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 Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune

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Marko
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MessageSujet: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyLun 15 Sep 2008 - 23:57

Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune Debuss10

CLAUDE DEBUSSY (1862-1918)

« Prélude à l’après-midi d’un faune » (1892/94)

« C'est avec la flûte du faune que commence une respiration nouvelle de l'art musical, non pas tellement l'art du développement musical que sa liberté formelle, son expression et sa technique. L'emploi des timbres y est essentiellement nouveau, d'une délicatesse et d'une sûreté de touche tout à fait exceptionnelles ; l'emploi de certains instruments comme la flûte, le cor ou la harpe, y est caractéristique de la manière dont Debussy les employa dans ses oeuvres les plus tardives ; les bois et les cuivres y trouvent une légèreté de main et une sûreté d'emploi telles que l'on se trouve en présence d'un miracle d'équilibre et de clarté sonore. Cette partition possède un pouvoir de jeunesse qui n'est pas encore épuisé, et, de même que la poésie moderne prend sûrement racine dans certains poèmes de Baudelaire, on peut dire que la musique moderne commence avec L'Après-midi d'un Faune. » (Pierre Boulez, Encyclopédie de la Musique. Fasquelle, 1958.)

Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune Nijins10
Affiche du Ballet de Ninjiski qui fit scandale en 1912

Comme je l’ai proposé en arrivant sur parfum de livres, j’aimerais partager quelques œuvres phares de la musique « classique » du XXe siècle. Il est de tradition de commencer par « Prélude à l’après midi d’un faune » qui marque un tournant radical dans l’histoire de la musique, rompant avec Wagner (qu’il admirait) et le post-romantisme (allant de Bruckner et Mahler à Strauss), mais aussi accompagnant les mouvements artistiques de l’époque. L’univers de Debussy est souvent à tort qualifié d’impressionniste alors que son univers souvent onirique et mystérieux, orientalisant et voluptueux, le rapproche bien davantage du symbolisme et des PréRaphaélites.

Cette courte pièce musicale d’environ 11’, où le son d’une flûte nous emmène dans une rêverie orchestrale aux textures sonores colorées et ondulantes, est inspirée par un poème de Stéphane Mallarmé qui décrit les désirs et les songes d’un faune dans la chaleur d’un après-midi. Maurice Ravel considérait cette œuvre comme un morceau de musique parfait.

J’aime particulièrement les versions enregistrées par Boulez ou Abbado.
Ici par Simon Rattle : http://fr.youtube.com/watch?v=B7tE1PvoSYI

Toute la musique de Debussy est magnifique et notamment ses pièces pour piano. Sans oublier son unique opéra (achevé), chef-d'œuvre symboliste, Pelleas et Melisande que j'évoque à la fin du fil sur Anish Kapoor.

Autre extrait :
« La Mer » 2e mouvement par Abbado : http://fr.youtube.com/watch?v=a2udZdSWXyE

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).


Dernière édition par markofr le Mar 16 Sep 2008 - 17:40, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyLun 15 Sep 2008 - 23:59

Poème de Mallarmé :

L'après-midi d'un faune.
Le Faune:
Ces nymphes, je les veux perpétuer.
Si clair,
Leur incarnat léger, qu'il voltige dans l'air
Assoupi de sommeils touffus.
Aimai-je un rêve?
Mon doute, amas de nuit ancienne, s'achève
En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
Bois même, prouve, hélas! que bien seul je m'offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses.

Réfléchissons...
ou si les femmes dont tu gloses
Figurent un souhait de tes sens fabuleux!
Faune, l'illusion s'échappe des yeux bleus
Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste:
Mais, l'autre tout soupirs, dis-tu qu'elle contraste
Comme brise du jour chaude dans ta toison?
Que non! par l'immobile et lasse pâmoison
Suffoquant de chaleurs le matin frais s'il lutte,
Ne murmure point d'eau que ne verse ma flûte
Au bosquet arrosé d'accords; et le seul vent
Hors des deux tuyaux prompt à s'exhaler avant
Qu'il disperse le son dans une pluie aride,
C'est, à l'horizon pas remué d'une ride
Le visible et serein souffle artificiel
De l'inspiration, qui regagne le ciel.

