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 Zoyâ Pirzâd [Iran]

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Aeriale
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MessageSujet: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Mer 3 Sep 2008 - 15:34



Bio tirée de chez Google-
Citation :

Zoyâ Pirzâd est née à Abadan en 1952 de père Russe et de mère Arménienne. Mariée, mère de deux garçons, elle a d’abord publié trois recueils de nouvelles dont Comme tous les après-midi, en 1991. Trois recueils repris aux éditions Markaz à Téhéran en un seul volume. En 2001, elle a publié un roman, C’est moi qui éteins les lumières, salué par de nombreux prix, et un deuxième, On s’y fera, en 2004.
Zoyâ Pirzâd est aussi traductrice d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carol et de poèmes japonais. Elle fait partie des auteurs iraniens qui font sortir l’écriture persane de ses frontières et l’ouvrent sur le monde. Sa langue est un persan simple et quotidien, une langue très équilibrée. La leçon ultime de Zoyâ Pirzâd est humaniste.

Un jour avant Paques
Traduit du Perse (Iran) par Christohe Balay-

Présentatin de l'éditeur-Zulma
Citation :
Au bord de la mer Caspienne, un jeune garçon découvre les prodiges minuscules de l’univers, comme la visite d’une coccinelle ou les joies et jeux de l’enfance avec son amie Tahereh. Lui est Arménien. Elle, fille du concierge musulman de l’école.
Ainsi se côtoient dans la petite communauté arménienne, entre l’église, l’école et le cimetière, chrétiens et musulmans, femmes et hommes, crispations anciennes et libres aspirations.
Pâques, c’est la fête des œufs peints, des pensées blanches, des pâtisseries à la fleur d’oranger. C’est aussi l’occasion d’allers et retours entre passé et présent, entre Téhéran et le village de l’enfance – tout un quotidien dessiné ici avec virtuosité, un art précieux du détail et beaucoup de finesse.


Je n'en suis qu'à la première moitié -la partie enfance et la découverte du monde des adultes par Edmond - Mais je suis sous le charme...

L"auteure décrit avec beaucoup de finesse et pudeur un monde coloré et empreint de traditions ancestrales que ses habitants tentent de faire perdurer.
Au milieu de cela il y a la petite Tahéreh dont la maman est si belle, la seule famille musulmane parmi cet univers d'Arméniens, elle-même mariée à un homme rustre et morphinomane à ses heures.

Je suis vraiment subjuguée par ce langage poétique et simple à la fois où tout est suggéré par petites touches pour nous laisser imaginer...
On a l'impression de les connaître, ils me sont devenus vite familiers et je traîne avec eux dans les ruelles de ce village, entre le coiffeur agha Reza et le comptoir de madame Gregorian...

J'avais hâte de vous en parler! C'est un petite friandise qui se croque tout doucement et qu'on apprécie de garder en bouche un petit moment, le temps qu'elle dégage toutes ses saveurs drunken
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Ella
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Ven 5 Sep 2008 - 12:54

De cet auteur, j'ai lu l'an dernier On s'y fera , j'ai bien aimé. C'est un roman qui décrit la vie quotidienne d'une femme émancipée à Téhéran, intéressant.
Un style un peu particulier, uniquement des dialogues
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kenavo
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Ven 5 Sep 2008 - 13:23

Ella a écrit:
De cet auteur, j'ai lu l'an dernier On s'y fera , j'ai bien aimé. C'est un roman qui décrit la vie quotidienne d'une femme émancipée à Téhéran, intéressant.
Un style un peu particulier, uniquement des dialogues
Après l'ouverture de ce fil par Aériale, j'ai noté Un jour avant paques et Comme tous les après-midi Wink

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
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kenavo
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Jeu 2 Oct 2008 - 11:44

Corina est sous le charme Wink

Citation :
Un patchwork aux fleurs multicolores
Corina Ciocârlie
Le Jeudi 02/10/08

