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 Boris Cyrulnik

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colimasson
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MessageSujet: Re: Boris Cyrulnik   Jeu 18 Avr 2013 - 21:44

Kannskia a écrit:


colimasson a écrit:
En tout cas, ton enthousiasme en dit déjà beaucoup, ainsi que les extraits que tu nous proposes.
Ah ça me fait plaisir ! Au moins, ça ne sert pas à rien que je m'embête à interrompre ma lecture pour noter les passages que j'aime. Contente que ça précipite ta lecture en tout cas ! Wink

Ce n'est absolument pas inutile ! C'est toujours intéressant d'avoir un aperçu de l'écriture et des réflexions d'un auteur.
La prochaine fois, tu continueras à t'embêter et à interrompre ta lecture ! Razz

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MartineR
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MessageSujet: Re: Boris Cyrulnik   Lun 5 Aoû 2013 - 10:25

Sauve-toi, la vie t'appelle

J'ai eu l'occasion ( souvent à titre professionnel)de lire plusieurs articles ou livres de Boris Cyrulnik,  surtout pour mieux comprendre le concept de résilience; mais ce livre n'est pas un ouvrage de psychologie, ni de psychiatrie; c'est un récit auto-biographique très particulier.



« Lors de ma première naissance, je n’étais pas là. Mon corps est venu au monde le 26 juillet 1937 à Bordeaux. On me l’a dit. Je suis bien obligé d’y croire puisque je n’en ai aucun souvenir. Ma seconde naissance, elle, est en pleine mémoire. Une nuit, j’ai été arrêté par des hommes armés qui entouraient mon lit. Ils venaient me chercher pour me mettre à mort. Mon histoire est née cette nuit-là ». C’est cette histoire bouleversante que Boris Cyrulnik nous raconte pour la première fois en détail dans ce livre où l’émotion du survivant se conjugue au talent de l’écrivain, où le récit tragique se mêle à la construction de la mémoire, où l’évocation intime d’une enfance fracassée par la guerre exalte la volonté de surmonter le malheur et de répondre à l’appel de la vie.(éditeur)

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Déjà le titre, à double entrée: Sauve-toi, la vie t'appelle. C'est surement ce qu'il a dù se dire étant jeune enfant ( 6.5ans)à Bordeaux..mais c'est aussi ce que le jeune enfant & adolescent a fait pour vivre... On comprend pourquoi il parle & beaucoup..maintenant



<<Haïr, c'est demeurer prisonnier du passé. Pour s'en sortir, il vaut mieux comprendre que pardonner.>>(p 286)


Mais cet enfant qui ne savait pas qu'il était juif; il l'a découvert lorsqu'il fût mis à l'écart du groupe lors de la prière; lui il aimait prier car il faisait parti du groupe de copains!!



Le petit garçon qui a été très aimé par une Maman qui l'a remis à l'Assistance lorsqu'elle a su qu'elle allait être raflée, ce petit garçon qui admirait son Père héros de la Légion étrangère, qui lui allait être raflé, bléssé sur son lit...



C'est aussi un hommage aux Justes, en particulier l'infirmière qui lui a permis de se sauver & à Margot, à Dora et à tous les autres...
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colimasson
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MessageSujet: Re: Boris Cyrulnik   Ven 2 Oct 2015 - 22:43

De chair et d’âme (2006)




Lu il y a longtemps, puis oublié dans un coin (ce qui n’est déjà pas un bon signe en soi), je retrouve ce livre du copain Cyrulnik récemment. Cinq ans plus tôt, je m’enthousiasmais pour son livre « Mémoire de singe et paroles d’hommes » et j’enchaînai presque aussitôt avec « De chair et d’âme ». Dans cet élan plein de bonne volonté, je gardais un souvenir plutôt positif de cette lecture. Mais les années passent et laissent la possibilité de prendre ces distances avec un auteur bien dragueur. Alors, quand on le retrouve, faire les beaux yeux ne sert plus à rien si on se rend compte que le contenu est inconsistant.


