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 Henri Bosco

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Marko
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MessageSujet: Henri Bosco   Sam 13 Sep 2008 - 22:49



Henri Bosco (1888-1976),    "Une poétique du mystère"

Site officiel très complet: http://henribosco.free.fr/

"J'ai écrit des récits. Le récit m'est indispensable pour atteindre indirectement à la poésie. C'est la poésie que je cherche, c'est-à-dire la création de fictions, tirées du plus profond de l'âme et dont la vie fictive, observée, analysée avec soin, me permette d'étudier et de connaître cette âme elle-même, par cette sorte de reflet.
Or pour que ces reflets soient bien vivants, pour qu'ils s'animent, il faut mettre l'âme en présence de ces points magnétiques du monde qui, par leurs radiations, excitent le plus intensément les puissances intérieures : la terre, les bêtes, le vent, l'eau, le feu, l'air, certaines créatures privilégiées, intermédiaires étranges entre nous et l'inconnu.
C'est la quête des secrets. Or que nous laissent supposer ces secrets multiples, sinon que tout se tient, que tout voit, que tout communique, que tout a un sens, et qu'on erre à ne pas croire en cette unité de la vie ; bien plus que vie et mort sont deux branches d'un même tronc, et que finalement tout aboutit à l'unité de l'être, qui, lui-même, fondu dans le non-être, est mystérieusement contenu par Dieu. Tout mythe poétique est un mythe religieux.
Chercher à travers ces secrets, découvrir les communications invisibles au commun c'est aller vers ce que j'appelle le Paradis terrestre
."

Henri Bosco - Lettre à Jean Steinmann, Pentecôte 1948, in "Jean Steinmann, Littérature d'hier et aujourd'hui" - Desclée de Brouwer, 1963.


Je souhaiterais ouvrir un fil sur cet auteur fabuleux, souvent négligé, oublié, mal compris. Considéré à tort comme un petit auteur provençal d'histoires pittoresques pour enfant, il est en réalité tout le contraire, un auteur puissant et complexe, mystique, aux frontières du fantastique et de l'ésotérisme.  Des thèses entières  passionnantes  sont consacrées à son œuvre, à leur dimension symbolique, à leurs relations avec Bachelard ou Novalis et les romantiques allemands notamment...

Pour exemple:
clic (pdf)

Je l'ai découvert enfant puis adolescent avec l'enfant et la rivière, le renard dans l'ile  ou l'âne culotte. J'ai plus tard été envouté par les sortilèges du Sanglier, d' Un Rameau de la nuit, L'Antiquaire  ou d'Une ombre.  Depuis je ne cesse de découvrir ses ouvrages, d'essayer d'en décrypter le sens, de me laisser transporter par leur poésie.

Je vais essayer au fur et à mesure de vous faire découvrir ses œuvres phares, peut-être de vous amener à le lire et je l'espère recueillir les lumières de ceux qui ont la chance de le connaître et de l'aimer.


Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

1925 Pierre Lampédouze,
1928 Eglogues de la mer,
1928 Irénée,
1929 Le Quartier de sagesse,
1932 Le Sanglier, Pages 1, 8, 10
1935 Le Trestoulas et L'Habitant de Sivergues, Page 13
1937 L'Âne Culotte, Page 9,
1940 Hyacinthe, Page 1, 4, 7, 14
1942 L'Apocalypse de Saint Jean,
1944 Bucoliques de Provence,
1945 Le Jardin d'Hyacinthe,
1945 Le Mas Théotime, Pages 1, 3, 12 ,
1945 L'Enfant et la Rivière, Pages 1, 3, 6, 10, 16, 17
1947 Monsieur Carre-Benoît à la campagne,
1948 Sylvius, Page 8, 15,
1948 Malicroix, Pages 4, 5, 13, 14, 16,
1949 Le Roseau et la Source,
1950 Un rameau de la nuit, Pages 8, 11, 14, 18
1950 Alger, cette ville fabuleuse,
1950 Des sables à la mer. Pages marocaines,
1951 Sites et Mirages,
1952 Antonin, Page 9,
1954 L'Antiquaire, Pages9, 10
1956 La Clef des champs,
1956 Le Renard dans l'île,
1956 Les Balesta, Page 8,
1957 Sabinus,
1957 Barboche,
1958 Bargabot,
1959 Bras-de-fer,
1959 Saint Jean Bosco,
1961 Un oubli moins profond, Page 10
1962 Le Chemin de Monclar,
1963 L'Épervier,
1966 Le Jardin des Trinitaires,
1967 Mon compagnon de songes,
1971 Le Récif,
1972 Tante Martine, Page 16,
1978 Une ombre,
1980 Des nuages,

Citation :
mise à jour Le 24/11/2016 à la page 18


On a fait une Lecture en commun pour cet auteur

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).