Née à Abadan en 1952 de père russe et de mère arménienne, Zoyâ Pirzâd a publié trois recueils de nouvelles – Comme tous les après-midi, Le Goût âpre des kakis et Un jour avant Pâques, repris aux éditions Markaz à Téhéran en un seul volume – ainsi que deux romans – C'est moi qui éteins les lumières, suivi de On s'y fera, ce dernier déjà traduit en français et repris en version de poche.
Riz pilaf et bas nylon
Elles ne s'appellent pas pour rien Alenouche, Ayeh, Rowshanak ou Tahereh: elles sont jeunes, espiègles, excentriques et rebelles, elles ont une envie folle d'en découdre avec les tabous et les totems, les phobies et les lubies d'une société iranienne où les traditions pèsent lourd.
Leurs grand-mères tricotent depuis toujours d'énormes couvre-lits aux fleurs multicolores et leurs mères s'activent devant un riz pilaf aux lentilles, sans pour autant échapper aux longs sermons de leurs pitoyables maris.
Dans les récits de Zoyâ Pirzâd, d'innombrables Emma Bovary ne cessent de découvrir les bas nylon et les couches jetables, tout en continuant à brûler de l'esfand «pour que crèvent les yeux jaloux». Tranquillement assises devant leurs machines à laver, elles regardent tourner le linge – jaune, vert, blanc, sous-vêtements, jupes, pantalons, nappes, taies d'oreiller et autres petits morceaux de leur existence – en formulant des vœux pieux qui pourraient convenir à toute desperate housewife digne de ce nom: «Ah! Si je pouvais moi aussi m'agripper des deux mains à quelque chose: du linge, la grille dorée d'un mausolée, un emploi de bureau, l'espoir d'une promotion, des étrennes, une augmentation de salaire, un livret de caisse d'épargne, une maison plus grande avec des meubles de style, une voiture, un diamant, un sac Louis Vuitton, une montre Rolex, une noce à l'hôtel, des enfants grassouillets avec des carnets de notes pleins de 20/20, des amies avec qui je pourrais discuter de la meilleure cuisson d'un fesendjan, dire du mal des copines ou aller ensemble chez le coiffeur». (Comme tous les après-midi)
Au bord de la mer Caspienne, crispations anciennes et libertés nouvelles se heurtent, plus ou moins discrètement, sur de longues plages désertes, à l'ombre des jeunes filles en fleurs.
Dans la mémoire d'Edmond Lazarian, les souvenirs se déposent comme ces décalcomanies qu'il collait jadis sur les œufs de Pâques: la nuit, comme les bruits du salon se réverbéraient à travers la cloison de sa chambre, il entendait, lorsqu'il n'y avait pas d'invités à la maison, le crachouillis de la radio arménienne et les disputes de ses parents.
On se croirait dans le remake d'une scène fameuse de La Recherche, habilement déplacée sur la route de Tabriz.
Un jour avant Pâques, donc, Edmond, huit ans, Arménien de bonne famille qui vit encore dans les jupes de sa mère, s'apprête à tomber sous le charme de Tahereh, la fille du concierge musulman de l'école. Fâcheuse initiative d'un jeune homme dont on fête l'anniversaire avec une petite semaine de retard, pour la simple raison qu'il est né un 24 avril, date fatidique rappelant inévitablement le printemps 1915 et le début du génocide arménien.
Un demi-siècle plus tard, le même Edmond, devenu directeur d'école à Téhéran, évoquera, sans ironie aucune, ses conflits avec sa fille Alenouche qui, un jour avant Pâques justement, au grand dam de sa femme Marta, aura choisi le moment du repas familial pour annoncer sa décision d'épouser Behzad, un brillant étudiant «non arménien». Comme quoi, même ceux qui n'oublient pas leur passé se condamnent à le revivre…
Miniature persane
Aux douleurs et aux désillusions du monde adulte, le roman de Zoyâ Pirzâd oppose le temps des griottes et des coquillages, les pâtisseries à la fleur d'oranger et le charme désuet des machines à limonade, la première chambre d'hôtel et la première chasse au sanglier, les anges déguisés en nuages et les grenouilles cachées dans les prés en face du port – bref, le je-ne-sais-quoi et le presque rien qui font la magie de l'enfance, subtilement entrelacés dans une délicate mais poignante miniature persane.
«"Tu te souviens comme j'avais du mal à écrire les f?" Je me souvenais. "Tu te souviens, je noircissais les boucles des o?" Je m'en souvenais. "Tu te souviens que j'avais appris par cœur le poème les Vertes Plaines de ma patrie et que tu m'avais offert un plumier en récompense?" Je m'en souvenais aussi».
Après une énième lecture du Chaperon rouge, le petit Edmond Lazarian fait mine de se révolter contre l'insoutenable monotonie de l'histoire: «Mettons que cette fois-ci, le loup ne mange pas la grand-mère». Les lecteurs en veulent tout autant.
Dans ce grand patchwork aux fleurs multicolores tissé par Zoyâ Pirzâd, la trame de fond est toujours la même, seuls les détails incongrus varient et se répondent. Tout porte à croire que les futures protagonistes de ses récits continueront à broder, à l'instar de la bonne vieille madame Gregorian, autour d'un pèlerinage à l'église d'Ejmiatsin qui aura duré quarante jours, des vendanges, ou encore des péripéties de leur émigration d'Arménie vers l'Iran. Et nous autres, repus d'autofictions germanopratines, on s'y fera… Avec bonheur.

