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 Irvin Yalom

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coline
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeMer 19 Aoû 2009 - 11:24

Heureusement ce fil "remonte" régulièrement pour me dire que je dois m'y mettre un de ces jours à la lecture d'Irvin Yalom... content
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeMer 19 Aoû 2009 - 11:53

coline a écrit:
Heureusement ce fil "remonte" régulièrement pour me dire que je dois m'y mettre un de ces jours à la lecture d'Irvin Yalom... content

Je n'ai lu qu'un seul roman qui était fort intéressant, écrit dans un style non rébarbatif. C'est un auteur que j'approfondirai.
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Marko
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeMar 1 Sep 2009 - 19:07

Par hasard j'ai trouvé La méthode Schopenhauer d'Irvin Yalom et je suis curieux de découvrir cet auteur sur un thème qui ne peut que m'interpeller.

Il existe donc un fil... où on en dit du bien.... Tant mieux!

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeMar 1 Sep 2009 - 20:01

Bonne nouvelle ce soir.
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeLun 21 Juin 2010 - 22:02

J'ai lu "Et Nietzche a pleuré" et voici mon avis:

Dans un style simple, accessible et concis, l'auteur aborde en mettant en scène ses personnages, des sujets variés et graves pour certains.
Les chapitres sont bien découpés, ce qui en rend la lecture aisée et agréable.

Il s'agit certes d'un roman, mais que sait-on en fin de compte de la naissance de la psychothérapie ? (Je ne spécifie pas: psychanalyse, dont on voit l'embryon se développer dans les échanges entre Freud et Breuer).
Qui a inspiré qui ? Il est bien décrit que Nietzsche s'est vraisemblablement intéressé dans ses écrits à la « compréhension de soi ».

A travers le dialogue entre le philosophe et le médecin, nous découvrons d'abord la part humaine (trop humaine...) de chacun d'eux et nous nous rendons compte de la complexité de la relation médecin-patient. Cette par humaine m'a d'ailleurs beaucoup touchée.
Nietzsche auquel la notion de pouvoir dans la relation est chère, a du mal à demander de l'aide. Ce n'est qu'en se voyant octroyer le rôle de soignant qu'il pourra s'ouvrir petit à petit à son thérapeute.
Il est de notoriété que dans une relation psychothérapeutique chacun est soignant et soigné en même temps.

Le passage où l'on discute de l'opportunité ou pas de dire toute la « vérité » au patient m'a particulièrement intéressée. Les médecins y sont régulièrement confrontés et il n'est pas facile de dire ce qu'il convient de faire ou pas.
Et le symptôme que révèle-t-il ? Choisit-on inconsciemment sa maladie ? Ceci est bien admis dans les situations où le patient en souffrance psychologique, développe des symptômes physiques.
Parfois, la difficulté de l'élaboration psychique fait que le mal être s'exprime via le corps.
« Le symptôme n'est rien d'autre qu'un messager, chargé d'annoncer que l'angoisse est en train de monter depuis les tréfonds de l'âme » p.373.
Notez d'ailleurs ce qui déclenche la dernière crise de migraine de Nietzsche dans le livre...
La notion d'angoisse utile, abordée par Nietzsche est également très intéressante. Certains peuvent être paralysés par l'angoisse et d'autres peuvent en faire un moteur. Faut-il donc toujours combattre l'angoisse qui de toute façon quel qu'en soit la forme est inhérente à notre nature humaine ?
L'avidité pour certains plaisirs permet-elle de « sédater » nos angoisses métaphysiques ?


Une bonne partie du roman est consacrée à une analyse des relations amoureuses, de l'attirance sexuelle et du libre choix de son existence.
A noter l'idée de Nietzsche qui veut que l'on ne songe à faire des enfants que quand on est prêt à être créateur. C'est à dire à créer une version améliorée de soi et non pas une copie conforme. Ceci pourrait faire l'objet d'un long débat !
Par ailleurs, il souligne également la nécessité de se connaître soi-même avant de se mettre en couple. Il faudrait veiller à être un "je" avant de penser à être un "nous"...
L'attirance de Breuer pour Bertha est admirablement décortiquée et démontre à quel point, alors que nous nous arrêtons souvent à une explication superficielle de l'attirance physique, celle-ci est beaucoup plus complexe et fait référence à beaucoup d'événements inconscients.
Son soulagement après la séance d'hypnose qui peut sembler très rapide, me fait penser que les entrevues avec Nietzsche ont quand même été très bénéfiques et ont permis de mieux cerner la problématique.
C'est en définitive la combinaison des deux thérapies qui a permis à Breuer de retrouver un peu de sérénité.
Sans oublier l'effet valorisant de ces séances sur la personne de Nietzsche qui résistera longtemps avant de confier ce qu'il porte comme souffrance.

