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 Virginia Woolf

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colimasson
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Ven 30 Mar 2012 - 19:24

Je regarderai ça alors...
Ca m'aidera peut-être à me démêler avec mes lectures laborieuses d'Orlando et de Mrs Dalloway (un peu moins laborieuse pour cette dernière mais quand même, pas toujours facile...)

Et au passage, très belle photo Kenavo... Pas l'habitude de voir beaucoup de photos où VW sourit...

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coline
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Ven 30 Mar 2012 - 20:57

kenavo a écrit:
tombée lors de recherches sur cette photo que je trouve extra.. en même temps, je profite de vous annoncer que le dossier du mois d'avril du Le Magazine Littéraire lui est consacré


Virginia Woolf and Clive Bell (husband of Virginia’s sister, Vanessa Bell) on the beach at Studland Bay, Dorset


kenavo a écrit:
animal a écrit:
(ce n'est pas à l'occasion d'une sortie Pléiade ?)
yes

Merci pour ces infos! cheers
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Marko
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Sam 31 Mar 2012 - 22:11

animal a écrit:
(ce n'est pas à l'occasion d'une sortie Pléiade ?)

Je ne vais jamais savoir résister à ce beau coffret (110 euros quand même...) qui promet pas mal de nouvelles traductions apparemment. Je me demande s'ils gardent la version de Marguerite Yourcenar pour "Les vagues"...


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colimasson
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Lun 2 Avr 2012 - 16:22

Mrs Dalloway (1925)


Clarissa est d’un tel ennui… Le début du roman nous montre un personnage assommant dont l’esprit semble seulement mobilisé à songer à l’organisation de sa soirée mondaine. Et les fleurs, et l’ambiance, et les invités… Vite, une ballade à l’extérieur pour se changer les idées ! Malheureusement, la vue du paysage alentour n’apporte pas plus de réconfort au lecteur. Et tel détail rappelle tel souvenir anodin, lorsqu’il ne conduit pas à un déchaînement d’impressions lyriques sans aucun rapport avec leur motif. Ridicule de s’enthousiasmer pour si peu. Cela sonne faux. A quoi donc se dope Clarissa ? Peut-être à rien, finalement… Tout reste tellement terre-à-terre, pragmatique… Est-ce cela la vie de l’esprit ? Se tourner vers des détails, tout analyser, tout observer, créer sans cesse des liens entre tel élément de l’extérieur qui rappellerait tel souvenir passé, telle projection future, qui ferait écho à tel sentiment présent ? La conscience ne serait-elle vraiment qu’une stimulation incessante de la pensée ? L’esprit qu’on presse comme un citron pour en extraire jusqu’à la dernière goutte d’insignifiance ?

Les premières pages sont vraiment indigestes. On se prendrait presque à détester la nature humaine qui se sent obligée de décortiquer le moindre geste insignifiant sous prétexte de rentabiliser sa cervelle. Dans un sens, c’est fait exprès, et Virginia Woolf délaisse intentionnellement l’intrigue au profit de l’introspection et de la valorisation de la vie intime de l’individu. Reste maintenant à savoir si cette vie intime, telle qu’elle nous est présentée, ne relève pas à son tour de l’affabulation pure. Pour moi, la réponse est claire : oui. L’essai n’est pas concluant. Sans révolutionner particulièrement la narration, la volonté de faire évoluer parallèlement six consciences différentes au cours d’une seule journée de juin 1923, à Londres, rend le récit inutilement alambiqué. Les sauts entre les différentes consciences sont suggérés et le va-et-vient incessant entre réalité extérieure et pensée intime se traduit par des procédés lourds, qui ont au moins le mérite de représenter de manière réaliste la difficulté de passer d’un monde à un autre. Ceci mêlé au style de Woolf, déjà suffisamment pompeux à la base, rend la lecture ennuyeuse et inutilement compliquée. Des ambitions d’écriture aussi élevées présentent-elles un quelconque intérêt lorsqu’on s’attarde seulement à décrire une rue animée, la composition d’un bouquet de fleurs ou un ciel étoilé ?

Heureusement, les thèmes abordés par Woolf ne se limitent pas à cette multiplication de détails. Dans son désir de saisir la complexité de l’être, partagé entre superficialité mondaine et profondeur psychologique, les consciences subissent elles aussi des décorticages minutieux qui dessinent un maillage étroit de liens entre les personnages. L’évocation des souvenirs, des sentiments passés et présents, des conceptions différentes, les rapprochent ou les éloignent sans cesse. On s’approche d’eux de manière sincère, avant d’être étourdi par le gouffre qui se creuse entre ce que l’on sait d’eux, intimement, et ce qu’ils souhaitent montrer en spectacle, dans leurs rapports quotidiens avec les autres. Ce n’est sans doute pas une grande découverte de réaliser que le jeu des conventions nécessite de dissimuler certains de ses aspects et d’en faire ressortir d’autres, mais il est intéressant, dans ce livre, de lier la nature première des personnages avec ce qu’ils décident de révéler d’eux lorsqu’ils évoluent dans la mondanité. Dans cette manière de se dérober aux yeux des autres, on peut quand même deviner certains aspects de leur véritable caractère. Seul Septimus, engoncé dans sa folie, semble échapper à ce jeu de mascarades, et c’est pourquoi il effraie : sa femme, les médecins, les passants… Psychologiquement anéanti par l’expérience de la guerre, il retrouve une part de quiétude en hallucinant. Tout lui parle : les arbres, les oiseaux, la lumière lui font des signes et lui confirment qu’il est sur le bon chemin. Le médecin veut l’envoyer en maison de repos, sa femme le hait, partagée entre terreur et pitié, mais Septimus est détaché de tout cela et s’embarque dans des passages magnifiques qui font jaillir en lui une foi et des espoirs que la réalité ne lui avait jamais permis de connaître. Dans la même lignée que Septimus, Clarissa offre aussi des réflexions lumineuses et inspirées qui essaient de s’imposer face au monstre qui accapare trop souvent sa quiétude.

Mrs Dalloway est à l’image de ses personnages : il engourdit le lecteur dans de longues phrases ampoulées qui soulignent le paraître mais, au milieu d’une torpeur qui n’est ni agréable, ni désagréable, l’illumination apparaît. Des passages lumineux et limpides se défont de la masse compacte du reste du livre. Ces moments justifient à eux seuls la lenteur et l’ennui du reste du texte. L’ambition de retranscrire le sentiment d’une journée ordinaire est accomplie : au milieu d’un immense ennui qui porte soit au mépris, soit à la lassitude, surgit soudain un évènement qui s’inscrit hors du temps et qui colore l’esprit pour lui donner la force de poursuivre son calvaire monotone.


« Et voilà, se dit Septimus en regardant le ciel, ils me font des signaux. En fait, pas vraiment avec des mots ; enfin, pas dans une langue qu’il sache déchiffrer ; mais c’était bien assez évident, cette beauté, cette exquise beauté, et les larmes lui vinrent aux yeux tandis qu’il regardait les mots de fumée s’effacer et se fondre dans le ciel et lui dispenser leur charité inépuisable et leur bonté rieuse, une forme succédant à une autre, d’une beauté inimaginable, et lui signalant leur intention de lui prodiguer, pour rien, pour toujours, simplement parce qu’il les regardait, de la beauté, toujours davantage de beauté. Les larmes coulaient le long de ses joues. »

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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Lun 2 Avr 2012 - 16:46

J'ai dit avoir particulièrement apprécié certains "extraits" de la conscience de Clarissa et de Septimus.
Concernant Clarissa, l'évocation du "monstre" (la bipolarité ?) est impressionnante :

