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 Régine Detambel

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Arabella
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MessageSujet: Régine Detambel   Mer 30 Juil 2008 - 23:16




Citation :
Régine Detambel est née le 7 octobre 1963.
Son premier ouvrage est paru aux Éditions Julliard, en janvier 1990, sous l'égide de Christian Bourgois et Elisabeth Gille. Depuis 1994, ses romans paraissent aux éditions Gallimard, dans la collection Blanche.
 
Elle a publié des romans ( Le Jardin clos , Gallimard, 1994 ; La Verrière , Gallimard, 1996 ; La Chambre d'écho , Seuil, 2001 ; Pandémonium , Gallimard, 2006…), des textes courts ( La Ligne âpre , Christian Bourgois, 1998 ; Blasons d'un corps enfantin, Fata Morgana, 2000 ; Graveurs d'enfance , Folio, 2001…), des essais ( Petit éloge de la peau , Folio, 2007 ; Le Syndrome de Diogène, éloge des vieillesses , Actes Sud, 2008…), de la poésie, des pièces radiophoniques, des critiques d'art, des livres pour la jeunesse… Ces ouvrages sont traduits dans une dizaine de langues.
 
Régine Detambel est animatrice d'ateliers d'écriture. Sa formation de masseur-kinésithérapeute lui permet d'aborder notamment la thématique du corps. Elle propose également des conférences sur des sujets variés : Eloge des vieillesses, La Peau racontée , etc

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La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
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Arabella
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Mer 30 Juil 2008 - 23:17

Notre-Dame des sept douleurs
.


Un pensionnat tenu par des religieuses. Un pensionnat mixte, pour s’adapter, tout au moins en surface à l’esprit du temps, même si l’époque à laquelle se déroulent les événements du livre n’est pas précisée avec exactitude. Et parmi les autres élèves, il y a Sibylle. Sensible, artiste dans l’âme, terriblement fragile, angoissée, par tout, et en particulier par l’idée de la mort. Qui n’arrive à se mouler dans le carcan de l’école, du pensionnat. Qui n’arrive pas à cacher son ennui, incapable d’hypocrisie, assoiffée de tendresse. Et la directrice, Mère Dominica ne supporte pas cette fille qui sans rien dire, rien que dans sa façon décalée d’être est un défi permanent, une négation de sa façon de voir le monde. Alors un combat inégal s’installe entre Mère Dominica et Sibylle.

L’art de Régine Détambel est de saisir au vol des minuscules instants, de les sculpter avec une extrême finesse, comme un camée, mais rien de joli ou de fade, si elle sculpte c’est au scalpel, découpant au plus profond des êtres pour révéler leur vérité la plus profonde et la plus authentique. C’est parfois cruel, mais toujours juste, d’une sombre beauté. Rien de spectaculaire, mais comme dans la vraie vie, c’est parfois des petites choses, des ressentis qui arrivent à tel ou tel moment, insignifiants à un autre, changent le cours d’une vie. Et le style épuré, chirurgical, si la chirurgie pouvait créer de la beauté, a fait que j’ai été saisie par ce livre. J’en ai été d’autant plus heureuse que j’avais adoré il y a quelques années La lune dans le rectangle du patio, et que deux autres lectures décevantes m’ont éloigné de l’auteur. Je la retrouve ici avec un infini plaisir, je crois que ce qui lui convient c’est d’évoquer le monde de l’enfance, et de faire des récits brefs, sans véritable intrigue, juste un instant fort, où les être sont saisis et révélés.



Citation :
Sibylle a peur de l’ennui comme d’un venin glacé. On ne peut le comparer à rien : une douleur bizarre, des fourmis qui vous traversent les bras et les jambes, et portent, jusque dans le crâne, brindille après brindille, le mal et ce vide sourd dont on mettra des jours à se débarrasser. La peur qui l’envahit appelle la fuite. Mais il n’est pas bon de s’attendrir sur soi, lui a déjà seriné Mère Dominica .Alors elle regarde le goudron de la cour et le soleil qui frappe dans ce carbone.
Le vrai problème, c’est que cette peur fade et sans distance qui accompagne Sibylle jusque dans ses efforts pour s’en délivrer est le goût même de sa propre vie. Cette fébrilité est la source même de son sentiment intime d’existence. Certains êtres ne peuvent éprouver leur propre existence que lorsque la peur leur broie l’estomac.

