Parfum de livres… parfum d’ailleurs

Littérature, forum littéraire : passion, imaginaire, partage et liberté. Ce forum livre l’émotion littéraire. Parlez d’écrivains, du plaisir livres, de littérature : romans, poèmes…ou d’arts…
 
AccueilRechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez
 

 Henri Frédéric Amiel [Suisse]

Aller en bas 
AuteurMessage
rivela
Zen littéraire
rivela

Messages : 3875
Inscription le : 06/01/2009
Localisation : Entre lacs et montagnes

Henri Frédéric Amiel [Suisse] Empty
MessageSujet: Henri Frédéric Amiel [Suisse]   Henri Frédéric Amiel [Suisse] Icon_minitimeLun 19 Jan 2009 - 19:24

Henri Frédéric Amiel [Suisse] HfaHorn-1

Vers la fin de sa vie Léon Tolstoï écrivait dans son Journal qu' il ne lisait plus que deux livres: le Nouveau Testament et le Journal intime d'Henri-Frédéric Amiel.


Henri-Frédéric Amiel (né le 27 septembre 1821 à Genève, décédé le 11 mai 1881 à Genève) est un écrivain et philosophe suisse romand, célèbre pour son gigantesque journal intime.
Amiel a vécu 60 ans, de 1821 à 1881. Il avait perdu sa mère de tuberculose alors qu’il avait 11 ans. Son père se suicidera en se jetant dans le Rhône. Ces deuils parentaux précoces l’ont certainement profondément marqué et rendent compte largement de sa personnalité, de ses comportements et aussi, on peu l’écrire sans doute sans excès de sa pathologie. Professeur à Genève, il publiera quelques essais et poèmes qui ne paraissent pas avoir eu un grand retentissement. Les premières publications de fragments de son journal intime n’auront lieu qu’après sa mort, par le biais de ses exécuteurs testamentaires. Bien que l’intérêt soulevé parce journal ne se démente pas, qu’il fasse l’objet de nombreuses études critiques, de thèses médicales, il faudra attendre 1976, soit près d’un siècle après la mort de l’auteur, pour que l’Age d’homme en entreprenne la publication intégrale.

Ce journal, qui comporte plus de 17 000 pages, va désormais constituer le modèle incontesté en matière de journal intime encore que, y compris parmi ses admirateurs les plus fervents, son abondance, ses redites, pour ne pas dire ses rabachâges, ses ratiocinations soulèvent d’inévitables réserves. Ceci étant, tous s’accordent pour souligner l’importance du phénomène.

Si le Journal d’Amiel revêt une telle importance à mes yeux, ce n’est pas uniquement pour ses qualités littéraires mais aussi parce qu’il nous fait entendre pour la première fois dans l’histoire de l’humanité l’écho mille fois amplifié des vibrations les plus ténues d’une âme. Tempête sous un crâne ou tempête dans une tasse de thé ? Toujours est-il qu’Amiel inaugure dans le champ littéraire psychologique un genre aussi révolutionnaire que Freud avec son auto-analyse. Il y a un avant Amiel et un après Amiel, comme il y a un avant Freud et un après Freud ». (Roland Jaccard).

Voilà pour la présentation de Amiel. Qui il faut dire est un cas à part, puisque célèbre pour son seul journal intime.
je ne sais pas si ça rentre dans la catégorie littérature, mais vu l'attention qui est porté sur son journal intime de par le monde, j'ai pensé qu'il peut avoir sa place ici.
site internet

http://www.amiel.org/atelier/index.html
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
rivela
Zen littéraire
rivela

Messages : 3875
Inscription le : 06/01/2009
Localisation : Entre lacs et montagnes

Henri Frédéric Amiel [Suisse] Empty
MessageSujet: Re: Henri Frédéric Amiel [Suisse]   Henri Frédéric Amiel [Suisse] Icon_minitimeLun 19 Jan 2009 - 19:36

quelques extraits de son journal

Dis-moi ce que tu crois être et je te dirai ce que tu n'es pas.»

«Le devoir est la nécessité volontaire.»

«L'influence d'un mot, dit à son heure, n'est elle pas incalculable ?»

