs, dont je craignais un peu une redite par rapport à En censurant un roman d'amour iranien de Shahriar Mandanipour. Mais les trajectoires et les personnalités des 2 auteurs sont bien différentes, celle de Mandanipour lui a laissé la possibilité de l'humour, alors que dans le domaine privé comme dans le domaine public, l'expérience de Donya (et sans doute partiellement (?) celle de Chahdortt Djavann), a été encore plus traumatisante, et n’autorise que la béance et le tumulte.

Citation :

Raconter aux autres que l'infâme régime m'a emprisonnée et torturée, c'est plus facile que d'avouer la vérité sur mon père…

Sans doute car elle est révoltée dès l'enfance, ce qui est loin de lui avoir simplifié la vie, avec des traumatismes intimes en plus des traumatismes socio-politiques, femme  dans ce monde  inimaginable où elles sont considérées comme des mineures, où on exige leur virginité et on les traite comme des putains. Certaines pages sont d'une violence à la limite du soutenable, le livre de Mandanipour paraît presque fade à côté.

D'un autre côté le compte rendu distant de sa psychanalyse,  dialogue/monologue de Donya, désormais immigrée à Paris, sortant d'une tentative de suicide, incapable de s'adapter à ce nouveau monde, fermée, blessée. Le déroulement des séances  montre  l'éclatement de sa personnalité, l'anéantissement de ses espoirs, la gravité de sa souffrance. Sa vie est un déchirement, sa psychanalyse un long cri errant entre l'incrédulité et le rejet de sa thérapie, l'agressivité et le doute face à son thérapeute, puis, peu à peu, les pensées et les récits, non pas  s'ordonnent, mais  prennent un chemin. L'écueil de la langue , quoiqu'elle la  maîtrise merveilleusement , mais qui n'est pas sa langue maternelle, sa langue primale, est un obstacle supplémentaire.

J'ai eu plus de mal à entrer dans ces pages-là, car d'une part tout est déconstruit, mais c'est logique puisque Donya est déconstruite - et parfois exaspérante de ce fait, mais  qui peut lui en vouloir ? Et aussi parce que la psychanalyse, qui me semble parfaitement racontée ici, bien que je ne la connaisse pas de l'intérieur, , m' a toujours mise mal à l'aise, position qui est d'ailleurs évoquée  dans le livre lors d'un séminaire anti-psychanalyse. Mais cela, c'est mon affaire.

Citation :
Ce n'est pas étonnant que la réalité se déforme de temps en temps sous mes yeux. J'ai tellement manipulé et annulé psychiquement la réalité que tout a été déréglé dans mon cerveau.

Enfin quelques brefs paragraphes sur la vie  privée du thérapeute, dont je n'ai guère compris l'intérêt, (si ce n'est de montrer qu'en fait, Donya poursuit souvent son chemin seule ?). Mais qui émergera sans doute dans les tomes suivants.

Au total un romans des plus intéressants, violent dans l'information, sans concession dans la forme, qui finit un peu en queue de poisson (mais il y a une suite). Mais  de toute façon peut-on espérer qu'un tel destin soit un jour clos ?

Citation :
- Au moins, on doit reconnaître aux mollahs le mérite d'avoir rendu palpitants les actes les plus anodins ; ce qu'ailleurs ont considère comme ordinaire, ou même ennuyeux parce que trop accessible, devient ici un délice. Comme boire du whisky, écouter de la musique, se voir entre filles et garçons, ironisa Armand.
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Chahdortt Djavann   Ven 12 Sep 2014 - 14:55

je n'ai lu que la Muette et j'avais bien aimé, la rebellion de la femme

je vais noter pour plus tard

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Armor-Argoat
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MessageSujet: Re: Chahdortt Djavann   Ven 12 Sep 2014 - 23:02

J'avais lu ce livre à sa sortie, et mon avis rejoins le tien en tous points. (ça se devait quand même d'être souligné rire ). cela fait plusieurs fois que je me dis que je devrais emprunter la suite, mais quelque chose me retient, probablement tout ce versant psychanalyse qui m'a laissé un goût mitigé.
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topocl
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MessageSujet: Re: Chahdortt Djavann   Sam 13 Sep 2014 - 8:50

Oui, c'est vrai, j'ai lu ce livre avec beaucoup d'intérêt, je me demande comment ça se passe après (après le mariage, comment elle finit par sortir d'Iran, comment elle arrive à Paris, et même , à Paris ce qui se passe à part la psychanalyse), mais je n'ai pas forcément envie de lire le tome suivant, d'autant que je crois qu'il y en a plusieurs.

