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 Le Menteur, Goldoni

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MessageSujet: Le Menteur, Goldoni   Le Menteur, Goldoni Icon_minitimeSam 20 Déc 2008 - 20:01

Le menteur (Il Bugiardo)

Pièce de Carlo Goldoni mise en scène par Laurent Pelly, créée au TNT, vue au Grand T à Nantes.


L'auteur:
Citation :

Né à Venise, Carlo Goldoni (1707-1793) passe près de quarante années de sa vie à voyager avant d’écrire. Puis, en moins de 20 ans, ce ne sont pas moins de 220 pièces qui surgissent comme presque autant de coups de génie et de chefs-d'oeuvre. On citera : Arlequin, serviteur de deux maîtres, La Locandiera, Les Rustres, Le Café, Le Menteur (1750) et La Fausse Malade. Carlo Goldoni a impulsé une révolution au sein du théâtre italien après 200 ans de règne sans partage de la commedia dell'arte : pour la première fois en effet, les comédiens ne s'approprient plus un vague canevas sur lesquels ils peuvent broder à l'infini, mais sont obligés de suivre à la lettre les intrigues fouillées et complexes d'un texte entièrement écrit, débarrassé des masques de la commedia.
L’apparition de personnages aux psychologies plus proches de la réalité et de l'époque a fait de Goldoni l'un des plus fins et précis observateurs de son temps.

Le metteur en scène:
Citation :
Dès l’âge de 18 ans, Laurent Pelly crée la compagnie Le Pélican. Il fait ses débuts dans la mise en scène en 1980. En 1994, il devient metteur en scène associé au Cargo – Maison de la Culture de Grenoble (aujourd’hui MC2). Il prend la direction du CDN des Alpes en 1997.
Parmi de nombreuses mises en scène, il a créé Le Voyage de Monsieur Perrichon (2002), puis Le Roi nu d’Evguéni Schwartz (2005).
Quelques mises en scène récentes : Une visite inopportune de Copi (2006), Les Malices de Plick et Plock de Christophe (2007), L'Avenir est dans les oeufs et Jacques ou la soumission d'Eugène Ionesco (2008).
En janvier 2008, Laurent Pelly et Agathe Mélinand ont pris la direction du Centre Dramatique National – Théâtre National de Toulouse.

L’histoire:
Citation :
L'aventure se passe à Venise, place Saint-Marc, aux premiers jours de la foire de l'Ascension. Le Docteur Balanzoni a deux filles à marier, Béatrice et Rosaura, la première courtisée par Ottavio, la seconde par Florindo. Survient Lélio, un jeune et fringant Napolitain, plein d'assurance, beau parleur, qui ment comme il respire. Jouant les séducteurs auprès des deux jeunes filles, il va, à la suite d'une foule de mensonges, jeter le trouble dans les esprits et dans les coeurs. Se prenant à son propre jeu, il tombe réellement amoureux de Rosaura et récupère la sérénade et les cadeaux du farouche Florindo qui n'ose sortir de l'ombre. Arlequin, serviteur de Lélio, s'inspirant des prouesses de son maître, tente de son côté de séduire la servante de la jeune fille…
Une joyeuse aventure tout au long de laquelle Goldoni a semé, dans les règles de l'art et sans compter, quiproquos, coups de théâtre et fantaisies savoureuses.

Avec Simon Abkarian, Alain Pralon, Pierre Aussedat, Audrey Fleurot, Jérôme Huguet, Emmanuel Daumas, Eddy Letexier, Rémi Gibier, Fabienne Rocaboy, Charlène Ségéral...

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Dernière édition par Nezumi le Sam 20 Déc 2008 - 21:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Menteur, Goldoni   Le Menteur, Goldoni Icon_minitimeSam 20 Déc 2008 - 20:56

J'ai passé un excellent moment ce soir-là!
Le texte, avec ses quiproquos, intrigues amoureuses contrariées et stéréotypes comiques (le beau parleur, le père dupé, le commerçant près de ses sous, l'ingénue, le serviteur futé...) n'est pas sans rappeller Molière ou Marivaux (Goldoni a en fait adapté le Menteur de Corneille).
Les personnages viennent également de ce théâtre de rue qu'était la commedia dell'arte, et sont donc interprétés avec une inépuisable énergie par des acteurs se dépensant sans compter, bondissant sur les passerelles sillonnant la scène inondée par l'acqua alta, y pataugeant à l'occasion.
Ayant eu la chance d'avoir une place près de la scène, j'ai pu saisir leur expressions et apprécier leur interprétation toute personnelle du texte. Outre Simon Abkarian, excellent Lelio, j'ai particulièrement aimé le jeu comique d'Alain Pralon /Pantalon, marchand tour à tour crédule et autoritaire, Pierre Audessat/docteur Balanzoni, échalas au rire mécanique, Audrey Fleurot/Rosaura, à la fois nunuche et vulgaire.