Source

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Sophie
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Lun 20 Oct 2008 - 10:33

Je suis en train de lire On s'y fera; c'est léger, peut-être un peu trop; en même temps, la guerre et l'oppression passent au second plan, ça fait du bien parfois.
Je vous en parle plus longuement quand je l'ai terminé.
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Lun 27 Oct 2008 - 9:20

ON S'Y FERA

A travers le destin d'Arezou, une femme iranienne, active et divorcée, écartelée entre sa mère et sa fille, trois générations s'affrontent dans un monde où règnent depuis longtemps les interdits et le non-dit. On la suit au bord du rire ou des larmes, espérant avec elle profiter enfin d'une certaine beauté de la vie. Dans un roman d'une richesse et d'une vigueur exceptionnelles, Zoyâ Pirzâd brosse à la fois le portrait d'une société pleine de contradictions et celui d'une femme passionnante, aussi drôle et attachante qu'une héroïne de Jane Austen. (Amazon)

Je vous préviens de suite, nous sommes loin de Jane Austen.

On s'y fera est en fait ni plus ni moins que de la chick-lit iranienne. C'est assez agréable et très facile à lire, sans doute trop facile car il sera vite oublié.
Arezou est une femme assez sympathique mais écrasée par les conventions; elle est affublée de sa mère et de sa fille, aussi têtes à clauqes l'une que l'autre. Son amie Shirine, est en revanche plus sympathique mais pas toujours compréhensive, peut-être parce qu'elle souffre plus que les autres d'être Iranienne et de ne pas être aussi libre qu'elle le souhaiterait.
Les hommes sont plutôt absents: morts, partis ou sur la défensive lorsqu'ils séduisent la femme convoitée.
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Mer 29 Oct 2008 - 16:22

Sophie a écrit:
On s'y fera est en fait ni plus ni moins que de la chick-lit iranienne. C'est assez agréable et très facile à lire, sans doute trop facile car il sera vite oublié.

Je n'ai pas lu ce roman (bien que "Conseillé par le libraire') mais je me demande si tu n'es pas un peu sévère avec Zoyâ Pirzâd Sophie?

Et pourtant j'ai très vite oublié moi aussi son dernier roman Un jour avant Paques. Le début était charmeur, il y avait une certaine poésie dans l'écriture, mais la seconde partie m'a paru baclée. Ou bien je me suis lassée? jypeurien

Toujours est-il que je n'en n'ai pas fini le commentaire.
Charmant et léger, mais caricatural son style -comme les chiklit -
Peut-être pas ...?
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Sophie
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Mer 29 Oct 2008 - 18:27

Quand je parle ce chick-lit, ce n'est pas forcément péjoratif; j'ai lu de bons romans de chick-lit.

La majorité du roman est sous forme de dialogues, donc un style peu recherché.
Il y a effectivement un certain charme dans ce roman, dû en partie, je crois, au fait qu'il se passe en Iran et que la vie d'Arezou et comparses est plutôt banale, ce qui crée un décalage.
Pour le lecteur ocidental, Iran=guerre; or là, on n'en parle pas.
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Mer 29 Oct 2008 - 20:31

La chick-lit, c'est quoi ? Un roman léger, futil, de nana, enfin d'adolescente ? ... Non, ce n'est pas le cas de On s'y fera. J'ai assez aimé. Le seul reproche que je lui fait c'est le style, tout en dialogues comme tu le soulignes Sophie.
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Jeu 30 Oct 2008 - 4:20

Ella a écrit:
La chick-lit, c'est quoi ? Un roman léger, futil, de nana, enfin d'adolescente ? ... Non, ce n'est pas le cas de On s'y fera. J'ai assez aimé. Le seul reproche que je lui fait c'est le style, tout en dialogues comme tu le soulignes Sophie.

