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 Blaxploitation

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Babelle
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MessageSujet: Blaxploitation   Mer 23 Juil 2008 - 11:44

Blaxplotation (black, plot -le sujet d'un film)
animal a écrit:
Shaft ce soir à 21h sur Arte pour prendre une éventuelle leçon de Richard Roundtree !
Vu Shaft hier soir mais raté Sweet Sweetback's baadasss song, de Melvin Van Peebles.

Je trouve ambigu ce terme de "Blaxploitation". Dans les années 70, un nouveau courant cinématographique, réagissant au racisme sempiternel (même larvé) d'Hollywood, va créer un certain nombre de films faits par des réalisateurs noirs, avec des acteurs noirs, produits par des Noirs.
On cesse alors de faire poser l'afro-américain dans les rôles de serveurs, groom, musicien de jazz ou danseur de claquettes, et c'est l'explosion d'un cinéma noir qui démarre, après le succès du film de Peebles, avec Shaft, les nuits rouges de Harlem, de Gordon Parks (1971) -bande son de Isaac Hayes, avec Richard Roundtree dans le rôle du détective privé hors norme ("cool mais implacable et téméraire").
Belle image du grand frère au grand coeur arpentant Harlem de nuit sans s'en laisser compter et qui remet en place le trafiquant méchant de même que les flics racistes et lourds.
Seul personnage blanc sympathique, celui du flic roulant dans la même direction (vaincre la mafia) : un véritable lien est créé entre les deux protagonistes.
L'ambigüité demeurant me semble venir du fait que la blaxploitation ne sort pas du cinéma de genre prisé à l'époque (cinéma noir-polar, milieu, mafia).
Je n'aime pas le cinéma des années 70 mais celui-là est précieux.
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Mer 23 Juil 2008 - 11:54

Vu Shaft hier. Précieux mais bourré de clichés tout de même et répondre communautarisme à ségrégation est tentant mais, en fin de compte, destructeur… jypeurien
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Babelle
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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Mer 23 Juil 2008 - 14:41

Oui, d'où l'ambigüité. Cependant, l'Amérique faisait bel et bien des ravages. Depuis l'image de l'esclave dansant dans Naissance d'une nation jusqu'à la bonne conscience de Devine qui vient dîner...
-Il m'a semblé dans Shaft qu'il y avait un petit air musical de Mission impossible, j'ai rêvé?
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animal
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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Mer 23 Juil 2008 - 21:39

Babelle a écrit:
mais raté Sweet Sweetback's baadasss song, de Melvin Van Peebles.
vu lors d'une lointaine diffusion sur arte. très différent de mémoire plus consistant à sa manière. avec des effets un peu psychés ("j'en ai bien eu un qui s'appelait Leroy").

c'est loin. plutôt engagé Melvin il me semble.

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troglodyte
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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Mer 23 Juil 2008 - 22:25

Voyez Coffy, Foxy Brown*, Black mama white mama, Friday foster, Sheba baby avec la sublime Pamela Grier aime; Truck Turner avec le grand Isaac Hayes (un peu nul pour les scènes d'action mais pour le reste ça va, très amusant dans les reparties), Black Caesar avec le très élégant Fred Williamson et la musique de James Brown, That man bolt, avec Fred Williamson qui joue le James Bond, Cleopatra Jones*, Cleopatra Jones and the casino of gold avec Tamara Dobson la mannequin grande, Car Wash* avec Richard Pryor et les Pointer sisters, n'oubliez pas Blacula, Scream Blacula scream avec encore Pamela Grier aime dans le deuxième, The Disco godfather, Dolemite avec un acteur dont j'ai oublié le nom, très très mauvais pour les bagarres mais incroyable dans le jive, l'ancêtre du rap, si vraiment vous kiffez le karaté jetez-vous sur Black Belt Jones très bonne comédie avec le blaque qui joue dans le Jeu de la mort avec Bruce Lee, Across 110th Street* (très sombre) !

