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 Nicolas Bokov [Russie]

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tom léo
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MessageSujet: Nicolas Bokov [Russie]   Ven 5 Déc 2008 - 23:48



Nicolas Bokov est né en 1945 à Moscou et y étudia les sciences sociales et la philosophie. Tôt il se maria avec la compositrice Sofia Gubaidulina et s’engagea dans le « Samizdat », ce moyen clandestin de copier et distribuer des œuvres. Au courant des années 60 et début 70 il mettait en circulation une 40aine d’œuvres, la plupart écrit dans un style polémique et grinçante. Il connut une grande popularité dans les cercles initiés, surtout pour « La tête de Lénine ». Certains étaient traduit à l’époque (ou plus tard), sous l’anonymat, en Occident, en français par exemple « Nikto » et « La tête de Lénine ». En 1975 il ne lui resta pratiquement pas le choix : soit l’exil, soit l’asyle psychiatrique! Il partit, faisant des voyages, vivant surtout en France (où il était même invité chez Pivot … !). Malgré une culture de dissident fortement imprégné par une connaissance de beaucoup de courants spirituels, voir de la foi chrétienne, il parla d’une expérience clé de « conversion » vers l’année 1982 après et durant une crise familiale (divorce, accompagnement de sa fille handicapée et bien-aimée, Marie). Les années suivantes seront marquées par l’errance qui me rappelle les traditions des fous en Dieu en Russie: une vie vagabonde comme pèlerin. Il alla en Grèce, en Terre Sainte et ailleurs, ne publiant plus pendant une quinzaine d’années. Après ces années sur les routes d’Europe, surtout en France, il s’installa dans les environs de Paris dans une grotte pendant une période. Il recommence à écrire, à publier à partir de 1998. Dans cette phase ce seront des écrits à fort caractère autobiographique qui révèlent tel ou tel aspect de la vie soit en Russie (« Déjeuner au bord de la Baltique ») ou sur les routes en Europe (« Zone de réponse »), les expériences menant vers une réorientation de sa vie spirituelle (« La conversion ») ou « Dans les rues à Paris ». En 2005 fut publié un livre de « dialogue » avec Viktor Koulbak (peintre russe) d’un ton très libre, toujours intéressant et riche en informations sur la vie et la culture en générale et russe en particulier. Très dense !

L’auteur vit aujourd’hui dans une chambre de bonne à Paris et travaille sur des textes aussi bien de prose que de connotation politique et sociale. Il contribue de temps en temps à divers journaux. Récemment il fut coauteur d’une lettre ouverte au gouvernement russe. Apparemment une œuvre est en préparation autour de l’avenir de la France et de la Russie… Là il me semble – on retrouve l’auteur engagé de sa jeunesse.

1975 : Nobody (=Nikto) - John Calder, London
1982 : La Tête de Lénine - R.Laffont, Paris
1982 : Der Fremdling - Diogenes Verlag, Zürich

1998 : Dans la rue, à Paris - Noir sur Blanc ISBN 2-88250-068-8
1999 : Déjeuner au bord de la Baltique - récit. Noir sur Blanc - ISBN 2-88250-077-7
2002 : La Conversion - Noir sur Blanc ISBN 2-88250-124-2
2003 : La Zone de Réponse - Noir sur Blanc - 2003 ISBN 2-88250-129-3
2005 : Or d'automne et pointe d'argent. Conversations avec Victor Koulbak. - Noir sur Blanc ISBN 2-88250-168-4

Pour quiconque aimerait feuilletait dans son blog curieux et riche : http://nicbokov.blogspot.com/ qui est très intéressant et offert en quatre langues (mais un peu confus quelque fois…)

Après ces informations générales je dois quand même dire à quel point je fus frappé, sidéré de lire Bokov la première fois dans « La Zone de réponse ». J’y ai découvert un frère en esprit, toujours curieux, toujours interprétant les signes de la vie, essayant de les accueillir. Evidemment j’ai enchaîné avec tout ce qui était trouvable en français et allemand (voir en bas). Et je me suis pris de profonde affection pour cet auteur qui a lui seul, aujourd’hui à peine 63 ans (et il les porte très bien) a traversé des périodes de vie assez différentes, par la force des choses (l’exil), mais aussi des choix et découvertes personnelles.
On constate avec tristesse que premièrement une certaine littérature dissidente s’éloigne de l’intérêt du lecteur normal et que d’autre coté, sa forte dimension « spirituelle » (et cultivée – mais cela il n’aimerait pas entendre !), présente dans ses écrits françaises, n’attire pas ni l’éditeur moyen, ni le lecteur ayant de préjugés. En ce qui est l’éditeur, ce sont les éditions « Noir sur Blanc » qui devraient faire l’attention aux lecteurs avertis. Et puis – je m’expose là-dessus – cet auteur a quelque chose à nous dire et ne laisse pas indifférent. Ce le seul auteur dont j’ai acheté à l’époque une bonne dizaine de livre pour les distribuer à des amis chers !

