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 Antoine Bello

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K
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MessageSujet: Antoine Bello   Jeu 24 Juil 2008 - 19:32


Antoine Bello

Ecrivain français né à Boston en 1970, Antoine Bello vit aux Etats-Unis où, en dehors de ses activités intermittentes d'auteur, il dirige une PME spécialisée dans la communication d'entreprise.
Son premier livre - un recueil de nouvelles insolites intitulé Les funambules - est publié en 1996 par Gallimard et reçoit le Prix Littéraire de la Vocation.
Suivra un premier roman original et déconcertant, Eloge de la pièce manquante (1998), sorte de pseudo-polar se déroulant dans le milieu des passionnés (et compétiteurs) de puzzle.
Il faudra attendre ensuite neuf ans pour que sorte son second roman, Les Falsificateurs (2007), un thriller inventif aux allures de best-seller made in US mais au propos ambitieux. Un roman qui a remporté un beau succès et qui a beaucoup fait parler de lui (entre enthousiasme exagéré et méfiance de principe comme toujours pour ce genre de production).


Les Falsificateurs (Gallimard ; Folio)

L'histoire :
Sliv Dartunghover, jeune géographe de 23 ans, est embauché par une société d'études sur l'environnement. Du moins le croit-il car en réalité, cette société n'est qu'une facade dissimulant un organisme secret de dimension planétaire, le CFR (Consortium de Falsification du Réel) dont le but est de créer de toutes pièces des événements fictifs pour les insérer avec une parfaite efficacité dans la trame historique. Bref, c'est une vaste entreprise de falsification de l'Histoire, passée présente et futur. Sliv apprendra ainsi que l'envoi de la chienne Laïka dans l'espace n'était qu'une invention du CFR, de même que la prétendue découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, et tant d'autres événements.
La raison de tels tripatouillages ? Influer apparement de manière positive sur les événements et les décisions des puissants de ce monde. Ainsi, le faux reportage du CFR sur les charniers de Timisoara a contribué à la chute du régime de Ceausescu.
Un jeune idéaliste comme Sliv ne tarde donc pas à devenir un des éléments les plus zélés de l'entreprise, imaginant plusieurs scénarios que les agents de terrain se chargent ensuite, par l'intermédiaire de fausses éditions de journaux, modifications des bases de données informatiques et d'ouvrages divers, de rendre réels.
Pour autant, Sliv et d'autres employés ne peuvent s'empêcher de se poser des questions sur cette mystérieuse organisation : quel est son but ultime ? Pourquoi tant de moyens mis en oeuvre pour falsifier ainsi l'Histoire ? Qui la dirige ? Autant de questions qui jettent un trouble dans l'esprit de Sliv et de ses collègues, inquiets à l'idée d'être peut-être les instruments d'une conspiration planétaire aux motivations moins avouables.


Comme je l'ai déjà dit, Les Falsificateurs est effectivement un roman "à l'américaine" qui accumule les caractéristiques propres aux meilleurs best-sellers d'Outre-Atlantique : rigueur de la construction, solide documentation, sens du rythme, inventivité, suspense. Autrement dit, ce que certains appeleront sans doute une "belle mécanique", avec ce que cela sous-entend de méfiance, surtout dans nos contrées, toujours prêtes à plébisciter des romans qui ne racontent rien mais possède un beau vernis littéraire. On y retrouve aussi un thème cher aux Américains : le complot planétaire.
Néanmoins, même si le roman distille une ambiance évidemment paranoïaque, Bello a l'intelligence de ne pas tomber dans le délire conspirationniste pour adolescents boutonneux façon X-Files ou "révélations" à propos du 11 septembre. L'auteur prend le temps de bâtir son incroyable supercherie avec méthode, un sens de la persuasion et de l'intrigue bien ficelée qui parvient à la crédibiliser, au moins le temps de la lecture.

Devant l'ambiguité des tenants et aboutissants de cette société aguerrie dans l'art du faux, le lecteur se pose évidemment beaucoup de questions à l'instar des falsificateurs eux-mêmes, partagés entre leur conviction de faire oeuvre utile, leur méfiance sur la finalité de tout cela mais aussi ce petit sentiment de puissance d'avoir ainsi l'occasion de jouer avec l'Histoire.
Le sujet en lui-même est passionnant et bien dans l'air du temps. A l'heure de la multiplication des médias, de la question de la fiabilité du flot d'informations qui nous parvient en continu (notamment sur le Net) et de la facilité avec laquelle la vérité peut-être tronquée voir carrément modifiée, Les Falsificateurs propose, au-delà de son aspect de thriller efficace et divertissant, une réflexion sur la manipulation qui ne manque pas de pertinence, même à travers le miroir grossissant d'une sorte de politique-fiction qui flirte parfois avec la SF (la référence avec Phillip K. Dick est trop évidente pour ne pas la noter).

