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 Valery Larbaud

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kenavo
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MessageSujet: Valery Larbaud   Dim 14 Sep 2008 - 20:00



Citation :
(Vichy, 29 août 1881 - Vichy, 2 février 1957) est un écrivain français.
Unique enfant du pharmacien Nicolas Larbaud (cinquante-neuf ans à la naissance de son fils) et d’Isabelle Bureau des Etivaux (trente-huit ans), il n’a que huit ans lorsque son père décède en 1889. Élevé par sa mère et sa tante, il obtient sa licence ès-lettres en 1908. En décembre 1908, pour le prix Goncourt, Octave Mirbeau vote pour Poèmes par un riche amateur que Larbaud a publiés sans faire connaître sa véritable identité.
La fortune familiale (son père était propriétaire de la source Vichy Saint-Yorre) lui assure une vie aisée qui lui permet de parcourir l’Europe à grands frais. Paquebots de luxe, Orient-Express, Valery Larbaud mène la vie d'un dandy et se rend dans les multiples stations thermales pour soigner une santé fragile.
Son roman Fermina Márquez, consacré aux amours de l'adolescence et souvent comparé au Grand Meaulnes d'Alain-Fournier, obtient quelques voix au Goncourt en 1911.
Il parle anglais, allemand, italien et espagnol. Il fait connaître les grandes œuvres étrangères : Samuel Butler, dont il fut le traducteur, ainsi que James Joyce dont il fut correcteur-superviseur pour la traduction d'Ulysse, laquelle, réalisée principalement par Auguste Morel à partir de 1924, continue jusqu'en 1929.
Quand il revient à Vichy, il reçoit ses amis, Charles-Louis Philippe, André Gide, Léon-Paul Fargue et Jean Aubry qui fut son biographe. Atteint d’hémiplégie et d’aphasie en novembre 1935, il passe les vingt-deux dernières années de sa vie cloué dans un fauteuil. Il sera durant ces années soigné avec dévouement par le professeur Théophile Alajouanine, spécialiste des aphasies, qui deviendra son ami et écrira sa biographie. Ayant dépensé toute sa fortune, il doit revendre ses propriétés et sa bibliothèque de quinze mille volumes en 1948, en viager, à la ville de Vichy. Il décède à Vichy en 1957, sans descendance.
L’association internationale des Amis de Valery Larbaud décerne chaque année un prix littéraire attribué à l’auteur d'un livre « que Larbaud aurait aimé lire ». Le centre culturel de Vichy, depuis 1985, et le nouveau lycée professionnel de Cusset, depuis 1999, portent son nom. La médiathèque de la ville conserve son mobilier et sa riche bibliothèque (reliures marquées « VL ») et y organise des visites.
Grand lecteur, grand traducteur, il s'était entouré de livres qu'il avait fait relier selon leurs langues : les romans anglais en bleu, les espagnols en rouge, etc.
Source : Wikipedia


De la préface du livre 200 chambres 200 salles de bains :

Valery Larbaud a reconnu très jeune cet élan essentiellement humain de se trouver ailleurs. C’était un voyageur dans l’espace et le temps, un fin connaisseur des lieux mais aussi un explorateur du passé, et de cet instrument du passé qu’est la langue. Sa profession (pour l’appeler ainsi) de traducteur résultait tout autant de sa condition de lecteur exemplaire et d’écrivain talentueux que de son envie de parcourir le monde, car traduire consiste à transposer d’un ensemble linguistique à un autre un bagage narratif et imaginaire. Dans ce sens, le traducteur, tel que Valery Larbaud l’entendait, est un conducteur de caravanes.
Albert Manguel

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kenavo
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Dim 14 Sep 2008 - 20:01


200 chambres 200 salles de bains

Citation :
200 chambres 200 salles de bains est écrit au Palace Hôtel de Bussaco, non loin de Coimbra, au Portugal. En cette nuit d’insomnie, Valery Larbaud évoque le voyage, la vie d’hôtel et ses personnages, avec la particularité, ainsi que le souligne Alberto Manguel dans sa préface, de proposer « un livre de voyage à l’arrêt, où l’écrivain s’assied et observe tandis que le monde avance sous ses yeux comme un fleuve qui coule. »
Site de la maison d'éditions

Lors de la lecture en commun qui se concentre pour l'instant sur le Portugal, je cherchais pour le fil des voyages virtuels un lieu au Portugal pour faire un voyage avec vous - à ce moment je suis 'tombé' sur Valery Larbaud et son livre.. que je voulais donc lire avant de proposer le lieu pour les voyages Wink