Quant à la répétition des événements, je crois que nous avons tendance à répéter certains comportements dans certaines situations particulières car nous obéissons à des schémas inconscients, mais la façon dont cela est présenté par Nietzsche dans le roman reste un peu vague et peu saisissable pour moi.

A mon avis, chaque lecteur peut se sentir concerné de près ou de loin par certains aspects de ce livre. Certains pourraient même vivre cette lecture comme une véritable thérapie.

Ce roman, que je quitte à regret, m'a donné envie de me pencher plus sérieusement sur la pensée de Nietzsche qui me semble être plus que digne d'intérêt.

Je lirai prochainement « mensonges sur le divan » !


Quelques citations à méditer:

« Le bonheur d'être scruté de très près était tellement puissant que Breuer en avait déduit que le drame de la vieillesse, du deuil et de la perte des êtres chers était précisément, la disparition de ce regard-de vivre sans être observé » p.96

« Il ne contient aucun jargon médical, qui est en réalité, malgré l'illusion de science qu'il donne, le langage de l'ignorance » p.228

« Le désespoir est, à mes yeux, la rançon de la lucidité. Regardez la vie droit dans les yeux: vous n'y verrez que du désespoir » p.232

« Erreur également, de chercher l'immortalité en crachant sa semence vers l'avenir, comme si elle contenait notre conscience » p. 420

A propos du suicide: « Tous les penseurs sérieux y songent. C'est une lueur qui nous permet d'avancer dans la nuit » (je n'ai pas noté la page )
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Marie
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeMer 5 Jan 2011 - 0:36

Et Nietzsche a pleuré
traduit de l'anglais ( Etats-Unis) par Clément Baude

Je connaissais l'histoire d'Anna 0. alias Bertha Pappenheim, mais le nom de Joseph Breuer ( plus ici) ne m'évoquait pas grand chose. Or, il a réellement une importance énorme dans la suite du travail de ce bon Sigmund! Et il est un des personnages centraux de ce sympathique roman qui est en quelque sorte une fantaisie autour du fameux Deviens ce que tu es nietzschéen , racontant à partir de faits et de personnages réels, une histoire de rapports humains qui auraient pu exister! C'est un livre assez démonstratif, mais suffisamment malin pour éviter d'être lourd, même si on devine bien sûr très vite où l'auteur veut en venir.

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J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeLun 26 Déc 2011 - 8:44

Dans le secret des miroirs

Irvin Yalom - Page 2 97823515

« J’étais Pygmalion, elle était ma Galatée. »

« Elle ne s’appartient pas, rien ne va avec rien – ses cheveux, son sourire, sa voix, sa démarche, son pull, ses chaussures… Tout a été assemblé au hasard, et je sens la possibilité immédiate que tout – cheveux, démarche, membres, jean déchiré, chaussettes militaires –, oui, tout s’envole. Laissant quoi ? Peut-être juste le sourire. Pas jolie, quelle que soit la manière dont on arrange les parties. Curieusement attirante, cependant. En quelques minutes, elle réussit à me faire savoir que je peux décider de tout, qu’elle s’en remet totalement à moi. Ça m’est égal. À ce stade, ça ne me paraît pas un fardeau trop lourd. »
Ecrivain prometteur, Ginny a tout pour être heureuse mais elle ne l’est pas. De thérapies en thérapies, à peine débarquée de New York, là voilà dans le cabinet du très spécial docteur Yalom. Quel stratagème inventera-t-il pour échapper à l’engrenage de l’échec ?
Dans la lignée de Mensonges sur le divan et d’Et Nietzsche a pleuré, Irvin Yalom, psychothérapeute américain, auteur de nombreux romans ou récits, best-sellers dans le monde entier, nous offre ici un livre unique. Nouveau pacte audacieux entre le patient et son médecin, Dans le secret des miroirs est l’aboutissement littéraire d’une relation inédite : l’histoire de deux êtres qui se rencontrent dans l’intimité d’un tête-à-tête thérapeutique et qui nous invitent à les connaître comme ils se sont connus.




Je rentre dans ma librairie chercher le nouveau roman de mon psychothérapeute /romancier préféré et j'avoue que je cache ma jubilation en voyant de loin sur le comptoir "Irvin Yalom" .
Jubilation qui n'était pas à son apothéose ...la couverture "dans le secret des miroirs" n'est autre qu'une représentation de ....Klimt !

Je me plonge dans ma lecture , avide de ses mots et j'y retrouve bien la plume du psychiatre , intime et unique.