«Respecter dans chaque homme l’homme, sinon celui qu’il est, au moins celui qu’il pourrait être, qu’il devrait être.»

«La rêverie est le dimanche de la pensée.»

«Un paysage quelconque est un état de l'âme.»

«Le bonheur, c'est d'être consolé ; le courage, c'est d'être résigné.»

«Le beau est supérieur au sublime parce qu'il est permanent et ne rassasie pas ; tandis que le sublime est relatif, passager et violent.»

«On comprend les femmes comme la langue des oiseaux, d'intuition ou pas du tout.»

«L'inconstance perd tout, en ne laissant mûrir aucune semence.»

«Le mariage tel qu'il est est une singulière chose, mais après tout, on n'a encore rien trouvé de mieux.»

Le 18 novembre 1863 Amiel note dans ses Délibérations matrimoniales: "J'ai 42 ans, je suis sur l'extrême limite des mariages tardifs, mes tempes commencent sensiblement à s'argenter et ma chevelure à s'éclaircir". Le dilemme subsiste: mariage ou célibat. Ce jour-là Amiel dresse les raisons pour et contre le célibat, pour et contre le mariage:

Célibat

Raisons pour
1. c'est le connu
2. l'indépendance
3. la possibilité du développement intellectuel
4. l'insouciance pour l'avenir et pour la mort
5. le voyage à volonté
6. l'aisance relative
7. les soucis, ennuis, tracas de l'époux, du maître de maison, du père de famille, retranchés
8. possibilité de rendre service aux amis. lier


Raisons contre
1. l'isolement croissant
2. l'égoïsme presque inévitable
3. la mélancolie redoutable
4. le mauvais exemple
5. la mésestime secrète du prochain
6. le déclin douloureux, la vieillesse désolée
7. les meilleurs instincts méconnus et rendus inutiles
8. impossibilité de rendre autant qu'on a reçu.

Mariage

Contre
1. Ta santé, si la femme est jeune.
2. Ton dégoût, si elle ne l'est pas.
3. Ton âge peut t’empêcher d'être aimé.
4. Ta liberté perdue, ta carrière compromise, ton avenir livré en cas de mauvaise chance et quelle garantie contre cette chance ?
5. Offrir prise à la critique et à la malignité d'un monde hostile. S'engrener dans les rouages de tous les désagréments de la vie.


Pour
1. Rendre heureux quelqu'un.
2. Montré une fois de la confiance dans la Providence.
3. Avoir essayé de la vie humaine complète.
4. S'être créé un stimulant, un mobile, un intérêt vif dans le monde.
5. Avoir payé sa dette à son espèce, à la société et à Dieu, en employant ses dons.
6. Avoir un foyer, un chez soi, un centre

Quand on ne converse plus guère qu'avec soi-même, la prolixité du monologue est imminente ; le journal intime devient un peu comme ces vieilles dames qui, vivant seules, finissent par causer à leurs meubles et à leurs chats, pour maintenir leur aptitude à la parole. Il y a certaines semaines où je donne dans ce piège d'oisif solitaire et de vieillard rabâcheur. Il me semble qu'aujourd'hui, ma plume a terriblement marmotté entre ses dents de choses inutiles et connues. Le soliloque a tourné en cercle comme l'écureuil prisonnier.

Je ne veux donc pas regretter l'abandon de mes confidences à ce papier muet. C'est ma défensive spirituelle. Ces épanchements sans charité me permettent d'être charitable dans la vie réelle. Ces feuillets sont mon exutoire, mon maillot Priessnitz, où se déposent toutes les âcretés engendrées par la vie. Leur aigreur fait mon assainissement. Leurs capricieuses variations rétablissent l'égalité intérieure, car elles me rendent l'accord avec moi-même.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Henri Frédéric Amiel [Suisse]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» décès d'HENRI TROYAT
» Le Havre - Rue Henri Gautier
» Brioche suisse
» Les moyens et l'organisation du Génie Suisse
» Commande Sigma possible en SUISSE ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Parfum de livres… parfum d’ailleurs :: Le cœur du forum : Commentons nos lectures en toute liberté… :: Littérature belge et suisse (par auteur ou fils spécifiques)-
Sauter vers: