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 Frédéric Beigbeder

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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Jeu 4 Sep 2008 - 11:25

eXPie a écrit:
j'aime beaucoup les madeleines.
J'ajouterai en outre que les madeleines ne sont pas nocives pour la santé contrairement à la cocaïne.
Donc lisez plutôt Proust. sourire
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coline
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Jeu 4 Sep 2008 - 13:29

Je n'ai rien contre Beigbeder...pour tout dire je m'en fiche royalement...mais je "tique" un peu de le voir ici comparé à Proust...et qui plus est au davantage de Proust...Faut pas charrier!...
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coline
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Jeu 4 Sep 2008 - 13:39

Queenie a écrit:


Beigbeder se sert de ce livre pour critiquer le monde que lui-même aide : un monde manipulateur, qui crée le désir d'acheter chez des personnes qui n'en ont sûrement pas les moyens.

C'est le grand problème avec ce livre, il ne va pas assez loin. Il dit des choses que tout le monde sait déjà. Mais bon, il faut reconnaître que de temps en temps ça fait du bien de voir des gens enfoncer des portes ouvertes : et même si ce livre ne nous apprend rien, il nous permet pendant 300pages de nous remettre en question.

En plus, l'écriture de Beigbeder est sans surprise, sans risque.

Il tente parfois des effets qu'on a du mal à comprendre (il passe de phrases à la première personne, puis à la deuxième et à la troisième... bien sûr le lecteur ne peut s'empêcher d'en tirer multitude de sens, mais bancals parce que non sontenus par une écriture qui reste plate).


Un livre à lire, sans prétention quoiqu'un peu prétentieux. Distrayant quand il n'est pas trop "plat". ..

Sélection pas très objective dans ton post Queenie, je l'avoue... honte



C'est encore cher, non? sourire
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Queenie
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Jeu 4 Sep 2008 - 17:42

Je n'ai pas dit qu'il était parfait et un écrivain géniallissime, mais il a de réelles qualités. Maintenant, je ne vais pas vous obliger à le lire. Ou à l'aimer. Il en faut pour tous les "goûts".

Non, 6€ ce n'est pas trop cher pour ce livre (quand même... tu es bien cruelle Coline..).


Je vais m'en dégoter un autre, plus récent, et voir ce que le bonhomme a dans le bide, et je vous en parlerais, des fois que...

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coline
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Jeu 4 Sep 2008 - 18:39

Queenie a écrit:

Je vais m'en dégoter un autre, plus récent, et voir ce que le bonhomme a dans le bide, et je vous en parlerais, des fois que...

Oui...Et tu nous en reparles...Des fois que... content

conciliabule Je ne le trouve pas antipathique du tout lorsque je le regarde dans une émission sur l'actualité cinématographique...Je ne sais plus sur quelle chaîne, ni le titre de l'émission...
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chrisdusud
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Jeu 4 Sep 2008 - 21:33

J'en ai lu 4 de lui :
-99 francs

-Dernier inventaire avant liquidation (c'est un inventaire de ses auteurs préférés) : j'ai bien aimé parce que ça m'a donné des pistes de lectures (à l'époque il n'y avait pas de forum...)

_Windows of the word (sur le 11 septembre ): c'est celui que j'ai préféré. C 'est un parcours croisés dans le temps et l'espace entre des personnages vivant leurs dernieres heures sur l'une des tours jumelles et un personnage qui évoque sa vie sur la terrasse de l'institut du monde arabe.
Je ne m en souviens plus très bien mais je sais que j'avais aimé

- et une histoire dont je ne me souviens plus du titre (super mémoire! )et qui parle d'un type chargé de recruter LE top model en russie. On retrouve un peu le héros désabusé, blasé de tout et lucide sur la société de consommation..de la femme. LA fin est inattendue.

J'aime bien cet auteur qui pose souvent les choses de façon sensées, lucide. Je partage l'avis de Queenie sur lui.
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Jeu 4 Sep 2008 - 23:52

chrisdusud a écrit:
J'en ai lu 4 de lui :
- et une histoire dont je ne me souviens plus du titre (super mémoire! )et qui parle d'un type chargé de recruter LE top model en russie. On retrouve un peu le héros désabusé, blasé de tout et lucide sur la société de consommation..de la femme. LA fin est inattendue.
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MessageSujet: Frederic beigbeder   Jeu 4 Sep 2008 - 23:55

Ni secouru ni pardonné je le crains... Pas par moi en tout cas !Very Happy
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Ven 5 Sep 2008 - 17:28

eXPie a écrit:
chrisdusud a écrit:
J'en ai lu 4 de lui :
- et une histoire dont je ne me souviens plus du titre (super mémoire! )et qui parle d'un type chargé de recruter LE top model en russie. On retrouve un peu le héros désabusé, blasé de tout et lucide sur la société de consommation..de la femme. LA fin est inattendue.
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Exact Expie ! Merci !
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Ven 5 Sep 2008 - 17:44

J'avais lu L'amour dure trois ans et j'en garde juste le souvenir d'un homme vulgaire qui bataille sentimentalement parlant (d'où le titre). Il y avait plein de passages crus du genre "je l'encule". Je n'ai pas l'habitude d'être vraiment dérangé par ce genre de vulgarité mais là je trouvais que c'était fait exprès pour donner du "caractère" au livre. Bref, pas indispensable du tout!
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Lun 16 Fév 2009 - 10:06

"Au secours pardon"

Je n'avais jamais eu, jusqu'à ce jour, l'occasion de lire un ouvrage de Frédéric Beigbeder et à vrai dire, je n'en éprouvais pas spécialement l'envie. Mais j'ai été sélectionné pour faire partie du jury du Prix des lecteurs du Livre de Poche 2009 et à cet effet je vais recevoir d'ici à juillet 23 romans (3 à 4 par mois), les lire et voter ensuite pour celui qui m'aura le plus séduit.
La première sélection (3 romans) m'a donc été envoyée il y a trois semaines et parmi eux se trouvait « Au secours pardon ».
Je me suis donc lancé dans la lecture de cet ouvrage , faisant connaissance avec Octave Parango, le héros du célèbre « 99 francs ».


Suite à quelques mésaventures dont j'ignore tout, puisque n'ayant pas lu le roman précédemment cité, Octave se retrouve en Russie où il exerce le job de « talent scout », c'est à dire employé d'une agence qui doit dénicher celle qui sera la future Top Model pour le compte de la firme de cosmétiques internationale L'Idéal Parce que vous êtes toutes uniques »).

Alors Octave ratisse tout le territoire russe en quête de celle qui deviendra le fantasme de tous les hommes de la planète, de celle à qui voudront ressembler toutes les femmes du monde.

De Moscou à St. Petersbourg en passant par Minsk, Smolensk, Rostov, Nijni-Novgorod, Krasnoïarsk, Dniepropetrovsk et autres localités aux noms imprononçables pour les non-slavophones, Octave écume tous les endroits susceptibles de recéler la future égérie des fashion victims.

Tout à son travail, Octave, qui ressent les affres de la crise de la quarantaine, n'est pourtant pas dupe du rôle qu'il doit jouer dans cette industrie de l'apparence et du marketing esthétique qui n'a pour but que d'imposer au monde entier sa propre vision de la beauté. De cette mondialisation de l'esthétique , Octave échafaude quelques hypothèses dont certaines révèlent les sinistres racines de cette dictature de la beauté et de la perfection :

« Le plus grave problème du mannequinat n'est pas la nymphophilie, ni même l'anorexie, mais le racisme. Si nous courons tous après la blondeur, il faut appeler les choses par leur nom : c'est parce que nous sommes fachos. Les nazis préféraient les blondes : ils auraient adoré la Slovaque Adriana Karembeu-Sklenarikova ou les Tchèques Karolina Kurkova, Eva Herzigova, Veronika Varekova et Petra Nemcova (après tout, ce n'est pas un hasard si Hitler a commencé par envahir la Tchécoslovaquie, le Führer avait le sens des priorités !). Les recruteurs de modèles vénèrent la race aryenne, ses pommettes hautes, ses yeux clairs, sa dentition saine, sa blancheur musclée. Vous connaissez la prédilection du camarade Staline pour les jeunes ballerines et les belles amazones. Il était aussi antisémite que Hitler. Les femmes qui ne correspondaient pas aux goûts esthétiques des dictateurs furent éliminées d'une manière ou d'une autre. Aujourd'hui, dans notre meilleur des mondes, le temps fait le tri : les vieilles et les moches sont exclues. La beauté est un sport où les hors-jeu sont fréquents. Quoi de plus fasciste que les élections de Miss ? D'un côté, les compétitions esthétiques à élimination publique ; de l'autre, les ratonnades de Tsiganes par des bandes de skinheads dans le métro de Moscou. […]
Mon histoire finira mal, je le sais. La dictature de la beauté engendre la frustration et la frustration engendre la haine. On ne peut pas participer impunément à cette idéologie. On commence par placarder des blondes slaves sur les murs pour vendre du shampooing, et ça se termine en bain de sang orchestré par des mouvements néonazis le jour de l'anniversaire de Hitler, pogroms de juifs, tabassage de Noirs, meurtres de Caucasiens, bombardements de Tchétchènes, ratonnades de Daghestanais. […] Chez moi on traite les enfants d'immigrés comme des délinquants à longueur d'année, jusqu'à ce qu'ils le deviennent, car les pauvres sont tellement obéissants qu'ils finissent par foutre le feu aux autobus et aux bagnoles, par courtoisie, pour ressembler à l'image qu'on leur projette d'eux-mêmes depuis la naissance. C'est vrai qu'ils ne ressemblent pas à la pub L'Idéal que je vais shooter au trimestre prochain. C'est presque flatteur, si ce n'était répugnant, de constater que mes photos feront autant de victimes que la décolonisation. Et s'il n'y avait que la France où l'extrême-droite frôle le pouvoir ! En Pologne, en Slovaquie, en Bulgarie, en Hongrie et en Roumanie, les ultranationalistes xénophobes grimpent dans les sondages quand ils ne gouvernent pas. J'en viens parfois à me demander si l'Europe nouvelle ne s'est pas construite sur l'extermination des juifs. Six millions de morts ne sont pas sans conséquence : nous avons détruit les juifs d'Europe pour y installer la domination des blondes slaves. Les nazis ont gagné leur combat ; nos agences se sont contentées d'emboîter leur pas de l'oie. »


Lui-même acteur et exécutant de cette idéologie aux relents nauséabonds, Octave se qualifie de « Fashiste », ressemblant en cela à l' Abel Tiffauges du « Roi des aulnes » de Michel Tournier, inquiétant personnage qui enlevait des enfants pour le compte des nazis dans le but d'améliorer et d'épurer la race aryenne.
La comparaison s'arrête là car on ne peut tout de même pas mettre sur le même échelon l'extraordinaire roman de Tournier avec cette œuvrette de Frédéric Beigbeder. Je ne pense d'ailleurs pas que Beigbeder ait prétendu écrire un chef-d-œuvre avec ce roman, je pense plutôt qu'il n'a voulu que distraire son public sans se prendre au sérieux et sans vouloir endosser le costume du grand écrivain témoin de son siècle.

Toujours est-il qu'Octave, malgré sa lucidité affichée quant à son job, va finir par tomber amoureux d'une Lolita de St. Petersbourg prénommée Lena. Cette passion pour une gamine va l'entraîner dans une spirale infernale qui va peu à peu le pousser à commettre un acte désespéré.

Bref, et pour conclure, j'avoue que ce roman me laisse une impression mitigée. Ça se lit agréablement, malgré quelques jeux de mots un peu lourds et redondants, mais tout cela manque un peu de profondeur, de corps, de charpente. C'est amusant mais cela reste un peu trop superficiel et sombre souvent dans l'excès et la caricature. Dommage, car on sent que par moments Beigbeder va nous offrir un beau moment de lecture, et c'est à ce moment là que tout bascule et qu'il en fait des caisses, rendant son propos puéril, voire carrément agaçant.

Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce roman, mais je ne peux pas non plus déclarer que je l'ai détesté ou trouvé nul. J'ai plutôt l'impression que le Sieur Beigbeder, s'il avait voulu s'en donner la peine, aurait pu nous pondre quelque chose de plus accompli. Il faudrait qu'il comprenne ce que son Octave n'a pas supporté d'admettre : on ne peut plus, ayant atteint quarante ans, rester le jeune homme que l'on était vingt ans plus tôt sous peine de paraître ridicule et de s'infliger de cruelles désillusions. Il faut, même si cela peut paraître triste et dommage, entrer dans l'âge de la maturité.
Et si Frédéric Beigbeder consentait à accepter cette maturité, je crois qu'alors il pourrait nous offrir quelque chose de plus consistant que des romans comme celui-ci qui, bien que sympathique, ressemble plus à une ébauche qu'à une œuvre accomplie.
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Lun 16 Fév 2009 - 11:43

Bibiomane a écrit:
Bref, et pour conclure, j'avoue que ce roman me laisse une impression mitigée. Ça se lit agréablement, malgré quelques jeux de mots un peu lourds et redondants, mais tout cela manque un peu de profondeur, de corps, de charpente. C'est amusant mais cela reste un peu trop superficiel et sombre souvent dans l'excès et la caricature. Dommage, car on sent que par moments Beigbeder va nous offrir un beau moment de lecture, et c'est à ce moment là que tout bascule et qu'il en fait des caisses, rendant son propos puéril, voire carrément agaçant.
C'est l'impression générale que m'avait laissée L'amour dure trois ans.
Un style alerte, parfois astucieux je reconnais, mais retombant souvent dans le côté branchouille du trentenaire qui ne veut pas vieillir.

Biblio résume bien ce qu'il ressort de ses lectures, pour moi aussi.
Citation :
Et si Frédéric Beigbeder consentait à accepter cette maturité, je crois qu'alors il pourrait nous offrir quelque chose de plus consistant que des romans comme celui-ci qui, bien que sympathique, ressemble plus à une ébauche qu'à une œuvre accomplie
...ajouté au fait que le personnage en lui-même m' irrite passablement, je ne pense pas -sauf moment de désarroi passager- ouvrir le 99 francs qui orne ma bibli innocent
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Lun 16 Fév 2009 - 11:56

J'ai un peu les même impressions que toi Biblio, comme quoi, on sent qu'il y a un truc, y'a des choses qui émergent, qui me touchent, et puis... il s'arrête, il me frustre.
Envie de lui dire : Vas-y Beigbeder prends toi vraiment pour un écrivain et tu verras, tu oseras, et ce sera d'enfer.
(Je ne crois pas du tout que ce soit un problème de "je ne veux pas vieillir" mais plutôt un problème de... "place"... de "confiance en soi" ou de flemmardise)

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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Lun 16 Fév 2009 - 19:18

Citation :
Je ne pense d'ailleurs pas que Beigbeder ait prétendu écrire un chef-d-œuvre avec ce roman, je pense plutôt qu'il n'a voulu que distraire son public sans se prendre au sérieux et sans vouloir endosser le costume du grand écrivain témoin de son siècle.

Je pense que ça s'applique à l'ensemble de son œuvre. Malgré une notoriété sans doute abusive et une arrogance affichée, jamais crédible, je n'ai jamais eu l'impression (dans ses romans ou apparitions TV) que Beigbeder se mettait à la hauteur des écrivains dont il parle dans Dernier inventaire avant liquidation

Beigbeder n'écrit pas pour le Goncourt, c'est entendu, il n'écrit pas pour les critiques du Figaro littéraire ou du Monde des livres. Il écrit pour les ados et jeunes adultes qui ont besoin d'entendre quelques chose qui leur ressemble. Oui Beigbeder dit ce qu'on sait déjà, et oui cela pourrait être fait avec plus de talent. N'empêche qu'il essaye de parler au grand nombre, alors que trop d'écrivains, sous prétextes élitistes, prétendent n'écrire que pour "la Haute des lecteurs" pour dissimuler leur incapacité à toucher tout le monde. Beigbeder n'est pas Twain, Salinger, Kafka ou Céline dans cet exercice, mais après tout, peu le sont.

J'ai aimé 99 francs à 15ans, et plus encore Windows on the world qui est probablement son meilleur roman. "Ce n'est pas de la littérature..." La phrase a été lâchée sur ce forum à propos de Céline, alors... Aujourd'hui, beaucoup plus de pages ont glissé sous mes yeux, est Beigbeder n'est plus qu'au pied de ma bibliothèque, là où je me penche rarement, aux cotés de Nothomb ou Dustan, mais je continue à penser qu'il y a de nombreuses astuces et idées lumineuses dans ces écrits, même si son dernier, Au secours pardon m'est tombé des mains, illustrant une critique que je partage : le manque de renouveau, la nécessité, maintenant, de passer à autre chose, d'aller plus loin, ou d'arrêter là.
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Dim 22 Mar 2009 - 4:41

Je suis réticent à date... j'ai seulement vu le film 99 francs de Beigbeder et lu une courte biographie... J'essaye de comprendre l'ampleur - le gonflement ?!? - du personnage, d'où il tire ses inspirations... il parlait lui-même de Françoise Sagan, de Bukowski et qui sait, de Vian?

Pour ma part, je le citerais comme un publicitaire, version 21e siècle de Barthes et Perec... je pousse-tu le bouchon trop loin, ou...?
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MessageSujet: Re: Frédéric Beigbeder   Aujourd'hui à 0:56

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