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monilet
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Lun 13 Oct 2008 - 20:36

Je suis "dans" ce livre. Je dois dire que j'accroche "moyen". je reste en surface, sans trouver ce qui m'emporterait... (à suivre).
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darkanny
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Mer 31 Aoû 2011 - 11:44

La quatrième orange

L'histoire: celle d'un pensionnat de jeunes filles tenu par des soeurs (années 70), plus précisément de la quatrième orange; une jeune pensionnaire Saligia est différentes des autres, elle a le corps fragile, est soumise à toutes les agressions quotidiennes qui se soldent par de l'asthme, des rhumes, toux, écorchures, etc....elle bénéficie de la protection de Soeur Jeanne et des autres pensionnaires mais .....un jour Saligia décide d'être comme les autres et de ne plus écouter son corps, se rebellant ainsi contre cette quasi dévotion de Soeur Jeanne à son égard et ne se démarquant plus de ses autres camarades.
Mais le drame couve...

Finalement Arabella je constate qu'on a presque lu la même histoire.
Ici le livre est composé de courts chapitres à thèmes qui évoquent tous les petits instants de la vie au pensionnat, de l'infirmerie au gymnase en passant par la visite médicale, les récréations etc...
Le thème n'est pas neuf mais c'est l'écriture très originale qui l'emporte au détriment d'événements attendus par le lecteur qui doit savoir saisir ces instants comme Régine Detambel a su le faire, tout en gardant une certaine distance vis à vis de ses héroïnes.
Tout est dans l'allusion, l'instant présent, l'atmosphère.
Les sentiments affleurent à peine, rien n'est ouvertement dit, le corps parle avant tout.

C'est très bien fait, la lecture coule d'elle-même.

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Arabella
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Mer 31 Aoû 2011 - 13:31

En effet les deux livres semblent très proches. Mais c'est dans ce genre de choses qu'elle excelle, la douleur du corps qui grandit et qui se confronte aux autres, dans un moment d'entre deux, comme si elle n'arrivait pas vraiment à surmonter ce moment de passage. Quand elle parle d'autre chose ce n'est pas très réussi je trouve. Mon préféré à ce jour, mais peut être parce que c'était le premier, est La lune dans le rectangle du patio.

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domreader
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Mer 31 Aoû 2011 - 15:59

Il me fait envie ce livre, je le note bien sûr, je ne connais pas du tout cet auteur, même si j'ai déjà vu plusieurs fois son nom sur le forum.

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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Sam 30 Aoû 2014 - 18:58

Opéra Sérieux
Régine Detambel


Première prise de contact avec cet écrivain avec un roman très court (135 pages), de bonne qualité littéraire.
On entre dans le récit poussé par un souffle, le souffle d’une phrase unique qui monte en puissance sur une page et demi, pendant laquelle Elise Marsch est mise au monde alors que sa mère soprano meurt en couches et que son père, ténor préféré du compositeur Janacek, tient sous le charme une salle d’opéra toute entière dans un final éblouissant. Une belle entrée en matière, plutôt impressionnante par son style.

Le roman suit ensuite le destin d’Elise élevée par son père, environnée de musique et de chant, puisque toutes les maîtresses de ce grand séducteur sont cantatrices ; mais il faut compter aussi avec la montée du nazisme et fuir vers l’Amérique. Elise adulte, cantatrice fragile et instable, est habitée de souvenirs et de craintes qui la poursuivront jusqu’à la fin étonnante du roman.
Une bonne découverte pour moi que cette auteure qui, dans ce livre, et je cite Acte Sud ‘accorde son écriture au mystère de la voix humaine éternellement frémissante des pulsions de vie ou de mort’. C’est vrai, bien que le souffle lyrique du départ ne dure que sur quelques pages. Néanmoins l’écriture de Régine Detambel est séduisante, et nous emporte avec des chapitres très courts sur un parcours de vie surprenant dans ce livre qui se situe entre roman et nouvelle. Je le relit en ce moment en écoutant des extraits d’opéra de Janacek.

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shanidar
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Sam 30 Aoû 2014 - 19:43

Merci domreader pour ce commentaire. Je ne connais pas trop Janacek et ce serait peut-être une bonne manière d'entrer en contact avec ce compositeur et retrouver la toujours belle plume (comme tu le soulignes) de Régine Detambel.

