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 Thomas Bernhard [Autriche]

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K
Main aguerrie
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MessageSujet: Thomas Bernhard [Autriche]   Jeu 21 Aoû 2008 - 16:20



Thomas Bernhard

Ecrivain autrichien né aux Pays-Bas le 9 février 1931/ mort le 12 février 1989, Thomas Bernhard passe sa jeunesse à Salzbourg (une ville qu'il n'aura de cesse de fustiger dans ses écrits) avec un grand-père qu'il apprécie, écrivain reconnu. C'est apparemment le seul point positif d'une enfance marquée à la fois par la pauvreté, les problèmes de santé récurrents (et que l'on retrouve dans toute son oeuvre) et un contexte politique forcément déprimant (le nazisme).
En 1941, Thomas Bernhard est envoyé dans un centre d'éducation national-socialiste puis, en 43, dans un internat nazi à Salzbourg. C'est dans cette ville que ses parents s'intalleront en 1946. Ayant abandonné ces études dès le lycée, Bernhard travaille en indépendant dans un journal de la ville à partir de 1952. Ses premiers articles, fortement critique envers la société réactionnaire salzbourgoise, entre religiosité hypocrite et persistance des idées nationales-socialistes, font déjà scandale.
Dans le même temps, Bernhard étudie au Conservatoire de musique et d'art dramatique de Vienne et au Mozarteum de sa ville. Ainsi, les deux aspects primordiaux de l'oeuvre littéraire future sont en train de germer : critique acerbe de son pays et rôle important de la musique.
Il écrit son premier roman, Gel, en 1962, qui sera publié en Allemagne en 1967 et connaîtra un certain succès, ce qui ne l'empêche pas de créer un nouveau scandale en 1968 où, en recevant un Prix, Bernhard attaque vigoureusement l'Etat Autrichien et le désert culturel de l'après-guerre.
A partir de cette époque, l'auteur alterne romans et pièces de théâtre dont certaines font à nouveau parler d'elles pour leur contenu politique, en particulier La place des héros dans laquelle, en mentionnant le discours d'un Hitler fortement acclamé par les autrichiens, Bernhard prétend que la mentalité de ses contemporains n'a guère changée depuis lors ("Il y a aujourd'hui plus de nazis à Vienne qu'en 1938" fait-il ainsi dire à un des personnages).
Dans les années 70, l'auteur se lance dans une série de cinq romans autobiographiques dans lesquelles il revient sur son parcours et les raisons de ses éternelles griefs contre la nation, ainsi que ses sujets de prédilection : le suicide, la musique, l'échec...


Je n'ai lu pour le moment qu'un seul ouvrage de l'écrivain, Le Naufragé. Il est donc difficile pour moi d'avoir une vue d'ensemble de l'oeuvre corroborant la partie biographique des lignes précédentes. De plus, ma connaissance de l'histoire politique et culturel de l'Autriche d'après-guerre est très limitée. Je ne pourrais donc vraiment me prononcer sur la hargne rarement égalée dont a fait preuve Bernhard tout au long de sa vie concernant son propre pays. D'autres oeuvres - en particulier autobiographiques - m'éclaireront certainement sur ce sujet à l'avenir.

D'un point de vue formelle, les ouvrages de Bernhard se présentent donc la plupart du temps comme des soliloques portés par une écriture obsessionnelle et ressassante (mais dont la vigueur, à mon sens, ne rend pas la lecture ennuyeuse), plutôt que comme des romans à la narration plus classique, et par un narrateur qui se confond souvent avec l'auteur lui-même. C'est le cas avec Le Naufragé. On notera aussi l'autre grande particularité du style de l'auteur : sa manière bien particulière de mélanger le désespoir avec un humour corrosif et parfois cocasse. L'auteur n'est donc pas aussi déprimant qu'on pourrait le penser à première vue.
Reste que le choix du monologue et les thèmes toujours sombres seront loin de faire l'unanimité et en agaceront sûrement certains mais Thomas Bernhard est un auteur assez singulier et original pour mériter d'être abordé, ne serait-ce qu'une fois. Ensuite, c'est une question d'affinités.