Cette parabole sur l'Histoire interroge aussi notre rapport à une réalité toujours menacée par l'inclusion d'éléments fictifs qui nous arrangent (ah ces petits arrangements avec la vérité que nous refusont d'appeler mensonges) ou notre propension à laisser notre subjectivité guider notre perception de ce qui nous entourent.
Inutile cependant de trop se prendre la tête car le roman a d'abord été conçu pour passer un bon moment tout au long de ses 500 pages bien remplies qui se lit comme un roman d'espionnage (on est heureusement plus proche de John Le Carré que de Tom Clancy) avec toutefois ce petit surplus de réflexion qui est le bienvenu, malgré certaines simplifications.
La fin de l'ouvrage laisse présager d'une suite, qui permettra sans doute d'éclairer un peu certains points encore obscurs.
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Marie
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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Mer 20 Aoû 2008 - 1:56

Citation :
La fin de l'ouvrage laisse présager d'une suite, qui permettra sans doute d'éclairer un peu certains points encore obscurs
Oui, je l'attends avec impatience, j'ai beaucoup aimé. Je ne vois guère ce que je pourrais ajouter au message de K. C'est un roman qui se dévore, avec, c'est vrai, une réflexion sur ce qu'est l'Histoire, comment elle est racontée, manipulée, et les conséquences multiples de ces petits arrangements avec la vérité, quelles qu'en soient les motivations. Un très bon moment!

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Epi
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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Jeu 19 Mar 2009 - 10:17

Prix du livre France Culture-Télérama 2009 pour Les éclaireurs.

Citation :
On retrouve dans Les Éclaireurs le héros, et narrateur, du roman précédent d’Antoine Bello, Les Falsificateurs : Sliv Dartunghover
ICI

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coline
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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Jeu 19 Mar 2009 - 13:04

Gros article (évidemment!) dans Télérama:
ICI!
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Mar 9 Juin 2009 - 17:54

"Les falsificateurs"