Et le voyage se fait ICI

Des jours passaient sur ces foules, sur la ville grande ouverte comme un album inlassablement feuilleté près des hautes fenêtres, jusque sous la dernière clarté du jour, jusqu’à ce qu’on n’y voyait plus. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes traversaient la place, étaient vus, regardés, accompagnés par une pensée vigilante, par un sentiment de tendresse, et pas un, pas une, jamais, ne levait les yeux vers ces fenêtres… Quand je pourrai enfin sortir, je passerai exactement où passe cet homme, et arrivé devant l’entrée du Conseil d’ État, je me retournerai pour regarder cette fenêtre, ma fenêtre, et chaque fenêtre l’une après l’autre, et les gens qui vivent dans ces chambres verront que dans cette foule quelqu’un a le temps de penser à eux.

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coline
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Sam 25 Juil 2009 - 19:07

ALLEN

Les Editions Sillage ont ré-édité ce texte de Valéry Larbaud qui parut dans la Nouvelle Revue Française en 1927.
L’auteur a dit qu’il s’agissait d’« Un voyage par la route, de Paris au centre de la France. ».

Celui qu’on appellera Le Poète propose à quatre de ses amis parisiens d’étrenner sa nouvelle voiture en se rendant dans sa région d’origine, le Bourbonnais (« capitale » : Moulins ).
«Donnez-moi quatre jours pleins. Le 28 à huit heures du matin? Parvis Notre-Dame, côté statue de Charlemagne. On attendra les retardataires jusqu'à huit heures trois quarts, dernière limite. »

Le texte consiste en un dialogue incessant entre les amis qui observent tout au long de la route les villes de province, la vie qu’on y mène. Ils dissertent sur l’esprit de ces villes.
(Un peu « parigots têtes de veaux » les amis !… jemetate )
Leur dialogue est une satire de la province. Ils évoquent son sectarisme et sa rusticité.
Les cousins du poète, par exemple, n’apprécient guère ses manières, ses lectures et ses mœurs citadines :« mon genre de vie, mes occupations, les opinions que j’exprimais leur étaient odieux. »

Pire !...La provincialisation peut être contagieuse !... :
« J’ai vu jadis la rapide provincialisation d’un couple de bons bourgeois parisiens, des cousins à moi, qui étaient allés vivre dans une petite ville du Centre-Ouest. Vraiment, une chute, une déchéance, comme celle que produisent les drogues ou l’abus de somnifères. […] j’ai vu comment ils se laissèrent envahir par la rusticité de leur nouveau milieu. […] La femme se laissa tout de suite aller.[…] Elle se négligeait ; bientôt j’eus peine à reconnaître en elle la jeune femme élégante que j’avais accompagnée à des concerts, à des expositions.[…] Au bout de quatre ans, je les trouvais tous deux rudes, farouches, imbibés d’un ennui contagieux »

Le Poète s’ennuya donc longtemps au cours des séjours forcés (pour raisons familiales) qu’il devait faire en Bourbonnais. « Je l’appelais l’Exil, la Réclusion, la Thébaïde, le Sépulcre ».

Pourtant…pourtant…au fil du temps, il se mit à l’aimer ce havre de paix, ce lieu de « retirance »…C’est pourquoi il y emmène ses meilleurs amis.

Et les voilà à rêver de « Faire reluire ce qui est terni, éclairer ce qu’on a obscurci, réparer et nettoyer les vieux jouets de la civilisation relégués dans les combles ».
Ils rêvent d’une région rajeunie brillant des couleurs de l’Europe.
Et l’Europe d’Allen renvoie à la communauté des Arts et de la Culture (il y a dans la voiture un poète, un éditeur, un bibliophile).

« Nous rebâtirions le palais ducal, nous fonderions une université, un conservatoire de musique et de chant, un grand théâtre, un opéra. […] Nousferionsde cette ville une résidence où un Goethe, un Wagner pourraient vivre dans leclimat d’une courd’esprits choisuis, et faire parler de nous dans le monde, et faire venir le monde ici. »

(A Moulins ?... Shocked... Reviens Larbaud !... cheers )

Bref…L’exaltation est à son comble quand ils arrivent au bout du voyage. Valéry Larbaud parlait à propos d’Allen d’« Un éloge du Bourbonnais ». Mais c’eût été un peu juste de faire simplement une étude sur le Bourbonnais, alors il fait tenir aux passagers de la voiture un propos internationaliste.