Bibliographie sélective :

Le neveu de Wittgenstein (1982), Le Naufragé (1983) , Des arbres à abattre : une irritation (1984), Maîtres anciens (1985), le cycle autobiographique comprenant : L'Origine (1975), la Cave (1976), le Souffle (1978), le Froid (1981) et Un enfant (1982).


Le Naufragé

Quatrième de couverture :
Trois jeunes pianistes plus que prometteurs - Glenn Gould, le narrateur et son ami Wertheimer - se sont rencontrés autrefois au Mozarteum de Salzbourg pour y suivre un cours donné par Horowitz. Rencontre déterminante au cours de laquelle Glenn Gould fait d'emblée figure de génie triomphant au point de détourner brutalement et définitivement les deux autres de leur carrière de pianiste virtuose. Mais si le narrateur, après s'être séparé de son Steinway, se mue alors délibérément en un «artiste de la représentation du monde» tout entier voué à la rédaction toujours recommencée d'un interminable essai sur Glenn Gould, son ami Wertheimer s'engage sur la voie fatale du vaincu, du «sombreur», comme Glenn Gould en personne l'a plaisamment mais fort exactement surnommé aussitôt après avoir fait sa connaissance. Vingt ans plus tard, au terme d'une longue plongée dans son propre malheur, Wertheimer mettra fin au tourment de son existence en se pendant haut et court devant la maison de sa sœur.
C'est le destin cruel et dérisoire de ce naufragé de l'existence, son ami de toujours, que le narrateur interroge en fait tout au long de son essai sur Glenn Gould et, à travers ce destin, c'est évidemment toute la misère du monde, celle également du génial Glenn Gould et la sienne propre, que Thomas Bernhard analyse avec la minutie et la fureur qu'on lui connaît, au fil d'un récit qui procède entièrement du soliloque déclenché chez le narrateur par le suicide de son ami - un de ces impitoyables et envoûtants soliloques-fleuves dont l'auteur a le secret.


Ce livre se présente comme un long monologue de presque deux cents pages, sans chapitres.
Il est à la fois un hommage au pianiste virtuose Glenn Gould et aussi - surtout - le constat d'un échec à travers le pathétique personnage de Wertheimer, jeune homme littéralement écrasé par l'évidence du génie de son condisciple et dont la conscience de ne jamais être à la hauteur de ses ambitions amènera au suicide ("mûrement réfléchi") après une lente agonie existencielle.
Un sujet fort et fascinant, peu exploité, qui montre comment la naissance d'un talent peut déclencher, comme en contre-partie, la mort de ceux qui seront toujours condamnés à n'être que, dans le meilleur des cas, d'honnêtes faiseurs et, dans le pire (comme ici) des individus démissionnaires. Bien sûr, l'attitude de Wertheimer peut paraître excessive (si tout le monde devait se suicider pour ne pouvoir accéder à l'excellence, il n'y aurait plus grand monde sur Terre !) et guidée surtout par un ego surdimmensionné que par un manque de confiance en soi (ce n'est pas paradoxale, bien au contraire). Mais aussi par une tendance (naturelle ?) à l'autodestruction qui m'a toujours semblé sans appel pour ce genre d'individus. Au fond, ne sont-ils pas voués dès le départ à ce genre de destin, quelles qu'en soit les raisons ? L'inéluctable les suit comme leur ombre et il n'y a peut-être rien à comprendre.
En comparaison, le narrateur fait plutôt dans le compromis qui se voudrait raisonnable mais dont on peut penser qu'il n'est dû qu'à une volonté de ne pas se laisser sombrer. Quitte à ne pas être un artiste, il reste toujours la possiblité - moins glorieuse certes - d'écrire sur les artistes, même en une prose toujours recommencée. Je ne suis pas sûr que sa situation soit moins pathétique que celle de son ami et le livre aurait tout aussi bien pu, selon moi, s'intituler les Naufragés.

Au-delà de ces considérations, Le Naufragé est aussi - on ne peut y échapper avec Thomas Bernhard ! - le réglement de compte avec les institutions culturelles autrichiennes au travers de la médiocrité d'un enseignement musical (selon l'auteur, je ne saurais me prononcer en la matière...) heureusement sauvée par le grand Horowitz.
Enfin, c'est un portrait romanesque de Glenn Gould lui-même qui pourrait intéresser les admirateurs du musicien autant que ceux qui n'en ont jamais entendu parler ou si peu. Un portrait revigorant qui tempère le fatalisme que Wetheimer traîne avec lui.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Jeu 21 Aoû 2008 - 16:41

Merci pour ce fil, K.
J'ai vérifié deux fois parce que j'étais convaincu qu'on avait Thomas Bernhard déjà parmi les auteurs parfumés.. et bien - maintenant il y est Wink

Tout comme toi j'ai commencé la lecture de cet auteur avec Le Naufragé et j'ai continué avec Maîtres Anciens.

Et tu résumes ces écrits très bien:
Citation :
D'un point de vue formelle, les ouvrages de Bernhard se présentent donc la plupart du temps comme des soliloques portés par une écriture obsessionnelle et ressassante (mais dont la vigueur, à mon sens, ne rend pas la lecture ennuyeuse), plutôt que comme des romans à la narration plus classique, et par un narrateur qui se confond souvent avec l'auteur lui-même

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Arabella
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Jeu 21 Aoû 2008 - 20:17

Moi aussi je pensais que Bernhard avait son fil honte

Tout cela me rappelle que j'ai dans ma PAL depuis des années un gros volume Biblos avec 5 textes autobiographiques qu'il faudrait que je lise, il faut maintenant le proposer pour octobre dans les auteurs à découvrir conciliabule

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Cachemire
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Jeu 21 Aoû 2008 - 21:30

Arabella a écrit:


Tout cela me rappelle que j'ai dans ma PAL depuis des années un gros volume Biblos avec 5 textes autobiographiques qu'il faudrait que je lise, il faut maintenant le proposer pour octobre dans les auteurs à découvrir conciliabule

J'ai beaucoup aimé ces oeuvres, et tout particulièrement la cave. Thomas Bernhard écrit très bien et même si son univers est difficile, il est très intéressant.
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tom léo
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Jeu 21 Aoû 2008 - 22:31

C'est sûr que Bernhard est un grand écrivain, maîtrisant un allemand très poignant. Je crois que la-dessus il y avait jamais de discussions. Comme déjà dit: "il faut essayer". Mais c'est une toute autre chose de le suivre dans une attitude quasiment autodestructive... Bien sûr que l'Autriche d'après-guerre avait nié en grande partie son passé et que ce n'est pas acceptable. Mais il y a des jugements que j'associe avec les mots "acerbes, acres, amères". En Bernhard parle souvent un homme desesperé, me semble-t-il. Le "Heldenplatz" (Place des héros) ne m'a pas parlé beaucoup...

Cela dit, j'ai énormement aimé des petites nouvelles apolitiques comme "An der Baumgrenze" et autres. Peut-être sont ils édités sous le titre "Récits"? Je ne le sais pas...
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bix229
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MessageSujet: Thomas Bernhard   Jeu 21 Aoû 2008 - 22:47

J'apprécie les écrits autobiographiques de Benhard, à savoir, L'Origine, La Cave, Le Froid, Le Souffle, Un enfant et Le Neveu de Witgenstein où la
sensibilité et l'émotion l'emportent souvent sur la rage, le cynisme et l'ironie
grinçante.
Exemples :

"Si cela se peut, les malades à l'article de la mort doivent etre chez eux,
mourir chez eux, surtout pas dans un hopital, surtout pas parmi leurs semblables, il n'y a pas de chose plus affreuse".

"Nous gardons les questions en réserve parceque nous memes, nous ne faisons que les redouter, et tout à coup il est trop tard pour les poser".