Fraîchement émoulu de l'Université de Reykjavík, un diplôme de géographie en poche, Sliv Darthunguver se trouve confronté à un problème d'importance majeure : trouver un emploi.
La situation du marché du travail en ce début des années 90 n'est pas plus prometteuse en Islande que partout ailleurs dans le monde.
Alors qu'il s'apprête, sans grand enthousiasme, à accepter un poste d'adjoint du directeur export d'une conserverie située dans le nord du pays, son attention est attirée par une annonce d'offre d'emploi correspondant à sa formation. Le cabinet d'études environnementales Baldur, Furuset & Thorberg recherche en effet un chef de projet.
Sans perdre une minute, Sliv se rend à l'adresse indiquée afin d'y déposer son Curriculum Vitæ dans l'espoir d'obtenir très rapidement un entretien. Sa démarche va s'avérer payante car il va être immédiatement reçu par le responsable du recrutement et directeur des Opérations, Gunnar Eriksson. Celui-ci lui explique les activités du cabinet, activités consistant à monter des dossiers sur l'impact environnemental occasionné par la construction d'autoroutes, de barrages hydro-électriques et autres constructions nécessaires au développement économique.
Quelques jours plus tard, Sliv est engagé et se voit confier son premier dossier. Il s'agit de se rendre au Groenland afin de réaliser une étude sur la construction d'une station d'épuration dans la petite ville de Sisimiut, construction commanditée par le Parlement de l'État autonome.
Après deux mois passés dans les solitudes glacées du Groenland, Sliv revient à Reykjavík. Sa mission a remporté un franc succès mais un léger détail dans son rapport final ne cesse de le troubler : il semblerait qu'une erreur ait été glissée dans celui-ci. Cette erreur – Sliv va l'apprendre très rapidement – a été insérée volontairement dans le dossier par Gunnar Eriksson lui-même.
Déconcerté, furieux, le jeune homme va demander des explications à Gunnar qui va lui révéler froidement qu'il a fait exprès d'introduire cette erreur dans le dossier. Cette manœuvre est en fait le moyen qu'a trouvé Gunnar pour sensibiliser son auditeur à ce qu'il s'apprête à lui révéler.
Ce que Sliv va apprendre de la bouche de Gunnar va le stupéfier : le cabinet Baldur, Furuset & Thorberg est – comme de nombreuses autres firmes de par le monde – une couverture servant à dissimuler les activités d'une organisation secrète qui a pour nom C.F.R. Ce sigle de trois lettres signifie « Consortium de Falsification du Réel ». Ses membres se comptent par milliers et sont disséminés aux quatre coins du globe. Les activités du C.F.R sont assez peu banales car comme l'indique le nom de cet organisme ultra-secret, elles consistent à modifier les données de la réalité du monde qui nous entoure. Accomplissant un travail de fourmi, ses membres élaborent des scénarii qui, à plus ou moins grande échelle sont susceptibles de changer la face du monde. Leur tâche peut se concentrer indifféremment sur l'invention d'un obscur peintre de la Renaissance ou sur la découverte de nouvelles sources d'énergie susceptibles de bouleverser l'équilibre des marchés mondiaux. Tous les domaines des connaissances humaines sont ainsi « modifiés » par le C.F.R. : histoire, archéologie, arts, écologie, sciences sociales, zoologie, littérature, religion, génétique, physique, économie, etc...
Fasciné par cette étrange organisation qui influe sur le destin de l'humanité, Sliv va être intégré au C.F.R. avec pour mission, dans les premiers temps, d'inventer un scénario crédible mettant en scène les Bochimans du Bostwana menacés d'expulsion de leur territoire soupçonné de receler des gisements diamantifères.
Peu à peu, Sliv va gravir les échelons de cette mystérieuse organisation, se faisant même des amis fidèles au sein de l'organisation, comme la chaleureuse indonésienne Magawati et le colosse soudanais Youssef Khrafedine. Mais il aura aussi maille à partir avec la glaciale Lena Thorsen ainsi qu'avec l'inquiétant et redoutable Yakoub Khoyoulfaz, l'instructeur des Opérations spéciales.
Mais au final, quelle est la véritable motivation du C.F.R ? Pourquoi dépenser tant d'argent et d'énergie pour falsifier la réalité ? Quels sont les buts et les motivations ultimes des dirigeants invisibles qui président cette organisation ? C'est ce que Sliv et ses amis vont tenter de découvrir au cours de leur cursus au sein de l'organisation. Trouveront-ils une réponse ?
De l'élaboration de fausses archives de la STASI en passant par les raisons de la disgrâce d'Hernan Cortès par Charles-Quint après la conquête du Mexique, en passant par l'invention d'un poisson de la famille des scombridés susceptible d'extinction suite aux derniers essais nucléaires français dans le Pacifique-Sud lors du mandat de Jacques Chirac en 1995, jusqu'à la preuve de l'inexistence de la célèbre chienne Laïka lancée en orbite par l'U.R.S.S en 1957, Antoine Bello revisite dans « Les falsificateurs » de nombreuses pages de notre Histoire. Il nous donne ainsi matière à réflexion sur notre appréciation du réel et sur les différentes manières dont il est possible d'altérer celui-ci. Parabole sur le pouvoir de l'écriture ( les écrivains n'ont-ils pas été de tous temps les plus talentueux falsificateurs de la réalité ? ) le roman d'Antoine Bello nous exhorte à ne pas oublier non plus que – plus que jamais – les médias contemporains manipulent les consciences en travestissant les faits, servant ainsi les peu louables intérêts des puissances économiques, politiques et idéologiques qui régissent la planète.
Aussi addictif que la désormais célèbre trilogie « Millenium » de Stieg Larsson (Actes Sud), « Les falsificateurs » d'Antoine Bello nous entraîne dans un récit passionnant, jalonné de rebondissements et de révélations extraordinaires (mais à prendre pour ce qu'elles sont, c'est à dire une œuvre de fiction) dans lequel il arrive que les manipulateurs se trouvent parfois eux aussi manipulés.

Quant aux motivations secrètes du C.F.R, j'espère en apprendre un peu plus en lisant la suite de ce récit : « Les éclaireurs », parue également chez Gallimard (février 2009 – Prix France-Culture -Télérama).
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Marie
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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Mar 9 Juin 2009 - 20:30

Belle critique, comme d'habitude, Biblio!
Oui, j'attendais moi aussi la suite, je l'ai et je ne l'ai toujours pas lue..