Citation :
Pourtant, cela l’irritait de sentir remuer en elle ce monstre brutal ; d’entendre les brindilles qui craquaient et de sentir les sabots bien plantés dans les profondeurs de cette forêt encombrée de feuilles, l’âme ; de ne jamais connaître le contentement, ni la sécurité, car à tout moment le monstre pouvait se réveiller, cette haine qui, surtout depuis sa maladie, avait le pouvoir de la hérisser, de lui faire mal jusqu’à la moelle ; de lui infliger une douleur physique, de faire que tout le plaisir qu’elle pouvait prendre à la beauté, à l’amitié, au simple bien-être, au sentiment d’être aimée, et d’avoir une maison accueillante, oui, de faire que tout cela pouvait vaciller, trembler, et ployer comme si, en vérité, il s’agissait bien d’un monstre qui fouissait au milieu des racines, comme si toute la panoplie du contentement n’était que du narcissisme ! Cette haine !

Le bonheur de "vivre" s'exprime en des termes d'une simplicité troublante:

Citation :
Elle entamait tout juste sa cinquante-deuxième année. Il en restait encore des mois entiers, intacts. Juin, juillet, août ! Chacun d’eux restait quasiment entier et, comme pour recueillir la goutte qui tombe, Clarissa (se dirigeant vers la table de toilette) plongea au cœur même de l’instant, le cloua sur place, l’instant de ce mati de juin sur lequel s’exerçait la pression de tous les autres matins, voyant comme pour la première fois le miroir, la table de toilette, et tous les flacons, se rassemblant tout entière en un point (en se regardant dans le miroir), regardant le visage rose, délicat, de la femme qui devait, le soir même, donner une soirée ; de Clarissa Dalloway ; d’elle-même.

Les passages dans lesquels s'exprime Septimus sont lumineux mais très mélancoliques puisqu'ils ne sont dus qu'à la "folie" du personnage...

Citation :
Et voilà, se dit Septimus en regardant le ciel, ils me font des signaux. En fait, pas vraiment avec des mots ; enfin, pas dans une langue qu’il sache déchiffrer ; mais c’était bien assez évident, cette beauté, cette exquise beauté, et les larmes lui vinrent aux yeux tandis qu’il regardait les mots de fumée s’effacer et se fondre dans le ciel et lui dispenser leur charité inépuisable et leur bonté rieuse, une forme succédant à une autre, d’une beauté inimaginable, et lui signalant leur intention de lui prodiguer, pour rien, pour toujours, simplement parce qu’il les regardait, de la beauté, toujours davantage de beauté. Les larmes coulaient le long de ses joues.
Citation :

[…] les feuilles étaient vivantes ; les arbres étaient vivants. Et les feuilles, reliées par des millions de fibres à son corps sur le banc, l’éventaient de haut en bas ; quand la branche s’étirait, il en faisait autant. Les moineaux qui battaient des ailes, qui s’élevaient et retombaient en cascades dentelées, faisaient partie de cet ensemble ; tout comme le blanc et le bleu, barré de branches noires. Les sons faisaient entendre une harmonie préétablie, les intervalles qui les séparaient avaient autant de sens que les sons eux-mêmes. Un enfant se mit à pleurer. A bonne distance, comme il convenait, un klaxon retentit. Le tout pris ensemble annonçait la naissance d’une nouvelle religion.
Citation :

Le secret suprême devait être transmis au Conseil des ministres. Tout d’abord, que les arbres sont vivants ; ensuite l’amour ; ensuite, que le crime n’existe pas ; ensuite l’amour, l’amour universel, marmonnait-il, en haletant, en tremblant, en extirpant à grand-peine ces vérités profondes qui réclamaient, tant elles étaient enfouies, tant elles étaient difficiles, un immense effort pour les énoncer ; mais le monde était métamorphosé par elles à jamais.