Thomas BERNHARD - Le Froid
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Arabella
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Jeu 21 Aoû 2008 - 22:48

Place des héros, j'avais vu une pièce de théâtre de ce titre, alors je ne sais pas si c'est aussi un livre. Je n'étais pas du tout rentrée dedans, alors que j'avais apprécié Maîtres anciens, certes très amère, mais en même temps très lucide et riche.

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Cachemire
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Ven 22 Aoû 2008 - 10:51

tom léo a écrit:
C'est sûr que Bernhard est un grand écrivain, maîtrisant un allemand très poignant.

Tout à fait, et cette force d'écriture se retrouve d'ailleurs aussi dans le traduction française ! (J'avais commencé à le lire en français et j'ai continué en allemand...)
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Elise
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Dim 24 Aoû 2008 - 14:14

Maligne comme je suis, le premier que j'ai lu de Bernhard est Un enfant, soit le dernier tome de ses récits autobiographiques. Puis j'ai enchaîné sur L'Origine.

Je n'ai pas pu continuer ensuite. Je continuerai un jour.
Un enfant est un livre magnifique. L'Origine aussi. Mais c'est affreusement douloureux à lire, à mon sens.
Rares ont été les auteurs qui ont su décrire aussi magnifiquement la souffrance dans tout ce qu'elle a d'ambivalent (tout à la fois pathétique, ricanante - donc, ironique, grinçante -, pleine de honte, de fierté, de beauté, de douceur, de violence, d'effroi, de résignation, d'envie, de rancoeur, de haine etc. et toujours quelque chose d'irréductible, de fatal... et pleine de vie) J'aime, mais c'est un plaisir un peu particulier que de lire Bernhard. sourire
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MessageSujet: Thomas Bernhard   Dim 24 Aoû 2008 - 14:42

Oui un plaisir douloureux. Parfois il n'y a que la douleur qui reste...
Mais ça vaut la lecture, tous ses récits autobiographiques, comme
je le conseillais plus haut...
colibri
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bix229
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MessageSujet: Thomas Bernhard   Jeu 29 Jan 2009 - 0:31

On annonce début 2010 -ça me parait bien tardif- la traduction de Mes prix, un livre inédit et en grande partie autobiographique de Thomas Bernhard,
publié par Gallimard...
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Marko
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Jeu 29 Jan 2009 - 1:13

C'est dommage pour la rencontre à Lille car Le Théâtre du Nord propose Minetti mais ce sera le vendredi soir...

Minetti
de Thomas Bernhard
mise en scène André Engel

Citation :
Après Le Réformateur du même Thomas Bernhard, accueilli au Théâtre du Nord en décembre 2000, André Engel s’attaque cette fois au ressassement poétique et délirant d’un vieil acteur obsédé par la figure du Roi Lear et les masques grotesques du peintre James Ensor. Pour interpréter le rôle, il a fait appel à Michel Piccoli avec la complicité duquel en 2006 il avait déjà mis en scène précisément Le Roi Lear à l’Odéon

Rectification: le vendredi et le samedi soir... Si ça intéresse certains on peut certainement coupler théâtre /Restaurant...

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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kenavo
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Jeu 29 Jan 2009 - 10:20

bix229 a écrit:
On annonce début 2010 -ça me parait bien tardif- la traduction de Mes prix, un livre inédit et en grande partie autobiographique de Thomas Bernhard,
publié par Gallimard...
ce livre vient d'être publié en Allemagne et fait un grand tapage.. par moment l'imprimerie n'a pas pu assurer la livraison Very Happy
Je vais m'abstenir... une certaine dose de Berhard est bonne.. trop.. c'est trop Cool

Marko a écrit:
Rectification: le vendredi et le samedi soir... Si ça intéresse certains on peut certainement coupler théâtre /Restaurant...
très gentil.. mais pour moi ce sera alors plutôt lecture à l'hôtel Wink

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Marko
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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Sam 14 Fév 2009 - 1:03

