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 Mathias Enard

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Aeriale
Léoparde domestiquée


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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mar 23 Oct 2012 - 11:59

-Zone-

Lire Zone est une incroyable expérience. Un livre fou, une frénésie de mots, d'impressions, de souvenirs qui jaillissent d'emblée dans un long monologue dont on ne sort jamais et qui pourtant nous ferre et ne lâche plus le lecteur à la fois transporté et englouti par cette rage furieuse. Un rythme dense, une ponctuation inexistante ou presque, une foison de connaissances et des digressions qui nous font croiser Malcom Lowry, Williams Borroughs ou Jean Genet, pour revenir à Lawrence d'Arabie ou Hafez Al Assad. Et au milieu de tout ça, la guerre omniprésente, la violence, depuis l'origine avec ses Borgia et ses sanguinaires qui n'hésitaient pas à énucléer leurs ennemis, jusqu'à celles plus récentes des conflits palestiniens, en passant par la guerre de Troie, une des plus illustres et à laquelle Enard fait souvent référence, dans une sorte de litanie.

C'est un récit monstrueux dans tous les sens, dans sa densité et dans son impact. Enard nous plonge avec son héros, ancien agent tentant une rédemption quasi désespérée, dans les heures les plus sombres de l'Histoire avec une verve et un talent fou, à un point qu'il est difficile de garder la tête hors de l'eau. Il y a quelques belles échappées, lorsque Francis ivre et sonné par le bercement lancinant du train s'égare dans les rues de Venise ou de Paris en rêvant à ses amours passés, mais dans l'ensemble il y a très peu de respiration. Dit comme ça cela peut faire peur, et pourtant on a du mal à s'en arracher tellement l'auteur est habité par son sujet. Un récit halluciné, exigeant, qui demande beaucoup au lecteur (concentration, souffle, connaissances géo-politique) et dont on n'est jamais certain de venir à bout mais qui préfigure déjà l'émergence d'un grand écrivain avec lequel il va falloir compter. Grand coup de chapeau à Mathias Enard et merci à Shanidar sans qui je ne me serais peut-être pas lancée!

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shanidar
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mar 23 Oct 2012 - 16:16

merci à toi, Aeriale pour ce commentaire particulièrement juste et limpide (ce qui n'est vraiment pas évident quand on sort d'un livre aussi tentaculaire) !

d'ailleurs quel plaisir de lire ici et là des mots comme empathie, humanité, écriture magistrale, j'aime j'aime j'aime... pour parler d'un auteur qui ne pose pas, ne se pose pas, écrit comme il marche, arpentant le monde des petits, des insoumis, des 'ploucs', des rêveurs et des abîmés.

je viens de finir Rue des voleurs et j'ai peu de choses à ajouter à ce qui a déjà été dit. Redire peut-être l'importance d'entendre parler du monde d'aujourd'hui avec les mots (maux) de ces étrangers dont les voix sont si ténues qu'elles nous sont la plupart du temps inaudibles, entendre parler de notre monde, l'europe, les villes, les frontières, les différences culturelles, les rêves, les désenchantements et les brûlures de ces jeunes gens prometteurs, avides, riches sans le savoir, incroyablement niés par nos littératures. Redire qu'il faut l'avaler jusqu'au bout ce roman de luttes, de heurts, de déréliction et se demander encore comment les autres tiennent debout malgré le marasme, la crise, le manque de tout, l'acculturation, la misère, le fanatisme comme refuge... Un livre nécessaire puisqu'il aide à mieux comprendre le monde, à mieux l'entendre gueuler de rage et d'impuissance.

un seul bémol (tout de même) : l'impression que parfois le récit manquait légèrement d'envergure et utilisait la 'facilité' de répétitions (la gueule de plouc de Bassam, la vie qui ne va vers rien de Lakhdar...) comme un piétinement, mais ce sur-place qui est à l'image même de la vie de Lakhdar est peut-être aussi à comprendre comme l'impuissance des personnages à transformer le monde et ce constat pessimiste d'une vie, d'une pensée, d'un monde en crise qui n'avancent plus, qui se figent, végètent, se soumettent... et puis là où j'ai lu quelques répétitions oiseuses d'autres liront l'infinie précaution avec laquelle Enard traite ses personnages, cherchant à leur donner, non pas une dimension, mais des univers, une complexité affirmée, une profondeur.

et puis finir en soulignant l'importance du livre, des livres dans ce roman, qui est aussi un livre sur les livres (du Coran au récit de voyage de Ibn Batouta en passant par Choukri et Manchette) et que les mots sont aussi de possibles voyages, de possibles navigations, traversées, rencontres, éparpillements et découvertes. Ce qui est, éminemment, merveilleux !