Donc : coup de cœur !
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tom léo
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MessageSujet: Déjeuner au bord de la Baltique   Sam 6 Déc 2008 - 0:18

Déjeuner au bord de la Baltique

Des livres écrits jusqu’à présent depuis la France, celui-ci me semble le plus „romanesque“ et accessible pour tous, même s’il est aussi à forte connotation autobiographique et contient pas mal de non-dits, des mystères… :

CONTENU :
C’est les souvenirs d’un ancien dissident soviétique des derniers jours avant son arrestation dans l’Union Soviètique des années 70. Il raconte son voyage vers la Lettonie, son ultime rencontre avec la bien-aimée et leurs projets d’avenir et y mèle aussi des souvenirs d’enfance etc.

Ici on découvre ce mélange bokoviènne entre expériences et réflexions. C’est une promenade dans son propre passé qui nous fait partager la vie d’un dissident dans l’Union Soviétiques des années 70 juste avant son arrestation, entre espoir pour un avenir personnel dans une relation d’amour et puis l’intervention brutale de l’Etat apparemment tout-puissant. On y trouve ce style très allusif de l’auteur, où il faut deviner soi-même les ponts entre deux événements, les liaisons entre deux réflexions. Derrière le niveau de l’affaire politique apparaît un poète, un homme sensible qui dans ce monologue intérieur partage avec le lecteur ces impressions.

J’ai tellement aimé cette manière extrêmement délicate et mélancolique de présenter les choses, toute en finesse. On y trouve une gravité et un regard très « russe » ( ???), me semble-t-il. Quand on arrive à la dernière page, où quand on retourne après lecture à la première, on est saisi par le drame d’une personne parmi des millions et des millions. Un visage à découvrir !.

Nicolas Bokov – Déjeuner au bord de la Baltique
Verlag: Noir sur Blanc
ISBN: 2882500777
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bix229
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MessageSujet: Nicolas Bokov   Sam 6 Déc 2008 - 0:32

Bonne nouvelle, Tom Leo, j'ignorais que Nicolas Bokov avait publié des livres depuis Déjeuner au bord de la Baltique.
Excellent écrivain et personnage très russe. On l'imaginerait bien dans un roman
de Dostoievski...
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tom léo
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MessageSujet: Re: Nicolas Bokov [Russie]   Sam 6 Déc 2008 - 0:38

Très heureux d'apprendre que je ne suis pas le seul à le connaître par ici!!! Quelle richesse, ce forum!

Par ailleurs, bix, il me semble que tu es "très russe" aussi?! (Comme moi...?!)
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bix229
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MessageSujet: Nicolas Bokov   Sam 6 Déc 2008 - 0:53

Oh tout à fait Tom Leo !
Dans mon adolescence et dans mes premières lectures, Dostoievski a joué un role énorme.
Je me souviens de la fièvre et de l'exaltation éprouvées en lisant, l'Adolescent, Le joueur, Les Possédés, Crime et Chatiment, L' Eternel mari...
Mais aussi Gogol. Et Tolstoi, surtout les récits de jeunesse et puis Guerre et paix.
Et tous les autres - Leskov, Lermontov, Pouchkine, Sologoub, Saltykov-Chtchedrine, Tourgueniev, Aksakov - et tu as pu lire comme j'avais défendu Gontcharov !
Et enfin il y a eu Tchekhov... Et j'ai compris qu'on pouvait aimer des récits haletants, contradictoires où le verbe déborde. Et tout autant ceux où la parole est rare, où tout est sous entendu, allusif. Au delà du silence !
Je m'en tiens là, mais comme tu vois je te comprends bien...
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tom léo
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MessageSujet: Re: Nicolas Bokov [Russie]   Sam 6 Déc 2008 - 9:25

Eh bien, il me semble qu'on a fait un parcours similaires... Very Happy
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Nicolas Bokov [Russie]   Sam 6 Déc 2008 - 14:07

tom léo a écrit:
Déjeuner au bord de la Baltique

J’ai tellement aimé cette manière extrêmement délicate et mélancolique de présenter les choses, toute en finesse.

