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 Roger Martin du Gard

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Le Bibliomane
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MessageSujet: Roger Martin du Gard   Sam 29 Nov 2008 - 19:37



Biographie : (source Wikipedia)

R. Martin du Gard fut élève au lycée Condorcet. Issu d'une famille aisée d'avocats et de magistrats, il peut consacrer sa vie à la littérature. Il a une vocation précoce d'écrivain, dont il a pris conscience en lisant le roman de Léon Tolstoï, Guerre et Paix. Pour attendre d'affirmer sa vocation de romancier, il entreprend des études de lettres mais échoue à la licence. Il décide alors de tenter le concours de l'École des chartes et obtient avec succès le diplôme d’archiviste paléographe en présentant une thèse sur l'abbaye de Jumièges. Il se marie avec Hélène Foucault, en 1906. Et en 1907, il aura une fille: Christiane.

La publication de son roman Jean Barois en 1913 lui permettra de se lier d'amitié avec André Gide et Jacques Copeau. Dans l'étonnant "roman dossier" qu'est Jean Barois, R. Martin du Gard ne cherche pas à démontrer. Il n'émet aucun jugement, il ne condamne pas, il n’absout pas : il décrit avec une volonté d'objectivité l'évolution de la religion contemporaine, comme la séparation des Églises et de l'État en 1905. Avec ses documents authentiques ou fictifs qui s'y trouvent insérés, la seconde partie constitue aussi la première représentation littéraire de l'Affaire Dreyfus et du procès Zola qui lui est lié.

Pour le théâtre il écrit, entre autres, Le Testament du père Leleu, farce paysanne(1913), qui semble avoir inspiré G. Puccini pour la composition de son opéra Gianni Schicchi.La mise en scène de cette farce par Jacques Copeau qui venait alors d'ouvrir le théâtre du Vieux Colombier marque le début d'une amitié très forte, grâce à laquelle Martin du Gard envisage la réalisation de pièces satiriques dans le cadre d'une Comédie nouvelle dont il développe une première vision. Ces perspectives ne connaissent pas un aboutissement, cependant, en raison des refus successifs qu'oppose J. Copeau aux propositions et essais de RMG. Celui-ci revient alors vers le roman.

Après la Première Guerre mondiale, en effet, R. Martin du Gard conçoit le projet d'un long roman-fleuve (ou roman de longue haleine) dont le sujet initial s'intitule "deux frères". De fait, le roman en huit volumes ensuite intitulé Les Thibault va l'occuper des années 1920 à 1940, date de publication du dernier volume, Epilogue.
À travers l'histoire de Jacques et Antoine Thibault qui sont liés à la famille de Fontanin, le romancier fait le portrait d'une classe sociale, la bourgeoisie parisienne, catholique, protestante, universitaire, mais aussi en révolte dans le cas de Jacques Thibault, apprenti écrivain qui découvre le socialisme. Conçu comme une conclusion à une œuvre dont la réalisation menaçait de durer trop longtemps, les deux derniers volumes sont consacrés à la disparition des deux héros et mettent l'accent sur la Première Guerre mondiale. L'Eté 1914 décrit la marche à la guerre que ne peuvent empêcher ni les socialistes, ni les autres groupes pacifistes : révolutionnaire de cœur, Jacques Thibault ne saura que se sacrifier en lançant sur les tranchées un appel à la fraternisation des soldats allemands et français. Racontant la lente agonie d'Antoine Thibault gazé pendant le conflit, Epilogue évoque la "marche à la paix" et s'interroge sur les propositions du président Wilson qui aboutiront à la création de la Société des Nations.

En 1930 paraìt "Confidence africaine" une histoire d'inceste. Ce livre joue un rôle dans le roman par lettres de Kathrine Pancol "Un homme à distance" (Albin Michel 2002).

C'est en 1937, juste après la publication de L'Eté 1914, que R. Martin du Gard se voit attribuer le prix Nobel de littérature. Il passe ensuite une majeure partie de la guerre 1939-1945 à Nice, où il prépare un roman resté inachevé, les Souvenirs du lieutenant-colonel de Maumort, qui sera publié à titre posthume dans une édition procurée par André Daspre.