Au travers de Jenny , nous nous y retrouvons tous , avec un degré plus ou moins avancé de la pathologie identifiée.
Peur de l'échec , trouble de la personnalité , incapacité de prise de décision.
Cet échange epistolaire met en scène les multiples turpitudes enfouies , deterrées une à une sous forme d'écrits relatant les pensées et du psychiatre et de sa patiente.
L"audace d'Irvin Yalom , aller à l'encontre de Freud dans sa thérapie , aller à l'encontre de ses accolytes:
Oublier l'acceptation du passé pour y construire son présent et poursuivre un futur meilleur.
Irvin Yalom se penche sur l'acceptation de soi au présent , il pousse à la réaction , balaie les retranchements et secoue .
Une lecture que je conseille à toute personne voulant rentrer dans l'intimité d'une analyse pour en savourer ce qui l'en sort : une profonde réfléxion sur "soi"



Dernière édition par Ouliposuccion le Lun 26 Déc 2011 - 10:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeLun 26 Déc 2011 - 9:10

Ouliposuccion a écrit:
Dans le secret des miroirs Irvin Yalom - Page 2 97823515
Je rentre dans ma librairie chercher le nouveau roman de mon psychothérapeute /romancier préféré et j'avoue que je cache ma jubilation en voyant de loin sur le comptoir "Irvin Yalom" . Jubilation qui n'était pas à son apothéose ...la couverture "dans le secret des miroirs" n'est autre qu'une représentation de ....Klimt !
Oui, c'est surprenant. Et je ne savais pas qu'il y avait un nouveau bébé d'IY...
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeLun 26 Déc 2011 - 10:17

Babelle a écrit:
Et je ne savais pas qu'il y avait un nouveau bébé d'IY...
Même deux Very Happy
Le secret des miroirs a été publié en mars et un autre, Le jardin d'Epicure : Regarder le soleil en face de Irvin en avril 2011 Very Happy

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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeLun 26 Déc 2011 - 19:02

Que du bonheur à venir alors
Celui qui se plaint de ne pas savoir quoi lire est bête
Ou quoi
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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeLun 26 Déc 2011 - 21:41

Babelle a écrit:

Celui qui se plaint de ne pas savoir quoi lire est bête
Ou quoi

Carrément. Mais celui qui se plaint d'avoir trop à lire est très censé. Je le rajoute à ma LAL.

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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeLun 23 Jan 2012 - 13:27

Et Nietzsche a pleuré.

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Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé somme le Dr Breuer de rencontrer Friedrich Nietzsche. Encore inconnu du grand public, le philosophe traverse une crise profonde due à ses relations orageuses avec Lou Salomé et à l’échec de leur ménage à trois avec Paul Rée. Friedrich Nietzsche ou le désespoir d’un philosophe. Le Dr Breuer, l’un des fondateurs de la psychanalyse. Un pacte secret, orchestré par Lou Salomé, sous le regard du jeune Sigmund Freud. Tout est là pour une magistrale partie d’échecs entre un patient extraordinaire et son talentueux médecin. Mais qui est le maître ? Qui est l’élève ? Qui soigne qui ? Et c’est à une nouvelle naissance de la psychanalyse, intense, drôle et machiavélique, que nous convie Irvin Yalom.

Une époustouflante dualité entre le Dr Breuer et Friedrich Nietzsche. Ce livre est un dispositif à pensées, une collecte de savoir, un hymne aux génies.
Au fil des lignes, rien n’est apparence, on retrouve l’excellent Nietzsche au gré des dialogues philosophiques qu’il entretient avec Breuer sans l’ombre d’un bâillement. Le socle littéraire qu’a bâti Yalom est un piédestal, une fondation qui ne s’écroule à aucun moment.

Et pourtant nous prenons notre envol, Irvin Yalom nous donne des ailes, happés par la soif de liberté, de connaissance de soi, on se régale de cette philosophie de la vérité, du désespoir, loin de l’ennemie de celle-ci : la crédulité, les troubles psychiques engendrés par les carcans de l’éthique et de la religion. Un jeu d’échec dans un univers de rois.

Lorsqu’un livre ne fait plus qu’un avec vous-même par son ingéniosité, que le sommeil a perdu toute grâce à vos yeux, qu’il n’est que le commencement d’un questionnement, je considère alors qu’un auteur a rempli sa tâche avec brio, mais lorsqu’il maitrise en plus de ça l’écriture et chamboule les sens par l’art d’un partage érudit, alors je crie au chef d’œuvre.

Lisez absolument ce livre !

NB : Cette rencontre entre Breuer et Nietzsche et purement fictive contrairement au lien qui liait Breuer et Freud .Le cas clinique Bertha Pappenheim (Anna O) soigné via la méthode cathartique par le Dr Breuer et qui est évoqué dans ce roman influença Freud sur son étude sur l’hystérie, ils ont par ailleurs publié ensemble « Etudes sur l’hystérie ».