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Igor
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mar 23 Oct 2012 - 18:13

Je viens juste de finir "Batailles, rois, éléphants. Je comprends pourquoi certains parlent de la distance au personnage et à l'histoire.
Oui, trop court, c'est au moment où je rentre dans le livre qu'il s'achève déjà et concernant le personnage de Miche-Ange, grand talent, génie même mais porte-t-il à la sympathie ?
Mais je découvre un auteur, c'est bien construit, plein d'érudition et d'imagination, les pièces s'assemblent comme dans un puzzle et au final le livre est plus grand que le laisse penser son volume mais j'en aurai voulu plus...
Et à lire vos derniers commentaires il y en a plus dans "Rue des voleurs".
J'y reviendrais donc très bientôt!

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topocl
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mar 23 Oct 2012 - 18:25

shanidar a écrit:

je viens de finir Rue des voleurs et j'ai peu de choses à ajouter à ce qui a déjà été dit.

Shanidar, j'adore quand tu n'as pas grand chose à rajouter sourire !

Et en plus tu as raison, nous n'avons pas assez insisté sur la découverte d'autres modes de vie , d’autres chances ou malchances données par la naissance . Et cette ouverture à l'autre, à la différence, à d'autre peuples, à d'autres modes d'existence et de pensée, en parallèle avec des notions universelles: reluquer les filles, trainer dans les bistrots, passer des mails, rejeter l'autorité tout en se laissant fasciner par elle selon la forme qu’elle adopte, c' est une grande force du roman.

Igor a écrit:

Et à lire vos derniers commentaires il y en a plus dans "Rue des voleurs".
J'y reviendrais donc très bientôt!

Oui, je pense que c'est bien de les lire dans ce sens-là!
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shanidar
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mar 23 Oct 2012 - 21:03

c'est à mon avis la grande force et la grande réussite de Rue des voleurs : parvenir à nous faire entendre la voix d'un jeune marocain qui ne rêve pas de pénétrer l'europe mais qui voudrait simplement être libre, libre de circuler, de rencontrer des filles, de lire, de boire, d'apprendre et de rêver et qui, confronté à notre chère bonne vieille europe découvre l'horreur de l'exil, la peur du sans-papier, la frustration de l'incompréhension ou de l'indifférence. Un livre qui souligne aussi l'ambiguité de la réussite des printemps arabes, la révolution ayant été plus ou moins confisquée par les islamistes, un livre qui a le mérite de soulever les questions compliquées de l'immigration clandestine, de la pauvreté et du manque de liberté des pays maghrébins... un livre qui s'attaque de manière frontale et sans fioritures aux problèmes de notre comtemporanéité. Un livre aussi qui nous dit combien nous sommes protégés par nos démocraties, combien nous sommes libres d'être ce que nous voulons être et qui souligne tout particulièrement que le combat ne s'arrête jamais, qu'il ne faut jamais se considérer comme vainqueur de l'adversité et que les hommes sont des chiens... Un constat paticulièrement violent et accablant mais qui peut être réévalué grâce à l'amour des livres, le respect de la culture, de l'ouverture d'esprit et de l'espérance (même si cette espérance dans la préservation du monde conduit à l'enfermement).

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Harelde
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mer 24 Oct 2012 - 10:02