O bords siciliens d'un calme marécage
Qu'à l'envi de soleils ma vanité saccage
Tacite sous les fleurs d'étincelles, CONTEZ
« Que je coupais ici les creux roseaux domptés
» Par le talent; quand, sur l'or glauque de lointaines
» Verdures dédiant leur vigne à des fontaines,
» Ondoie une blancheur animale au repos:
» Et qu'au prélude lent où naissent les pipeaux
» Ce vol de cygnes, non! de naïades se sauve
» Ou plonge...
Inerte, tout brûle dans l'heure fauve
Sans marquer par quel art ensemble détala
Trop d'hymen souhaité de qui cherche le la:
Alors m'éveillerai-je à la ferveur première,
Droit et seul, sous un flot antique de lumière,
Lys! et l'un de vous tous pour l'ingénuité.

Autre que ce doux rien par leur lèvre ébruité,
Le baiser, qui tout bas des perfides assure,
Mon sein, vierge de preuve, atteste une morsure
Mystérieuse, due à quelque auguste dent;
Mais, bast! arcane tel élut pour confident
Le jonc vaste et jumeau dont sous l'azur on joue:
Qui, détournant à soi le trouble de la joue,
Rêve, dans un solo long, que nous amusions
La beauté d'alentour par des confusions
Fausses entre elle-même et notre chant crédule;
Et de faire aussi haut que l'amour se module
Évanouir du songe ordinaire de dos
Ou de flanc pur suivis avec mes regards clos,
Une sonore, vaine et monotone ligne.

Tâche donc, instrument des fuites, ô maligne
Syrinx, de refleurir aux lacs où tu m'attends!
Moi, de ma rumeur fier, je vais parler longtemps
Des déesses; et par d'idolâtres peintures
À leur ombre enlever encore des ceintures:
Ainsi, quand des raisins j'ai sucé la clarté,
Pour bannir un regret par ma feinte écarté,
Rieur, j'élève au ciel d'été la grappe vide
Et, soufflant dans ses peaux lumineuses, avide
D'ivresse, jusqu'au soir je regarde au travers.

O nymphes, regonflons des SOUVENIRS divers.
« Mon oeil, trouant les joncs, dardait chaque encolure
» Immortelle, qui noie en l'onde sa brûlure
» Avec un cri de rage au ciel de la forêt;
» Et le splendide bain de cheveux disparaît
» Dans les clartés et les frissons, ô pierreries!
» J'accours; quand, à mes pieds, s'entrejoignent (meurtries
» De la langueur goûtée à ce mal d'être deux)
» Des dormeuses parmi leurs seuls bras hasardeux;
» Je les ravis, sans les désenlacer, et vole
» À ce massif, haï par l'ombrage frivole,
» De roses tarissant tout parfum au soleil,
» Où notre ébat au jour consumé soit pareil.
Je t'adore, courroux des vierges, ô délice
Farouche du sacré fardeau nu qui se glisse
Pour fuir ma lèvre en feu buvant, comme un éclair
Tressaille! la frayeur secrète de la chair:
Des pieds de l'inhumaine au coeur de la timide
Qui délaisse à la fois une innocence, humide
De larmes folles ou de moins tristes vapeurs.
« Mon crime, c'est d'avoir, gai de vaincre ces peurs
» Traîtresses, divisé la touffe échevelée
» De baisers que les dieux gardaient si bien mêlée:
» Car, à peine j'allais cacher un rire ardent
» Sous les replis heureux d'une seule (gardant
» Par un doigt simple, afin que sa candeur de plume
» Se teignît à l'émoi de sa soeur qui s'allume,
» La petite, naïve et ne rougissant pas: )
» Que de mes bras, défaits par de vagues trépas,
» Cette proie, à jamais ingrate se délivre
» Sans pitié du sanglot dont j'étais encore ivre.

Tant pis! vers le bonheur d'autres m'entraîneront
Par leur tresse nouée aux cornes de mon front:
Tu sais, ma passion, que, pourpre et déjà mûre,
Chaque grenade éclate et d'abeilles murmure;
Et notre sang, épris de qui le va saisir,
Coule pour tout l'essaim éternel du désir.
À l'heure où ce bois d'or et de cendres se teinte
Une fête s'exalte en la feuillée éteinte:
Etna! c'est parmi toi visité de Vénus
Sur ta lave posant tes talons ingénus,
Quand tonne une somme triste ou s'épuise la flamme.
Je tiens la reine!
O sûr châtiment...
Non, mais l'âme
De paroles vacante et ce corps alourdi
Tard succombent au fier silence de midi:
Sans plus il faut dormir en l'oubli du blasphème,
Sur le sable altéré gisant et comme j'aime
Ouvrir ma bouche à l'astre efficace des vins!