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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeLun 30 Jan 2012 - 21:26

Mon psychiatre m'a conseillé de lire Thérapie Existentielle. C'est vrai que ça a l'air bien.

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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeMar 13 Mar 2012 - 16:53

Sous le choc de Thérapie existentielle (1980) ... aime
Un livre qui révèle à soi-même et qui ne devrait pas me quitter avant longtemps (jamais ?)

Irvin Yalom - Page 2 Yalom-10

Livre destiné avant tout aux futurs psychothérapeutes ? Dans ce cas transformons-nous tous en Yalom en devenir, ou passons outre les recommandations au lectorat : dans le domaine de la lecture il est des limites qui ne méritent pas d’être posées, et il serait particulièrement dommage de passer à côté de Thérapie existentielle. Ce livre s’adresse à tout le monde. Quiconque aurait une fois pris le temps de s’interroger sur lui-même et le sens de son existence trouvera dans ses pages la formulation claire de ses plus profonds questionnements. A la lecture de ceux-ci, Irvin Yalom prendra progressivement l’apparence troublante d’un double qui se serait insinué dans nos esprits pour en extraire les doutes les plus dérangeants. Ceux-ci, il les formule en une ligne et les décline en quatre thématiques : la mort, la liberté, l’isolement fondamental et l’absence de sens.
Citation :


« La psychodynamique existentielle : / L’approche existentielle met l’accent sur un autre type de conflit fondamental, non celui relatif aux besoins pulsionnels antagonistes, ni celui qui surgit avec l’entourage important, mais un conflit qui survient lors de la confrontation de l’individu aux fondamentaux de l’existence, à certains enjeux ultimes, certaines caractéristiques intrinsèques qui participent sans échappatoire possible, de l’existence d’un individu dans le monde. / […] Cet ouvrage traite de quatre de ces « enjeux » ultimes : la mort, la liberté, l’isolement fondamental et l’absence de sens. La confrontation de l’individu à chacun de ces fondamentaux nourrit la dynamique du conflit dynamique existentiel.»

Les règles étant posées, on pourrait craindre un développement qui resterait prisonnier d’un carcan théorique et rébarbatif. Ce n’est pas le cas. Yalom anime son manuel et le dote d’une force dramatique aux allures de polar. Qui a été assassiné ? La vérité. Les coupables et autres empêcheurs-de-tourner-en-rond à éliminer ? Les idées fausses. A travers Thérapie existentielle ,le lecteur découvre quelles sont les illusions qui le détournent de lui-même, quels paradigmes peuvent l’emprisonner dans un schéma de pensées et de croyances qui ne lui correspondent pas, et quels comportements névrotiques ont été mis en place dans l’intention de le conforter dans sa position de négation de la vérité. Plus ou moins profondément, chacun d’entre nous aurait donc assassiné sa propre vérité, mais une longue expérience de déni nous l’aura fait oublier, nous envoyant balader sur des sentiers escarpés dont nous peinons à identifier la destination.
Les quatre thématiques précédemment citées deviennent des catégories déclinant leur lot de coupables. Pour nous faire comprendre leur dangerosité, Yalom ne s’apitoie pas. Avec humour et autodérision, il invoque de grandes figures littéraires telles celles de Kafka, Dostoïevski, Camus, Sartre, Schopenhauer ou Nietzsche. Il rappelle également foule de cas cliniques auxquels il a été confronté, comme autant d’aveux confessés aux barreaux du tribunal.

Pour bien faire, Yalom s’attaque immédiatement à la figure la plus imposante : la mort. Pas besoin de fouiller bien longtemps pour comprendre que l’homme, lancé dans la vie avec la plus entière ignorance qui soit, est totalement terrifié à l’idée de mourir. Son angoisse de mort le pousse à mettre en place des comportements de déni, dont les deux figures principales sont la croyance en un être supérieur qui viendra le sauver des griffes de la mort (on trouve par exemple dans ce genre de comportement la figure du masochiste) ou la croyance d’être une personne spéciale qui serait épargnée par la mort quand bien même les autres hommes seraient condamnés à succomber sans merci (on trouve ici la figure du narcissique, de l’héro compulsif ou du bourreau de travail). Excepté ces cas extrêmes, l’homme tend généralement à mêler ces deux systèmes de croyances dans l’élaboration de comportements de déni l’éloignant de sa réalité mortelle. Mais s’éloigner de celle-ci, comme nous le montre Yalom à travers le contre-exemple fourni par certains patients en fin de vie, nous donne aussi la nonchalance de l’immortalité, et nous condamne à la passivité plus qu’elle ne nous pousse à vivre véritablement. A ce stade de la lecture, on se demande encore qui se cache derrière cette énigmatique figure du « véritable ». Patience, patience… La lecture à son terme saura nous l’apprendre…