Citation :
De longues raies de lumière rampaient à ses pieds. Les arbres ondulaient, se dressaient. Nous accueillons, semblait dire le monde ; nous acceptons ; nous créons. La beauté, semblait dire le monde. Et comme pour en apporter la preuve (une preuve scientifique), partout où il regardait –que ce soit les maisons, les grilles, les antilopes qui allongeaient le cou au-dessus des palissades-, la beauté surgissait instantanément. Regarder une feuille trembler au moindre souffle d’air était une joie exquise. Là-haut, dans le ciel, des hirondelles fonçaient, tournoyaient, filaient vers l’horizon, et se remettaient à tourner, sans jamais perdre le contrôle, comme si elles étaient retenues par des élastiques ; et le soleil qui venait tacheter tantôt une feuille, tantôt une autre, par jeu, la faisant resplendir du doux éclat de l’or par pur élan de gentillesse. Et de temps en temps, un son de cloche (c’était peut-être un klaxon) qui tintinnabulait divinement sur les brins d’herbe –et tout cela, si calme et raisonnable que ce fût, et qui n’était fait que des choses les plus ordinaires, était maintenant la vérité ; la beauté, c’était maintenant la vérité. La beauté était partout.

Et toute cette beauté contraste pourtant avec cet autre aspect de la réalité de Septimus:
Citation :

Car maintenant que tout était terminé, l’armistice signé, les morts enterrés, il avait, surtout le soir, de foudroyants accès de panique. Il ne ressentait rien. Quand il ouvrait la porte de la pièce où les jeunes Italiennes étaient installées à faire des chapeaux, il les voyait ; il les entendait ; elles passaient du laiton au milieu de perles de couleur dans des soucoupes ; elles modelaient de trente-six façons des formes de sparterie ; la table était jonchée de plumes, de paillettes, de soies, de rubans ; des ciseaux cognaient contre la table ; mais quelque chose lui échappait : il ne ressentait rien.

Un dernier mot sur la littérature ?

Citation :
Comme l’humanité lé dégoûtait, ce Shakespeare –le fait de s’habiller, de faire des enfants, le côté sordide de la bouche et du ventre ! C’était pour Septimus une révélation : le message caché sous la beauté des mots. Le signal secret qu’une génération transmet, sous déguisement, à la suivante, c’est le dégoût, la haine, le désespoir. Dante, même chose. Eschyle (en traduction), même chose.

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coline
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Mer 4 Avr 2012 - 17:28

Mademoiselle colimasson...en accord, ou pas, peu importe...j'apprécie vos commentaires fouillés!...Merci! content
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Ezechielle
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Mar 24 Avr 2012 - 13:29

Bon bon bon... Une parfumée m'a offert Les Vagues depuis un petit moment, il est donc temps que je chronique la chose ici!

Tout d'abord : la lecture fut longue... très longue (comprenez que je me suis pas mal ennuyé) : certes, l'intention de Woolf n'est pas d'écrire une "histoire", sa narration zigzague ç travers les différents personnages qui nous livrent leur intimité, leurs impressions. La préface de la traductrice () insiste sur l'inconsistance même des personnages, sensés s'effacer face au monde extérieur qu'ils décrivent et dans lequel ils sont "noyés" pour ne devenir que les agents impersonnels de LA Narration. Certes... toujours est-il que les personnages restent bien distincts, et que je n'ai pas eu l'impression de les perdre. En fait, ce livre m'a laissé dans un désagréable "entre deux" : trop descriptif et impersonnel (dans le style) pour qu'on puisse facilement retrouver les personnages - même lorsqu'il est introduit par un "Louis dit..." -, ce qui gêne parfois la compréhension de l'intrigue (déjà très lente et donc par moment assez floue) ; mais cependant trop proche de ceux-ci pour avoir ce sentiment de "méta-narration" qui, selon la traductrice, devrait ressortir du roman.