Quant à la scénographie, c'est une grande réussite!
Laurent Pelly présente ainsi le cadre de la pièce: "1750 - Venise, l'illustrissime, est la reine déchue de l'Adriatique, refermée sur elle-même, isolée dans sa lagune, elle n'est qu'une survivance du passé."
Sur scène, cette Venise sur le déclin est rendue par un décor de maisons à hauteur d'homme, entre lesquelles évoluent et se cachent les acteurs. Une Venise hivernale et sans éclat envahie par l'acqua alta, où des bancs de brume dérivent entre les lumières jaunes des réverbères, créant une atmosphère frileuse. Pas d'habits brodés ni de masques carnavalesques pour les personnages, mais des costumes années 50 plutôt ternes.
Simon Abkarian campe un Lelio irrésistiblement baratineur, dont les mensonges, ou plutôt "les inventions spirituelles nées de la fertile intelligence de [son] esprit vif et brillant", corrigent la triste réalité de cette Venise devenue grise et étriquée. Il s'invente avec une incroyable aisance des identités et des aventures fantaisistes où il est fabuleusement riche, il sème la zizanie, le désordre et le malentendu, mais il est aussi celui faisant avancer les choses et intrigues amoureuses, qui stagnaient avant son arrivée.
On est désolé pour le Menteur quand il est finalement sommé de mettre un terme à ses "inventions spirituelles" et que réalité et conventions bourgeoises reprennent leur droits.


Dernière édition par Nezumi le Sam 20 Déc 2008 - 22:09, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Menteur, Goldoni   Le Menteur, Goldoni Icon_minitimeSam 20 Déc 2008 - 21:29

Merci pour cette présentation et tes impressions.
J'aime bien Goldoni, mais je n'en ai pas encore eu la chance de voir des pièces de lui au théâtre.
Tu me donnes envie de lire Le menteur
pas trouvé en français, donc je me sauve avec l'allemand Wink

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MessageSujet: Re: Le Menteur, Goldoni   Le Menteur, Goldoni Icon_minitimeSam 20 Déc 2008 - 21:50

Je ne connais Goldoni que superficiellement, et ça m'a donné envie de découvrir son théâtre, pour le coup!

Mais surtout, comme tu le dis sur un autre fil, ça m'a donné envie d'aller assister à des pièces plus souvent, car les lire ce n'est pas pareil bien sûr.
Ici la mise en scène et l'interprétation ajoutent une dimension franchement ironique à la fin, dont je ne suis pas sûre qu'elle soit si explicite dans le texte de la pièce. La "neutralisation" finale du menteur semble être considérée dans le texte comme plutôt positive (réunion des amants séparés, triomphe de la morale etc), alors que le spectateur ne la perçoit pas ainsi, au contraire même.
A moins que Goldoni aussi ait voulu cette ironie si marquée ? Le connaissant mal je ne saurais y répondre.


Dernière édition par Nezumi le Sam 20 Déc 2008 - 21:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Menteur, Goldoni   Le Menteur, Goldoni Icon_minitimeSam 20 Déc 2008 - 21:52

J'avais vu la pièce Barouf à Chioggia...C'était l'ambiance que tu décris là...Très agité, bavard, bruyant...et drôle...Il m'en reste l'ambiance mais c'est un peu loin pour que je puisse en parler plus précisément...

Chioggia c'est tout près de Venise.

La pièce se passe dans la rue...
A Chioggia les femmes cancanent, parlent trop, et les hommes ont du mal à faire respecter leur autorité... On crie, on rit, on se chamaille...
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MessageSujet: Re: Le Menteur, Goldoni   Le Menteur, Goldoni Icon_minitimeSam 20 Déc 2008 - 22:46

Nezumi a écrit:
Je ne connais Goldoni que superficiellement, et ça m'a donné envie de découvrir son théâtre, pour le coup!
j'en connais Le Café, Les Amoureux et La Locandiera - mais bien sûr - lire et les voir sur scène est tout autre chose Wink

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MessageSujet: Re: Le Menteur, Goldoni   Le Menteur, Goldoni Icon_minitime

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