Bon …tout de même…Quelques jolies lignes sur Moulins (Je ne suis pas sûre que la ville ait tellement changé depuis 1927… »La rêveuse » s’est complètement endormie…Mais je l’aime… content ) :

- Elle me plaît votre petite capitale. J’aime voir à travers la verdure tendre ces belles façades de briques roses et noires
[…]
- C’est la ville de Théodore de Banville. Les briques roses, le pont construit par son aïeul, les grands jardins entourés de murs. Ville lévitique aussi, avec tant de couvents tintants. Et aux beaux soirs d’été, ville rêveuse, attendrie, sous les longs tournoiements et les cris d’hirondelles. Dans la géographie de la France, Moulins doit être une des villes les plus importantes du Centre. Peut-être à cause du silence de ses jardins. »



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Marie
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Sam 25 Juil 2009 - 20:14

Les critiques littéraires parlent beaucoup du Journal de Valery Larbaud
voir ici
1602 pages.. quand même!!!

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coline
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Sam 25 Juil 2009 - 21:32

Marie a écrit:
Les critiques littéraires parlent beaucoup du Journal de Valery Larbaud
voir ici
1602 pages.. quand même!!!

Je l'ai vu sur la table chez ma libraire...Je ne me sentirais pas d'attaque...C'est trop... content
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kenavo
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Sam 25 Juil 2009 - 21:37

merci pour ton commentaire Very Happy
coline a écrit:
Je l'ai vu sur la table chez ma libraire...Je ne me sentirais pas d'attaque...C'est trop... content
de même pour moi.. même si je me dis qu'on peut lire un tel livre 'de temps en temps' - je sais que je ne vais pas y arriver... donc, pour l'instant je n'y pense même pas, même si j'ai, tout comme Marie, n'entendu et lu que du bon sur ce livre Wink

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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Sam 25 Juil 2009 - 21:42

kenavo a écrit:
merci pour ton commentaire Very Happy

As-tu reconnu Moulins dans les mots de Valéry Larbaud?... Very Happy
( conciliabule ...Tu n'aurais pas une petite photo des façades en briques roses et noires?)
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Sam 25 Juil 2009 - 21:50

coline a écrit:
As-tu reconnu Moulins dans les mots de Valéry Larbaud?... Very Happy
( conciliabule ...Tu n'aurais pas une petite photo des façades en briques roses et noires?)
je n'ai pas lu ce livre - et en lisant ton commentaire, mes yeux étaient tout de suite attirés par cheers et j'ai vu Moulins.. donc, je ne sais pas si j'aurais trouvé sans ton indice Wink

concernant mes photos prises à Moulins - ils sont ici
malheureusement pas trop de Moulins Very Happy

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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Sam 25 Juil 2009 - 21:57

kenavo a écrit:
coline a écrit:
As-tu reconnu Moulins dans les mots de Valéry Larbaud?... Very Happy
( conciliabule ...Tu n'aurais pas une petite photo des façades en briques roses et noires?)
je n'ai pas lu ce livre - et en lisant ton commentaire, mes yeux étaient tout de suite attirés par cheers et j'ai vu Moulins.. donc, je ne sais pas si j'aurais trouvé sans ton indice Wink

concernant mes photos prises à Moulins - ils sont ici
malheureusement pas trop de Moulins Very Happy

La première du lundi conviendrait ...Cela t'ennuie de la mettre ici?... danse...
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kenavo
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Sam 25 Juil 2009 - 22:06

Nous voilà à Moulins:



Very Happy

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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Sam 25 Juil 2009 - 22:08

kenavo a écrit:
Nous voilà à Moulins:



Very Happy

Avec "ses belles façades de briques roses et noires"...(V. Larbaud)
(Bon, c'est vrai...sur la photo ici ce n'est pas ce qu'il y a de plus beau... content )

Merci Kenavo!
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Dim 9 Aoû 2009 - 12:12

Un regardant la partie "Livres" de Libé j'ai trouvé ça:
Les très riches heures de Valery Larbaud
Apparement a paru une énorme «édition définitive» de son Journal.
Je vois que sur Télérama, ils en parlent aussi... mais vous l'avez déjà souligné plus haut.
sourire
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coline
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Lun 10 Aoû 2009 - 0:09

Lara a écrit:
Un regardant la partie "Livres" de Libé j'ai trouvé ça:
Les très riches heures de Valery Larbaud
Apparement a paru une énorme «édition définitive» de son Journal.
Je vois que sur Télérama, ils en parlent aussi... mais vous l'avez déjà souligné plus haut.
sourire

Oui, il a déjà été évoqué mais tu fais bien d'en reparler parce que les critiques sont bonnes...
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colimasson
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Lun 16 Avr 2012 - 15:21

