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 Ursula K. Le Guin

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MessageSujet: Ursula K. Le Guin   Dim 10 Aoû 2008 - 20:15


Ursula Kroeber Le Guin — plus généralement appelée Ursula K. Le Guin — est une auteur américaine née le 21 octobre 1929 à Berkeley, en Californie. Bien qu'elle ait écrit de nombreux romans, poèmes et livres pour enfants, elle est surtout connue pour ses nouvelles et romans de science-fiction dans lesquels elle explore de façon originale des thèmes anarchistes, féministes, psychologiques ou sociologiques.

Biographie


Le cycle de Terremer

* Le Sorcier de Terremer, 1968
* Les Tombeaux d'Atuan, 1970
* L'Ultime rivage, 1972, prix Locus en 1972
* Tehanu, 1990, prix Nebula en 1990 et Locus en 1991
* Les Contes de Terremer, 2000
* Le Vent d'ailleurs, 2001, Prix World Fantasy du meilleur roman en 2002

Le cycle de l'Ekumen

* Le Monde de Rocannon, 1966
* Planète d'exil, 1966
* La Cité des illusions[1], 1967
* La Main gauche de la nuit, 1969, prix Nebula en 1969 et Hugo en 1970
* Le Nom du monde est forêt, 1972, prix Hugo en 1973
* Les Dépossédés, 1974, prix Hugo en 1975, Nebula en 1974, Locus en 1975
* Le Dit d'Aka, 2000, prix Locus en 2001
* Quatre chemins de pardon, 1995 (US), 2007 (FR), recueil de nouvelles, Grand Prix de l'Imaginaire 2008 dans la catégorie Nouvelle étrangère, pour l'ensemble du recueil
* L'anniversaire du monde, 2002(US), 2006 (Fr) recueil de nouvelles
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MessageSujet: Terremer   Dim 10 Aoû 2008 - 20:17


Ici, il y a des dragons. Et là où il y a des dragons, il y a des enchanteurs, une mer immense et des îles. Mais le monde de Terremer n’est pas un univers conventionnel de fantaisie. Il n’appartient ni à notre passé ni à notre avenir. Il est ailleurs. C’est un univers où la magie fonctionne et s’enseigne comme la science et la technologie dans le nôtre.

La totalité du cycle de Terremer compte 6 livres :

* Le Sorcier de Terremer (1968)
* Les Tombeaux d’Atuan (1970)
* L’Ultime Rivage (1972)
* Tehanu (1990)
* Les contes de Terremer (2000)
* Le vent d’ailleurs (2001)

Ce présent volume contient les trois premiers livres du cycle.

« Le Sorcier de Terremer » raconte l’initiation de Ged, simple gardien de chèvres sur l'île de Gont qui possède le don, à l’école de l’île de Roke où comment il deviendra un sorcier capable de commander aux éléments et affronter les dragons. Comment son audace faillit le perdre aussi.

« Les Tombeaux d’Atuan » évoquent la terrible histoire de la petite fille, Ténar, choisie pour devenir la Grande Prêtresse des Tombeaux, qui haïra Ged pour finalement se joindre à lui pour combattre ensemble l’emprise des Innommables.

« L’Ultime Rivage » évoque quant à lui l’endroit où le pouvoir des sorciers sera soumis à celui du temps, le grand rongeur.

Nous évoluons tout au long de ces récits avec l'Epervier : comment devient-il magicien à la mystérieuse école des sorciers de l'île de Roke ? Quel mage devient-il en tant qu'adulte ? Quelles rencontres et affrontements va-t-il endurer ? Outre son apogée, nous assisterons également à son déclin lorsqu’il perdra peu à peu ses pouvoirs pour redevenir un homme simple.

J'ai beaucoup apprécié ce cycle. Le récit est lent mais intelligent, tout en nuance, emprunt de philosophie, de poésie et de subtilités diverses. Il se différencie de la fantaisie traditionnelle dans la mesure où nous ne sommes pas confrontés au sempiternel combat entre le bien et le mal nécessitant de terribles combats guerriers, mais en présence de récits où tout est question d'équilibre, de juste milieu, où le bien n'existerait pas sans son contraire.

