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 Margaret Laurence

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bix229
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MessageSujet: Margaret Laurence   Lun 25 Aoû 2008 - 18:20



Margarent Laurence - 1926-1987- est née à Neepawa, Manitoba (Canada)
Après avoir voyagé et vécu plusieurs années en Afrique, elle est retournée
au Canada où elle a écrit son oeuvre.
Notamment le cycle de Manawka : 5 volumes.
Femme courageuse et à la forte personnalité, elle a été controversée à cause de son combat pour les droits de l'homme et notamment ceux des métis du Manitoba.
Peu connue en France, où seuls deux romans ont été traduits, elle fut admirée par Robertson Davies, Margaret Atwood et Alice Munro.


Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

1964 L'ange de pierre, Pages 4- 5
1966 Une divine plaisanterie, Pages 1- 2 -3- 5
1969 Les habitants du feu, Page 3
1970 Un oiseau dans la maison,
1974 Les devins, Page 5
1976 Heart of a Stranger (collection d'essais)

Citation :
mise à jour le 29/02/2012, page 5
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bix229
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MessageSujet: Margaret Laurence   Lun 25 Aoû 2008 - 19:19

Margaret Laurence. Une divine plaisanterie. - J. Losfeld. 2006

Rachel Cameron a 34 ans. Elle enseigne dans un CM 1 d'une petite ville
du Manitoba.
Plutot solitaire, elle n'est pas très bien dans sa peau.
A 34 ans elle a des envies ou plutot des vélléités qu'elle met en veilleuse.
Elle est intelligente pourtant, sensible, lucide, mais rien d'important ne s'est produit dans sa vie. On n'a l'impression qu'elle existe, mais passivement, en spectatrice de sa vie.
Elle se rend parfaitement compte qu'elle se fait manipuler par ceux qui
sont conscients du pouvoir qu'ils exercent sur elle. Mais elle l'accepte par
manque de confiance. Par absence d'interet pour elle-meme.
Mais elle se tue littéralement à force de questions.

"Honnetement, je ne sais pas pourquoi je me sens taraudée par des ennnuis imaginaires. Dieu m'est témoin que j'en ai assez dans la réalité.
Je ne dois pas me laisser aller à ce genre de pensées. J'ignore pourquoi je le fais. Si ce n'est pour visualiser quelque chose de nettement pire que tout ce qui pourrait arriver ; du coup, quoi qu'il arrive, ce ne sera jamais aussi redoutable en comparaison." P. 81-82

A travers le pérpétuel monologue intérieur qu'elle nous livre, il lui arrive
de manifester son désaccord avec les autres, mais cela dépasse rarement les intentions.
Et si par hasard elle le fait, elle culpabilise aussitot, elle regrette.

"Désolée" est l'une de ses expréssions favorites et ça s'arrete là.
Elle est consciente que les etres humains -pas seulement les hommes
et les femmes- ne se comprennent pas vraiment, et d'ailleurs, la plupart du temps, ils se bornent à monologuer et à entendre...
Elle est morbide aussi et craint constamment que son corps ne la trahisse.
Elle vit avec sa mère, asphyxiante représentante des conventions sociales
et du formalisme. Hypocrite, égoiste, fouineuse, elle pratique le chantage
affectif avec la meilleure conscience.

Lorsque Rachel rencontre enfin l'homme de sa vie, en fait le seul qu'elle ait jamais connue, elle va vers lui avec confiance, amour et la plus grande naiveté du monde.
Avec le désir profond aussi d'avoir un enfant de lui. Mais lorsqu'elle lui
avoue, il la rejete immédiatement, la plongeant dans la douleur et le cahos.
Mais cet échec devient aussi une issue. Elle a enfin une réaction de libération et de volonté.
Elle sort de cette crise profondément bléssée, frustrée, désabusée,
mais fermement décidée à aller de l'avant, parceque c'est sa volonté
et qu'elle le décide elle-meme. Elle quitte la ville.

"Là où je vais tout peut arriver. Ou alors rien du tout.
Peut etre vais-je épouser un veuf d'age mur ou bien un débardeur, ou encore un charron, ou un homme de loi, ou un voleur. Et j'aurai mes

enfants en temps voulu. Ou peut etre pas.
Il y a très peu de chances que ça ait lieu. Aucune meme. Il arrivera ce qu'il arrivera. Il se peut que mes enfants demeurent putatifs et que je ne les tienne jamais dans mes bras. Mais il en est de meme pour tout un chacun.
Je serai différente. Je resterai la meme. Je continuerai d'avancer...
J'aurai peur. Parfois, j'aurai le coeur léger, parfois la tete légère. Il se pourra que je chante fort, meme dans le noir.