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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Mar 9 Juin 2009 - 22:25

Excellent quoique la partie géopolitique est parfois un peu envahissante. Conquis néanmoins, je lirai donc le précédent cet été.
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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Sam 15 Jan 2011 - 4:49



Editions Gallimard

Ode aux détectandes! Je ne savais pas du tout ce qu'étaient les détectandes et pourtant ils sont la base des romans d'Agatha Christie, dévorés pendant les longues vacances normandes de ma jeunesse. Les détectandes, ce sont les éléments par lesquels l’auteur donne, à un lecteur la solution de l’intrigue avant même qu’elle ne soit lancée. Et à la fin, on dit, bon sang, mais c'est bien sûr!!
Ici, nous avons une disparition, celle d'Emilie Brunet et de son amant. Un coupable idéal, son mari , Claude, neurologue et ce détail a une grande importance, personnage loin d'être sympathique, et qui a tous les mobiles possibles et imaginables. Et un détective, Achille Dunot , disciple d'Hercule Poirot, qui ne doute pas une minute de résoudre cette enquête. Il a juste un petit souci. Il a reçu sur la tête une bibliothèque ( !) et, à cause d'une lésion cérébrale bien précise, présente un tableau d'amnésie qui le fait oublier le lendemain ce qu'il a découvert la veille. Gênant pour un détective..
On sent qu'Antoine Bello s'est bien amusé , le roman fourmille de références à Agatha Christie bien sûr, mais aussi à Dickens, Conan Doyle, Patricia Highsmith, Hitccock et autres.
Mais l'important dans tout cela.. c'est l'énigme! Qui a finalement tué Emilie Brunet et son amant, le prof de yoga? Et qui est Claude Brunet?
C'est très malin et réjouissant , pour qui aime les romans policiers à énigme, on croit deviner, et puis.. comme d'habitude on se fait avoir jusqu'à la fin, et encore, je ne suis pas certaine d'avoir trouvé..
Nathria, si tu lis, qu'en penses-tu?

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Steven
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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Dim 20 Fév 2011 - 17:30

Les falsificateurs et Les éclaireurs

Citation :
C'est l'histoire d'une organisation secrète internationale, le CFR (Consortium de Falsification du Réel), qui falsifie la
réalité mais dont personne ne connaît les motivations.
C'est l'histoire de quelques-unes des plus grandes supercheries de notre époque : de Laïka, la première chienne dans l'espace, qui n'a jamais existé; de Christophe Colomb qui n'a pas découvert l'Amérique; des fausses archives de la Stasi.
C'est l'histoire d'un jeune homme, embauché par le CFR, qui veut comprendre pourquoi et pour qui il travaille.
C'est l'histoire d'une bande d'amis qui veulent réussir leur vie, sans trop savoir ce que cela veut dire.
C'est, d'une certaine façon, l'histoire de notre siècle

C'est l'histoire d'un roman fleuve qu' Antoine Bello a décidé de décliner en deux livres. Deux parties, deux tomes qui imposent la vision du monde qu' a Antoine Bello. Nous suivons Sliv Darttunghuver, jeune Islandais, embauché par le CFR. Bien vite, au delà de l'aspect "complot" je me suis attaché aux personnages, à l'évolution que l'auteur leur faisait suivre, aux chemins qu'ils parcouraient. Sliv, Gunnar, Lena Thorsen... , à l'amitié qui se crée entre Sliv, Youssef et Magawati. Ce qui les rapproche, les unit.
Les deux romans sont très prenants. Si le postulat de départ est dur à accepter - l'histoire d'un consortium qui falsifie l'histoire, crée des chimères, y met des moyens considérables, humains et financiers - le postulat d'arrivée - les fins réelles de ce consortium - l'est peut-être encore plus.
Mais une fois que l'idée même du roman est accepté, on peut entrer dans un roman passionnant. J'ai aimé la construction des personnages, leurs doutes, leurs certitudes, leurs ambitions aussi. Le roman est une fiction, ne l'oublions pas, il donne aussi une vision du monde contemporain. Il est situé dans notre époque, basé sur des faits qui ont vraiment eu lieu. L'auteur y intègre certains éléments pour nous faire comprendre que le CFR y ajoué un rôle. La description de la journée du 11 septembre 2001 vécue depuis le Soudan, les réactions dans ce pays, sont plausibles, réalistes. De même, la lente montée des antagonismes entre les USA ("axe du bien") et les pays musulmans ("axe du mal") est assez bien rendue. Et face à ces évènements que nous connaissons, Sliv dénoue les fils, essaye d'y trouver la trace du rôle du CFR, sans oublier pour autant son ambition : accéder au Comex (organe directeur du CFR) et découvrir les raisons d'agir du consortium... Tout en restant fidèle à ses idéaux.
Un roman (en 2 parties) passionnant. Seule la fin des éclaireurs m'a un peu laissé sur ma faim. Ouverture vers un troisième volet ou fin destinée à clore la série ? Je penche vers la première solution.