Soutenue par l'engagement d'un groupe d'admirateurs, la publication de ses œuvres posthumes complexifie sa figure d'écrivain. De nombreux textes posthumes vont faire apparaître Martin du Gard comme un styliste spontané, attentif aux autres, parfois jovial. Commencé pendant la Première Guerre mondiale, son Journal décrit une vie familiale parfois difficile, raconte les réussites de l'amitié, fait la revue critique des textes contemporains et permet d'approcher la vie littéraire de l'époque : précédé de "souvenirs", il a été publié par C. Sicard sous la forme de trois gros volumes. Ce sont également les joies de l'amitié ainsi que les aléas de la vie littéraire autour de la "Nouvelle Revue française" que mettent en lumière les très nombreuses lettres regroupées désormais dans de très intéressants volumes de correspondances (avec André Gide, avec Jacques Copeau, avec Eugène Dabit, avec Georges Duhamel, avec Jean Tardieu, à côté d'une Correspondance générale en dix volumes).

Des nouvelles figurent aussi parmi les posthumes ("La Noyade" intégré au volume du Lieutenant-colonel de Maumort, Genre motus) : elles s'inscrivent dans la continuité de celles que l'écrivain avait publiées de son vivant (Confidence africaine).

Publiées peu après la mort d'A. Gide, les "Souvenirs sur André Gide" évoquent une des amitiés les plus importantes et enrichissantes qu'a connues cet admirateur de Tolstoï, de Flaubert et de Montaigne.
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Sam 29 Nov 2008 - 19:40

"Les Thibault"

« Deux frères », c'est le titre auquel avait pensé Roger Martin du Gard pour nommer ce cycle romanesque en huit épisodes avant de l'intituler « Les Thibault ».
Cette vasque fresque, fruit de dix-sept ans d'écriture, qui nous mène des premières années du XXe siècle jusqu'à la fin de la première guerre mondiale, a valu à son auteur d'obtenir le Prix Nobel de Littérature en 1937.
Le premier épisode de cette série : « Le cahier gris », nous introduit au sein de cette famille de la grande bourgeoisie parisienne, famille séverement régentée par le pater familias, Oscar Thibault qui, veuf, dirige seul et d'une main de fer sa maisonnée.
Le vieil homme a fort à faire car le plus jeune de ses deux fils, Jacques, vient de fuguer en compagnie de son ami Daniel de Fontanin. La cause de cette fuite a été motivée par la découverte à l'école d'un cahier gris que s'échangeaient les deux élèves, cahier dans lequel s'étale une correspondance compromettante, faite d'échanges passionnés entre les deux jeunes garçons.
Oscar Thibault est dans tous ses états, non seulement ces écrits témoignent d'une relation qui, plus qu'amicale, incitent à penser à une relation homosexuelle, mais de plus font état des liens qui unissent Jacques au fils des Fontanin, des protestants !
Car Monsieur Thibault est un homme d'un catholicisme zélé et rigoureux, intolérant envers ceux qui se sont écartés de la vraie foi. Comment éviter le scandale pour cet homme richissime qui préside à de nombreuses ligues de vertu et est le fondateur d'une institution destinée à redresser les jeunes délinquants ?
La fugue de Jacques et de Daniel trouvera son terme à Marseille et c'est accompagné de son grand-frère Antoine, que le puîné des Thibault réintégrera le foyer familial.
Mais devant sa révolte et son comportement emporté, Monsieur Thibault, bien qu'aimant profondément son fils, n'aura d'autre solution que de le faire intégrer la Fondation qu'il a créée à Crouy, fondation qui n'est en fait qu'un pénitencier pour jeunes garçons récalcitrants.

Jacques, sous la pression de son frère Antoine qui mettra toutes ses forces pour convaincre son père de le faire libérer, en ressortira au bout d'un an. Pour tous, il semblera assagi, résigné à devenir comme son frère le digne héritier des valeurs bourgeoises incarnées par son père. Mais sous le masque, Jacques reste un rebelle à l'ordre établi et ne veut pas devenir un notable comme son père et comme Antoine qui termine ses études de médecine. Jacques rêve de grands espaces, d'amour, de sentiments entiers, de liberté et de littérature. Pour son ami Daniel de Fontanin, il n'éprouve plus qu'un vague intérêt, portant plutôt son attention sur la jeune soeur de celui-ci : Jenny.
Mais ses sentiments amoureux semblant n'être pas partagés par la jeune fille, Jacques va de nouveau fuir. Quelques années ont passé et il n'est plus l'enfant qui avait fugué jusqu'à Marseille.
Sa famille va perdre toute trace de lui. On le croira en Angleterre alors qu'il s'est bâti une nouvelle vie en Suisse où il s'essaie à l'écriture avant d'adhérer à l'Internationale Socialiste, engagement dans lequel il mettra toute son énergie.