L’enquête s’approfondit ensuite sur la figure de la liberté. Revendiquée dans ses aspects les plus anodins, la véritable liberté terrorise l’homme car elle implique le corollaire moins plaisant de la responsabilité, au sens sartrien du terme. L’homme doit avouer que son existence n’est pas une suite de contingences qui se sont abattues sur lui, pauvre victime misérable, sans qu’il ne demande rien. Elle est la conséquence de tous les choix, de toutes les décisions et de tous les actes (ou bien de toutes les absences de choix, de décisions et d’actes) qu’il aura produits depuis sa naissance. La vie devient alors un matériau beaucoup plus malléable que ce que nous voulons bien admettre habituellement. Ici, Yalom rejette la dynamique freudienne qui cloue l’homme à un passé sur lequel il n’a plus aucun pouvoir. La prise de conscience de cette responsabilité est lourde à assumer. Il faudra alors éliminer deux nouveaux coupables qui tenteraient de séquestrer la vérité : l’impuissance apathique et la surpuissance culpabilisante.

Citation :
« Généralement, nous envisageons la liberté comme un concept en tout point positif. Dans l’histoire de l’humanité, l’homme ne s’est-il pas toujours battu pour sa liberté ? Pourtant, la liberté, appréhendée dans cette perspective d’enjeu ultime, est inséparable de la terreur. Dans son acception existentielle, la liberté renvoie à l’absence de structure externe. Contrairement à notre expérience quotidienne, l’être humain ne pénètre (ni ne quitte) un univers bien structuré au dessein prédéfini. A l’opposé, l’individu est totalement responsable –en d’autres termes, est l’auteur- de son monde, de son projet de vie, de ses choix et de ses actions. Dans cette acception, la liberté prend une implication terrifiante, dans la mesure où elle signifie que le sol n’existe pas sous nos pieds, qu’il n’y a rien d’autre que du néant, un abysse. »

Mais voilà que surgit l’isolement fondamental… Plus inquiétant que l’isolement en tant que simple définition de la solitude ou de méconnaissance de soi-même, il s’agit de la conscience que nous avons d’être entièrement seul dans notre quête personnelle de la vérité. Chaque homme est seul dans sa façon de voir le monde, dans les décisions qu’il prend, chaque homme est seul en ce que lui seul détient la conscience de sa réalité intérieure. Poussé à l’extrême, ce sentiment détruit toute réalité : le monde apparaît comme une illusion, fruit des hallucinations d’un individu qui se croit exister. L’autre extrême amène à une conduite de déni frénétique encouragée par la société de consommation moderne : entourons-nous d’une multitude de gens, de choses et d’objets, possédons-les, incorporons-les. Peut-être alors, ayant tout ingurgité, cesserons-nous de nous sentir fondamentalement isolés ? Bien sûr, ce comportement est coupable également. Aussi, Yalom en démonte bien vite les rouages. Prendre conscience de son isolement fondamental, c’est admettre que les autres sont tout aussi fondamentalement isolés que nous, c’est cesser de voir les autres comme un ensemble d’avantages que l’on peut exploiter ou non. A terme, c’est se lier aux autres véritablement, par la reconnaissance que nous sommes tous concernés par la même tragédie (mais est-ce vraiment une tragédie d’ailleurs ?)

Citation :
« Peu importe à quel point nous nous sentons proche de l’autre, il demeure un fossé ultime et infranchissable : chacun de nous arrive seul en ce monde et doit le quitter tout aussi seul. Surgit dès lors un conflit existentiel entre cet isolement absolu et notre désir de contact, de protection, d’appartenance à un tout qui nous transcende. »

La vérité se précise…. C’est que nous arrivons bientôt au terme de la quête initiée par Irvin Yalom… Ne reste plus que la dernière figure du coupable à abolir : celle du sens de la vie. L’homme occidental moderne semble torturé par cette question. Quel est le sens de la vie ? Est-il utile de mener une vie de labeur, parfois peu gratifiante, si tout est voué à la destruction, s’il ne restera aucune trace de nos agissements ? Yalom dresse timidement quelques réponses : le sens de la vie peut être apporté par le comportement altruiste (bénévolat, dévouement à une cause), par la créativité (artistique, professionnelle, parentale, artisanale…) ou bien encore par l’hédonisme (bien que le plaisir puisse parfois découler de comportements autodestructeurs). Mais quelque chose cloche… Pourquoi la question du sens de la vie est-elle aussi dévorante pour l’homme d’aujourd’hui, alors que l’homme des siècles passés, celui qui vivait avant l’époque de la Renaissance, ou l’homme oriental, semble peu préoccupé par cette question ? Voici que se dresse le dernier coupable : la culture occidentale moderne, héritée du pragmatisme de Calvin, qui exhorte les hommes à devenir des êtres d’entière utilité, sans considération aucune pour la culpabilité dévastatrice qui peut surgir devant le constat d’échec de cet accomplissement.