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Shay
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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Mar 26 Avr 2011 - 4:40

Je viens de finir les Eclaireurs, quelques annees apres les Falsificateurs.
Du coup je n'ai pas ton recul Steven car un peu plus eloignee du premier volet.
Je pense que le 2eme episode m'a passionnee plus que le premier.
Certes le heros qui a un ego surdimensionne est un peu agacant mais j'ai aime le developpement de la theorie du complot. Alors que generalement je suis quelqu'un completement "anti complot'', voir une autre verite, qui pourrait au final etre plus ou moins possible a vraiment accroche mon attention.
Je pense que ce qui m'a egalement plus marque c'est l'encrage avec notre realite, beaucoup plus que le premier volet. Aborder le terme du 11 septembre et de ses consequences c'etait plutot gonfle je trouve, mais c'est rondement bien mene.
J'ai carrement devore le livre !
Un bon moment de fiction (ou pas ?).
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MessageSujet: Re: Antoine Bello   Mer 27 Fév 2013 - 23:04



Mateo
Citation :
Mateo Lemoine est un prodige du football. À dix-huit ans, il surprend son entourage et ses fans en s'inscrivant à la fac de Vernet, la petite ville où il vit avec sa mère, pour conquérir le titre universitaire que son père, entraîneur de talent disparu prématurément, était sur le point de remporter avant sa mort.

La surprise est de taille. Voir l'auteur des Eclaireurs et des Falsificateurs consacrer un roman au monde du football, on ne s'y attendait vraiment pas. Deuxième étonnement : dans Mateo, Antoine Bello s'attache aux pas d'un jeune surdoué qui, au lieu de répondre aux sirènes des plus grands clubs, va "perdre son temps" dans la jungle du football universitaire. Autant le dire d'emblée, quand on a Manchester United ou le Real Madrid qui vous contacte et vous propose des émoluments à faire pâlir d'envie un patron du CAC 40, on n'hésite pas très longtemps. Acceptons donc en maugréant le postulat de départ et suivons l'auteur dans sa description minutieuse de l'itinéraire de ce Mateo, enfant de la balle gâté et buté, qui n'en a cure de gâcher son talent puisqu'il a en lui une quête obsessionnelle. La description de la vie de groupe, microcosme agité de toutes parts, ne manque pas de sel. Quant aux compte-rendus de matches, ils sont très visuels dans un style sobre et efficace. Au demeurant, le personnage de Mateo n'est guère sympathique et Bello a beau s'escrimer à essayer de nous faire comprendre ses motivations, il est souvent hors jeu. Bien que plaisant et rondement joué, le livre est agaçant par d'autres aspects. Notamment celui du Name dropping. Il ne se passe pas une seule page sans que l'auteur n'évoque quelques grandes figures du ballon rond, de Cruijff à Messi, en passant par Beckenbauer, sans oublier quelques entraîneurs pour faire bonne mesure. Un autre côté, invraisemblable, est la façon dont Mateo devient peu à peu expert ès stratégie au point de devenir une sorte d'entraîneur adjoint de sa petite équipe. A 18 ans ! Passons. Il est douteux, quoi qu'il en soit, que le livre puisse plaire à ceux que le sport indiffère. Les amateurs suivront la destinée de ce Zidane en herbe avec un certain intérêt, cherchant voluptueusement une quelconque erreur d'histoire footballistique. Il y en a une tout de même : Xabi Alonso, contrairement à ce qu'écrit Bello, n'est pas un joueur du du Barça mais du Real. Sans doute une confusion avec Xavi qui lui, joue bien en Catalogne. Cette erreur mise en part, rien à dire sur la documentation et/ou culture du romancier. Elle n'est jamais prise en défaut.
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