C'est ainsi que le lecteur va suivre, au cours des années les destins entrecroisés des Thibault et des Fontanin, dans cette France du début du XXe siècle jusqu'à leur conclusion tragique lors de la première guerre mondiale.

Oeuvre magistrale, portée par un souffle épique, « Les Thibault » est une suite romanesque fascinante, peuplée de personnages en prise avec les tourments de l'existence, une saga familiale dont le point d'orgue et le pivot central est sans nul doute « La mort du père » récit de l' agonie d'Oscar Thibault, agonie qui s'étend sur près de 200 pages, récit d' une puissance évocatrice incomparable qui mériterait à lui seul des pages et des pages de commentaires.
Mais, à bien y réfléchir, c'est tout le cycle des « Thibault » qui nécessiterait une analyse et des commentaires infinis tant la matière y est riche, tant les caractères de tous les protagonistes – et ils sont nombreux – y sont finement ciselés, dotés d'une extraordinaire densité et d'une profondeur incommensurable. Où trouver une telle richesse,en effet, si ce n'est dans Proust ou dans Joyce ?

Il y a tant à dire sur cette oeuvre que je ne m'étendrai pas plus longtemps dans ce commentaire car je m'aperçois qu'il y a ici matière à écrire indéfiniment.
Je ne peux que vous conseiller, en guise de conclusion, de lire ou de relire « Les Thibault » et de vous laisser emporter, comme je l'ai été, dans ce grand fleuve littéraire.
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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Sam 29 Nov 2008 - 20:39

Come tu as raison Biblio de rappeler l'existence de Martin du Gard et des Thibault ainsi que de Jean Barois..Le monde va vite et la discrétion qui entoure certains auteurs me peine un peu.Et puis c'est tout de même un des Nobel français.
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Sam 29 Nov 2008 - 23:06

C'est un auteur qui est passé de mode, dommage, qu'est ce que j'avais aimé Les Thibault, mais c'est loin ....je l'ai lu quand j'étais au lycée
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Marie
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Dim 30 Nov 2008 - 4:49

Merci, Biblio, de reparler brillamment d'un roman effectivement très long et très complexe à résumer .
Je crois que chacun a un ou plusieurs livres qui ont marqué leur adolescence, et moi, c'est celui-là. Que j'ai du lire comme toi, Stella, pour la première fois vers 13 ans, et relu en boucle plusieurs fois.
Pourquoi certains livres marquent-ils particulièrement à un certain âge? Et bien je suppose parce qu'on y retrouve beaucoup de choses vécues, et qu'on y comprend aussi beaucoup de choses.
Il y a , comme tu le dis, énormément de thèmes abordés dans ce roman, et j'en ai retrouvé bien sûr d'autres qui me touchaient moins à l'époque quand je l'ai relu beaucoup plus tard (l'euthanasie active du père par le fils, la guerre de 14-18, les gaz, la complexité des engagements politiques etc).
Mais je vais garder mes souvenirs d'adolescente. En rebondissant sur ceci
Citation :
Monsieur Thibault, bien qu'aimant profondément son fils,
, parce que là, je ne suis pas vraiment d'accord... C'est en lisant les Thibault que j'ai compris les ravages constatés dans certaines familles. Il n'aime pas son fils.Enfin, pas celui-là. Ce personnage très fort de père, dominateur , exerçant une véritable emprise sur son environnement aime son fils aîné parce qu'il est ce qu'il voulait qu'il soit. Et veut que le deuxième fasse la même chose.Par la force si besoin. Parce que c'est son bon vouloir... Ce n'est pas aimer.
Par contre, il y a de l'amour, entre les deux frères , qui, finalement ne sont pas si différents l'un de l'autre.
Bien sûr, comme tu l'as fait, comment ne pas s'attarder sur ce que la maladie fait à un homme qui se croyait si fort, si invincible, si campé sur ses certitudes. La maladie,la douleur physique, l'humiliation de la déchéance du corps... C'est prodigieusement décrit. Avec, dans mes souvenirs, cette ambivalence constante de ma lecture devant la chute..
Cet homme , sur lequel je focalisais à chaque fois ma colère et ma révolte, je finissais toujours par en avoir pitié, et pourtant je me disais qu'à la prochaine lecture, je ne me ferais pas avoir.. laugh
Je ne sais pas si je prendrai le temps de le relire un jour, mais s'il est un livre qui m'a aidée à grandir, c'est bien celui-là..Il m'a appris que rien n'était simple dans les rapports humains, que rien n'était ni totalement noir ni totalement blanc, ni même grisaille.
Peut être que c'était, oui, la phrase de Marguerite Yourcenar , qui est la signature de Marko
Le monde n'est qu'un amas de taches confuses, jetées sur le vide par un peintre insensé, sans cesse effacées par nos larmes
que je trouve si vraie, et que le peu que l'on pouvait faire était d'essayer de rassembler ces taches en quelque chose d'un peu cohérent à transmettre et qu'il fallait toujours réfléchir à l'histoire familiale pour savoir ce que l'on avait envie, soi, d'en faire.

