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 Zoyâ Pirzâd [Iran]

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traversay
Flâneur mélancolique
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Ven 15 Avr 2011 - 11:33

Le 5 mai :
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traversay
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Mar 7 Juin 2011 - 19:46



C'est moi qui éteins les lumières
Citation :
Dans un quartier préservé d’Abadan, Clarisse, épouse et mère de famille, est une femme d’une profonde humanité, intelligente, d’une grande simplicité de cœur. Autour du foyer : un mari ingénieur à la raffinerie, fervent de jeu d’échecs et de politique, deux filles, adorables et malicieuses jumelles, un fils en pleine crise d’adolescence, et une vieille mère qui règne sur la mémoire familiale. La très modeste Clarisse, cuisinière éprouvée qui se dévoue sans compter pour les siens, va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien, au romanesque d’autant plus désarmant qu’il se montre on ne peut plus retenu. Avec de nouveaux voisins, une famille arménienne débarquée de Téhéran, qui va très vite bouleverser l’équilibre affectif de notre femme invisible.

Les lecteurs attentifs et bienveillants des livres de Zoyâ Pirzâd, parus jusqu'alors en français, appréciaient la prose de la romancière et nouvelliste, tout en avouant, pour la plupart, un léger manque pour être totalement emballés, comme un supplément d'âme qu'ils espéraient y trouver, en vain. Grand bonheur : C'est moins qui éteins les lumières, son tout premier roman (2001), vient enfin d'être publié dans notre langue, et il balaie toutes les réticences, tout en restant dans la lignée de ses oeuvres précédentes (ou plutôt postérieures). Jamais Zoyâ Pirzâd n'avait composé un personnage aussi profond, sous les apparences de la banalité du quotidien, décrit d'une plume suave, ironique, d'une irrésistible finesse. Clarisse, son héroïne, est une ménagère d'origine arménienne, qui vit à Abadan, au sud-ouest de l'Iran, au sein d'une famille bourgeoise sans histoire. L'époque est indéterminée, avant la révolution islamique, pour sûr, mais quand exactement ? Années 50, 60, 70 ? Qu'importe, au fond, l'intérêt est ailleurs, dans cette description minutieuse et malicieuse d'une "housewife" qui n'est pas loin d'être désespérée, voire au bord de la crise de nerfs. C'est par petites touches gracieuses que la romancière (dé)construit Clarisse, dans un style limpide et lumineux. Le meilleur livre de Zoyâ Pirzâd, à ce jour, et de loin.
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Mar 28 Juin 2011 - 11:52

-C'est moi qui éteins les lumières-

J'ai pris comme traversay un vrai plaisir à lire cette petite saga, décrite avec chaleur et simplicité au travers du regard de cette épouse souvent débordée, victime de sa générosité. Tout est suggéré avec finesse, le désarroi d'une mère face à la crise de son ado, la sensation de devenir transparente face à la quotidienneté des évènements, celle de se laisser happer par l'entourage, l'inévitable amertume qui en découle et ses poussées de colère subites, vite tempérées par le remord ou les petites joies simples d'un pois de senteur qui fleurit, le sourire malicieux de ses jumelles, bref la vie telle qu'elle vient. Autour d'elle son petit monde s'agite, la jeunesse s'amourache, les comères parlementent, les grand mères racontent et les maris s'interrogent. Ils forment le cadre qui rassure et étouffe à la fois.

Zoyâ Pirzâd écrit avec le coeur, cela se sent. Les fluctuations de l'âme varient selon les saisons, l'esprit s'adapte à la nature qui l'entoure. Une nuée de papillons, une croix qui brille sur un torse qui émeut et tout se trouble, le coeur s'emballe. Mais le réel revient vite pointer son nez. Les égarements sont toujours contenus, rien n'éclate sauf au dehors où une invasion de sauterelles peut chambouler l'ordre apparent des sentiments que l'on se camoufle. Jamais n'est précisé ce que révèle exactement ces hésitations, même si on le sait bien sûr, et c'est là que réside toute la finesse de l'auteure. Décrire juste ces gestes et ces pensées de l'instant par petites touches, et en garder la délicate saveur, celle de l'entre deux, du non dit et du ressenti, juste avant qu'il ne s'affiche. Le meilleur de l'auteure jusque là, bien d'accord, un petit bijou ce livre!
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traversay
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Jeu 28 Juil 2011 - 12:09

Invité a écrit:
C'est moi qui éteins les lumières.
*Pour Traversay : durant ma lecture, ( et avec l'aide de Wikipédia ) je me suis amusée à chercher l'époque à laquelle se déroule cette histoire.
Avant 1963, car l'association de madame Nourollahi milite pour le droit de vote des femmes, lequel leur fut accordé cette année-là. Et après 1961, car les jeunes écoutent Hit The Road, Jack sur un juke box, chanson qui fut enregistrée en 1960 mais popularisée en 1961 par Ray Charles. ( Indice supplémentaire : il est question des tenues de Jackie Kennedy, dont le mari fut élu pour la première fois en 1961. )
Enigme résolue. Wink

Ah sympa, merci Very Happy
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MartineR
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MessageSujet: Re: Zoyâ Pirzâd [Iran]   Lun 5 Aoû 2013 - 22:49