Boris Cyrulnik profite de la mode du tout-biologique pour nous expliquer comment notre caractère et nos émotions peuvent être expliqués par les observations neurologiques récentes. Il ajoute que ces observations biologiques, qui découlent d’une grande part de génétique, ne peuvent se justifier à elle seule, et il nous baratine sur l’importance du facteur environnemental. Je me souviens qu’au collège, en classe de quatrième ou de troisième peut-être, on nous enseignait déjà à peu près la même chose : le terrain génétique n’explique pas tout et l’environnement peut venir foutre un grand coup de pied là-dedans pour redistribuer toutes les cartes.


Pas de révélation folle dans ce livre, rien que du bon sens : les introvertis préfèrent les situations de vie sécurisantes, les extravertis préfèrent prendre un peu de risque, entre les deux, chacun se démerde pour comprendre sa situation. Pas de révélation folle, mais des semi-conclusions qui sentent le raccourci à plein nez. On apprend par exemple que les vieux se réfugient de plus en plus auprès de Dieu à mesure que les derniers copains passent l’arme à gauche (le clivage générationnel serait donc si profond que les vieux ne peuvent plus communiquer avec leurs descendants). On apprend également que la mère est une sacrée garce qui conditionne presque absolument le cerveau de son enfant lors des premiers mois de son existence. Il ne suffirait plus que le père en vienne à crever à ce moment-là, et la vie de l’enfant semble vouée à un triste destin (« Quand la mère endeuillée est isolée comme dans notre culture individualiste, elle devient une base d’insécurité pour ses enfants »). En revanche, si la mère meurt très tôt, l’enfant souffrira moins car il restera avec son père qui, lui, en bon mâle dominant, saura à nouveau très vite s’entourer parce qu’il mène toujours une vie active et riche en relations. On peut en rire ou s’en foutre.


Le meilleur de la réflexion de Boris Cyrulnik semble emprunter de nombreux éléments à la pensée de Donald Winnicott. Comme lui, il reconnaît le droit à la mère de n’être pas suffisamment bonne et de laisser à l’enfant les possibilités d’être livré à lui-même, en certaines courtes occasions de son existence. Comme lui, il souligne l’importance du jeu. Mais à la différence de Winnicott, le livre de Cyrulnik semble construit comme un ouvrage de moralisation joyeuse. Le sens de la vie, c’était cela : tisser du lien social entre copains et dans la famille parce que ça permet la résilience, vivre en couple parce que ça augmente l’espérance de vie, faire l’amour parce que ça améliore la mémoire, et d’autres conneries du genre, variation à peine athée des dix commandements de Moïse.


Trop édulcoré pour être absorbé sans dommage, ce livre n’a de vraiment bon que son introduction. Boris Cyrulnik y apparaît sous ses meilleurs aspects, affirmant son souhait de voir la fin du clivage entre les disciplines et répondant aux académiciens, fermement campés sur leur titre de psychiatre, de neurobiologiste ou d’autre toubib : « Si vous croyez que je marche droit, c'est parce que je boite des deux pieds ».



Vercellotti Philippe


Pas la peine de se prendre la tête :

Citation :
« L’idée du bonheur est apparue très tard puisque, pendant des millénaires, il a fallu admettre que les lieux du bonheur ne se trouvaient pas sur terre. […] La pensée du bonheur est devenue terrestre quand la Révolution en a fait un programme politique. »


La prochaine fois qu'on vous reprochera d'être un emmerdeur :

Citation :
« Un animal qui ne peut plus souffrir meurt, abandonné par ses proches qu’il ne bouleverse plus. Alors qu’un être vivant qui exprime sa souffrance provoque le soutien et s’attache à ceux qui accourent pour le sauver. »


Le nouveau langage du sentiment (mais ça a aussi son charme !)

Citation :
« Les dosages neurobiologiques révèlent que le simple fait des retrouvailles entraîne, chez un enfant auparavant isolé, une décharge d’opioïdes dont les circuits limbiques et la face inférieure du lobe frontal sont les récepteurs privilégiés. »

Citation :
« (...) sans tronc cérébral et sans neuromédiateurs, avec quoi pourriez-vous rêver?
Sans (...) empreinte du monde extérieur, à quoi pourriez-vous rêver?
Sans image et sans émotions, pourquoi rêveriez-vous?
Et sans récit à l'intention d'un autre, que feriez-vous de vos rêves? »

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