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J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Dim 30 Nov 2008 - 8:55

Je crois qu'il me faut relire les Thibault car c'est bien trop loin.

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Arabella
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Dim 30 Nov 2008 - 9:22

Je crois que c'est typiquement le genre de livres qu'il faut avoir lu à un certain âge et pour ma part je crois que c'est arrivé trop tard pour être vraiment marquant, alors que je pense qu'il aurait eu sur moi le même genre d'effet que sur elle si je l'avais découvert au même âge qu'elle. Là j'ai juste le souvenir d'une agréable lecture, très juste au niveau de l'analyse des relations familliale, mais qui a un peu vieilli en ce qui concerne l'aspect politique et social.

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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Dim 30 Nov 2008 - 10:11

Arabella a écrit:
Là j'ai juste le souvenir d'une agréable lecture, très juste au niveau de l'analyse des relations familliale, mais qui a un peu vieilli en ce qui concerne l'aspect politique et social.

Certes, cela a un peu vieilli, mais quand on lit un passage tel que celui ci-dessous, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec le monde contemporain :

"[...]Les contradictions du régime s'accusent de plus en plus. Entre les nations, les rivalités se multiplient. La concurrence, la compétition pour les marchés, s'éxaspèrent. Question de vie ou de mort : tout leur système est organisé pour des marchés sans cesse plus étendus ! Comme si les marchés pouvaient s'accroître indéfiniment !... Au bout du fossé, la culbute ! Le monde va droit à la crise, à la catastrophe inévitable. Et elle sera universelle... Attends seulement ! Attends que tout soit bien déréglé dans la vie économique du monde... Que les machines aient davantage réduit le nombre des salariés... Que les faillites et les ruines se précipitent, que le travail manque partout, que l'économie capitaliste se trouve dans la situation d'une compagnie d'assurances dont tous les assurés seraient sinistrés le même jour... Alors !..."

Bien sûr, depuis, certaines idéologies ont montré leurs limites mais n'oublions pas que le monde est toujours divisé en deux camps : celui de ceux qui ont de l'argent à profusion (une minorité) et celui (immense)de ceux qui n'en ont pas.
On retrouve le même discours chez Upton Sinclair dans "La jungle" Et même si, avec le recul de l'Histoire, nous pouvons penser que ces idées ont bien vieilli, elles dénonçaient déjà un contexte social et politique qui est toujours présent.
J'ajouterai que ce n'est pas parce que l'idéologie "Socialiste" a pris un coup de vieux, qu'il faille nécessairement se résigner à considérer le capitalisme et l'économie de marché comme le seul modèle social viable et efficace.
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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Dim 30 Nov 2008 - 10:25

Arabella a écrit:
Citation :
Là j'ai juste le souvenir d'une agréable lecture, très juste au niveau de l'analyse des relations familliale, mais qui a un peu vieilli en ce qui concerne l'aspect politique et social.

N'est ce pas le propre d'une oeuvre que de vieillir au moins pour celles enracinées dans leur époque?Seules les fables échappent à la règle parfois.Par fables j'entends les paraboles,hors du temps.Comme dirait notre ami de Manhattan,Martin du Gard a vieilli,Duhamel a vieilli,Mauriac a vieilli et moi-même je ne me sens pas très bien.
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coline
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Dim 30 Nov 2008 - 11:08

Bellonzo a écrit:
Comme dirait notre ami de Manhattan,Martin du Gard a vieilli,Duhamel a vieilli,Mauriac a vieilli et moi-même je ne me sens pas très bien.