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Marko
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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Sam 13 Sep 2008 - 23:28



Le Sanglier (1931)


Ce roman initiatique est l'un de ses premiers ouvrages et aussi le premier à m'avoir captivé et ouvert les portes de son univers (les récits d'enfance mis à part): La Provence, plus précisément le Luberon (pas de é!), non pas comme lieu géographique à connotation régionaliste, mais comme espace mental, cosmogonique, où les forces terrestres primitives génèrent d'étranges sortilèges. Le réel et l'imaginaire s'y confondent. Le sanglier est le symbole dans la mythologie celtique de l'intelligence, du savoir. Le narrateur confronté aux forces de la nature dans laquelle il s'immerge l'affrontera comme une part de lui-même.

Le roman se lit comme un récit fantastique mystérieux et inquiétant. C'est envoutant, passionnant. On voudrait être un initié et en percevoir tout le sens mystique. Il n'est pas nécessaire pour autant d'en posséder les clés pour l'apprécier.

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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bix229
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MessageSujet: Henri Bosco   Sam 13 Sep 2008 - 23:33

Excellente idée !
J'ai redécouvert récemment Henri Bosco en lisant L'Ane Culotte et ce livre m'a tellement plu que j'ai relu Le Mas Théotime et acheté Hyacinthe, Malicroix,
L'Enfant et la rivière, Le Renard dans l'ile et le Jardin de Hyacithe, que je
compte lire dans les mois à venir.
C'est bien vrai que Bosco dépasse tous les clichés qui ont cours sur la Provence et que c'est un excellent romancier.
A noter que la plupart des livres de Bosco sont trouvables en poche chez
Folio.
colibri
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coline
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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Sam 13 Sep 2008 - 23:38

Je me souviens plus particulièrement de L'enfant et la rivière.

Extrait:

« La barque reposait tout près de l’île. Du rivage, on ne pouvait l’apercevoir. L’ombre des arbres la couvrait.
Je m’étais installé au banc de proue. De là je pouvais commodément surveiller le rivage.
Rien n’y bougeait.
L’attente fut longue, mais je n’avais pas envie de dormir. Je voulais, moi aussi, même de loin, voir quelque chose.
L’âme se manifesta vers minuit.
Elle marcha le long du rivage, écarta un buisson et descendit sur la grève. Elle m’y apparut, comme un petite blancheur. Cette blancheur erra un moment, puis s’approcha de l’eau. C’est alors que je perdis la tête. Je détachai la barque du mouillage, et tout doucement, à la perche, je la poussai. Elle m’obéit et se mit à glisser sur l’eau noire. Il fait si nuit, pensai-je, que l’âme ne me verra pas. C’est impossible. Moi, si je l’aperçois, c’est qu’elle est blanche…Malgré cette blancheur, je n’arrivais pas à la distinguer. Avait-elle une forme ? J’avançais cependant vers elle ; mais immobile sur la grève, elle n’était toujours qu’une tache dans l’ombre. Au milieu de cette même ombre, sans doute ne me voyait-elle pas lentement arriver. Soudain, elle poussa un léger cri : je venais de surgir près du rivage. »


Henri Bosco
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Marko
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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Sam 13 Sep 2008 - 23:43

bix229 a écrit:
Excellente idée !
J'ai redécouvert récemment Henri Bosco en lisant L'Ane Culotte et ce livre m'a tellement plu que j'ai relu Le Mas Théotime et acheté Hyacinthe, Malicroix,
L'Enfant et la rivière, Le Renard dans l'ile et le Jardin de Hyacithe, que je
compte lire dans les mois à venir.

Certains de ses romans sont plus puissants et profonds que les autres. J'aime énormément un rameau de la nuit et une ombre, son dernier livre inachevé qui est vraiment prodigieux avec des réminiscences du mythe d'Orphée et Eurydice. Le titre "une ombre" fait référence aux Géorgiques de Virgile.


_________________
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Nathria
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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Dim 14 Sep 2008 - 9:31

"Le mas Théotime" que j'avais découvert au collège. Nostalgie drunken
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Marko
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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Dim 14 Sep 2008 - 11:41

Nathria a écrit:
"Le mas Théotime" que j'avais découvert au collège. Nostalgie drunken

Oui très belle histoire!