Cette richesse du récit aux multiples interprétations possibles est sans aucun doute redevable au talent d’Ursula Le Guin, qui est l'un des auteurs les plus célèbres de Fantasy et de Science-Fiction, récompensée par 5 Prix Hugo et 5 Prix Nebula. Le fait qu’elle soit une passionnée des cultures orientales et une experte en taoïsme contribuent à donner au récit un ton qui n’appartient qu’à elle : la recherche de cet équilibre où la Lumière et les Ténèbres se stabilisent mutuellement.

Le fait que le père de l’auteur, Alfred KROEBER, soit un grand anthropologue contribue également à son approche anthropologique des sociétés qu’elle imagine : descriptions des paysages et cultures lointaines, analyse des mythes, mœurs, lois, esprit de tolérance et compréhension, respect et intelligence… tous ces éléments jalonnent son œuvre.

Le téléfilm « Terremer, La prophétie du sorcier » [Legend of Earthsea] de Robert Lieberman est une adaptation du premier cycle. Il s'agit d'un téléfilm, donc le budget n'est pas grandiose. Malheureusement, ce qui faisait la particularité de l'écriture d'Ursula (les nuances, la complexité des sentiments, la poésie) a complètement disparu dans cette adaptation. Enfantin et kitch, destiné visiblement à un public d’adolescents américains, nous avons droit à un curieux mélange des 3 premiers récits qui n’a plus rien à voir avec l’œuvre de l’auteur, qui a d’ailleurs complètement désavoué cette adaptation. Le réalisateur semble avoir surfer sur la vague Fantasy du moment (en laissant de côté toute l'originalité et l'essence propre du cycle), afin de trouver un public le plus large possible. Dispensable donc.

Le film d’animation de Goro Miyazaki, le manga « Les contes de Terremer », est essentiellement une adaptation de L’Ultime Rivage, tome III du premier cycle. Mais je ne saurais vous en dire plus, dans la mesure où je ne l’ai pas encore vu.
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Arabella
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Dim 10 Aoû 2008 - 21:23

J'avais lu plein de livres d'elle pendant ma période science-fiction, me je n'en garde pratiquement aucun souvenir, ce qui est en général signe que je n'avais pas vraiment aimé, il faudrait peut être que je reprenne un de ses livres pour voir.

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Dim 10 Aoû 2008 - 21:57

J'ai lu d'elle son premier roman, Le Monde de Rocannon.
Proche de la catastrophe. Banal, mal écrit, etc.

Normalement, elle s'est améliorée ensuite.

Pour anticiper le film du fiston Miyazaki, j'ai lu Le Sorcier de Terremer , qui était nettement mieux que son premier roman, mais qui ne m'a pas transporté outre mesure. Il y a quand même nettement même plus d'imagination, un vrai monde cohérent, c'est un vrai livre qui se lit sans déplaisir.
Mais je n'ai pas lu les autres, peut-être à tort (j'ai été pris par d'autres livres) ; j'imagine qu'ils développaient le monde mis en place.

Pour parler deux secondes du film de Goro Miyazaki, il fait à un moment une sorte d'aparté sur la drogue, du genre "la drogue, c'est pas bien", on est bien d'accord, mais franchement, qu'est-ce que ça venait faire dans son film, si ce n'est ajouter une couche de bien pensant totalement déplacé et vraiment pas subtil, du genre "je prends le spectateur pour un démeuré". Peut-être parce qu'il a vécu plusieurs années aux Etats-Unis ?
Un film très moyen.
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mar 20 Jan 2009 - 21:31

Le commencement de nulle part

Voilà un livre qui m'a envoutée dès les premières pages. Une histoire comme je les aime, où les héros partent du monde bien réel pour pénétrer peu à peu un univers fantastique. Nous suivons donc l'histoire de deux personnages un peu paumés qui, indépendamment, vont se ressourcer dans une forêt mystérieuse et magique où règne un éternel crépuscule, où le temps se déroule beaucoup plus lentement que dans le monde réel, ou tout semble paix, silence et douceur. Mais ce monde enchanté de Tembreabrezi semble en danger et plus périlleux qu'il n'y paraît. Hugh, héros balourd mais pur et innocent, va donc revêtir le rôle du héros, du Messie. L'histoire se déroule lentement et j'ai beaucoup aimé l'atmosphère régnant dans cet univers, le sentiment intense de bien-être du début puis l'inquiétude qui s'immisce peu à peu.

