"A défaut, Thierry Baccino aurait très bien fait l’affaire. Professeur de psychologie cognitive et ergonomique à l’université de Nice-Sophia Antipolis et directeur scientifique au Lutin (Laboratoire des usages en technologies d’information numérique), il a récemment accordé un entretien à Marie Kock de LivresHebdo dans lequel il remet les pendules à l’heure dans un grand souci de clarté. A défaut de lien, je vous en livre les principales conclusions : non, il n’y a pas de différence entre lecture papier et lecture écran d’un point de vue neurologique, ce sont les mêmes zones cérébrales qui sont activées ; oui, l’encre électronique des e-books permet un meilleur confort visuel que l’écran d’ordinateur dont le rétroéclairage diffuse une luminosité qui donne des migraines ; oui, la navigation sur écran perturbe la mémoire spatiale et ne permet pas de se souvenir de la place d’un mot ou d’une phrase non seulement dans une page mais dans un support d’information ; l’hypertexte enrichit considérablement la lecture mais présente le danger de faire oublier son objectif de départ, son but se perdant souvent de dérives en digressions, au risque de menacer toute lecture vraiment profonde ; l’hypertexte est donc très efficace pour les experts mais dangereux pour les novices ; les progrès technologiques les plus attendus sur le plan ergonomique se feront principalement dans la qualité du blanc et dans le changement de page, quand les e-books seront devenus de simples feuilles que l’on pourra rouler ; les gens s’adapteront, comme ils se sont adaptés en passant du cinéma muet au cinéma parlant ; il y aura deux marchés, celui du livre fonctionnel (encyclopédies, dictionnaires, manuels scolaires, guides de voyage…) et celui du livre plaisir qui sera alors considéré peu ou prou comme un luxe."
lu aujourd´hui sur:http://passouline.blog.lemonde.fr/