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 Ondine Khayat

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Chatperlipopette
Zen littéraire
Chatperlipopette

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MessageSujet: Ondine Khayat   Ondine Khayat Icon_minitimeVen 26 Déc 2008 - 21:44

Ondine Khayat Ondine

Naissance en 1974. Née d’une mère française et d’un père libanais et arménien, Ondine KHAYAT vit à Paris.

Elle travaille sur plusieurs projets, notamment un projet de loto mondial humanitaire, “Parions pour un Monde Meilleur”, soutenu par huit ONG : Care, Aides, WWF, la Chaîne de l’Espoir, Terre des Hommes, Intervida, l’AFXB et SOS Sahel.

Ondine Khayat a puisé dans les souvenirs de sa grand-mère arménienne, née en 1901, et dans son imagination, pour écrire son premier roman.


Bibliographie :

* 2007 – Lucine, (Éditions Bernard Pascuito),
* 2008 – Le Pays sans Adultes, (Éditions Anne Carrière)




Ondine Khayat 41tiql10

C'est l'histoire d'une violence ordinaire, celle que l'on tait, celle que l'on cache, celle que l'on ne veut surtout ni voir ni entendre. C'est l'histoire d'une violence sourde qui se déroule, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année, derrière la porte d'un appartement ou d'une maison ordinaire.
C'est l'histoire d'une famille déchirée par le manque de travail du père, le trop-plein de travail de la mère et les regards hagards des enfants. Les coups de gueule et de poings pleuvent pour un oui ou un non sur les maillons faibles de la famille: l'épouse et les enfants. La réalité de leur vie est loin de celle que l'on montre à longueur de temps dans les réclames à la télévision: non, le père ne rentre pas souriant et aimable de son travail, non la mère ne porte pas de jolie robe et ne sort pas de chez le coiffeur ou de la manucure, non les enfants ne reviennent pas en riant et jouant de l'école. Non rien de tout cela, rien de ce monde scintillant et un tantinet mensonger. Seule la peur, seule l'angoisse nouent les estomacs, maintiennent les sens en éveil (le moindre geste, le plus petite parole mal interprêtés et c'est le début de la violence) afin de prévoir les solutions de repli, raidissent les bras et rendent flageolentes les jambes. Quant à la tête et au coeur....ils sont en charpie.
Maxence et Slimane regardent leur mère devenir un fantôme, devenir un automate qui dissimule maladroitement ses bleus sous une tonne de maquillage. L'aîné et le benjamin, binômes inséparables, héros qui se voudraient supers afin de sauver les enfants massacrés sous les coups des adultes. Pourquoi ces souffrances? Pourquoi cette vie pas comme les autres? Pourquoi ce silence de la mère? Pourquoi protège-t-elle leur bourreau? Pourquoi ne peut-elle pas secouer ses chaînes et partir loin du cauchemar quotidien? Pourquoi? Pourquoi? Tant de questions restant sans réponse satisfaisante. Tant de silences douloureux et honteux...tant de gâchis.
Slimane a onze ans et son bâton de jeunesse, son guide est son grand frère Maxence, celui qui réussit tout à l'école, celui qui a une intelligence précoce, le frère qui sait expliquer le monde simplement, le frère qui rend clair ce qui est compliqué. Ce frère, ce héros, ce rebelle qui défit le père, qui sait ce qu'il vaut réellement, pas même un être humain, et qui lui fait peur. L'intelligence aiguë dérange, elle gêne et lorsque le monstre, le père, ne peut plus la regarder en face parce qu'elle est son juge, ce monstre n'a qu'une seule échappatoire, celle des lâches et des misérables: terroriser le plus petit, terrifier la mère afin que l'intelligence, hautement sensible, cède pour protéger ceux qu'elle aime. Jusqu'au jour où Maxence décide de partir au Pays sans Adultes, pendant que Slimane est au collège, l'angoisse au ventre. La nuit tombe brusquement sur leur vie, épouvantable manteau sombre et épais. Et si Slimane réussissait à suivre Maxence dans ce pays extraordinaire où rien de fâcheux n'arrive aux enfants! Seulement, la Providence existe lorsqu'un bourreau doit payer et qu'une victime est déjà un prix trop cher payé!
La TS de Slimane le conduit à l'hôpital, dans un service pour ados en quête d'un monde meilleur. Lentement, Slimane se reconstruit, doucement il réapprend à vivre en étant aux côtés de ceux qui ne le veulent plus et en allant visiter, la nuit, ceux qui combattent dans leur chair pour garder le faible fil de la vie. Souvent les mots mettent de temps à sortir, à s'habiller, à exprimer l'indicible, parfois un verrou saute et permet se sauver un être en désespérance.
Slimane parviendra-t-il à aller au-delà de sa souffrance, au-delà des muets et terribles reproches, ô combien fondés mais ô combien cruels, faits à sa mère? Réussira-t-il à résister à l'appel du Pays sans Adultes? Parviendra-t-il à se reconstruire et à aimer la vie?
Ondine Khayat avec "Le Pays sans adultes" entraîne son lecteur dans une lecture coup de poing, qui sonne et secoue les consciences! Le roman, récit de Slimane, est un crescendo d'angoisses, de frayeurs, vers l'inéluctable drame, noeud de la descente aux enfers des sentiments d'une famille détruite par la violence ordinaire, celle qui tue à petit feu, celle qui ravage et laisse une terre brûlée. Cette violence se déroule dans un milieu défavorisé mais elle est présente, aussi, derrière de belles portes et de jolis murs en pierres bourgeois. Il n'y a pas de déterminisme social dans cette violence conjugale et familiale....il n'y a que du déterminisme psychologique: l'enfant battu a de fortes probabilités de battre à son tour ses enfants ou sa femme, une fois adulte. Maxence et Slimane n'ont qu'une seule peur: celle de devenir comme leur père, ce monstre qui ne devrait pas exister mais que l'on protège par le silence.
Je n'aurais pas acheté d'emblée ce roman, le deuxième de l'auteur, et sans un envoi à titre gracieux, je serais passée à côté d'un livre fort, intense et bouleversant dont on ne sort pas indemne: la violence dans l'intime, le privé est celle qui est le plus longtemps étouffée, une fois la porte et les fenêtres fermées, une fois le monde extérieur laissé derrière soi....tenue sous silence jusqu'au drame qui décille le regard.
J'ai aimé le fait d'aborder les situations douloureuses des adolescents et des enfants dont le seul recours est d'exercer une violence contre eux-mêmes. J'ai aimé la tendresse de l'écriture, l'optimisme latent derrière les mots et les scènes violentes, j'ai aimé la rencontre entre les écorchés, adultes ou enfants, de la vie que l'hôpital fait se côtoyer. Du service pédiatrique des petits cancéreux aux couloirs du service gériatrique, le combat est le même malgré leurs différents chemins: un seul et unique cri....j'ai besoin d'amour pour continuer à vivre!
Le tout est écrit sobrement, avec une sensibilité qui ne sombre pas dans le pathos ce qui n'en rend que plus beau ce roman!
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Sophie
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MessageSujet: Re: Ondine Khayat   Ondine Khayat Icon_minitimeLun 26 Jan 2009 - 6:07