Voci un extrait :

"Il s'éveilla sous les arbres sombres, l'odeur de la menthe et de l'herbe plein la tête.Le vent léger effleurait son visage et ses cheveux comme une main sombre et transparente.

C'était un réveil étrange et lent. Il n'avait pas rêvé, et pourtant avait la sensation de rêver. Une confiance et une assurance totales le possédaient. Il appartenait désormais à cette terre où il s'était allongé et avait dormi. Il ne risquait rien. Ce pays était le sien"
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mar 28 Avr 2009 - 20:03

"La vallée de l'éternel retour"

On ne présente plus Ursula K. Le Guin, célèbre auteur de science-fiction et de fantasy, dont les « Contes de Terremer » ont enchanté plus d'un lecteur à travers le monde.
D'autres ouvrages, par contre, sont restés plus confidentiels, comme ses « Chroniques Orsiniennes » et « La vallée de l'éternel retour », ouvrage quasiment inclassable qui, bien qu'évoquant ces deux genres littéraires, n'appartient ni à la fantasy ni à la science-fiction. Il en est de même pour la trame du récit, qui oscille entre le romanesque et l'étude scientifique.
Le terme d'ethnofiction est en fait le plus approprié pour saisir la teneur de cet ouvrage qui se présente sous la forme d'un recueil d'articles que l'on pourrait croire rédigés par un anthropologue décrivant un peuple exotique.

Cependant, ne cherchez pas dans les pages d'une encyclopédie une description du peuple Kesh étudié dans cet ouvrage, car bien entendu il n'existe pas, ou tout du moins pas encore.

En effet, cette étude du peuple Kesh est en fait une archéologie du futur. Ce groupe humain n'appartient ni à notre passé ni au monde contemporain, mais à un lointain avenir.
Dans ce futur indéterminé, une grande partie de la Californie s'est séparée du continent nord-américain suite à un séisme. La civilisation telle que nous la connaissons a totalement disparu de la surface du globe, ne laissant comme vestiges que les tracés d'anciennes autoroutes ainsi que des zones polluées et toxiques. Cette pollution résiduelle occasionne de nombreuses naissances anormales chez les êtres humains et les animaux.

Autre survivance du passé, les cités de l'échange, vastes complexes informatiques et cybernétiques recueillant et dispensant toutes sortes d'informations aux groupes humains sachant encore se servir d'ordinateurs.
Cela mis à part, les peuplades telles que les Kesh vivent en harmonie avec la nature, dans des communautés de chasseurs-cueilleurs-agriculteurs qui rappellent fortement de par leur organisation, leur culture et leurs rites les sociétés amérindiennes. Les croyances sont fortement imprégnées de chamanisme et d'animisme. Les esprits de la nature, arbres, animaux sauvages, montagnes et rivières sont sacralisés. De nombreuses fêtes et rites d'initiation soudent la communauté et tissent un lien social intergénérationnel.

Même si la technologie a quasiment disparu, les armes à feu sont toujours en usage chez les guerriers et les chasseurs (qui préfèrent cependant l'arc). Les transports de marchandises s'effectuent dans certains cas par le rail, les voitures étant tirées soit par des locomotives à vapeur, soit par des animaux de bât. L'électricité est fournie par des générateurs qui permettent aux habitants de s'éclairer, de se chauffer et aussi de communiquer avec les cités de l'échange par le biais des ordinateurs.