BONUS : les films avec l'astérisque renferment l'inoubliable Antonio Fargas (le Huggy-les-bons-tuyaux de Starsky & Hutch) !
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Babelle
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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Jeu 24 Juil 2008 - 11:37

Je ne pensais pas qu'il y avait autant de titres, merci Troglo. Le Blakcula, une comédie, un pastiche?
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troglodyte
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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Jeu 24 Juil 2008 - 15:07

Blacula commence dans un château de Transylvanie en 1780, par un repas servi par le comte Dracula à un prince noir sérieux. Celui-ci sera sujet à la malédiction qui fera de lui un vampire réactivé en plein dans les seventies et qui écumera les bas-fonds urbains de nuit assoiffé de sang. L'acteur principal est impressionnant, grande est sa taille, épais ses sourcils et caverneuse sa voix.
Je garderai toujours en mémoire - si Alzheimer m'épargne - le visage d'une belle petite conductrice de taxi qui, face au comte Blacula pris d'une forte envie de sang en pleine rue, a du mal à se retenir de pouffer de rire.
Sur cette banale histoire de vampire se greffe une merveilleuse histoire d'amour : il est aimé d'une qui, contrairement à lui, selon le scenario, est mortelle - sur ce sujet voyez le Seigneur des anneaux et ses difficiles amours entre humains et elfes.
Un bon petit film sans prétention, fait à la main avec trois bouts de ficelles, et qui ne manque pas de coeur !
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troglodyte
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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Mer 3 Sep 2008 - 23:44

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animal
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MessageSujet: Sweet Sweetback's Baadasssss Song   Mer 13 Fév 2013 - 23:11



Sweet Sweetback's Baadasssss Song (1971)

Un orphelin pelé est recueilli par les femmes d'une maison close. Nous le retrouvons plus tard acteur et pièce de choix dans des spectacles live. Un jour alors que tout va bien dans cette routine il est emmené par deux policiers qui doivent pour leur routine à eux revenir avec quelqu'un pour sauver les apparences, c'est un arrangement à l'amiable. Seulement, en chemin ils embarquent un militant noir et s'arrêtent peu après dans un coin tranquille pour le passer à tabac. D'abord spectateur Sweetback passe finalement à l'action et arrange les deux policiers qui finissent dans le coma.

Les deux types se retrouvent donc activement recherchés par la police. Ils se séparent mais se retrouveront plus tard. Sweetback est un type taciturne, sans faire la gueule, passif, tranquille, le voilà à courir sans fin et à payer en nature certains services. Portrait paysage d'une pauvreté consumériste c'est d'abord celui de la communauté noire américaine (créditée au générique) et des injustices du pouvoir à son égard. Le film n'est pourtant pas exactement communautaire, au milieu des effets psychédéliques (à l'arrache) et des musiques bientôt branchées, Sweetback est d'abord lui-même, en fuite, avant d'aider son futur en la personne du militant.

Drôle de film, indépendant, parfois bancal, qui a été classé X, qui côtoie aussi l'exploitation par un certain humour et certaines situations tout en étant politique par son ensemble et son charismatique personnage qui parle peu, subit beaucoup, et ne baisse pas les bras.

Sans en être tout à fait ce serait le film qui aurait ouvert la voie au genre. De et avec Melvin Van Peebles : bande-annonce


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Dernière édition par animal le Mar 30 Déc 2014 - 22:23, édité 1 fois
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animal
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MessageSujet: Across 110th Street   Mar 30 Déc 2014 - 22:18



Across 110th Street / Meurtres dans la 110e rue (1972)

Un film qui mérite bien sa petite cote. Associé à la blaxploitation pour ses thématiques mais n'étant pas un film aux apparences pop/pimp, Across 110th street donne plutôt dans le film noir, et dur avec un petit quelque chose à dire en plus. Enfin à dire, à montrer, et sans détours.