Couple, adieu; je vais voir l'ombre que tu devins.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyMar 16 Sep 2008 - 7:26

Merci de cette présentation Markofr, si on faisait un top 10 d'oeuvres musicales, Pelléas et Mélisande ferait forcement partie de la mienne.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyMar 16 Sep 2008 - 8:31

Arabella a écrit:
Merci de cette présentation Markofr, si on faisait un top 10 d'oeuvres musicales, Pelléas et Mélisande ferait forcement partie de la mienne.

Pour moi aussi sans hésiter. C'est d'une beauté surnaturelle! Je l'associe à un autre sommet qui est "Le château de Barbe-Bleu" de Bela Bartok (1911) qui s'en inspire et en est une sorte de prolongement, entretenant certaines correspondances. J'en reparlerai.

Dommage que Debussy n'ait pas pu terminer "La chute de la maison Usher". Il adorait Edgar Poe et les fragments qu'on peut entendre laissent imaginer à regret l' étrange et fascinante direction que sa musique était en train de prendre...

On a ressuscité le premier opéra de jeunesse qu'il avait composé et jeté aux oubliettes "Rodrigue et Chimène". Et même si on est loin de la puissance de Pelleas, il y a quelques beaux passages.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyMar 16 Sep 2008 - 22:13

markofr a écrit:


Pour moi aussi sans hésiter. C'est d'une beauté surnaturelle! Je l'associe à un autre sommet qui est "Le château de Barbe-Bleu" de Bela Bartok (1911) qui s'en inspire et en est une sorte de prolongement, entretenant certaines correspondances. J'en reparlerai.

Entièrement d'accord sur le lien entre Pelléas et Le château de Barbe Bleu, j'attends avec impatience ton developpement, Bela Bartok est le musicien avec qui j'ai découvert la musique classique, et il gardera toujours une place particulière dans mon coeur.

markofr a écrit:

Dommage que Debussy n'ait pas pu terminer "La chute de la maison Usher". Il adorait Edgar Poe et les fragments qu'on peut entendre laissent imaginer à regret l' étrange et fascinante direction que sa musique était en train de prendre...

On a ressuscité le premier opéra de jeunesse qu'il avait composé et jeté aux oubliettes "Rodrigue et Chimène". Et même si on est loin de la puissance de Pelleas, il y a quelques beaux passages.


Rodrigue et Chimène, oui il y a des beaux passages, mais c'est tout de même plus une curiosité qu'autre chose, plus reservé aux passionnés de Debussy. Je ne connais pas La chute de la maison Usher, une découverte à faire.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyMer 17 Sep 2008 - 0:03

Arabella a écrit:
Je ne connais pas La chute de la maison Usher, une découverte à faire.

Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune 40064010

J’ai pu entendre « La chute de la Maison Usher » sur DVD qui est à ma connaissance le seul moyen actuel de découvrir cette musique. Il existe un enregistrement de Georges Prêtre de 1983 mais qui est difficile à trouver.
.
C’est une sorte de spectacle chorégraphié avec une belle scénographie de Phyllida Lloyd ( un très bon metteur en scène dont j’ai pu voir quelques opéras de Britten, notamment un Peter Grimes très intense) . Il commence avec « Prélude à l’après midi d’un Faune » et « Jeux » . « Usher » est une reconstruction à partir de morceaux épars de la partition. Il me semble que Debussy n’a composé que l’intégralité d’une scène. C’est donc une curiosité pas totalement convaincante mais émouvante pour les inconditionnels.

A propos de Debussy et Edgar Poe :

« Au cours de ses années de formation à Paris, Claude Debussy (1862-1918) découvre les Histoires extraordinaires d'Edgar Allan Poe, popularisées en France par la formidable traduction de Charles Baudelaire. Dès 1889, le conteur américain figure parmi ses auteurs fétiches. L’atmosphère inquiétante, pour ne pas dire déliquescente, de la Chute de la maison Usher retient particulièrement son attention, tout comme l’ironie grinçante du Diable dans le beffroi. Le compositeur songe très tôt à adapter musicalement l’un puis l’autre conte, sans doute d’abord sous une forme symphonique ».