Minetti



Citation :
Vieil acteur, autrefois célèbre, Minetti revient à ostende, 32 ans plus tard, pour rencontrer le directeur du théâtre de Fensburg, avec lequel il a prétendument rendez-vous, afin de jouer lear, « encore une fois le jouer, une fois rien qu’une et puis plus »… c’est le soir de la saint-sylvestre. Il attend dans le hall de l’hôtel, où circulent des groupes de fêtards. dans sa valise est rangé le précieux masque de Lear réalisé par le peintre Belge Ensor. il évoque son existence passée, parle sans fin aux témoins de son attente, toujours guettant l’arrivée de plus en plus improbable du directeur de théâtre… le Minetti de fiction est d’abord, comme l’indique le sous-titre de la pièce, un « portrait de l’artiste en vieil homme ».

J'ai lu la pièce en prévision du spectacle d'avril à Lille et j'avoue que je suis un peu dérouté par le minimalisme du dispositif qui repose sur un monologue presque inconsistant en apparence. Sorte de radotage d'un vieil acteur de seconde zone complètement désillusionné, considérant le public comme inculte et incapable de comprendre la beauté d'un grand texte, et qui semble déconnecté du réel. A tel point que tous ces personnages masqués qui traversent la scène sans s'exprimer, évoquent les tableaux d'Ensor dont Minetti ne cesse de parler puisque celui-ci aurait créé le masque du roi Lear que Minetti transporte avec lui. L'espace scénique apparaissant donc comme une sorte de projection délirante.



Je n'ai pas su voir de fulgurances dans ce texte. Ce qui intrigue c'est le décalage entre la "grandiose" médiocrité de cet acteur fictif avec le vrai Minetti. Puisque cette pièce rend pourtant hommage, porte le nom et a été créée par et pour cet acteur exceptionnel que Thomas Bernhard admirait.

Il faudra m'éclairer sur ce que contient d'important ce texte qui m'a échappé. Ceci dit au masque et la plume les avis étaient très contrastés. L'un d'eux a dit méchamment qu'il n'y avait qu'une seule idée dans cette pièce... Mauvaise pioche pour moi mais je suis malgré tout impatient de voir Piccoli l'incarner. Bizarre! Peut-être que le fait de voir cette pièce au lieu de la lire me parlera plus.

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MessageSujet: Re: Thomas Bernhard [Autriche]   Sam 14 Fév 2009 - 15:18

Marko a écrit:
Minetti

Sorte de radotage d'un vieil acteur de seconde zone complètement désillusionné, considérant le public comme inculte et incapable de comprendre la beauté d'un grand texte, et qui semble déconnecté du réel.


"Il faut que je profite, tant qu'il en est encore temps, de ce comédien immense, sans doute le plus grand de nos comédiens, du pouvoir d'envoûtement incroyable qu'il a sur le public tout simplement parce qu'il est un "homme de l'esprit". On trouve peu de comédiens comme lui qui nous triture si profondément l'esprit ! J'ai toujours écrit pour des comédiens, jamais pour un public car je n'écris pas pour des idiots, seulement pour des comédiens comme Minetti c'est à dire des " hommes de l'esprit ", même si des idiots ont joué dans mes pièces. Le public est l'ennemi de l'esprit, c'est la raison pour laquelle je me contrefiche de lui ... Il est et doit rester mon ennemi".
Thomas Bernhard

Le public d’alors était celui d’une Autriche (néo)fascisante que Thomas Mann ne portait guère dans son cœur.

Thomas Bernhard est fasciné par Minetti : "Avec lui, c'est comme si je m'étais trouvé moi-même".

Il dresse dans cette pièce un portrait de l'artiste en vieil homme comme l’indique le sous-titre. Un portrait qui s’appuie des traits biographiques et donne aussi une large part à la fiction.

Je n’ai pas encore lu ce texte. Je ne sais pas si je le lirai avant de voir la pièce…J’ai envie de la prendre tout naturellement, comme elle me sera offerte, dans la proposition du metteur en scène et des comédiens…
Et approfondir après……
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