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 Jean Marie Barnaud

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coline
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MessageSujet: Jean Marie Barnaud   Ven 5 Déc 2008 - 23:34



Jean-Marie Barnaud est né à Saintes en 1937. Il habite à Mougins.
Professeur de lettres et de français à l’origine, il avoue qu’il lui a fallu détruire un rapport d’infini respect à l’égard de la langue pour oser écrire lui-même.
Homme de pensée, homme d'enseignement, poète, homme de mer...
Jean-Marie Barnaud dirige avec Jean-Pierre Siméon, aux éditions Cheyne, la collection Grands Fonds : "proses inclassables"
Collaboration littéraire et critique à de nombreuses revues, en particulier à L’Atelier contemporain et à La Polygraphe.
Il fait partie des membres fondateurs du site remue.net où il tient une chronique régulière


Bibliographie sélective :

- Aux Editions Cheyne :

« Poèmes pour grandir »
Le Poète et la méchante humeur

Collection verte
Aux enfances du jour
Bleu et quoi d'autre
Poèmes 1983-1985
Poèmes 1987-1990
Venant le jour

« États provisoires du poème »
États provisoires du poème I

Livres hors collection
- Cheyne, a French Publisher of Contemporary Poetry
- Où chaque soleil qui vient est un soleil rieur
-Disque-Compact:Cheyne, une maison des voix


- Autres :

. Soleils épars, suite poétique manuscrite en trois exemplaires, accompagnée d’aquarelles originales par Chan Ky-Yut, Mougins et Ottawa, mars 2002.
. Passées, Traces, in Jean-Marie Barnaud, “ pour saluer la bienvenue ”, (Bibliothèque municipale de Charleville--Mézières, Collection Une saison en poésie, 2002)
. Le Censeur, roman, (Gallimard, 1992)
. Un tombeau pour Félicien, récit épistolaire (Deyrolle, 1996. Voir Verdier, collection Deyrolle)
. Contes et légendes de Provence, (Nathan, 1998)
. Aral, récit, (Éditions L’Amourier juin 2001)
. Récits de la vie brève, nouvelles (Éditions L’Amourier, 2004)


Dernière édition par coline le Ven 5 Déc 2008 - 23:38, édité 1 fois
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Marko
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MessageSujet: Re: Jean Marie Barnaud   Ven 5 Déc 2008 - 23:37

Un petit poème? .......

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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coline
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MessageSujet: Re: Jean Marie Barnaud   Ven 5 Déc 2008 - 23:39

Marko a écrit:
Un petit poème? .......

Oui... Je prépare... content

Et ce n'est pas facile de mettre "qu'un petit poème" car tous se relient au sein d'un recueil...Je n'ai guère le courage de recopier des pages... honte


Dernière édition par coline le Sam 6 Déc 2008 - 0:41, édité 1 fois
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coline
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MessageSujet: Re: Jean Marie Barnaud   Ven 5 Déc 2008 - 23:53

Terre en vue

Le plus souvent
la joie court sa chance
loin des beautés somptuaires
se nouant impérieuse à vous
soudaine dans le temps gris
où le corps s'époumone
pieds et poings liés et le dos convulsif
Et la voilà chanteuse qui vous dresse
pour presque rien
rendu enfin au vrai labeur
à ce rien de liberté farouche
Et pour un peu on volerait
porté par elle depuis ces traces menues
abandonnées comme autant d'effilures :
un éclat de lumière
sur le vitrage plombé d'un immeuble
un regard dans les reflets d'une vitrine
où la foule tressaute
un visage posé là comme un phare
sur le quai
quand la dernière rame vous arrache
dans les soubresauts d'un voyage sans autre paysage
que sa boucle d'amertume
sans aventure pour les corps terrassés des voyageurs
indifférents à leur propre rumeur
une terre enfin
une Italie
dans ce profil dépris de soi
dépris du temps
comme un dormeur qui s'est confié aux dieux du seuil
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coline
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MessageSujet: Re: Jean Marie Barnaud   Sam 6 Déc 2008 - 0:25

Chroniques de Jean Marie Barnaud: ICI
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MessageSujet: Re: Jean Marie Barnaud   Sam 6 Déc 2008 - 1:25

Où chaque soleil qui vient est un soleil rieur

ce poème de Jean-Marie Barnaud accompagné de peintures de Laurence Jeannest vient de paraître aux éditions Cheyne.