Critique du DVD (sur classiquenews.com) :

Dans une ambiance kafkaienne, aux sombres angoisses, le héros Roderick Usher (Scott Hendricks) ne résiste pas mentalement à la malédiction qui hante les pierres de la maison familiale où sont morts tous ses parents, sa mère et plus récemment sa soeur, Lady Madeline. Dans cette fresque surnaturelle et fantastique, parfaitement respectueuse des climats de Poe, la perversité du médecin fait figure de principe moteur. Agent du mal, l'homme à lunettes cache une action perverse qui entend achever lentement le clan Usher jusqu'à son ultime rejeton, Roderik. Celui-ci est terrassé et terrifié, c'est une jeune âme seule vouée à la mort, fascinée aussi par les visions morbides qui l'habitent sans répit.
Ici, l'innocence et la pureté sont sacrifiées sans scrupule. On rêverait dans cette réalisation très soignée, de chanteurs à la diction française plus agissante et articulée. Mais la violence de la partition musicale de Debussy éprouve sans les ménager chacun des caractères scéniques. Preuve que l'impressionnisme musical du compositeur, transparent et flamboyant par ses multiples éclats, diffuse un dramatisme ardent dont l'intensité est constamment irrépressible.
Le geste de Foster garde dans cette évocation brumeuse, une précision stimulante qui renforce la confrontation des caractères, animant le contraste central (rapport sadique du médecin harcelant son patient trop fragile) en une danse macabre au dramatisme noir et fantastique. La beauté des décors, et plus encore leur expression énigmatique autant que suffocante, ajoute à la réussite globale. Dans un vaste écrin fermé, dont les parois vitrées qui reçoivent la pluie, Roderick ne paraît en effet avoir aucune issue. Violence, asphyxie, sacrifice, anéantissement... Spectacle mémorable.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyMer 17 Sep 2008 - 0:13

Pelleas et Melisande (1902)

Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune Melisa10
Marie Garden (Melisande à la première en avril 1902)
Là on est vraiment dans une toile préRaphaélite !

Je voulais terminer cette petite introduction à l’œuvre de Debussy par son chef-d’œuvre. L’ayant revu très récemment il m’est plus facile d’en parler. Je renonce à faire la synthèse de tout ce qui a été écrit en beaucoup mieux sur le sujet.

Pelleas et Melisande est donc le seul opéra achevé par Debussy. Il parlait d’ailleurs plutôt de « théâtre avec de la musique ». Il cherchait depuis longtemps une histoire intemporelle qui lui permette de créer un univers onirique, une exploration de l’inconscient (la psychanalyse est encore toute jeune), et la pièce symboliste de Maurice Maeterlinck (à qui l’on doit aussi le livret d’Ariane et Barbe-Bleue, l’opéra de Paul Dukas) lui parut idéale. La démarche symboliste s’opposant au naturalisme en cherchant à révéler l’invisible derrière la surface des choses.

L’histoire est une variante de Tristan et Iseult et raconte l’opposition entre 2 demi-frères (Golaud et Pelleas) amoureux d’une jeune femme mystérieuse et surnaturelle, Melisande, dont on « ne sait ni son âge, ni qui elle est, ni d’où elle vient » (extrait de la lettre de Golaud à son frère) qui amènera jalousie, violence et mort. Sous le regard du vieux roi Arkel le grand-père presque aveugle et de la mère de Golaud et Pelleas, Geneviève. Sans oublier le petit Yniold, enfant d’un premier mariage de Golaud, qui sera le témoin bien innocent et terrifié de la violence de son père.

L’histoire très simple en surface se révèle grâce à ses figures symboliques multiples d’une profondeur abyssale à l’image de la forêt sombre, de la mer infinie, du puits et du gouffre que contemplerons les personnages au fur et à mesure que le drame se déroule.

La musique fabuleuse de Debussy crée une enveloppe sonore somptueuse et continue, hypnotique, une sorte de transe dont l’intensité progresse insidieusement vers une un point culminant avant de retomber dans le silence.