Quatrième de couverture:
"Quelquefois, tapi sous la haie d'aubépine, je l'épiais, surtout le matin, à l'heure où les enfants sont le plus légers. J'étais ému de la voir courir çà et là, sans but apparent. Jamais elle ne regardait de mon côté. Quelquefois, essoufflée par l'ardeur de sa course, elle s'arrêtait, haletante, à deux pas de ma cachette. Et alors je la voyais bien, car je pouvais la regarder à loisir. Elle avait de grandes jambes nues, griffées par les ronces, deux yeux verts très foncés, et quelques taches de rousseur sur les bras, au cou. Je la trouvais laide et effrontée".

Résumé du livre (Evene.fr)

La vie paisible de Pascal Dérivat, le narrateur, la sagesse qu'il doit à sa terre sont un moment bouleversées par le séjour au mas Théotime de sa cousine, Geneviève, créature étrange et passionnée, qui déchaîne plus d'un orage et qui, dit-on, est dotée d'un mystérieux pouvoir sur les animaux.

«Peut-être la paix est-elle plus que le bonheur.»
[ Henri Bosco ] - Extrait de Le mas théotime

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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Dim 14 Sep 2008 - 12:26

Oh oui, L'enfant et la rivière fait partie de ces livres magiques de mon enfance. Avec les illustrations de Georges Lemoine. drunken



Je ne sais pas pourquoi, mais pour moi, ce roman est indissociable du Pays où l'on n'arrive jamais, d'André Dhôtel.
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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Dim 14 Sep 2008 - 12:59

Il y a dans Parfum de Livres des choses que j'aime beaucoup et d'autres que j'aime...moins.Il en est ainsi pour chacun.Mais parmi celles que j'aime se trouve le plaisir de voir ressortir un auteur complètement oublié,depuis assez longtemps.C'est le cas de Bosco et ça me donne très envie de retourner voir chez lui.
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bix229
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MessageSujet: Henri Bosco   Dim 14 Sep 2008 - 15:22

On comprend mieux l'oeuvre de Bosco quand on connait le Luberon.
A condition d'oublier ce qu'il est devenu, un site hyper touristique, le lieu des résidences secondaires de la bourgeoisie d'Aix et de Marseille et des
stars du show biz.
Il faut y aller à la fin de l'hiver ou au début du printemps. On voit un paysage apre et tourmenté, nettoyé jusqu'à l'os par le mistral qui balaie
ces étendues de plaines, de colines, de falaises et de bois de pins. De vignes et de vergers. De monuments anciens, d'abbayes et de bories.
De villages perchés, aux maisons incroyablement belles harmonieusement
coulés, au point de n'apparaitre parfois que lorsqu'on y est dedans.
Ou que la lumière tranchante du matin ou de la fin d'après midi les incendie.
Et puis vous voyez soudain les premiers arbres en fleurs, les amandiers,
qui donnent une touche de douceur et de fragilité émouvante et de bien
etre immédiat. En espérant qu'ils résisteront au gel et au mistral.
En parcourant ces paysages, moi qui ne suis pas voyageur, j'ai eu l'impression de voir un des plus beaux paysages du monde.
Evident, magnifique, mais aussi contrasté et secret. Un paysage qui demande de l'attention, de la patience, du respect pour le découvrir.
Et ce paysage, Bosco l' a compris et intégré à son oeuvre, comme Giono
l'a fait pour Les Alpes de Haute Provence.
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bix229
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MessageSujet: Henri Bosco   Dim 14 Sep 2008 - 15:34

Pour compléter mon propos,essayez de trouver le superbe ouvrage de
Jean Paul Clébert : Mémoire du Luberon -2 vol.- édité par Herscher.
colibri
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Marko
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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Dim 14 Sep 2008 - 16:26

bix229 a écrit:
On comprend mieux l'oeuvre de Bosco quand on connait le Luberon.
Et ce paysage, Bosco l' a compris et intégré à son oeuvre, comme Giono
l'a fait pour Les Alpes de Haute Provence.

Merci pour cette belle description d'un lieu que je connais bien et dont tu as parfaitement restitué l'atmosphère. Il y a malgré tout encore beaucoup de villages authentiques, de vieilles légendes, parfois un certain mystère et quelques superstitions...

