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 Henrik Ibsen [Norvège]

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Marko
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MessageSujet: Henrik Ibsen [Norvège]   Sam 14 Fév 2009 - 0:24

Henrik Ibsen



Né en 1928 en Norvège, Henrik Ibsen est d'abord préparateur en pharmacie, avant de découvrir la poésie et le théâtre. Il voyage, étudie la scénographie, devient directeur artistique du Théâtre de Christiana en 1958. Il quitte son pays en 1864 et habite successivement plusieurs grandes villes d'Europe, dont Rome de 1880 à 1885, où il écrit Le Canard sauvage. Cet exil volontaire relance sa créativité: avec ses pièces, notamment Peer Gynt, il obtint une notoriété internationale et une véritable sécurité financière. En 1891, il revient définitivement dans son pays natal et se consacre à l'écriture. Il meurt en 1906. Ses pièces sont régulièrement montées sur les scènes du monde entier.

Quelques unes de ses pièces célèbres:

Le Canard sauvage
Les Revenants
Peer Gynt
Hedda Gabler
John Gabriel Borkman
Maison de poupée

Je profite de la représentation que je viens de voir au Théâtre du Nord à Lille pour évoquer ce dramaturge norvégien et l'une de ses pièces emblématiques: Le Canard Sauvage.

Le Canard sauvage (1884): Le principe du mensonge vital



Citation :
Oh, la vie pourrait avoir du bon, s'l n'y avait pas ces maudits charognards qui viennent importuner les pauvres gens avec leur créance idéale.

Un homme(Hjalmar), son père, sa femme et leur fille adolescente qui devient aveugle, vivent dans les soupentes d'un immeuble à côté d'une sorte de basse-cour (ou de verrière/grenier dans la mise en scène de ce soir ) où sont rassemblés lapins, volatiles et un canard sauvage.

Un jeune homme idéaliste vient s'installer dans leur immeuble où se trouve déjà un vieux médecin à l'étage au-dessous. Ce jeune homme se sent investi d'une mission qui consiste à révéler à Hjalmar un secret de famille qui le sortirait du mensonge dans lequel son couple est en train de se construire et lui permettre ainsi de trouver une nouvelle harmonie. Évidemment cette révélation détruira cette cellule familiale jusqu'au sacrifice de l'enfant.
Spoiler:
 
Ibsen oppose le réalisme du vieux voisin médecin, qui prône la nécessité vitale du mensonge, à l'idéalisme du jeune homme qui, sous couvert de vouloir "élever" son prochain en le poussant à accepter des vérités pourtant destructrices, se montre finalement pervers, au moins inconsciemment.
Spoiler:
 

Cette pièce est très intense et nous renvoie à notre propre dualité. Vérité ou mensonge? Comment concilier les deux. Les relations sociales et familiales ne peuvent-elles se construire que sur des faux-semblants? Il ne tranche pas mais on peut se dire que la réponse est probablement en partie positive.

J'ai eu le sentiment que le canard sauvage est cette part de mensonge sur lequel cette famille construit sa vie et projette ses sentiments. La serre est un peu l'inconscient, un espace de refoulement, de non-dits. Car cette pièce tout en étant naturaliste dans ses dialogues et ses situations, met en place aussi un dispositif symbolique et abstrait.

Le spectacle en lui-même était particulièrement réussi et j'ai passé 2h15 très prenantes.

Le metteur en scène Yves Beaunesne m'était déjà familier puisqu'il a déjà mis en scène l'opéra Werther de Massenet à Lille, ainsi que Rigoletto de Verdi. On retrouve le même univers graphique avec des décors simples mais efficaces, quelques meubles et une superbe serre en fond dont on aperçoit le contenu par transparence grâce à un jeu d'éclairages subtils.

Le début de la pièce est très beau et très "lynchien". Pendant que la lumière de la salle s'éteint progressivement, on aperçoit les personnages en ombres chinoises à travers un voile sur la scène. Il y a une musique mystérieuse et parfois l'ombre d'une main qui efface ce que l'on voit.

Et le final est vraiment émouvant avec une dernière utilisation fantômatique de la serre en arrière plan.



Les acteurs sont tous excellents. Je reconnais l'actrice Judith Henry que je n'avais pas revue depuis la Discrète avec Lucchini.

Excellent spectacle que je vous souhaite de voir puisqu'il se déplace...

* Bordeaux, du 09/12/2008 au 12/12/2008.
* Lille, du 11/02/2009 au 21/02/2009.
* Annecy, du 27/02/2009 au 28/02/2009.
* Caen, 10/03/2009 au 12/03/2009.
* Saint Quentin en Yvelines, du 08/04/2009 au 09/04/2009.

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Queenie
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Sam 14 Fév 2009 - 10:32

J'ai lu Hedda Gabler. ça m'a scotché cette pièce. J'en garde plein de bouts dans ma tête, mais il est très compliqué pour moi d'en parler. Faudrait qu'un jour je la vois sur scène cette femme si lucidement folle.