C'est donc à une découverte de cette civilisation bien différente de la nôtre que nous invite Ursula Le Guin en nous faisant initiant au fil des articles aux modes de vie des Kesh et de leurs plus proches voisins. On découvrira ainsi les rituels, les croyances, les chansons, les poèmes, les contes et les légendes relatifs à cette peuplade, ainsi que bien d'autres domaines comme, entre autres, l'art, l'architecture, la guerre, la littérature,le théâtre, les rituels funéraires ou d'initiation, la médecine, la géographie et même la gastronomie (certaines recettes semblent même particulièrement délicieuses et faciles à réaliser).

À embrasser tous ces différents domaines, on pourrait même lire cet ouvrage dans n'importe quel sens s'il n'y avait comme fil conducteur le récit autobiographique d'une femme Kesh dénommée Roche Qui Raconte, récit dans lequel elle revient sur sa vie dans la bourgade de Sinshan et son voyage au pays des hommes du Condor (un peuple guerrier dont les soldats coiffés d'un casque à bec de rapace rappellent l'allure des chevaliers-aigles de l'empire Aztèque).

Passionnant, bien que parfois austère et hermétique, « La vallée de l'éternel retour » est un grand voyage au sein d'une culture inconnue et imaginaire, un voyage qui ne peut qu'émerveiller le lecteur devant le pouvoir de création d'Ursula Le Guin qui a créé de toute pièce cet univers fascinant sans aucunement tomber dans la facilité propre à nombre d'auteurs de fantasy qui nous submergent jusqu'à l'écœurement de sorciers, de nains, d'elfes, de fées et de méchants dragons. Rien de surnaturel et de fantastique ici, si ce n'est la conscience du sacré partagée depuis l'aube des temps par toutes les sociétés humaines face aux mystères de la nature.
Abondamment enrichi par des tableaux, des cartes de l'auteur et des illustrations de Margaret Chodos qui ajoutent à l'aspect documentaire de cet ouvrage « La vallée de l'éternel retour » promet au lecteur de longues heures dépaysantes et hypnotiques à la découverte de la culture du peuple Kesh.
À déconseiller toutefois aux amateurs d'action, de suspense et de rebondissements extraordinaires.
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mar 28 Avr 2009 - 20:09

Merci pour ce commentaire exhaustif Le Bibliomane. Very Happy Ce n'est pas mon univers, mais c'est bien de pouvoir lire un tel résumé et d'accéder sans avoir à lire le roman. Wink
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marc et cie
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mer 5 Nov 2014 - 12:06

Pour faire plaisir à Colimasson, et parce que j'ai aussi envie de le lire, je suis allé cherché Terremer à la bibliothèque. Je commence cet AM
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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mer 5 Nov 2014 - 18:24

marc et cie a écrit:
Pour faire plaisir à Colimasson, et parce que j'ai aussi envie de le lire, je suis allé cherché Terremer à la bibliothèque. Je commence cet AM

Pour les mêmes raisons je l'ai emprunté également mais je le commencerai plus tard... Bonne lecture marc et cie, je me suis déjà longuement perdue en regardant la carte qui ouvre le livre...

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mer 5 Nov 2014 - 21:09

Merci Marc et Shanidar...

Je vais à la bibliothèque demain pour chercher Ursula. J'hésite entre La vallée de l'éternel retour et le Dit d'Aka...

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Sam 8 Nov 2014 - 17:20

Loin, très loin de tout



Je découvre Ursula Le Guin avec ce petit roman charmant, poétique, musical et onirique qui aborde l'adolescence et l'orientation de deux adoslescents un peu surdoués, l'une en musique, l'autre en sciences. Ils pensent tous deux être au dessus des autres en matière de sexe. Pour eux, l'amitié homme/femme existe... mais...
Très agréable petit roman nous replongeant dans l'adolescence.

Merci colimasson pour la découverte.

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mar 11 Nov 2014 - 20:24

Allumette, tu me fais découvrir aussi ce roman... Very Happy
Pas de trace particulière de SF là-dedans on dirait ?

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mar 11 Nov 2014 - 20:38

Coli, non, pas de trace de SF dans ce petit roman.