Amants, heureux amants... (1920-1923)


Le regroupement des trois nouvelles d’Amants, heureux amants… n’est pas dû au hasard. Elles déclinent le même thème des hésitations amoureuses dans la vie d’un jeune oisif parisien du début du 20e siècle. Dans une vie qui ne comporte plus aucun obstacle social ni économique, les héros de ces différentes nouvelles ne peuvent s’empêcher de faire turbiner leur cervelle. Leurs neurones jettent leur dévolu sur le moindre cancan et toute demoiselle qu’ils jugent convenable devient la proie de machinations diaboliques qui ont pour but de raviver une vie ternie par l’opulence. Là où il n’y a pas de problèmes, il semble que l’homme s’ennuie et dépérisse. Ce qui est magnifique avec les histoires sentimentales, c’est que le nombre de tourments qu’il est possible de susciter à base d’adultères, de mensonges, d’hésitations et de bravades d’interdits est presque infini. Et Larbaud s’en repaît.

Derrière ses personnages masculins, jeunes riches et oisifs, qui voyagent d’une ville à une autre sans se soucier du lendemain, on découvre en effet le reflet de l’existence de l’écrivain. Les mises en scène de ses textes représentent ses propres interrogations et traduisent les tiraillements qu’il ressent lorsque, coincé dans une époque conservatrice et puritaine, il affronte avec violence l’irrationalité des passions qui s’éteint avec la vie de couple mais se ranime à la vue d’une charmante paire de jambes.

Ces nouvelles ont mal vieilli, que ce soit au niveau de la forme comme en ce qui concerne le fond. Le style est prétentieux, bariolé de références antiques et de babillage italien qui font la plus grande gloire d’un esprit marqué par la vanité. Le résultat sonne aussi faux et guindé que les plans tordus qu’imaginent les héros de ces textes, persuadés qu’une vie pleine de complications sentimentale saura redonner de la vigueur à leur triste existence de privilégié. Difficile de s’attacher ou de s’identifier à ces beaux parleurs dont la vacuité semble immense. Une fois leurs misérables histoires d’amour achevées, que leur reste-t-il ? Rien… Ils continuent d’errer de par le monde avec des airs de grands seigneurs à qui tout est dû. Si leurs réflexions sur les conventions qui dominaient la vie amoureuse au début du 20e siècle pouvaient alors être novatrices et perturbantes, aujourd’hui, elles font figure de provocations faciles. Ce n’est pas que les conventions régnant en ce domaine aient complètement disparu actuellement, mais on comprend que derrière la contestation des valeurs bourgeoises, Larbaud ne cherche pas à rénover une pensée étriquée pour le bien-être général mais pour son bien-être exclusif, afin de pouvoir profiter au mieux de jeunes fleurs et d’en jouir complètement jusqu’à épuisement de leurs ressources. Le tout se dissimule derrière un ton emprunté et galant qui ne survivrait sans doute pas à la prise de recul critique ou à la dérision.

Seul avantage de ces textes ? Ils présentent le mérite d’être brefs. Peut-être est-ce là la manifestation d’une portée critique de Larbaud sur ses écrits. Comprenant que ses personnages ne méritaient pas que l’on s’attarde sur eux plus de cinquante pages, il aura préféré, très judicieusement, couper court à leurs réflexions creuses en les abrégeant par des points de suspension salutaires.

Un extrait purement parfumé :

Citation :
« Finies les scènes à propos de rien, les averses de larmes, les menaces de suicide, les crises de sanglots, les étouffements –et les invitations acceptées auxquelles on ne va pas. Seul chez moi, avec mes livres, tranquille. »

(et qui fait plaisir à lire après des pages et des pages de tourments amoureux à la B.C.)

_________________

J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Valery Larbaud   Mer 26 Juin 2013 - 16:00

Le Masque
J’écris toujours avec un masque sur le visage ;
Oui, un masque à l’ancienne mode de Venise,
Long, au front déprimé,
Pareil à un grand mufle de satin blanc.
Assis à ma table et relevant la tête,
Je me contemple dans le miroir, en face
Et tourné de trois quarts, je m’y vois
Ce profil enfantin et bestial que j’aime.
Oh, qu’un lecteur, mon frère, à qui je parle
A travers ce masque pâle et brillant,
Y vienne déposer un baiser lourd et lent
Sur ce front déprimé et cette joue si pâle,
Afin d’appuyer plus fortement sur ma figure
Cette autre figure creuse et parfumée.

Les Poésies de A.O. Barnabooth
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