C’est probablement une des plus belles œuvres musicales jamais composées et il m’est impossible d’en décrire plus précisément la magie.
Scandale à sa sortie. Les gens de l'époque n'y retrouvaient pas les grands airs lyriques traditionnels et étaient déroutés par ce "chant-parlé" (Sprechgesang en allemand) soutenu par les ondulations presque aquatiques de la musique.

Ma version préférée est celle d’Abbado avec, entre autres, José Van Dam et Christa Ludwig

Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune Cdpell10

Ici la transition entre la scène de la lettre et les jardins du château, dans la version Boulez avec mise en scène de Peter Stein: http://fr.youtube.com/watch?v=YuCmvQJamqQ

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyMer 17 Sep 2008 - 8:11

Très belle présentation Markofr.

Moi aussi j'ai une préférence pour la version d'Abbado, ce denier restitue vraiment merveilleusement toute la beauté de cette musique, son charme envoutant et mystérieux ainsi que sa sensualité.
Et José Van Dam est tout simplement le Golaud idéal.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyMer 17 Sep 2008 - 9:31

Arabella a écrit:
Moi aussi j'ai une préférence pour la version d'Abbado, ce denier restitue vraiment merveilleusement toute la beauté de cette musique, son charme envoutant et mystérieux ainsi que sa sensualité.

Oui c'est vrai. J'oubliais cette tension érotique qu'on retrouve à chaque scène dès le début (où Melisande semble avoir été victime d'une agression mystérieuse). Avec évidemment l'épisode de la tour où Pelleas s'empare des longs cheveux de Melisande pour entrer dans une jouissance extatique! (Les mises en scène qui montrent cette chevelure immense sont parfois un peu Kitch car c'est évidemment essentiellement symbolique). Pierre Audi dans le spectacle que j'ai vu à Bruxelles accentue beaucoup le côté sexuel de l'histoire et des personnages, parfois à la limite du contre-sens, en faisant d'Arkel un vieux roi libidineux et de Golaud un sadomasochiste. La scène avec son fils Yniold est assez perverse. Il le force à épier Melisande et Pelleas pour les surprendre en pleine action (supposée) et Yniold est complètement terrorisé...

Mais l'opéra est dans son ensemble très sensuel avec un côté orientalisant très envoutant.


Maintenant j'espère que les amateurs de musique vont prendre un peu le relais (bon c'est vrai on est à Parfum de livres) ... J'aimerais aussi vous lire et découvrir des musiques que je ne connais pas encore...

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyMer 17 Sep 2008 - 18:21

Il y aurait de choses à dire sur la mise en scène d'opéra, mais ce genre de débat d'après mon expérience dérappe assez vite dans la polémique et le désaccord généralisé.

Pour ce qui est des fils sur des musiciens, je veux bien faire un effort et parler si cela t'intéresse de Szymanowski (l'influence de Debussy est sensible dans certaines oeuvres) d'autant plus que l'Opéra de Paris doit donner son opéra Le roi Roger cette saison (pour la première fois en France en version non de concert) et de Lutosławski qui est un de mes musiciens préférés. Mais vu l'étendu de tes connaissance musicales, tu connais peut être très bien.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyMer 17 Sep 2008 - 23:53

Arabella a écrit:
Pour ce qui est des fils sur des musiciens, je veux bien faire un effort et parler si cela t'intéresse de Szymanowski (l'influence de Debussy est sensible dans certaines oeuvres) d'autant plus que l'Opéra de Paris doit donner son opéra Le roi Roger cette saison (pour la première fois en France en version non de concert) et de Lutosławski qui est un de mes musiciens préférés. Mais vu l'étendu de tes connaissance musicales, tu connais peut être très bien.

Avec grand plaisir. Je connais bien Szymanowski et j'attends avec impatience le roi Roger à Bastille car je ne l'ai jamais vu ou entendu. Si tu veux bien j'aimerais que tu m'ouvres les portes de Lutoslawski que je connais peu. Je n'ai que 2 disques:
Partita-Chain 2-Piano Concerto dirigé par lui-même avec Zimerman au piano et Anne-Sophie Mutter au violon. C'est splendide.

et le concerto pour orchestre (couplé avec celui de Bartok).

Mais je ne connais pas bien le personnage et son univers.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyDim 25 Sep 2011 - 23:51

Merci pour ce fil passionnant !