Un visage à découvrir !.

Cette "manière" est aussi ce que j'aime quand je lis. Ta présentation est extrêmement alléchante et je ne connais pas cet auteur...Je note ! miammiam
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tom léo
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MessageSujet: Nicolas Bokov - La tête de Lénine   Sam 6 Déc 2008 - 18:46

Oui, cachemire, je peux alors vraimenty conseiller ce livre. J'ai pensé quelques fois, malgré la "rudesse" de la réalité derrière ce qui est décrit, à un tableau tout en douceur..., sans s'imposer, mais suggestif.

Puis, encore une remarque:
Aussi les écrits du temps après son exile ont été écrits en russe et traduits vers le français. Donc malgré ses plus que trente ans passé en Occident, je le classe encore comme écrivain russe!

En ce qui concerne les écrits d'après son exile, j'avais utilisé le terme "récit autobiographique". Oui, il prend des élements de sa vie, c'est sûr. Mais il s'agit vraiment pas d'une autobiographie! Ce qui me fascine, c'est qu'à chaque livre j'apprends du nouveau sur lui, une nouvelle facette. Et c'est par émerveillement qu'on se dit qu'on épuise jamais le secret d'une vie en énumérant des détails extérieurs. Je me suis plongé dans ses livres et pourtant il me reste assez mystérieux. Mais ce qui vaut pour lui, cela vaut pour chaque être humain, bien sûr.

J'aimerais vous présenter un livre de la période dans l'Union soviétique:

La tête de Lénine

Original: Смута Новейшего Времени… Чмотанов ,1970, russe

Pour le centenaire de Lénine, Nicolas Bokov, âgé de tout juste 25 ans, prépare en 1970 un cadeau d’anniversaire spéciale : il écrit une satire pleine de phantasie et pourtant jouant avec les réalités de l’Union soviétique. Point de départ : Le malfrat Tchmotanov se met mine de rien dans une file d’attente sur la Place Rouge – car qui peut bien savoir quelle opportunité se cache derrière une telle file ? – et atterrit dans celle qui mène vers le mausolée de Lénine ! Mais trop tard pour filer : cela pourrait bien avoir des conséquences ! Alors il se demande ce qu’il peut bien faire de louche à partir de cette situation et prépare son prochain coup : voler la tête de Lénine et la vendre à l’Occident ! Cela sera une mine d’or! Et il se met en route. Mais les événements se bousculent : des officiers de service se suicident, un acteur devrait remplacer le corps de Lénine et des généraux rivalisant se désignent mutuellement de rebelles, de dissidents. Et ainsi de suite jusqu’à la fin dans ce roman bref, mais si dense.

Publié dans le Samizdat au début des années 70, ce livre trouva un grand écho en Union Soviétique et fut édité sans mention de nom (évidemment pour protéger Bokov) en 1972 d’abord, et puis après son émigration en 1983 sous son nom en allemand et en français.

L’amateur de satire (politique) - et spécialement dans la Russie - va trouver ici un petit bijou. Il est quand même très curieux de remarquer que spécialement dans un pays comme la Russie tsariste qu’aussi bien dans l’Union Soviétique, la satire a toujours eu une très grande place et tradition. Peut-être c’est la vraie voix du peuple… Et pour citer Bokov : « Oui, c’était vraiment un temps drôle dans l’Union soviétique, si ça n’avait pas été aussi terrible. »

Pour celui qui veut chercher plus rien, ici des archives l’émission d’Apostrophes, où Nicolas Bokov avait été invité pour ce livre :
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CPB82052874

La tête de Lénine
137 pages
Editeur : Robert Laffont; Édition : Ed. rev. (12 septembre 1999)
Collection : Pavillons
Langue : Français
ISBN-10: 2221009274
ISBN-13: 978-2221009277
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bix229
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MessageSujet: Nicolas Bokov   Sam 6 Déc 2008 - 18:52

J' avais beaucoup apprécié La tete de Lenine qui était drole, féroce, iconoclaste, mais complètement différent de ce que Bokov écrira plus tard.
L' homme a suivi un itinéraire moral et spirituel profond et l'écrivain le traduira dans son oeuvre...
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tom léo
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MessageSujet: Or d'Automne et Pointe d'Argent    Sam 10 Juil 2010 - 23:04

Or d'Automne et Pointe d'Argent : Conversations avec Victor Koulbak

2005
Avec une quinzaine d’illustrations magnifiques à la pointe d’argent de Victor Koulbak
Traduction (du russe): Luba Jurgenson