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mar 21 Avr 2015 - 21:12

Le Dit d’Aka (2000)




Concentrez-vous pour saisir le Dit d’Aka : il ne se laisse pas facilement capturer et s’enfuit sitôt qu’on imagine l’avoir saisi. Cela fait peut-être trois mois que j’ai refermé le livre et je ne me souviens plus des grandes lignes de l’histoire. Cela se passe dans un univers où la hiérarchie des mondes a remplacé la hiérarchie des nations. Sutty fait partie de ce que l’on appellerait le monde développé. Elle est envoyée sur la planète Aka, qu’on appellerait le monde sous-développé (ou en voie de développement), comme une ethnologue qui serait chargée d’étudier ses habitants et de recueillir leurs récits. Fait exprès ou coïncidence ? Sutty porte en elle le regard de l’exil, peut-être le mieux à même de déceler l’âme d’un peuple menacé, car elle vient de la planète Terre, bouleversée récemment par une violente réaction fondamentaliste et antiscientifique. Ursula Le Guin avance à la manière d’une anthropologue et connaît toutes les mesures de précaution observationnelle désignées entre autres par Lévi-Strauss. Si la tentation de la description anthropologique est grande, Sutty se rappelle toutefois in extremis que cette approche n’est qu’un discours issu de son monde, et qui introduit dans l’espace observé une historicité destructrice en ce qu’elle n’est pas celle d’Aka.


Il faudra tout abandonner pour découvrir que le Dit d’Aka ne ressemble à aucune mythologie ni à aucune religion connue. C’est une parole dynamique, ancrée dans le présent, qui intègre donc la venue de Sutty dans la toute-puissance de sa présence.


Mais finalement, on ne connaîtra pas vraiment la nature de ce qui se produit. Ursula Le Guin a peut-être voulu écrire le processus du changement –à l’intérieur de Sutty ou sur Aka ?- mais il ne reste qu’une impression trouble et peu convaincante. Beaucoup de flou subsiste à l’issue de cette lecture. Peut-on vraiment comprendre l’étranger (l’inconnu) sans aucune référence de comparaison ?


Toute ressemblance avec un quelconque autre système culturo-religieux serait purement fortuite...

Citation :
« L’unisme était une réaction de panique aux famines et aux pandémies, un accès de culpabilité globale et d’expiation hystérique qui menaçait de culminer en une orgie de violence… jusqu’au moment où l’ « Ange » descendu des « Cieux » avait, par la magie de son talent oratoire, modifié la nature de la ferveur. Au lieu de la destruction, l’amour universel. La tolérance à la place du génocide. Une question de moment opportun, un simple retournement de situation. »

Citation :
« La foi est la blessure que le savoir guérit. »


Le Dit d'Aka surprend et déstabilise par son utilisation personnelle du langage et souligne implicitement le constant modelage opéré entre le mot et le monde :

Citation :
Pas d'étrangers. Pas d'autres, au sens du mot "autres" qu'il prend sur Terre: l'implacable séparation en tribus, les frontières arbitraires et infranchissables, les haines ethniques entretenues pendant des siècles, des millénaires. "Les gens", ici, ça ne voulait pas dire "mon peuple" mais "le peuple", tout le monde, l'humanité entière. Un "barbare" n'était pas un étranger incompréhensible, mais une personne sans instruction. Sur Aka, tout conflit avait un caractère familial. Chaque guerre était une guerre civile.

Citation :
« On appelle les vieux livres des pulpes. La pulpe de papier sert à l’isolation. »

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MessageSujet: Re: Ursula K. Le Guin   Mar 21 Avr 2015 - 21:16

shanidar a écrit:
marc et cie a écrit:
Pour faire plaisir à Colimasson, et parce que j'ai aussi envie de le lire, je suis allé cherché Terremer à la bibliothèque. Je commence cet AM

Pour les mêmes raisons je l'ai emprunté également mais je le commencerai plus tard... Bonne lecture marc et cie, je me suis déjà longuement perdue en regardant la carte qui ouvre le livre...

C'est rare mais je n'ai pas lu ce livre. Peut-être plus tard. Ton commentaire coli, sans être totalement négatif n'est pas non plus particulièrement motivant... zen

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