Il y a peut être un problème de langue. même si c'est très bien écrit alors que le français n'est pas sa langue maternelle, il y a quand même, non pas une lourdeur, plutôt une rigidité, cela fait parfois un peu figé et le fait qu'elle prend manifestement plaisir à utiliser des expressions typiquement françaises (comme "jouer les gros bras" qui est la première que le psychanalyste relève dans le livre,) comme pour montrer (inconsciemment sans doute), à quel point elle maîtrise.
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Maryvonne
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MessageSujet: Re: Chahdortt Djavann   Mar 9 Aoû 2016 - 7:42

J'ai fini "Les putes voilées n'iront jamais au Paradis !", non sans peine.

Citation :
Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.
Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire.
À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant « Allah Akbar ! » pour mieux lui imputer leurs crimes.
Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.

Difficile de dire ce que j'en ai pensé, mon cerveau n'arrivant pas à dissocier le propos de la forme, certaines scènes incluant de jeunes enfants n'étant pas de tout repos à lire.
Je note cependant que malgré tout, certaines femmes parviennent à sortir de leur condition de victimes (mais la mort les rattrape rapidement...).
Reste à trouver un livre médicament pour faire passer tout ça....
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MessageSujet: Re: Chahdortt Djavann   Dim 30 Oct 2016 - 8:01

darkanny a écrit:
La muette de Chahdortt Djavann

Je n'ai rien ressenti, j'ai eu l'impression qu'on me dressait un tableau de faits et de personnages abjects, et pas de doute personne ne peut confondre les bons et les méchants.
Donc pas de nuance dans ce récit et surtout aucune réserve, faisant basculer ma lecture en en un dérapage quasi voyeur.

Bref, je n'ai pas aimé, pour toutes ces raisons.

mimi54 a écrit:




L’Iran, et son régime théocratique est au cœur de la  problématique. Au travers de l’histoire de Donya, ce sont tous les démons, toutes les hypocrisies de ce régime qui sont mis à plat pour montrer la force de destruction de ce régime.


Je viens de reposer le livre "Les putes voilées n'iront jamais au Paradis".
En fait une des bibliothécaires de ma ville me l'a conseillé, et m'a dit avoir beaucoup appris,
moi je n'ai pas ce sentiment , et j'arrête de le lire, j'ai dû aller jusqu'à la moitié à peu près.
Comme Darkanny sur un autre titre, j'ai été mal à l'aise avec l' opulent descriptif cru.
Je n'ai pas besoin de lire ce livre pour apprendre sur la dureté des rapports Homme/femme dans certaines cultures.
Je la perçois déjà suffisamment chez les très jeunes gens de ma ville, toute culture confondue cette fois, d'ailleurs, à travers leur ballet social, et les médias me l'ont fais réaliser depuis longtemps. Benoite Groult, il y a longtemps, avec  Ainsi soit-elles avait rempli cet office inaugural.

Je n'arrive pas à me résoudre à le finir.
Evidemment, si quelqu'un(e) ne s'est jamais avisé(e) de ces horreurs il peut commencer, et regarder ce livre en face.


J'ai mis un extrait du commentaire de mimi pour avancer que j'aurais peut-être davantage intérêt à lire cet autre titre, qui a une vision plus large.
Car Les putes voilées n'iront jamais au Paradis a un objectif différent, que l'auteure expose à peu près au milieu du roman : elle veut dresser le portrait de plusieures femmes assassinées, ce sont donc plusieurs dizaines de monologues de femmes prostituées et violées qui se succèdent, afin de leur donner une voix.
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MessageSujet: Re: Chahdortt Djavann   Aujourd'hui à 10:37

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