Pas forcément pour ado non, mais lecture légère oui. On s'y fera fait quand même partie des lectures légères et futiles, ce qui n'a rien de déplaisant!
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Mer 31 Déc 2008 - 12:44

Un jour avant Pâques


Trois récits, trois chapitres d'une vie à des âges différents du narrateur: l'enfance, le mariage et le veuvage. Le narrateur, Edmond, est un petit garçon que l'on suit au coeur des étapes importantes de sa vie. Il vit sur les rives de la Mer Caspienne, au sein d'une communauté arménienne très soudée, jalouses de ses rites, de ses traditions et de ses croyances, comme toute communauté religieuse exilée, fuyant exactions et vexations de son pays d'origine.
Le jeune Edmond a une amie, Tahereh, avec laquelle la complicité de l'enfance est une joie permanente; or, Tahereh est non seulement la fille du concierge de l'école mais elle est aussi musulmane donc peu fréquentable! Sur les bords de la Caspienne, Arméniens et Iraniens, selon les canons de la tradition, ne doivent pas se mêler seulement se côtoyer. Zoyâ Pirzâd entraîne son lecteur au coeur d'un petit village où la vie quotidienne est joyeuse malgré les cris des mères, les vociférations des pères, les réprimandes de l'instituteur, du curé ou des grands-mères qui veillent à tout du coin de l'oeil. Elle est multicolore, criarde souvent, au cosmopolitisme vivace même si un léger ostracisme oral est jeté sur la petite fille du concierge de l'école. On se côtoie, on s'amuse entre communautés religieuse même si, au final, on ne se mélange pas. Le narrateur regarde du haut de ses 12 ans, un monde adulte un peu angoissant, toujours autoritaire, où le machisme patriarcal dévalorise ses rêves, ses préoccupations et sa sensibilité: partir à la chasse avec son père ne l'intéresse absolument pas, se battre encore moins même si les autres garçons le bousculent et le rudoient, et il ne comprend pas les disputes de ses parents. Il préfère observer les coccinelles, la couleur tendre de l'herbe naissante, jouer à cache-cache entre les draps mis à sécher, laisser vagabonder son imagination par la fenêtre. La vie s'apprend en prenant conscience qu'une coccinelle enfermée dans une petite boîte souffre, en jouant, le soir, au milieu des vieilles tombes du cimetière par lesquelles transpirent des destins incroyables ou en écoutant les querelles des adultes.
Le jeune garçon devient homme et père à son tour, sa fille, Alenouche, fréquente un jeune étudiant iranien non arménien et la mixité devient source de conflit entre la fille et sa mère. Contre l'avis et le désir de ses parents, Alenouche part vivre son amour et sa vie de femme auprès de l'élu de son coeur, brisant les tabous communautaires pour acquérir sa liberté. Il se souvient alors de son périple vers Téhéran aux côtés de sa fille, leur complicité, leur joie d'être ensemble et de se comprendre. Peut-il lui en vouloir d'aimer en dehors de sa communauté, lui qui offrit son amitié d'enfant à Tahereh, la fille du concierge musulman? Parfois, les pères sont plus compréhensifs que les mères...sauf lorsqu'ils perdent l'être aimé qui était à leurs côtés et qu'ils accusent l'enfant désobéissant de cette irrémédiable perte, de cette infinie et inguérissable solitude.
Les années passent, cruelles par l'absence de Marta, compagne et amante. La solitude pèse mais refuse de lever la barrière affective qui sépare le père de sa fille. Les souvenirs empreints de la présence de Marta réserveront bien des surprises au narrateur d'autant que Danik, son adjointe au collège, enfoncera le clou, elle qui préféra la mise au ban de son village pour vivre un amour interdit avec un iranien!
Et si la veille de Pâques était un jour pas comme les autres? Et si, le profond chagrin se laissait adoucir par l'envie de paix pascale, celle du renouveau, de la rédemption et de la renaissance?
"Un jour avant Pâques" est un court roman composé comme un tableau, doté d'une puissance narrative où la sensibilité, la douceur sont fortement présentes derrière un regard grave sur les tabous instaurés par le communautarisme. Les rives de la Mer Caspienne cachent des souffrances indicibles sous le masque des traditions. Pâques, c'est aussi le retour de la belle saison, la fête de la fécondité, c'est aussi le temps des oeufs décorés, des fleurs d'oranger embaumant l'air et les gâteaux, des confitures de griottes confectionnées par la mère d'Edmond et surtout celui des pensées blanches que Marta posait sur l'appui de la fenêtre. Pâques amenant à regarder en arrière pour enfin se dire que le temps est trop court, trop précieux pour camper sur des positions intenables!
Un roman où tout est en nuances subtiles et poésie, où les petits bonheurs de la vie offrent des couleurs et des saveurs aux papilles et aux souvenirs. Comme j'aurais aimé que ce roman ne finisse pas....je serais restée encore bien des pages au bord de la Caspienne à démêler les ellipses d'un récit d'une grande sensibilité, à apprendre les mille et un petits détails, ces multitudes de riens qui construisent la vie, les hommes et leur histoire.
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Lun 8 Juin 2009 - 19:18