Citation :
« Si nous devons mourir, si nous constitutions notre propre monde, si chacun d’entre nous est finalement seul dans un univers indifférent, quel sens a la vie ? Pourquoi vivons-nous ? Comment vivre ? S’il n’existe aucun dessein prédéfini, chacun d’entre nous doit alors élaborer le sens de sa vie. Cependant, le sens que chacun donne à ses propres créations peut-il suffire à nous faire supporter la vie ? Ce conflit dynamique existentiel découle du dilemme auquel fait face un être avide de sens parachuté dans un univers qui en est dépourvu. »

Tous les coupables qui éloignaient l’homme de la vérité ont disparu, et celle-ci se dessine à l’horizon de Thérapie existentielle. A chercher dans la philosophie orientale qui prône l’harmonie de l’homme et de la nature, elle préconise la quête d’une sérénité qui passe par l’engagement relationnel. Tout acte d’interaction diminue l’angoisse et fait disparaître la question du sens existentiel au profit de l’émergence d’un bonheur potentiel. La thérapie existentielle ne fuit pas devant les réalités qui fondent la condition humaine. Aussi effrayantes qu’elles puissent paraître, il convient de les affronter comme de nouvelles perspectives de vie.

« Chacun est unique, il faut donc, d’une certaine façon, créer une nouvelle thérapie pour chaque patient. Je veux être surpris : à chaque séance, je suis impatient de retrouver mon patient, et je me demande comment sa vie s’est déroulée depuis la séance précédente. »


La vérité, à la fin de ce livre, ne veut pas se définir clairement, comme une réponse définitive et péremptoire à la quête de sens d’un individu. Ses contours ne sont pas figés. Ce livre ne cherche pas à imposer une pensée dans l’esprit d’un individu abandonné et prêt à gober n’importes quels salmigondis rédempteurs. Il invite le lecteur à prendre du recul sur les discours et l’aliénation moderne afin d’entrer dans une démarche de plus profonde honnêteté avec lui-même. Il ouvre les portes de la conscience de l’individu, lui signalant par là qu’il y a un formidable voyage à accomplir. La vérité n’est pas unique, et il en existe autant qu’il existe d’hommes sur terre. Surtout, la vérité change de forme au cours de la vie d’une seule et même personne. Une vie que l’on trouve plus accueillante à l’issue de la lecture de cet ouvrage, non pas en vertu de quelques unes de ses qualités, mais parce qu’elle est, et reste en devenir entre les mains de chacun.

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MessageSujet: Re: Irvin Yalom   Irvin Yalom - Page 2 Icon_minitimeMar 13 Mar 2012 - 17:46

Parmi toutes les références dont regorge ce livre, quelques unes qui méritent d'être relevées :

« Si tant est qu’il existe un chemin vers le meilleur, il faut, pour le trouver, bien regarder le pire. »
Thomas Hardy

« Si vous apprenez à un airedale terrier à jouer du violon, vous n’avez pas besoin d’un quatuor à cordes pour le prouver. »
Karl Lashley

« Pourquoi crains-tu ton dernier jour ? Il ne confère non plus à ta mort que chacun des autres. Le dernier pas ne fait pas la lassitude : il la déclare. »
Montaigne

« Pour satisfaire notre curiosité sexuelle précoce, nous inventons le mythe de la cigogne. Mais cela ne signifie pas pour autant que les cigognes n’existent pas ! »
Viktor Frankl

« Pardonne-moi, Seigneur, mes petites plaisanteries à Ton égard
Et je pardonnerai la grande que Tu as faite à mes dépens. »
Robert Frost

« L’homme « intentionnel » cherche toujours à donner à ses actes une immortalité fausse et illusoire en projetant dans le temps l’intérêt qu’il leur porte. Il n’aime pas son chat, mais les petits de son chat –même pas les petits, en réalité, mais les petits qu’auront à leur tour ces chatons, et ainsi de suite, à jamais, jusqu’à la fin du monde des chats. »
John Maynard Keynes