Une fois cela posé, si le roman manque (à mon sens) son objectif, reste le style auquel il m'est personnellement très difficile d'accrocher. Je n'aime pas ces descriptions romantiques et farfelues (surtout les introductions décrivant la nature qui n'ont ni queue ni tête - non, je n'ai pas l'esprit poétique - et que j'ai fini par "zapper" systématiquement), parfois stéréotypées et donc vite lassantes. Toutefois, certains passages sont-ils malgré tout sympathique comme les descriptions des rues de Londres et la réunion du groupe d'amis attendant de pouvoir saluer Perceval avant son départ pour l'Inde.

Bref, un avis plutôt négatif pour moi, mais je laisse à Woolf une seconde chance avec La Promenade au Phare (mais pas pour tout de suite hein!!).
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Mar 24 Avr 2012 - 15:12

C'est fou comme nos perceptions peuvent être différentes!...Heureusement la littérature est un vaste univers!
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animal
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Mar 24 Avr 2012 - 22:28

Vos réserves m'intéressent beaucoup plus depuis ma lecture légère, ou d'échantillon, mais qui laisse plusieurs orientations. Vous ravivez ma curiosité (mais comme je suis occupé de lecture jusqu'à 2030 il va me falloir de la patience).

Je retrouve un peu mes impressions des premières nouvelles face à certaines descriptions. Rétrospectivement ça m'intrigue plus particulièrement. Malheureusement le souvenir est sensiblement effacé.

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Marko
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Lun 14 Mai 2012 - 10:34

A propos des Vagues... Sortie en poche de la nouvelle traduction de Michel Cusin.


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Anomali
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Mar 12 Nov 2013 - 13:27

Je souhaite commencer à lire Virginia Woolf, qui est une écrivain qui m'a toujours intriguée. Quelle oeuvre pouvez-vous me conseiller afin d'aborder son univers ?
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bix229
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Mar 12 Nov 2013 - 16:00

Anomali a écrit:
Je souhaite commencer à lire Virginia Woolf, qui est une écrivain qui m'a toujours intriguée. Quelle oeuvre pouvez-vous me conseiller afin d'aborder son univers ?
Les Vagues.

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Anomali
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Mer 13 Nov 2013 - 9:32

bix229 a écrit:
Anomali a écrit:
Je souhaite commencer à lire Virginia Woolf, qui est une écrivain qui m'a toujours intriguée. Quelle oeuvre pouvez-vous me conseiller afin d'aborder son univers ?
Les Vagues.
Hier je suis passée en magasin et j'ai donc acheté ce livre.
Après avoir lu quelques pages, j'ai l'agréable surprise de découvrir l'écriture de Virginia Woolf. Cependant, on ressent très distinctement à quel point cette dame était torturée. Ses propres pensées véhiculées à travers les protagonistes sont extrêmement palpables. On se sent, en quelques sortes, proche et emplit de compassion à l'égard de Virginia Woolf. C'est du moins mon sentiment.
Peut-être était-ce un moyen, pour elle, d'exorciser ses démons?
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kenavo
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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Lun 9 Juin 2014 - 11:01

/
Street Haunting, A London Adventure / Au hasard des rues : Une aventure londonienne
Citation :
Présentation de l’édituer
Dans ce petit texte Virginia Woolf (1882-1941) évoque (à la première personne) une promenade à travers les rues de Londres. Sous prétexte d'aller acheter un crayon, elle ferme la porte sur le monde familier de sa maison et part à l'aventure dans les rues, ouverte à tout ce qu'elle voit, tout ce qu'elle croise, tout ce qu'elle entend. Ce très bel essai est une description de l'errance de l'esprit qui suit le fil ou plutôt les zigzags de la pensée, comme un promeneur errant au hasard des rues, disponible à tous les possibles.

Il s'agit d'un magnifique exemple de l'art de Virginia Woolf, qui était du reste une infatigable marcheuse.

En anglais, ce texte est long de vingt pages… mais c’est tout à fait sublime de se plonger pour un petit moment dans l’univers de Virginia Woolf… et plus encore dans celui des rues de Londres.