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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Dim 14 Sep 2008 - 23:30


Hyacinthe (1940)
« Nous voulons donc mener nos songes en suivant l’inspiration d’un grand songeur. En suivant Bosco, nous pouvons découvrir la profondeur des rêveries d’une enfance maintenue en ses songes. Nous entrons avec Bosco dans le labyrinthe où se croisent les souvenirs et les songes ».
Gaston Bachelard

Dans son dernier ouvrage "La flamme d'une chandelle" qui est un essai sur le pouvoir du rêve et de l'imagination, Gaston Bachelard fait régulièrement référence à l'œuvre d' Henri Bosco et notamment à Hyacinthe qu'il considère comme son livre le plus étrange et le plus beau. Cet essai est un hommage d'un poète à un autre poète. Et son titre fait référence au début de Hyacinthe qui décrit une lampe qui s'allume et que Bachelard considère comme "le premier mystère d'un roman psychologiquement mystérieux".

http://noelpecout.blog.lemonde.fr/2008/09/01/cosmogonie-doc-la-flamme-qui-eclaire-les-jours-anterieurs-a-nos-jours/
Extrait de Malicroix et la symbolique du feu

Résumé du livre (site sur Henri Bosco):

"Hyacinthe a été enlevée et élevée par un mystérieux vieillard, dans l'isolement d'un paradis qu'il essaie de recréer. Un jour, elle s'enfuit pour trouver l'homme qu'elle aime, Constantin.
Ce livre est plus qu'un récit, plus qu'un roman, c'est une incantation qui reflète toutes les nuances du rêve. Qu'est-ce que Hyacinthe sinon le symbole de l'impossible et nécessaire amour, secret des hommes et de Dieu, mystère de l'être sans lequel aucune vie ne possède de réalité ?"


Hyacinthe est le second volet d'un cycle qui porte son nom et qui commence avec L'âne Culotte puis se poursuit avec Le jardin d'Hyacinthe et se termine avec Mon compagnon des songes. Mais il est certainement le plus beau, le plus magique. Il se lit comme de la pure poésie et il y a tout un sous-texte symbolique qui renvoit à la mythologie des Templiers, à La Bible, aux révélations magique de l'Orient.

Je recommande de lire le cycle dans sa continuité pour s'attacher aux personnages et suivre leur aventure. Encore une fois on peut faire totalement abstraction des références mythologiques multiples et le lire comme un roman d'apprentissage très divertissant.

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Dernière édition par markofr le Mar 4 Nov 2008 - 20:37, édité 1 fois
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coline
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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Lun 15 Sep 2008 - 0:38

Je remets ici ce passage pris dans le lien que tu indiques...On n'ouvre pas toujours les liens...C'est tout simplement magnifique...

De temps à autre, j’ali­mentais le feu en y posant une racine. La racine craquait; le foyer, assombri d’abord, chauffait le bois. L’écorce fendue s’enflammait et, sur la braise incandescente, une langue vive montait, qui se balançait dans l’air noir, comme l’âme même du feu. Cette créature vivait au ras du sol, sur son vieux foyer de briques. Elle y vivait avec patience ; elle avait la ténacité des petits feux qui durent et lentement creusent la cendre. C’était certes un de ces feux d’une an­tique origine, qui jamais n’ont cessé d’être nourris et dont la vie a persisté, à l’abri de la cendre, sur le même foyer, depuis des années innombrables.
Ces feux entretiennent en nous la chaleur nécessaire à l’arrivée des songes, et ils ont sur notre mémoire une puissance telle que les vies immémoriales sommeillant au delà des plus vieux souvenirs s’éveillent en nous à leur flamme, et nous révèlent les pays les plus pro­fonds de notre âme secrète. Seuls, ils éclairent, en deçà du temps qui préside à notre existence, les jours antérieurs à nos jours et les pensées inconnaissables dont peut-être notre pensée n’est souvent que l’ombre. A contempler ces feux associés à l’homme par des millénaires de feu, on perd le sentiment de la fuite des choses ; le temps s’enfonce dans l’absence ; et les heures nous quittent sans secousse… Il ne reste d’humain en nous que la chaleur ; car nous ne voyons plus la flamme qui la communique. Nous sommes nous-mêmes ce feu fami­lier qui brûle au ras du sol depuis l’aube des âges, mais dont toujours une pointe vive s’élève au-dessus du foyer où veille l’amitié des hommes.
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Marko
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MessageSujet: Re: Henri Bosco   Lun 15 Sep 2008 - 0:46

coline a écrit:
Je remets ici ce passage pris dans le lien que tu indiques...On n'ouvre pas toujours les liens...C'est tout simplement magnifique...

Merci Coline! J'en frissonne encore en te (le) relisant! C'est sublime drunken

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