« Il est ainsi aux yeux du monde dangereux de risquer, et pourquoi ? Parce que l’on peut perdre. Il est donc sage de s’abstenir. Et pourtant, en omettant de risquer, on peut perdre avec une telle facilité ce qu’on perdrait difficilement si on risquait, même au prix de graves dommages et en tout cas, jamais avec autant de facilité, en le tenant pour quantité entièrement négligeable : on court le danger de perdre son moi. Si je me trompe en risquant, tant pis ; la vie m’apporte le correctif du châtiment. Mais si j’omets complètement de risquer, qui me prêtera secours ? Et si, par surcroît, laissant entièrement de risquer au sens le plus noble du mot (et risquer ainsi, c’est justement devenir plus attentif à soi), j’acquiers lâchement tous les avantages terrestres et me perds moi-même : n’est-ce pas terrible ! »
Kierkegaard

« Quand nous nous protégeons… contre une envie de mener une vie trop intense ou trop rapide ou d’en finir avec la vie, nous nous sentons coupables à cause de la vie non utilisée, de ce que nous portons en nous de non vécu. »
Otto Rank

« Seul celui qui peut affirmer la vie peut affirmer la mort… L’horreur de la mort est l’horreur de mourir, nos corps emplis de ces vies non vécues. »
Norman Brown

« On revient régénéré de tels abîmes, d’une aussi dure consomption, de la consomption du lourd soupçon, en ayant fait peau neuve, plus chatouilleux, plus méchant, avec un goût plus fin de la joie, avec une langue plus délicate pour toutes les bonnes choses, avec des sens plus joyeux, avec une seconde et plus dangereuse innocence dans la joie, à la fois plus enfant et cent fois plus raffiné qu’on ne l’a jamais été auparavant.
Nietzsche

« La mort, c’est comme certains conférenciers. On n’entend pas ce qu’ils disent à moins d’être au premier rang. »
John Fowles

« Toute colère qui ne sort pas, qui ne coule pas librement, tourne au sadisme et autres formes de torture. »
Viktor Frankl

« Lorsque vous êtes responsables […] vous vous rendez compte que ce n’est pas par hasard que vous vous retrouvez sur les rails au passage du train. Vous êtes le connard qui s’y est placé tout seul. »
Stuart

« A dix-sept ans, j’étais persuadé que mon père était un idiot. A vingt et un ans, j’étais stupéfait par la somme de choses qu’il avait apprises en quatre ans. »
Mark Twain

« Le degré de conscience va croissant ou, à mesure qu’il croît, il est la constante élévation en puissance du désespoir : plus la conscience est développée, plus le désespoir est intense. »
Kierkegaard

« Supposons maintenant deux hommes-images assis l’un près de l’autre et s’entretenant –nommons-les Pierre et Paul- et comptons les figurations qui sont dans le jeu. Nous avons là, d’abord, Pierre tel qu’il veut paraître à Paul, et Paul tel qu’il veut paraître à Pierre ; ensuite, Pierre tel qu’il paraît réellement à Paul, et Paul tel qu’il paraît réellement à Pierre, l’image donc de Pierre telle que se la fait Paul, et qui ne sera nullement conforme, en général, à celle désirée par Pierre, et vice-versa ; il faut y ajouter Pierre tel qu’il se paraît à lui-même, et Paul tel qu’il se paraît à lui-même ; et, pour terminer, Pierre au naturel et Paul au naturel. Deux êtres vivants et six semblants fantomatiques de figures qui se mêlent de la façon la plus diverse aux entretiens des deux ! Où donc resterait-il là suffisamment de place pour l’authenticité de l’interhumain ? »
Martin Buber

« Etre humain signifie être seul. Continuer à devenir une personne signifie explorer de nouvelles modalités permettant de se reposer de notre solitude. »
Robert Hobson

« Je sentis que ce sur quoi je tenais s’était brisé, que mes pieds n’avaient plus d’appui, que ce qui m’avait fait vivre n’existait plus, que je n’avais plus rien qui me fasse vivre. […] C’était comme si j’avais vécu en me dirigeant vers un abîme et qu’à présent, je me trouvais devant et que je voyais clairement que devant moi il n’y avait rien en dehors de ma perte. »
Tolstoï

« Certains auteurs soutiennent que les raisons de vivre et les valeurs de l’homme ne sont rien d’autre que des « mécanismes de défense, des formations réactionnelles et des sublimations ». Quant à moi, je ne pourrais pas vivre pour l’amour de mes « mécanismes de défense », pas plus que je ne suis pas prêt à mourir pour mes « formations réactionnelles ». »
Frankl