Rue des voleurs

Lakhdar vit à Tanger. Il n’est plus adolescent, mais pas encore tout à fait adulte. Avec Bassam, son meilleur ami, il passe beaucoup de temps sur les hauteurs de la ville à contempler le détroit et l’Espagne, juste en face. Si proche et pourtant si loin, Inaccessible. Il rêve de liberté, de pouvoir faire ou simplement penser ce qu’il veut quand il veut. Il rêve d’échapper à cette société marocaine, contraignante, censurée, rigoriste sur laquelle pèsent les révolutions populaires qui enflamment le monde arabe en ce début d’année 2011. Une histoire personnelle dans l’Histoire avec un « H » majuscule.
Cultivé, avide de lecture, il aime reluquer les filles, « chasse » les étrangères venues faire du tourisme, se tape des bières avec son ami. Croyant mais pratiquant dilettante. Petit monde routinier qui vole en éclat lorsqu’il est surpris nu en compagnie de sa cousine Meryem. Il est violemment battu par son père avant de s’enfuir de chez lui pour ne jamais y revenir. Meryem, elle, est éloignée, envoyée chez une tante loin dans le sud. Lakhdar va alors connaître la vie chaotique des sans abris avant de trouver refuge auprès d’un groupuscule islamiste et de l’énigmatique Cheikh Nouredine. Le jeune homme se reconstruit et en passionné de lecture tient la librairie de la confrérie. Mais son ami Bassam change et devient dévot, lui qui ne priait que rarement. Une nuit, Lakhdar est entrainé par son ami et, guidé par le Cheikh Nouredine, participe contre son gré à la bastonnade d’un libraire porté sur l’alcool et les revues érotiques. La cassure est consommée.
Alors que ses amis islamistes se sont évaporés dans la nature à l’heure de l’attentat meurtrier de Marrakech (y ont-ils participés ?), il change à nouveau de vie et tente de survivre en recopiant sur son ordinateur des classiques de la littérature européenne et des fiches de décès datant de la Grande Guerre pour le compte d’un français rencontré par hasard. Il s’éprend également de Judith, une jeune espagnole de Barcelone qu’il rêve de rejoindre. Car ses rêves de liberté n’ont pas faiblis, il parvient à se faire embaucher par la compagnie de ferrys reliant Tanger à Algésiras. Mais alors qu’il débarque pour la première fois sur le sol européen, il réalise que même de si près, il demeure toujours aussi éloigné de l’Espagne. Et de Judith. Après maints rebondissements, il finit toutefois par atteindre en clandestin la capitale catalane et trouve refuge rue des voleurs, une zone de non droit dans laquelle la police ne pénètre pas.
Un livre d’une rare puissance, mené tambour battant et sans temps mort. Une écriture magnifique au ton faussement badin. Le personnage de Lakhdar est d’une grande justesse, évoluant sur le fil du rasoir tout au long du récit et au milieu de seconds rôles eux aussi criant de vérité. Il se débat dans un monde en pleine mutation, évite les bombes, louvoie dans une actualité tourmentée sur fond de crise généralisée. Ses errances entre le Maroc et l’Espagne, ses hésitations – poursuivre en avant ou revenir en arrière –, ses doutes puis ses certitudes quant aux nouvelles activités de son ami Bassam, ses joies, ses peines, ses dilemmes… Un personnage fouillé, attachant qui marche sur les traces de Ibn Batouta, véritable fil conducteur qui accompagne le lecteur émerveillé de la première à la dernière ligne.
Un grand moment de lecture.

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mer 24 Oct 2012 - 10:33

ton commentaire m'incite à lire ce livre Harelde, je regarderai s'il est dispo à la médiathèque (après les vacances scolaires)

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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mer 24 Oct 2012 - 10:43

Bédoulène a écrit:
ton commentaire m'incite à lire ce livre Harelde, je regarderai s'il est dispo à la médiathèque (après les vacances scolaires)
Je te le conseille vivement.
A mon sens, il reste toutefois légèrement en retrait face au Sermon de la chute de Rome : je place le Ferrari encore devant !

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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mer 24 Oct 2012 - 13:04

(en vous lisant je repense à Nedjma de Kateb Yacine)

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Aeriale
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mer 24 Oct 2012 - 18:46

Shanidar, c'est un plaisir de te lire, comme dit topocl tu avais encore plein de choses à dire) et j'aime bien ce que tu soulignes ici
Citation :
quel plaisir de lire ici et là des mots comme empathie, humanité, écriture magistrale, j'aime j'aime j'aime... pour parler d'un auteur qui ne pose pas, ne se pose pas, écrit comme il marche, arpentant le monde des petits, des insoumis, des 'ploucs', des rêveurs et des abîmés.

Voilà un auteur qui sait regarder le monde dans lequel il vit, différemment de Adam mais avec la même empathie. Son texte est gorgé de la même rage et de cet entêtement à projeter la lumière sur les oubliés de la vie, des abîmés comme tu les nommes, pris entre effroi et fascination envers ce monde qui leur échappe.

Ici pas de complaisance, pas d'effet de style, mais un vrai regard sur l'autre, d'une écriture puissante et riche, et avant tout au service d'une identification, non d'une thèse ou une idée plus détachée de l'homme. C'est pourquoi je trouverai toujours supérieur et de loin un auteur comme lui à Jérôme Ferrari que cite Harelde. Malgré sa connaissance du monde arabe et ses références (surtout dans Zone que je viens de finir) Enard reste avant tout un témoin de son temps foncièrement humain et empli d'une générosité qui sait toucher car elle est bien réelle.