1863-1864 : au cours de la longue traversée qui le ramène du Japon en Méditerranée, le capitaine d'un trois-mâts goélette rédige, sur son carnet de route, quelques lettres pour sa femme.
Voici cinq de ces lettres d'amour, qu'inspirent l'attente du retour et les conditions changeantes, parfois périlleuses, de ce voyage maritime, qui est aussi une navigation intérieure.

En exergue:
"J'ai à dire quelques mots
que j'ai entendus dans la mer profonde,
où tant de choses sont tues et tant de choses arrivent."
( Paul Celan)

Extraits du livre :

Trois-mâts goélette
La Bienvenue,
10 décembre 1863

Marie, ma chère femme,
vous que le temps me refuse,
comme la Formose du petit jour,
dont nous doublâmes hier
la pointe sud, emportés
par le grand frais de nord-est
qui souffle en ces temps d'hiver rude,
levant sur ce détroit
une houle ronde et pleine,
Marie, ma chère femme,
comme je suis à vous,
comme je vous rêve activement
devant mes plants
de plaqueminiers de Kyushu,
contemplant d'émotion
celui d'entre eux qui porte
le plus beau fruit, diospyros,
doux, charnu, musculeux et profond
plein de sucs, comme vous l'êtes
vous-même au plus secret.




En mer ce 22 décembre 1863
[...]
Que nous sommes seuls au monde,
Marie, toutes îles
maintenant fonduesdans l'horizon,
que noussommesseuls,
chacun dans l'éclat de son désir.
Et c'est votre visage
que le ciel de mer partout dissémine

[...]


En mer, ce 10 janvier 1864

[...]
Depuis que l'alizée venu du froid
nous a pris en écharpe
la mer souvent fut grosse,
l'équipageet le bateau fatiguent,
les yeux nous brûlent
à toiser les embruns
[...]
Marie, quand aurons-nous
à nouveau
un temps pour l'amour,
pour le soulèvement zélé
des corps et des âmes,
pour la paix
qui cependant les abrite
quand l'océan se calme
et se rassemble en soi.



En mer, ce 21 février 1864

[...]
Persévérer, est-ce vivre encore...
[...]
Ces nuits-là, Marie, moi, hébété,
je sens du creux du ventre,
j'entends, me traverser un cri,
je l'entends comme s'il montait
du fond des eaux!
[...]



En mer, ce 4 mars 1868

[...]
C'est pourquoi, Marie,
il ne faut pas craindre
de nous perdre l'un l'autre,
comme si le temps, et la distance,
et leurs blessures,
devaient à jamais
brouiller nos visages, et
nous rendre étrangers l'un à l'autre.

Est-ce que nous ne sommes pas,
tous deux aussi, dans l'éternel.
Où chaque soleil qui vient
est un soleil rieur.
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Marko
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MessageSujet: Re: Jean Marie Barnaud   Dim 7 Déc 2008 - 13:14

J'ai regardé les liens que tu indiques et je suis curieux de le découvrir.

J'ai trouvé ces poèmes:

Aux joyeux harponneurs

Aux joyeux harponneurs
de demain
le soleil colporteur
pose derrière les toits et la courbe
du fleuve noir
son sac
et la moisson du jour en charpie

De ce côté-ci des fenêtres
dociles sous les volets roulants
on voit les mains se tendre
ces pleureuses
vers la nuit des écrans
et la mort à mâcher la mort
aux mille visages

Qui parmi nous jouant des coudes
et dansant et riant
criant son déni aux adieux
à la mort consentie
harponnera ce sac
ses mensonges sa bêtise froide
ses tendresses ses douceurs sans armes
et le tiendra depuis l’ombre
tendu vers la lumière
dont chaque matin recoud les lambeaux

Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

Grasse, La rétive

Rodoart d'Antibes, Guillaume l'ayant fait prince, avec en prime le rocher du Puy dont ils ont chassé, tous deux botte à botte, les Sarrasins, a fait venir un fontainier : quand la sécheresse cuit la terre, que les disettes, les guerres ou la peste creusent et jaunissent les flancs du peuple – dès qu'on murmure, donc – les puissants font danser les sourciers. Celui-ci, un petit malingre, trébuche sur les collines depuis des jours, sa baguette en fanons de baleine arquée devant lui, prédisant où se croisent les veines loin sous terre.
On le vénère. Mais on le craint aussi pour la divination: sourcier, sorcier, sonnent de même.
Rodoart sent bien que la ville est rétive : il y a cent ans, elle a déjà dit non à Boson, roi des Francs. Rétive, mais riche. Grasse, comme dit son nom. Et donc Rodoart l'a prise. Il a des vues sur elle. Il veut l'étendre vers l'ouest et le nord. Tenir aussi la montagne sous sa paume rude.
"Par ici, dit le sourcier, les eaux couleront toujours: pays de cocagne."
Et Rodoart se réjouit, voyant aussi de son rocher frisotter la mer au levant et, dans sa tête, sa flotte bénie par l'abbé de Lérins courir jusqu'à Gênes, chargée d'olives, d'huile et de peaux. Et l'or rentrer à flots.
"Ne t'abandonne pas aux rêves, lui dit le fontainier : les gens d'ici vous les feront payer. N'aiment pas qu'on les achète, ni qu'on les vende. Secoueurs de jougs. Et rétifs à jamais, ce me semble."

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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MessageSujet: Re: Jean Marie Barnaud   Dim 7 Déc 2008 - 14:14

J'invite les amoureux de poésie à parcourir ces liens d'une richesse inouïe.
Jean Marie Barnaud est passionnant lorsqu'il parle des autres poètes.

Je n'arrive pas vraiment à extraire au sein d'un recueil de Jean Marie Barnaud un poème seul, ni même deux...Tant ils ne disent rien, en les isolant, du tout extraordinaire duquel ils procèdent.
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MessageSujet: Re: Jean Marie Barnaud   Dim 7 Déc 2008 - 14:55

coline a écrit:
Où chaque soleil qui vient est un soleil rieur

ce poème de Jean-Marie Barnaud accompagné de peintures de Laurence Jeannest vient de paraître aux éditions Cheyne.




Extrait de la post-face intitulée Lignes de foi. Une clé pour la compréhension du sens de ces lettres.

"Cependant la poésie, c'est vrai, aide à tenir.
Non pas tant celle qu'on écrit -au risque du plagiat parfois, ou de l'impudeur- que celle qu'on a reçue de la langue, venue du corps absent des autres, elle qui pourtant fut leur corps...
Oui, la poésie m'a tenu, au cours de ces nuits d'insomnie où le temps vous met ailleurs, infiniment présent et actif dans la tête, d'une si grande acuité de présence que c'est comme si l'on touchait de près la mort et sa blessure; et alors le poème, qui vient de si loin, plus loin que toute plainte, ce poème, c'est, derrière ses images, et presque malgré ses images, au rythme, au rythme seul, qu'il vous renvoie. Et qu'ainsi il vous sauve."


"Je cherche maintenant, comme un homme qui s'est égaré, et peut-être même comme un homme perdu, la confiance qui me manque pour inventer la légèreté, croyant contre toute raison disposer d'encore quelques jours pour les trouver et pour les dire, ces "quelques mots entendus dans la mer profonde, où tant de choses sont tues et tant de choses arrivent" *

"Je me suis souvenu des hommes de mer, élémentaires d'âme et de corps, ces vivants morts qui sillonnent ma peau et que mon sang reconnaît et salue, comme malgré moi."

"Ces cinq lettres, je les ai écrites dans ma tête à Nice, au cours de plusieurs villégiatures imprévues.
Mieux vaudrait dire plutôt que c'est la mer qui me les a données: de la fenêtre de ma chambre, à deux cents mètres à peine des galets, je voyais à l'est, tous les matins de grands beaux temps, émerger le soleil tout rond, rouge comme les kakis de mon jardin qui flambent en automne, et je suis tombéamoureux de la répétition- ce qui serait pour moi la seule manière d'aimer le monde.
[...]
Je voyais une longue ligne, une trace plutôt, un sillage, partir de cette chambre bleu aseptique en direction du soleil qui, à cette heure-là, couvrait à l'extrême orient la pleine activité de midi. Et cette ligne s'effilait tranquille, depuis mes yeux encore éblouis par la nuit psychotrope, jusque là-bas, plus loin que l'Inde et que la Chine,vers le Japon...
[...]
Je ne sais qui est l'homme qui parle dans ces lettres que la mer au pied de ma fenêtre m'a données. Mais lui aussi fait retour. Peut-être devons nous faire retour un jour ou l'autre, comme Ulysse.
[...]
Quelque chose, depuis toujours, vient à lui, à nous, c'est ce soleil rieur."

(Jean Marie Barnaud)

* (citation de Paul Celan)
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