« Aucun être humain ne peut toujours accomplir, toujours créer. Aucun être humain ne peut réussir sans cesse dans toutes ses entreprises. Mais aller dans la bonne direction, ne pas avoir accompli, mais s’efforcer d’accomplir, ne pas arriver à l’auberge, mais se diriger vers l’auberge, ne pas se reposer sur ses lauriers, mais s’efforcer de récolter ces lauriers, utiliser ses talents de la façon la plus constructive, productive et créative possible ; il s’agit peut-être là du principal sens de la vie et de la seule réponse possible à la névrose existentielle qui paralyse les efforts humains et mutile les esprits. »

Wolman

« La solution du problème de la vie se remarque à la disparition du problème. »

Wittgenstein

L'amour de la littérature parfaitement exprimé :

Citation :
Comme le soulignait Freud dans son analyse d’Œdipe Roi, la grande littérature survit, car le lecteur, d’une façon ou d’une autre, s’empare de la vérité qu’elle recèle. La vérité des personnages de fiction nous touche car elle nous renvoie à la nôtre. Les œuvres majeures de la littérature sont éducatives, de par leur honnêteté criante, tout comme le sont les données cliniques : le grand romancier, même s’il distille sa personnalité entre plusieurs personnages, en définitive nous révèle à nous-mêmes, comme l’écrivit un jour Thornton Wilder : « Si la Reine Elizabeth, Frédéric II de Prusse ou Ernest Hemingway lisaient leur biographie, ils s’exclameraient : « Mon secret reste bien gardé ! » Mais si Natacha Rostov lisait La Guerre et la Paix, elle s’écrierait, se cachant le visage de ses mains : « Comment a-t-il su ? Comment a-t-il su ? »

Les idées sont toujours illustrées par des exemples marquants !
J'ai beaucoup aimé cette histoire du chat, voleur de beurre :

Citation :
Un conflit acharné oppose deux voisins. Le premier affirme que le chat du second a mangé tout le beurre ; il réclame un dédommagement. Incapable de résoudre le différend, les deux compères, emmenant l’animal auteur du délit, sollicitent l’arbitrage du sage du village. Le sage demande au plaignant : « Quelle quantité de beurre le chat a-t-il mangé ? – Cinq kilos. » Le sage entreprend alors de peser le chat. Ni une, ni deux, il fait exactement cinq kilos. « Mirabile dictu !, s’exclame-t-il. Voici le beurre. Mais où est donc passé le chat ? » Mais où est donc passé le chat ? Ensemble, tous les éléments ne suffisent pas à reconstruire l’être. […] Peu importe le degré de précision que nous avons dans notre compréhension des composantes de l’esprit humain –conscient et inconscient, par exemple, ou encore surmoi, moi et ça-, nous passons à côté du médiateur principal, à savoir la personne à qui appartient cet inconscient (ou surmoi, moi ou ça).

Ou encore la plaisanterie yiddish sur les kreplach :
Citation :

Aristote, je crois, a dit que le tout est plus grand que la somme de ses parties, ce que la sagesse populaire a toujours reflété, comme la plaisanterie yiddish sur l’aversion pour les kreplach (chaussons fourrés). La mère d’un garçon tente de débarrasser son fils de sa puissante aversion pour les kreplach. Elle prépare soigneusement les kreplach en cuisine et présente à son fils tous les ingrédients. « Tu vois, tu aimes la farine, les œufs, la viande », etc. Le garçon acquiesce. « Affaire réglée, alors, puisque c’est tout ce qu’il y a dans les kreplach ». Mais au mot « kreplach », l’enfant est de nouveau saisi d’un haut-le-cœur.

L'analogie du singe :

Citation :
« La branche, affirmait Pascal au XVIIe siècle, ne peut espérer connaître la signification de l’arbre. » Pour expliquer cette conception, Viktor Frankl recourt à une analogie, celle du singe utilisé dans la recherche médicale pour la mise au point du vaccin contre la poliomyélite. Ce singe endura d’intenses souffrances et ne put jamais, en raison de ses limitations cognitives, découvrir de sens à la situation qu’il expérimentait. Frankl soutient dès lors qu’il doit en être de même pour l’être humain qui ne peut espérer connaître pleinement une signification existant dans une dimension au-delà de sa compréhension.


Parfois, le recul fait du bien :

Citation :
Le surmoi, le ça, le moi ; les archétypes, le soi idéalisé et le soi réel, l’estime de soi ; le système du self et le système dissocié ; la protestation masculine ; les états parent, enfant et adulte : rien de tout cela n’existe véritablement. Il s’agit de fictions, de concepts psychologiques créés à des fins de convenance sémantique et qui ne justifient leur existence que par la valeur de leur pouvoir explicatif.

Retenons pour finir cette magnifique déclaration d'un patient à sa femme (propos recueillis par Freud ) :

« Si l’un de nous deux meurt, j’irai m’établir à Paris. »

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