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Plume15
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MessageSujet: Bibliothérapie; Regine Detambel   Lun 4 Mai 2015 - 13:34

J'ai beaucoup apprécié l'entretien avec Regine Detambel sur la bibliothérapie: se soigner par la lecture...

Bibliotherapie
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topocl
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Lun 4 Mai 2015 - 13:53

Et tu as lu le livre? On en parle beaucoup autour de moi, sa communication est excellente en tout cas.
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Plume15
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Lun 4 Mai 2015 - 14:00

Non je ne l'ai pas encore lu... et finalement, à l'écouter, je pense plutôt réessayer Proust...

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MartineR
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Mar 1 Sep 2015 - 13:16

domreader a écrit:
Opéra Sérieux
Régine Detambel


Première prise de contact avec cet écrivain avec un roman très court (135 pages), de bonne qualité littéraire.
On entre dans le récit poussé par un souffle, le souffle d’une phrase unique qui monte en puissance sur une page et demi, pendant laquelle Elise Marsch est mise au monde alors que sa mère soprano meurt en couches et que son père, ténor préféré du compositeur Janacek, tient sous le charme une salle d’opéra toute entière dans un final éblouissant. Une belle entrée en matière, plutôt impressionnante par son style.

Le roman suit ensuite le destin d’Elise élevée par son père, environnée de musique et de chant, puisque toutes les maîtresses de ce grand séducteur sont cantatrices ; mais il faut compter aussi avec la montée du nazisme et fuir vers l’Amérique. Elise adulte, cantatrice fragile et instable, est habitée de souvenirs et de craintes qui la poursuivront jusqu’à la fin étonnante du roman.
Une bonne découverte pour moi que cette auteure qui, dans ce livre, et je cite Acte Sud ‘accorde son écriture au mystère de la voix humaine éternellement frémissante des pulsions de vie ou de mort’.  C’est vrai, bien que le souffle lyrique du départ ne dure que sur quelques pages. Néanmoins l’écriture de Régine Detambel est séduisante,  et nous emporte avec des chapitres très courts sur un parcours de vie surprenant dans ce livre qui se situe entre roman et nouvelle. Je le relit en ce moment en écoutant des extraits d’opéra de Janacek.

Je n'ai pas du tout aimé ce petit roman, je ne suis jamais rentrée dedans ni sur l'histoire de cette jeune fille & tout son entourage, ni par l'écriture. que j'ai trouvé même ampoulé... Pourquoi faire simple

Mais d'autres aiment peut être ??? Shocked
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kenavo
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MessageSujet: Re: Régine Detambel   Dim 26 Juin 2016 - 9:13

une lecture dans la Collection Ekphrasis



Régine Detambel, Louise au vitriol
Citation :
Présentation de l'éditeur
A l'occasion d'une visite à Brancusi, Modigliani tombe en arrêt devant un bloc de marbre. C'est le début d'un cauchemar pour sa compagne Louise, une jeune fille rousse, amoureuse, qui va découvrir sa jalousie pour la tête que va sculpter son compagnon. Au gré de séances de travail de plus en plus rapprochées, "touche-moi encore" semble supplier la pierre, celle-ci prend visage humain. Tel le chant des sirènes, l'appel de la sculpture est toujours plus fort. Une passion qui conduira Louise à un acte aussi violent que désespéré. Dans un Montparnasse bouillonnant, où se côtoient les grands artistes de demain ― Soutine. Picasso... ― cette histoire interroge les mystères de la création. Peut-on comprendre et partager cet appel qui surpasse tout ? L'amour y paraissant lui-même impuissant. Plusieurs voix s'expriment tour à tour dans un récit polyphonique qui semble condamner toute forme d'équilibre entre amour et création.



Tête de femme, 1913

Régine Detambel a imaginé un « ménage à trois » : Modigliani, Louise et la pierre.

Alternant, elle donne une voix à ces trois (en plus d’un chapitre où Chaïm Soutine et Guillaume Apollinaire prennent parole).

C’est une toute autre approche que dans tous les autres livres de cette collection que j’ai lu.

Mais c’est bien fait et on y est auprès d’eux lors de leurs monologues.

Une fois de plus conquise par le concept de cette collection…



… il semblerait qu’on ne sculpte que pour sortir de l’enfer



_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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