LE PAYS SANS ADULTES

C'est l'histoire de Slimane, petit garçon de 11 an. Il vit dans une barre HLMavec son père, alcoolique, chômeur et violent, sa mère, qui reçoit la majorité des coups quand elle n'est pas au travail et Maxence, son frère aîné, surdoué et qu'il considère comme un dieu vivant.
La moitié du livre environ est consacrée à cette vie misérable: coups, humiliations, peur du père, silence, le tout traversé tout de même de temps en temps par quelques moments de bonheur simple.
Mais un jour, Slimane se retrouve seul; le voilà en unité psychiatrique avec d'autres enfants mal dans leur peau. Grâce à l'aide d'un gentil psychiatre, il va apparendre à se (re)construire, admettre sa souffrance pour repartir dans la vie du bon pied. Du moins, on l'espère...

Que dire de ce roman?
Du bien d'abord: Slimane est un enfant attachant, pas seulement parce qu'il est malheureux. Ce roman est facile à lire malgré la lourdeur du sujet.
Du mal ensuite, qui fait que mon avis est plus que mitigé. Ce style soi-disant enfantin un peu Bisounours m'a réellement pesée. Ces incessantes métaphores et autres figures de style en rapport ave les papillons, les nuages, le soleil, la lune, la barbe à papa...franchement à un moment donné, on fait une overdose et ce n'est plus du tout crédible.
Les clichés m'ont fatiguée: la famille au bord du gouffre, en HLM, bénéficiant de la CMU,la mère femme de ménage qui soumie au père qui a tous les défauts, le frère prodige, le gentil psy et le vilain médecin chef de service, c'est trop.
Ceci a fait qu'au final, mon avis se rapproche davantage de celui de Magda que de la majorité des lecteurs.
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Ondine Khayat   Ondine Khayat Icon_minitimeLun 26 Jan 2009 - 10:15

Citation :
Les clichés m'ont fatiguée: la famille au bord du gouffre, en HLM, bénéficiant de la CMU,la mère femme de ménage qui soumie au père qui a tous les défauts, le frère prodige, le gentil psy et le vilain médecin chef de service, c'est trop.
Ceci a fait qu'au final, mon avis se rapproche davantage de celui de Magda que de la majorité des lecteurs

Je ne connais pas Magda mais je crois qu'on peut faire l'impasse Sophie, c'est ça? Wink
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Sophie
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MessageSujet: Re: Ondine Khayat   Ondine Khayat Icon_minitimeLun 26 Jan 2009 - 18:11

Ah oui, Magda c'est une fille qui a un très bon blog: "ce que tu lis".

Et bien, j'ai lu l'avis de Chatp' qui est plutôt bon et je suis une des rares à ne pas avoir aimé ce roman sur la blogosphère. Donc non, je ne suis pas certainq qu'il faille faire l'impasse.
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krys
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MessageSujet: Re: Ondine Khayat   Ondine Khayat Icon_minitimeDim 24 Jan 2010 - 16:01

Je viens de lire Le pays sans adultes et je l'ai trouvé vraiment émouvant, parfois drôle, j'ai beaucoup aimé les histoires d'étoiles, de nuages, de barres de chocolat... mais je suis un vrai bisounours flower
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traversay
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MessageSujet: Re: Ondine Khayat   Ondine Khayat Icon_minitimeSam 1 Mai 2010 - 23:26

Le pays sans adultes.
Dans les romans écrits à hauteur d'enfant, j'ai toujours plus ou moins l'impression d'être pris en otage sentimental. La poésie naïve de l'ensemble m'a un peu agacé mais il y a des moments touchants, ça, on ne peut pas le nier.
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MessageSujet: Re: Ondine Khayat   Ondine Khayat Icon_minitime

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