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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Dim 30 Nov 2008 - 11:49

Oui bien sûr tout oeuvre vieillit, mais certaines arrivent mieux que d'autres à capter ce qui ne change pas dans la nature humaine, dans les rapports de domination entre les hommes, dans l'aspiration à la dignité de chacun. Par exemple, je trouve les analyse de Balzac sur le monde de la finance ou de la presse d'une actualité brûlante, et je ne suis pas arrivée à avoir la même sensation en lisant les Thibaut, même si c'est une excellente saga, cela tient peut être au style de Martin du Gard.

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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Dim 30 Nov 2008 - 11:55

Arabella
Citation :
Oui bien sûr tout oeuvre vieillit, mais certaines arrivent mieux que d'autres à capter ce qui ne change pas dans la nature humaine, dans les rapports de domination entre les hommes, dans l'aspiration à la dignité de chacun. Par exemple, je trouve les analyse de Balzac sur le monde de la finance ou de la presse d'une actualité brûlante, et je ne suis pas arrivée à avoir la même sensation en lisant les Thibaut, même si c'est une excellente saga, cela tient peut être au style de Martin du Gard.

Tu as tout à fait raison Arabella.Je crois qu'il y a aussi une sorte de purgatoire historique qui fait que les classiques immenses du XIXème sont maintenant au delà de ce cap,ce qui n'est pas le cas des Martin du Gard,Duhamel,Mauriac pour rester sur le thème de la famille.Qu'en penses-tu?


Dernière édition par Bellonzo le Mer 10 Déc 2008 - 7:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Dim 30 Nov 2008 - 12:07

Je suis d'accord, tout une série d'auteurs du début du vingtième siècle, en particulier français sont occultés. Je trouve cela particulièrement injuste pour Mauriac, qui est à mon sens un très grand, enfin je suis toujours très touchée par sa lecture.

Je ne dénigre pas Martin du Gard, je trouve même que c'est un écrivain que l'on devrait lire d'avantage, je pense que l'on devrait en conseiller la lecture chez les adolescents, alors qu'il est passé sous silence dans les programmes des collèges et lycées, ce qui est bien dommage, alors que Zola est très présent, ce qui est justice, certes mais Martin du Gard a aussi sa place. Ce qui pose problème à l'heure actuelle, c'est la longeur de son cycle, à l'heure actuelle peu d'adolescents vont se lancer dans une telle lecture, alors que cette oeuvre ne fait sens que si l'a lu en entier.

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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Lun 1 Déc 2008 - 16:17

Il y a des auteurs, auquel malheureusement mon attention ne s'est jamais portée.
Grâce à ta critique, Roger Martin du Gard, est revenu dans mes envies de lectures et je pense me plonger en 2009 dans cette saga.
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MessageSujet: Re: Roger Martin du Gard   Jeu 11 Nov 2010 - 12:20

Confidence africaine


Citation :
« Je lisais tranquillement : tout à coup, je l'ai vue écarter mon rideau, bondir vers moi et renverser mon chandelier d'un coup de poing. Ah, ça n'a pas été long ! Je ne me possédais plus. En deux secondes j'étais debout et je l'empoignais à bras-le-corps. Que s'est-il passé au juste ? J'essaye de me rappeler tout, le mieux possible. On était dans l'obscurité. Je rageais pour de bon. Elle aussi. C'était une gaillarde solide. Je m'efforçais de la maîtriser, de la jeter par terre, avec le désir très net de cogner dessus et de lui enlever l'envie de recommencer. On était tous les deux en chemise, pressés l'un contre l'autre dans le noir, et on luttait comme deux forcenés. »

Mon avis

Il y a des textes qui n’ont besoin de rien d’autre que ce que l’auteur a bien voulu en mettre.
Ce livre est court, trop court, diront certains, juste ce qu’il faut à mon humble avis pour déceler chez son auteur la finesse du verbe, le choix précis du vocabulaire, la sobriété du style. Juste assez pour me donner envie de poursuivre dans son œuvre.
C’est Katherine Pancol dans Un homme à distance, qui me mettra l’eau à la bouche.

Roger Martin du Gard relate dans ces quelques pages les confidences d’un ami. Tout en retenue, tout en délicatesse, il réussi à faire comprendre au lecteur de quoi il s’agit. Jamais il n’intervient, il écoute avec attention, simplement, sans juger.
Je ne peux rien dévoiler de l’histoire sous peine d’en rompre le « charme ».

Une déclaration à laquelle j’adhère totalement.
« J’aime les gens simples et francs, qui sont ce qu’ils sont et se donnent pour tels, sans camouflage. » p 31
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