Je me demanderai si je deviens folle, mais si ça m'arrive, je ne m'en rendrai pas compte"...

Une divine comédie est un livre profondémént humain et profondémént féminin aussi.
L'univers mental d'une femme vu de l'intérieur.
D'une femme libre mais trop longtemps empéchée.
Ecrit avec beaucoup de maitrise et de style.

Je me suis inhabituellement étendu sur le récit, et j'ai peut etre eu tort.


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Marie
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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Lun 25 Aoû 2008 - 19:22

Citation :
e me suis inhabituellement étendu sur le récit, et j'ai peut etre eu tort.
Non! Cela fait longtemps que je le cherche, Une divine plaisanterie. Pas encore trouvé, si quelqu'un sait s'il est encore édité?

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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Lun 25 Aoû 2008 - 19:29

Les auteurs canadiens ne sont pas légion dans ma médiathèque, c'est vraiment dommage Crying or Very sad
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bix229
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MessageSujet: Margaret Laurence   Lun 25 Aoû 2008 - 19:30

Un ouvrage de 2006 devrait etre toujours en vente. Notamment sur Internet...
colibri
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Marie
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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Lun 25 Aoû 2008 - 19:33

Citation :
Notamment sur Internet...
Et bien cela fait un an qu'il est en attente sur ma liste amazon ( disponible chez des revendeurs, mais les revendeurs n'envoient pas à Tahiti!)

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kenavo
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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Lun 25 Aoû 2008 - 19:39

Marie a écrit:
Citation :
Notamment sur Internet...
Et bien cela fait un an qu'il est en attente sur ma liste amazon ( disponible chez des revendeurs, mais les revendeurs n'envoient pas à Tahiti!)
Wink je vais nous arranger cela Marie - je l'achète et vais le mettre au cerclage par après Very Happy

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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Lun 25 Aoû 2008 - 19:43

Citation :
je vais nous arranger cela Marie - je l'achète et vais le mettre au cerclage par après
Tu es adorable, Kenavo, mais je crois que c'est déjà arrangé!!!
Quelle chaîne de solidarité pour nous autres, pauvres malheureux exilés ( j'en fais peut être un peu beaucoup, là...)

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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Lun 25 Aoû 2008 - 19:52

Marie a écrit:
Tu es adorable, Kenavo, mais je crois que c'est déjà arrangé!!!
Quelle chaîne de solidarité pour nous autres, pauvres malheureux exilés ( j'en fais peut être un peu beaucoup, là...)
d'accord.. néanmoins Bix m'en a donné envie de faire connaissance.. (et surtout je réalise que j'en ai encore un livre d'elle sur ma PAL - en anglais.. et je vais pouvoir donc aussi acheter ce livre ci en anglais Wink )

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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Ven 31 Oct 2008 - 0:45

Je crois que Bix a en a déjà beaucoup dit sur Une divine plaisanterie
( A Jest of God) .
Rachel Cameron, 34 ans, répond une chose et en pense cent autres.. Des questions sans réponses ( qui pourrait lui apporter?), une solitude profonde, une résignation à son sort ( sa soeur est partie loin et n'est pas revenue depuis 4 ans , elle a été désignée pour servir sa mère et enseigner à des enfants qui, au fil des années, se ressembleront tous dans son souvenir).
Il doit y avoir quelque chose qui cliche dans ma façon de voir les choses . Et rien qui cloche dans la façon dont "on" la voit?
Et puis... l'apparition de l'assez lamentable , mais peu importe, Nick Kazlick, et le réveil.
Bix parle de roman profondément féminin... Oui, peut être parce que c'est un roman qui date de 1966, et que les pages qui relatent la terreur véritable à l'idée d'une grossesse sont extrêmement fortes, violentes et magnifiques ( toutes les solutions sont évoquées, jusqu'au suicide et à l'auto-avortement à l'aiguille à tricoter..). Mais je ne crois pas que cette soumission apparente, avec une grande violence intérieure qui ne demande qu'à déborder, soit spécifiquement féminine..
Ce roman est en tout cas un portrait de femme saisissant de justesse qui donne envie de lire les autres volumes du cycle de Manawaka.