Depuis ma lecture de son livre London Scene (La Scène londonienne), je sais qu’elle aimait bien montrer cette ville sous certains aspects. Des vues et des descriptions qui m’ont bien plu.
Ce court texte ne fait pas exception. Bien qu’on souhaite à la fin qu’il continuerait encore un peu plus… mais rien de plus facile que de relire, cela reste aussi bon…



Extrait
Nul n'a jamais, peut-être, éprouvé de sentiment passionné pour un crayon à mine de plomb. Mais il est des circonstances où il peut devenir suprêmement désirable d'en posséder un ; de ces moments où nous sommes résolus à trouver un objet, un but, une excuse pour traverser la moitié de Londres à pied, entre l'heure du thé et le dîner. De même que le chasseur de renard chasse afin de préserver l'élevage des chevaux, et que le golfeur joue afin de préserver les grands espaces des promoteurs, de même, lorsque le désir nous prend d'arpenter les rues au hasard, un crayon fait office de prétexte et, nous levant d'un bond, nous nous écrions : «Il faut vraiment que j'achète un crayon !», comme si, sous couvert de cet alibi, nous pouvions céder sans risque au plus grand plaisir de la vie citadine en hiver - arpenter les rues de Londres.
L'heure doit être au crépuscule et la saison l'hiver, car en hiver, l'aménité des rues et l'air, tel l'éclat du champagne, sont agréables. Nous ne sommes pas harcelés alors, comme en été, par une envie d'ombre, de solitude et de douces brises s'élevant des moissons. L'heure du soir, de surcroît, favorise l'insouciance grâce à l'obscurité et à la lumière des réverbères. Nous ne sommes plus tout à fait nous-mêmes. En sortant de la maison par une belle soirée entre quatre et six, on se débarrasse du moi que nos amis connaissent et l'on devient partie de la vaste armée républicaine des marcheurs anonymes, dont la compagnie est si prisée après la solitude de notre chambre. Là, nous trônons au milieu d'objets qui ne cessent d'exprimer l'étrange té de nos caractères et de souligner les souvenirs de notre expérience. Ce bol sur le manteau de la cheminée, par exemple, fut acheté à Mantoue par un jour de grand vent. Nous quittions la boutique lorsque la vieille dame sinistre s'agrippa à notre jupe en proclamant qu'elle serait morte de faim un de ces prochains jours, mais «Prenez-le» cria-t-elle en nous fourrant le bol de porcelaine bleu et blanc entre les mains, comme si elle tentait d'oublier à jamais sa générosité chimérique. Aussi, empreints d'un sentiment de culpabilité, avec le soupçon toutefois d'avoir été plumés, nous l'avons rapporté à l'hôtel modeste où, au coeur de la nuit, l'aubergiste s'est querellé si violemment avec son épouse que nous nous sommes tous penchés à la fenêtre donnant sur la cour pour regarder, et nous avons vu les vignes vierges enlaçant les colonnes et les blanches étoiles dans le ciel. Le moment était figé, poinçonné à jamais comme un sou, entre des millions d'autres qui imperceptiblement s'écoulent. Là aussi se trouvait l'Anglais mélancolique qui se dressa au milieu des tasses de café et des petites tables en fer forgé et qui révéla les secrets de son âme - ainsi que le font les voyageurs. Tout cela - l'Italie, la matinée venteuse, les vignes vierges autour des colonnes, l'Anglais et les secrets de son âme - s'élève dans un nuage du bol chinois posé sur le manteau de la cheminée. Et là, alors que nos yeux se tournent vers le sol, (...)

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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MessageSujet: Re: Virginia Woolf   Mer 1 Juin 2016 - 14:55

Je partage pas mal le point de vue développé par Colimasson, sur Mrs Dalloway. Pour moi, après Les Vagues qui était beaucoup plus réussi, ce texte publié six ans auparavant me semble rien de moins qu'anecdotique. Je crois que Woolf, dans ce premier essai, s'est tellement échinée à observer ses contemporains sans indulgence, que le texte finit par en pâtir.

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