Chatperlipopette a écrit:
Un jour avant Pâques

Trois récits, trois chapitres d'une vie à des âges différents du narrateur: l'enfance, le mariage et le veuvage. Le narrateur, Edmond, est un petit garçon que l'on suit au coeur des étapes importantes de sa vie. Il vit sur les rives de la Mer Caspienne, au sein d'une communauté arménienne très soudée, jalouses de ses rites, de ses traditions et de ses croyances, comme toute communauté religieuse exilée, fuyant exactions et vexations de son pays d'origine.
Le jeune Edmond a une amie, Tahereh, avec laquelle la complicité de l'enfance est une joie permanente; or, Tahereh est non seulement la fille du concierge de l'école mais elle est aussi musulmane donc peu fréquentable! Sur les bords de la Caspienne, Arméniens et Iraniens, selon les canons de la tradition, ne doivent pas se mêler seulement se côtoyer. Zoyâ Pirzâd entraîne son lecteur au coeur d'un petit village où la vie quotidienne est joyeuse malgré les cris des mères, les vociférations des pères, les réprimandes de l'instituteur, du curé ou des grands-mères qui veillent à tout du coin de l'oeil. Elle est multicolore, criarde souvent, au cosmopolitisme vivace même si un léger ostracisme oral est jeté sur la petite fille du concierge de l'école. On se côtoie, on s'amuse entre communautés religieuse même si, au final, on ne se mélange pas. Le narrateur regarde du haut de ses 12 ans, un monde adulte un peu angoissant, toujours autoritaire, où le machisme patriarcal dévalorise ses rêves, ses préoccupations et sa sensibilité: partir à la chasse avec son père ne l'intéresse absolument pas, se battre encore moins même si les autres garçons le bousculent et le rudoient, et il ne comprend pas les disputes de ses parents. Il préfère observer les coccinelles, la couleur tendre de l'herbe naissante, jouer à cache-cache entre les draps mis à sécher, laisser vagabonder son imagination par la fenêtre. La vie s'apprend en prenant conscience qu'une coccinelle enfermée dans une petite boîte souffre, en jouant, le soir, au milieu des vieilles tombes du cimetière par lesquelles transpirent des destins incroyables ou en écoutant les querelles des adultes.
Le jeune garçon devient homme et père à son tour, sa fille, Alenouche, fréquente un jeune étudiant iranien non arménien et la mixité devient source de conflit entre la fille et sa mère. Contre l'avis et le désir de ses parents, Alenouche part vivre son amour et sa vie de femme auprès de l'élu de son coeur, brisant les tabous communautaires pour acquérir sa liberté. Il se souvient alors de son périple vers Téhéran aux côtés de sa fille, leur complicité, leur joie d'être ensemble et de se comprendre. Peut-il lui en vouloir d'aimer en dehors de sa communauté, lui qui offrit son amitié d'enfant à Tahereh, la fille du concierge musulman? Parfois, les pères sont plus compréhensifs que les mères...sauf lorsqu'ils perdent l'être aimé qui était à leurs côtés et qu'ils accusent l'enfant désobéissant de cette irrémédiable perte, de cette infinie et inguérissable solitude.
Les années passent, cruelles par l'absence de Marta, compagne et amante. La solitude pèse mais refuse de lever la barrière affective qui sépare le père de sa fille. Les souvenirs empreints de la présence de Marta réserveront bien des surprises au narrateur d'autant que Danik, son adjointe au collège, enfoncera le clou, elle qui préféra la mise au ban de son village pour vivre un amour interdit avec un iranien!
Et si la veille de Pâques était un jour pas comme les autres? Et si, le profond chagrin se laissait adoucir par l'envie de paix pascale, celle du renouveau, de la rédemption et de la renaissance?
"Un jour avant Pâques" est un court roman composé comme un tableau, doté d'une puissance narrative où la sensibilité, la douceur sont fortement présentes derrière un regard grave sur les tabous instaurés par le communautarisme. Les rives de la Mer Caspienne cachent des souffrances indicibles sous le masque des traditions. Pâques, c'est aussi le retour de la belle saison, la fête de la fécondité, c'est aussi le temps des oeufs décorés, des fleurs d'oranger embaumant l'air et les gâteaux, des confitures de griottes confectionnées par la mère d'Edmond et surtout celui des pensées blanches que Marta posait sur l'appui de la fenêtre. Pâques amenant à regarder en arrière pour enfin se dire que le temps est trop court, trop précieux pour camper sur des positions intenables!
Un roman où tout est en nuances subtiles et poésie, où les petits bonheurs de la vie offrent des couleurs et des saveurs aux papilles et aux souvenirs. Comme j'aurais aimé que ce roman ne finisse pas....je serais restée encore bien des pages au bord de la Caspienne à démêler les ellipses d'un récit d'une grande sensibilité, à apprendre les mille et un petits détails, ces multitudes de riens qui construisent la vie, les hommes et leur histoire.

Un trop court roman, le chapitre 1:**les noyaux de griottes** est le plus savoureux, subtil & délicat ; Les deux autres périodes n'ont pas la même saveur. Les personnages féminins sont très forts et encore très empreints du carcan ancestral culturel arménien..

Une auteure qu ej'ai bien envie de suivre.
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