L'histoire est assez simple, dans Harlem deux hommes noirs déguisés en policier et aidés d'un chauffeur braquent un comptable. Des morts : truands noirs, truands blancs italiens qui venaient récupérer l'argent, et des policiers qui rappliquaient après la fusillade. Les complices sont traqués par la mafia et par la police.

Mafia, un italien qui veut montrer que les blancs n'ont pas peur* de continuer à s'imposer à Harlem. La police : un blanc vieillissant, Anthony Quinn (qui co-produit le film) et un noir, en fait chargé de l'enquête pour des raisons d'image et de politique, Yaphet Kotto, qui a tout à faire et à prouver, et bien.

Ce qui donne au bout du compte deux personnages principaux de racistes violents, un qui affichent son mépris avec une fracassante arrogance, l'autre expéditif, plus du côté marchandise de l'humanité, et porté sur la bouteille. Un troisième qui n'avance pas dans ce monde de dingues à jouer selon les règles pour changer le monde.

Ce qui ne l'empêche pas d'être épais, puissamment laborieux, et il faut ça pour traverser la vision documentaire d'un problème de violence, de misère sociale, filmé sur place à Harlem et angélique avec personne tant les truands noirs sont aussi des ordures.

Reste nos braqueurs : un flamboyant Antonio Fargas, un pauvre type et un autre pauvre type, pas à leur coup d'essai mais tellement loin derrière une mécanique implacable et infernale.

Pas mal d'occasion de repenser aussi aux lectures de Chester Himes, à ce qu'il raconte, ce qu'ils racontent, qu'on entrevoit, imagine à peine le temps d'un film. La 110ème rue est la rue qui délimite Central Park et Harlem, une chouette de vue dans le film par dessus le parc.

C'est du solide. Du film noir en dur.

L'intro avec un morceau de musique que vous avez entendu repris dans un autre film :





* : mais un peu quand même, d'où surenchère...

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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Jeu 1 Jan 2015 - 16:54



Superfly (1972)

de Gordon Parks Jr

Priest est un super dealer, bien sapé, super bagnole (empruntée sur place !), deux gonzesses, plein de cocaïne dans le nez, fortiche en karaté. Un businessman accompli pour des temps durs. Mais son plan à lui, et il est un peu tout seul sur ce coup là, c'est un dernier gros coup, 30kg de cocaïne pure à écouler en quatre mois pour se retirer dans une vie confortable et tranquille avec une de ses deux copines.

En travers du chemin : son associé, le grossiste. En route, son mentor, Harlem et une superbe et mythique bande-son signée Curtis Mayfield.

Le film n'est pas forcément extraordinaire en tant que tel, très petite série B par bien des aspects, mais la musique, la ville, et la logique bien crade qui sous-tend le business font l'affaire. Surtout que si Priest est un dur on sent que ça le démange et que son mode de vie (chargé à bloc) le détruit moralement.

Musique : Curtis Mayfield - Little Child Running Wild

Et bande-annonce :


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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Mar 13 Jan 2015 - 14:05

Superfly est l'exemple typique de BO qui dépasse le film...La soundtrack est exceptionnelle, tout comme les premiers albums de Mayfield !

Par contre, quand je lis "produits par des Blacks" concernant la Blaxploitation, ça demande vérification mais je crois qu'on peut apporter une nuance...

Melvin van Peebles est clairement engagé, ses films ont dû être auto-produits. Par contre les "gros" trucs genre Coffy, Foxy Brown, Blacula, par exemple, sont ce me semble des produits crées par des financiers blancs pour un marché noir (c'est pas parce que le réal et les acteurs sont blacks que...).

La Blaxploitation c'est hélas beaucoup d'opportunisme.
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MessageSujet: Re: Blaxploitation   Mar 13 Jan 2015 - 20:26

ouaip. d'accord sur ces réserves et la "diversité des produits" (voire des principes?) dans l'appellation.

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