Présentation de l'éditeur
A l'automne de leur vie, deux amis, l'un peintre, l'autre écrivain, devisent à bâtons rompus. Ils se sont connus à Vienne, première station de leur exil, en 1975, se sont perdus de vue et se retrouvent trente ans après à Paris (donc en 2005). Cette causerie agréable est pour eux l'occasion de revenir sur leur parcours et sur l'histoire troublée de leur patrie russe. Ils évoquent les mutilations laissées par le communisme. Ils traquent les traces de la culture russe. De l'idée d'une société de justice qu'aurait pu développer la Russie, il reste bien peu de chose. La chute du mur de Berlin, loin d'améliorer la situation n'a fait qu'en accélérer l'évolution. Dans le monde entier, le progrès à tout prix lamine tout sur son passage. Rien ou presque ne résiste à l'appât du gain, aux enrichissements sauvages, surtout pas la culture. C'est à un véritable feu d'artifice que nous convient Nicolas Bokov et Victor Koulbak, tant leurs références culturelles sont vastes, leurs connaissances étendues, de l'Italie au japon, des Etats-Unis à la France, de l'éthologie à la littérature, à la musique ou à l'histoire de l'art. L’humour est toujours présent et donne un ton de connivence agréable aux entretiens. C'est à une résistance pacifique que veulent nous inciter le peintre et l'écrivain. Il est important de savoir marquer une pause pour savourer l'instant fugitif. Qu'un tableau exceptionnel ou l'éclat d'une femme nous émeuve, c'est un peu de notre âme qui rencontre un sursis d'humanité. Cela peut être aussi le germe d'une œuvre future, tableau ou roman. Mais cette immortelle fleur du beau est d'une fragilité extrême, exposée qu'elle est sans cesse à la standardisation prônée par la machinerie commerciale. Il faut veiller sur elle avec soin. Ce livre est une ode à la contemplation, à l'importance de la flânerie et du regard.

Victor Koulbak est né le 12 mars 1946 à Moscou. Comme Bokov il quitte la Russie en 1975. Plus d’informations sur sa vie, son œuvre : http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Koulbak

Ou sur le site officiel (avec beaucoup de ses œuvres) :
http://www.koulbak.com/

C’est une lecture qui m’a accompagné un bon bout de temps car les passages, on peut les laisser mijoter en soi, y réfléchir. Beaucoup de matières abordées, et pour quelqu’un qui aime les questions sur l’art, la Russie, une certaine conception du beau, on trouve de quoi se nourrir. J’ai juste un leger regret qu’on peut pas s’empêcher à remarquer des fois un ton « élitiste », avec un regard assez dur sur p.ex. certaines « déviations « de l’art moderne. Le standard est la peinture et la notion de l’homme du XVIème siècle. Je partage dans un certains sens pas mal d’intuitions des deux causeurs, mais j’aurais souhaité une plus grande compréhension de certaines données de la société, de l’art moderne.
Néanmoins un bon livre de conversation, avec dans l’arrière fond, le repas partagé ou des virements dans la conversation au gré des intuitions.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bokov [Russie]   Sam 10 Juil 2010 - 23:51

Tom Leo, je suis stupefaite, Nikolay Bokov est tout a fait inconnu pour moi. Il n'y a aucun de ses livres traduits en bulgare et c'est surprenant! apres 1989, on s'est mis a "recuperer" - a traduire la litterature des dissidents russe, a reconstruire le temps de Staline pour nous faire voir combien chez nous "on" a ete "doux". Il y a eu plusieurs anthologies de Samizdat.
Par contre, j'ai beaucoup trouve sur Internet en russe, sur N. Bokov. Connais-tu:
Si je comprends bien, il est ton ami.
J'espere quand meme trouve quelque chose de lui, ici, dans les periodiques.
Pour ne pas repeter ce que Bix a dit, j'ai beaucoup lu les ecrivains russes, c'etait obligatoire avant 1989 et je ne le regrette pas, bien au contraire. Il m'arrive d'oublier vite de quoi on parlait dans un livre d'auetur francais ou autre, mais dans les livres des auteurs russes cites par Bix - ca, jamais, cela reste grave dans la memoire.
Encore merci pour cette decouverte.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bokov [Russie]   Dim 11 Juil 2010 - 2:13

Tant qu' à citer des écrivains russes, j' en rajoute 3 autres : Boulgakov que les français connaissent
bien pour Le Maitre et Marguerite.
Et Zochtchenko et Zamiatine, dont je lis un recueuil de nouvelles : La caverne...
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tom léo
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MessageSujet: Re: Nicolas Bokov [Russie]   Dim 11 Juil 2010 - 8:55

Orientale a écrit:

Par contre, j'ai beaucoup trouve sur Internet en russe, sur N. Bokov. Connais-tu:
Si je comprends bien, il est ton ami.
J'espère quand même trouve quelque chose de lui, ici, dans les periodiques.