Marko a écrit:

Oui c'est vrai. J'oubliais cette tension érotique qu'on retrouve à chaque scène dès le début (où Melisande semble avoir été victime d'une agression mystérieuse). Avec évidemment l'épisode de la tour où Pelleas s'empare des longs cheveux de Melisande pour entrer dans une jouissance extatique!

Il me semble même que toute l'oeuvre ne parle que de cela.

Dès la scene de rencontre dans la sombre forêt, la phrase clé que prononce Golaud : "Oh, mais vous êtes belle !" et celle de Mélisande répétée plusieurs fois : "Ne me touchez pas".

Nous avons déjà l'évocation du désir et celle de l'acte (on comprend vite que Mélisande a fait l'expérience physique du désir, sans doute à travers une sorte de viol).
Mais elle est aussi "une enfant" et toute l'ambiguïté de la pièce tourne autour de l'innocence et de la culpabilité.

Elle n'avouera à son mari aucun geste "interdit" sur son lit de mort, elle a pourtant dit à Pélleas qu'elle mentait à Golaud.

Citation :
GOLAUD : As-tu aimé Pelléas ?
MÉLISANDE : Mais oui ; je l’ai aimé. Où est-il ?
GOLAUD : Tu ne me comprends pas ? – Tu ne veux pas me
comprendre ? – Il me semble… Il me semble… Eh bien, voici :
Je te demande si tu l’as aimé d’un amour défendu ?… As-tu…
avez-vous été coupables ? Dis, dis, oui, oui, oui ?…
MÉLISANDE : Non, non ; nous n’avons pas été coupables.
– Pourquoi demandez-vous cela ?

Citation :
PELLEAS : ... pourquoi m’aimes-tu ? – Est-ce vrai ce que tu dis ? – Tu ne me
trompes pas ? – Tu ne mens pas un peu, pour me faire sourire
?…
MÉLISANDE : Non ; je ne mens jamais ; je ne mens qu’à
ton frère…

Golaud touche la vérité, mais dans un moment de délire :

A propos des yeux de Mélisande :
Citation :
GOLAUD : Une grande innocence !… Ils sont plus grands
que l’innocence !… Ils sont plus purs que les yeux d’un agneau…
Ils donneraient à Dieu des leçons d’innocence ! Une grande innocence
! Écoutez : j’en suis si près que je sens la fraîcheur de
leurs cils quand ils clignent ; et cependant, je suis moins loin
des grands secrets de l’autre monde que du plus petit secret de
ces yeux !…

Bien sur la scène de la chevelure est la consommation de leur amour (c'est tout simplement un orgasme).

On est totalement dans la période des recherches de Freud, le terme Psychanalyse, n'est même pas encore inventé.
Et pourtant tout tourne de façon révolutionaire auttour de la notion de bien et de mal attachée à l'érotisme.

Mélisande épouse Golaud, puis a une liaison (même sublimée) avec son beau frère. Est-ce bien ? (innocent) Est-ce mal ? (coupable). La question reste en suspend. C'est révolutionnaire ! 50 ans plutôt, cette question n'aurait même pas eu de sens.

Peut-être (mais là je ne suis pas sur de mon coup) peut-être faut-il jouer cette pièce avec des personnages, plus ambigus, plus sombres, un brin pervers, et non des gravure de courage, de vérité et d'innocence (généralement vétus de blanc). Nous sommes plus près de Lorenzacio que du Cid.

Espérant vous avoir intéressés

Bonjour chez vous bonjour


Dernière édition par Baklava le Lun 26 Sep 2011 - 18:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyLun 26 Sep 2011 - 10:02

Baklava a écrit:
Espérant vous avoir intéressés

très ! et en cliquant ICI vous trouverez ce que Thomas Mann écrivait sur Le Prélude à l'après-midi d'un faune dans La montagne magique. Le propos de Mann n'a rien à voir avec l'innocence et la culpabilité évoquées par Baklava mais plutôt avec un certain romantisme, voir un lyrisme bucolique proche de l'oeuvre. Néanmoins on peut rappeler que ce retour à la nature (tiens, tiens) avait fait scandale lors de son adaptation chorégraphique par Nijinski en 1912 et que le texte de Mann date de 1924, peut-être pas si innocent, donc ! Le propos de Mann est surtout de tirer de la musique, une réflexion sur le Temps, qui est la question essentielle de son roman.