J'ai bien aimé On s'y fera et Un jour avant Pâques. Du coup, je viens d'acheter son recueil de nouvelles : Le goût âpre des kakis. A suivre...
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Mer 24 Juin 2009 - 0:49



Les cinq nouvelles qui composent le recueil de Zoyâ Pirzâd, Le goût âpre des kakis, ont plus qu'un air de famille, elles se ressemblent au point de constituer une sorte de tapisserie (persane évidemment). C'est un peu là où le bât blesse, d'ailleurs, même ton mélancolique et passéiste, mêmes personnages féminins un peu égarées dans une existence aux contours imprécis. Zoyâ Pirzâd raconte l'Iran de femmes oisives, intéressées par le shopping et la décoration de leur maison, malheureuses dans leur foyer où les attendent des hommes frustes et égocentriques. Un Desperate Housewives à la sauce iranienne ? Il y a de cela, en effet, dans ces nouvelles qui manquent de chair et surtout d'un arrière plan social et politique. Le livre, redondant, distille un ennui poli, au gré d'histoires vaguement surannées. Dans la continuité de On s'y fera et Un jour avant Pâques, publiés précédemment, mais en moins convaincant, comme si le charme de son style ne pouvait plus cacher les futilités relatives de ses intrigues.
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Dim 28 Juin 2009 - 11:24

J'ai lu On s'y fera et je suis un peu d'accord avec Sophie sur un point: la légèreté. Je crois que la 4ème de couverture devrait arrêter de vendre ce livre comme étant l'histoire d'une "femme passionnante, aussi drôle qu'une héroïne de Jane Austen" parce que, forcément, l'on risque d'être déçu.
On s'y fera est un roman presque entièrement dialogué qui semble un peu long parfois quand l'héroïne se demande si l'homme rencontré lui plaît, si elle doit l'épouser.

En revanche, là où Pirzâd excelle c'est quand elle décrit la vie quotidienne, notamment celle des femmes des classes inférieures, quand elle montre le clivage homme femme dans cette société: "Je n'ai encore jamais vu personne tenir une parole d'homme. Si tu es vraiment un homme, donne-moi ta parole de femme"!!
Cela en dit long sur la façon dont les hommes se comportent et sur la façon dont les femmes les considèrent!

De même, le livre est très bon quand il décrit les situations absurdes du régime et parle d'un dessin animé où les poules et les souris portent le foulard!

C'est donc un roman à lire malgré ses défauts.
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Sam 5 Juin 2010 - 12:03

On s'y Fera

Je viens de le terminer et je suis de votre avis vraiment, c'est une lecture agréable, mais pas passionante. C'est léger, c'est sympathique et cela nous fait toucher du doigt la réalité quotidienne en Iran, la difficulté d'être une femme et en particulier d'être une femme mariée. Intéressant aussi d'y mesurer le poids des traditions et de celle de la famille en particulier. Cela se lit bien sans doute, mais qu'en reste-t-il ? J'avoue ne pas avoir été vraiment convaincue. Peut mieux faire.

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