Je suis baba de cet homme!


Dernière édition par Aeriale le Jeu 25 Oct 2012 - 8:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Mer 24 Oct 2012 - 22:09

mmm disons que d'un point de vue purement stylistique j'ai trouvé Zone beaucoup plus fort, construit, osé que Rue des voleurs, qui reste un roman avec une forme très classique, très lisible, avec quelques passages un peu incantatoires, parfois un peu redondants... en revanche je trouve très osé (et très juste) l'idée de pouvoir donner à lire à travers les yeux d'un jeune marocain le monde d'aujourd'hui. Et non seulement osé mais difficile, questionnant et malgré tout profondément littéraire... même si je ne suis pas absolument conquise... même si Zone est pour moi l'inaccessible sommet d'une écriture en transe ! (n'ayant pas lu Ferrari, je compte bien aller voir ce que fait cet auteur...)...

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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Jeu 25 Oct 2012 - 8:28

Citation :
mmm disons que d'un point de vue purement stylistique j'ai trouvé Zone beaucoup plus fort, construit, osé que Rue des voleurs, qui reste un roman avec une forme très classique, très lisible, avec quelques passages un peu incantatoires, parfois un peu redondants...
Je veux bien te croire (en fait je me doutais que tu allais préférer Zone) Rue des voleurs reste le plus lisible, celui qui va parler à plus de lecteurs, et ce n'est pas forcément plus mal Wink Tu parles de redondances, il faut bien admettre que Zone en a aussi quelques unes sur 520 pages, et que s'il avait dégraissé un peu son texte, il n'en n'aurait pas perdu sa force! Par contre je te suis quand tu parles de transe, Zone est vraiment écrit dans la fureur, il y a quelque chose de complètement débridé et ça, ca laisse des traces.
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Jeu 25 Oct 2012 - 8:37

Zone a un côté "élitiste" au bon sens du terme, il faut des livres comme ça pour des lecteurs exigeants et passionés. Mais Rue des voleurs est un livre excellent , très accessible dans sa complexité, qui peut parler à énormément de lecteurs plus basiques, ouvre des horizons, murit la réflexion sans négliger l'affectif qui est savamment dosé, et c'est également un tour de force de faire ainsi du haut de gamme ouvert à tous.
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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Jeu 25 Oct 2012 - 10:14

Certes, j'ai osé préférer Ferrari à Enard (j'ai mis 10/10 à Ferrari et 9/10 à Enard dans mes compte-rendus). Mais Enard m'a tout de même enchanté (9/10, ce n'est tout de même pas rien). C'est un auteur que je vais creuser. A n'en pas douter. Et j'ai fait cette comparaison que sur deux livres uniquement : Le sermon et la rue des voleurs. Ce qui nuance mon propos qui ne se voulait pas péremptoire.
Sur le plan du style, de la forme, j'ai trouvé Ferrari plus fort. Enard n'a évidemment pas démérité, mais l'écriture est effectivement plus classique, moins originale. Et c'est quelque chose qui pèse souvent assez lourd dans mon ressenti. Sur le plan du thème, la rue des voleur est effectivement un livre fort (le monde vu par un jeune marocain).
Deux livres vraiment excellents qui resteront assurément comme faisant partie de mes meilleures lectures de l'année.

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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Jeu 25 Oct 2012 - 10:42

perso, je ne t'ai pas du tout trouvé péremptoire, Harelde et même je trouve très enrichissant de pouvoir proposer des parallèles, des points de rupture ou de comparaison entre auteurs ou livres... (j'ai d'ailleurs également noté le nom de Kateb Yacine évoqué par animal)... On parlait (je crois à propos de Malraux) de l'engagement des auteurs d'aujourd'hui et Enard est l'exemple parfait d'une littérature qui bouscule nos codes, nos références, qui nous oblige à nous interroger sur la violence véhiculée par notre société et par nous-même, une violence qui parfois ne tient qu'à un silence, un renoncement envers des êtres que l'on ne veut pas voir, une fermeture des regards qui renvoie l'autre à son inexistence. Une littérature qui nous secoue les puces et fait ciller les yeux, c'est déjà pas mal...

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MessageSujet: Re: Mathias Enard   Aujourd'hui à 0:57

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