Encore merci à Kenavo!

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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Ven 31 Oct 2008 - 13:20

Marie a écrit:
Encore merci à Kenavo!
C'était un plaisir bisous et en plus je suis contente que tu as aimé..
À moi aussi cette lecture a donné envie de continuer avec le cycle - heureusement pour moi les 5 sont encore à avoir en anglais.. je crois qu'en français il n'y a que 2 ou 3??

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MessageSujet: Margaret Laurence   Ven 31 Oct 2008 - 14:21

Seulement L' Ange de pierre, Kenavo.

J' espère que Joelle Losfeld publiera bientot le reste. Mais quand on voit les difficultés pour se procurer les livre de cet auteur, ça n'est pas très encourageant.
Aux lecteurs du forum de se manifester pour l'aider ! woohoo

J'aimerais savoir aussi si Une divine comédie sera au cerclage pour avoir l'opinion d'autres lecteurs...


Dernière édition par bix229 le Ven 31 Oct 2008 - 18:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Margaret Laurence   Ven 31 Oct 2008 - 18:30

Marie, je continue à penser que ce livre est spécifiquement féminin.
Pas simplement parceque la réaction de Rachel Cameron reste trop longtemps celle d'une femme culpabilisée
par sa mère au point de subir son emprise et son chantage affectif
comme si elle était encore une enfant.
Mais aussi parceque confrontée à un homme égoiste et ininteressant, elle
essaie de le retenir alors meme qu'il la rejette.
Elle lui dit son amour alors qu'elle est enceinte de lui et qu'elle sait que cet
aveu ne fera qu'accélerer leur séparation.
Ces problèmes restent féminins parceque ce sont les femmes qui portent les enfants. Forcément. Mais surtout parceque les relations hommes femmes n'ont pas suffisament évolué dans le sens du partage des responsabilités.
J'aurais meme tendance à penser qu' il y a régréssion sur certains plans depuis les années
8O et ce, malgré les revendications féministes.

Mais si je devais garder un seul argument, je dirai que ce livre est la description consciente, délibérée d'un univers mental féminin.
Comme celui d'Emily Bronte, de Carson McCullers, Paula Fox, Annie
Dillard, Alice Munro et autres.
Mais cela n'engage que moi, bien entendu...innocent


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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Ven 31 Oct 2008 - 18:51

Citation :
je dirai que ce livre est la description consciente, délibérée d'un univers mental mental féminin.
ah oui, bien sûr! C'est la situation , ce chantage affectif de la mère que je ne trouvais pas spécifiquement féminine. Du moins à notre époque.

Citation :
Ces problèmes restent féminins parceque ce sont les femmes qui portent les enfants. Forcément. Mais surtout parceque les relations hommes femmes n'ont pas suffisament évolué dans le sens du partage des responsabilités partagées.
J'aurais meme tendance à penser qu' il y a régréssion sur certains plans depuis les années
8O et malgré les revendications féministes.

Beaucoup de choses différentes, là, Bix. Qu'il y ait ce que tu appelles régression, c'est certain. Demande à Mme Badinter qui se roule par terre de rage.. laugh Et lis un récent numéro de Elle avec un article intitulé Les femmes rentrent à la maison! Après, qu'elles veuillent rentrer à la maison parce qu'elles ont vu leurs mères tout assumer et se gâcher la vie, c'est très possible. C'est d'ailleurs ce qu'elles disent!
Mais le contexte ne me semble pas du tout le même.L'univers mental féminin que décrit Margaret Laurence est quand même caractéristique d'une époque à laquelle le "elle a fait un bébé toute seule" était synonyme de mort sociale ( et même de mort tout court pour cette Rachel..) Quand tu vois le nombre de familles monoparentales maintenant..

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MessageSujet: Re: Margaret Laurence   Ven 31 Oct 2008 - 19:00

Marie a écrit:
Citation :
je dirai que ce livre est la description consciente, délibérée d'un univers mental mental féminin.
ah oui, bien sûr! C'est la situation , ce chantage affectif de la mère que je ne trouvais pas spécifiquement féminine. Du moins à notre époque.
je dirais aussi oui,
mais en ce qui concerne ce chantage affectif de la mère - c'était le plus dur à lire parce que je cela m'agaçait vraiment Wink

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