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Steven
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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyLun 2 Jan 2012 - 22:36

2012 sera, outre l'année de la fin du monde, l'année Debussy, mise en avant pour les 150 ans de sa naissance. Petit programme non exhaustif :

SPECTACLES ET CONCERTS

du 17 janvier au 29 mai, Musée d'Orsay
Six concerts autour de Claude Debussy, avec Philippe Cassard, François Chaplin, Stéphanie d'Oustrac, Alice Ader, Lidja et Sanja Bizjak…`
Le 22 mai, soirée exceptionnelle dans la nef du Musée avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France : La Mer, Prélude à l'après-midi d'un faune

31 janvier, Le martyre de Saint Sébastien, Cité de la Musique
avec le Brussels Philharmonic dirigé par Michel Tabachnik
Mise en espace Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil

du 2 au 5 février, Cité de la Musique
avec François-Xavier Roth dirigeant les Siècles, les pianistes Hugues Leclère, Alain Planès

14 février, oeuvres pour piano à 4 mains et 2 pianos, Conservatoire de Versailles
Philippe Cassard, François Chaplin
Même programme aux dates et lieux suivants : 3 avril (Niort), 7 avril (St Omer), 17-19 avril (croisière musicale sur la Seine), 25 avril (Toulouse), 6 juillet (Chateauneuf-le-rouge), 30 juillet (Pontlevoy), 9 août (Musique en Valognais)

du 28 février au 16 mars, Pelléas et Mélisande, Opéra Bastille
dirigé par Philippe Jordan, mise en scène Robert Wilson
avec Stéphane Degout (Pelléas), Vincent Le Texier (Golaud), Franz Josef Selig (Arkel), Jérôme Varnier (Un Médecin, Le Berger), Elena Tsallagova (Mélisande), Anne Sofie Von Otter (Geneviève)

16 mars, « Célébration Debussy », Salle Pleyel
avec l'Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Myung-Whun Chung
Prélude à l'Après-Midi d'un faune, La mer

27 mai, intégrale de l'oeuvre pour piano en quatre récitals, Liège
Philippe Cassard

9 et 10 juin, Lille Piano(s) festival
Piano solo et musique de chambre autour de Debussy en 6 séances. Quatre mains et deux pianos
Philippe Cassard, François Chaplin

21 juillet, intégrale de l'oeuvre pour piano en quatre récitals, Toulouse
Philippe Cassard

COLLOQUES

du 2 au 5 février, Colloque Debussy : Cité de la musique, Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, Opéra Comique, Musée d'Orsay, entrée libre après inscription.

du 20 février au 3 mars, « L'héritage de Claude Debussy : Du rêve pour les générations futures »
Colloque international, Université de Montréal.

EXPO

du 7 mars au 11 juin, « Debussy et les arts », Musée de l'Orangerie
Collections de trois familles amies du compositeur : le peintre Henri Lerolle, Ernest Chausson et Arthur Fontaine, conseiller d’État.
Tableaux de Degas, Renoir, Vuillard, Gauguin, Camille Claudel, Maurice Denis, Redon, Bonnard, Carrière, Puvis de Chavannes, accompagnés de lettres et photographies de ces artistes, d’éditions originales de Gide, Louÿs et Valéry, de manuscrits de Chausson et Debussy.

LIVRES

« Debussy ». Essai de Philippe Cassard, Actes Sud. Parution octobre 2012.

DISQUES

Mélodies de Debussy, dont quatre inédites
Avec Natalie Dessay (soprano) et Philippe Cassard (piano). Virgin Classics
Parution février 2012.

Debussy à 4 mains, à 2 pianos
En blanc et noir, suite pour deux pianos ; Prélude à l'après-midi d'un faune (version pour deux pianos de Debussy); Lindaraja, pour deux pianos ; Première Suite pour Orchestre (4 mains de l'auteur, version inédite au disque); Petite Suite, pour 4 mains.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune EmptyLun 2 Jan 2012 - 23:01

Steven a écrit:
2012 sera, outre l'année de la fin du monde, l'année Debussy, mise en avant pour les 150 ans de sa naissance. Petit programme non exhaustif :

Extra Steven! Merci Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune 56221

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune   Claude Debussy: Prelude à l'après-midi d'un Faune Empty

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