Oui, sur Internet on trouve des choses. Aussi, comme tu es parfaitement francophone, tu pourrais envisager de lire des livres en français (ou en russe?).

Oui, je connais aussi ce nouveau livre de lui, "Où va la Russie?". Difficile de me prononcer... C'est un homme qui a connu l'exile qui parle et qui critique la Russie actuelle (qui n'aurait pas pu vraiment s'éloigner de certains automatismes de dictature) et aussi une France (= un Occident) qui par recherche de facilité et d'opportunité économique ne dit rien. Dans ce même sens va un livre d'articles sur la journaliste assassinée Anna Poulitovskaya. Je sens la justesse de certains propos tout en ayant un peu plus d'espoir, pour ainsi dire. Il y a une forme d'âpreté qui me fait mal. Récemment, en ce qui concerne p ex la chute de l'avion polonais en Russie, il pensait haut et fort que l'Etat russe y est pour quelque chose. Etc.
Non, je n'oserais pas affirmer ici que NB est un ami, mais je me sens quand même très proche de lui. On a échangé quelques courriels qui me sont très chers.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bokov [Russie]   Dim 11 Juil 2010 - 9:06

bix229 a écrit:
Tant qu' à citer des écrivains russes, j' en rajoute 3 autres : Boulgakov que les français connaissent
bien pour Le Maitre et Marguerite.
Et Zochtchenko et Zamiatine, dont je lis un recueuil de nouvelles : La caverne...
"Le maitre et Marguerite" - que de souvenirs pour moi, c'etait apocryphe ici, des etudiant bulgares en Russie en ramenaient des exemplaires lus par au moins une vingtaine de personnes. C'etait mon livre dit de chevet pendant longtemps.
Je dois partir, cher Bix, je vais encore parler des deux "Z" que tu cites.
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MessageSujet: Re: Nicolas Bokov [Russie]   Lun 2 Aoû 2010 - 19:10

Or d'Automne et Pointe d'Argent : Conversations avec Victor Koulbak

2005
Avec une quinzaine d’illustrations magnifiques à la pointe d’argent de Victor Koulbak
Traduction (du russe): Luba Jurgenson

Voilà un livre de conversation assez étonnant. Je suis surprise que le livre soit signé Bokov car en fait, c’est le peintre Victor Koulbak qui parle et dont la pensée sur l’Art et la vie s’expose, Bokov se contente presque seulement de l’interroger. Le livre est bizarrement construit, comme une pièce de théâtre avec ses didascalies, Bokov nous racontant les bruits et actions pendant l’entretien, ce qui n’apporte strictement rien au propos et agace plutôt en nous distrayant inutilement. Bokov donne aussi ça et là des explications culturelles ou philosophiques dont on ne comprend pas le but.
On sent chez les deux artistes une amertume du vieillissement et de l’exil. Leur vision de l’art contemporain est on ne peut plus réductrice : leur idée est que « les maîtres ne sont pas des esthètes mais des superstars », donc ce qu’ils font ne vaut rien… Koulbak dit par exemple : « je trouve ridicule que les pitoyables inventeurs d’aujourd’hui soient qualifiés de créateurs ». Il développe très longuement sa philosophie de l’art fondée sur une adoration de l’art classique qui l’a conduit à dessiner notamment des portraits de personnages androgynes qui laissent mal à l’aise (et que je suis moi, incapable de trouver beau). Les deux personnages racontent leur destin d’exilés et ce qu’ils ont dû endurer sous le régime soviétique. C’est un témoignage intéressant mais qui ne les rend pas sympathiques pour autant. Koulbak apparait presque tout au long des entretiens comme un « ruisseau froid », comme il se définit lui-même.
Néanmoins ces entretiens apportent quelques éclairages sur l’art et la beauté, par exemple : « J’ai remarqué que le pays, l’espace où l’homme vit influence sa vision du monde. » « En France, j’ai souffert à cause de l’étroitesse du pays. Après la Russie, la France est petite ». « Pour être un bon peintre, il faut cesser d’exister. Il faut être tout – et rien. »
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