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Marko
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Sam 14 Fév 2009 - 11:00

Queenie a écrit:
J'ai lu Hedda Gabler. ça m'a scotché cette pièce. J'en garde plein de bouts dans ma tête, mais il est très compliqué pour moi d'en parler. Faudrait qu'un jour je la vois sur scène cette femme si lucidement folle.

Esther Kahn
de Desplechin est construit autour de cette très belle pièce. J'aimerais aussi la revoir.


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Queenie
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Sam 14 Fév 2009 - 12:12

ah oui, ce film... il m'avait bien marqué en sortant... mais alors là, il m'en reste à peu près... rien du tout. Je ne me rappelais même pas qu'il tournait autour de cette pièce.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Sam 14 Fév 2009 - 17:27

Merci pour ce fil, Marko!

J'ai lu ses pièces célèbres et j'ai vu sur scène Hedda Gabler (il y a deux ans par un ensemble allemand) et Le Canard Sauvage (même mise en scène que tu décris).

Le fil pour le Canard Sauvage est IcI

C'est extraordinaire comme ces pièces de lui n'ont pas vieilli!

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Marko
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Sam 14 Fév 2009 - 17:49

kenavo a écrit:
Merci pour ce fil, Marko!

J'ai lu ses pièces célèbres et j'ai vu sur scène Hedda Gabler (il y a deux ans par un ensemble allemand) et Le Canard Sauvage (même mise en scène que tu décris).

Le fil pour le Canard Sauvage est IcI

C'est extraordinaire comme ces pièces de lui n'ont pas vieilli!

Je n'avais pas vu que tu en parlais déjà... On pourrait peut-être tout rassembler? ça permettrait de parler de ses autres pièces aussi.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Sam 14 Fév 2009 - 17:55

Marko a écrit:
Je n'avais pas vu que tu en parlais déjà... On pourrait peut-être tout rassembler? ça permettrait de parler de ses autres pièces aussi.
hm.. je pense que tu as bien fait de lui ouvrir un fil - comme auteur.. il y a quand même aussi des pièces que moi - ou d'autres parfumés - ne vont que LIRE et du coup ne pas voir sur scène.. donc.. ce fil est très bien enthousiaste

ce que je te propose: tu peux faire un copie/collé de la partie de ton premier message où tu parles de la pièce et le mettre sur le fil de "pièces vues - Canard sauvage" - et je vais te rejoindre par là pour en parler de cette pièce?!

Concernant ses autres pièces - on peut toujours en parler sur ce fil - et du moment que quelqu'un peut voir une de ses pièces au théâtre, il y a la possibilité d'ouvrir un fil dans la section spectacle et poser un lien ici Very Happy

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Emmanuelle Caminade
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Ven 25 Fév 2011 - 19:37


Peer Gynt, Henrik Ibsen,GF Flammarion 1994, traduction et introduction de Régis Boyer, 400p.

Peer Gynt est un drame poétique initialement destiné à être lu. Ce n'est qu'en 1876, neuf ans après sa publication, qu'il fut représenté sur scène dans une « mise en musique » d'Edvard Grieg composée à la demande de l'auteur.
Cette pièce profondément norvégienne à la portée universelle est une oeuvre insaisissable d'une grande variété de registres et d'une virtuosité étourdissante dont la vitalité fascine.
Des dialogues drôles et familiers au tempo endiablé alternent avec des histoires fantastiques aux puissantes images. On est tour à tour entraîné dans la danse ou emporté par l'ampleur des rêveries du héros et l'on passe d'un décor à l'autre, d'une scène à une autre, sans que l'auteur ne nous laisse le moindre répit.

Le héros, un « solide garçon de vingt ans » plein d'orgueil et d'ambition, refuse de se résigner à la pesanteur d'une vie paysanne toute tracée et, mû par un ardent désir d' « être soi », s'enfuit de la ferme maternelle pour conquérir le vaste monde . Un long parcours qui le mène au coeur de la Norvège et , par delà les mers, jusqu'aux déserts les plus lointains, pour s'achever par un retour en son pays natal. Un tour du monde qui ne lui offrira qu'un empire illusoire et se révélera aussi un tour de lui-même dévoilant les multiples facettes de son identité. Et, vieillard « encore vigoureux », il luttera jusqu'au bout sans pouvoir éviter d'affronter, comme les autres, le dernier voyage ...

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colimasson
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Lun 29 Aoû 2011 - 9:28

Maison de poupée (1879) et Les Revenants (1881)


Regroupées dans un même livre, ces deux pièces d’Ibsen ont marqué le franchissement d’une censure que la plupart des autres dramaturges de l’époque n’avaient pas osé surmonter.
Dans Maison de poupée, malgré l’ironie qui teinte les propos du mari tout-puissant Helmer, rien ne laisse présager du dénouement. Alors que le lecteur s’attend à une résolution classique de l’action –les problèmes sociaux et financiers des deux époux semblant avoir trouvé une solution-, l’épouse Nora, petit oiseau chanteur, sort de la léthargie qui a été caractéristique de toute son existence pour remettre en cause son couple, son rôle de femme, de fille et de mère, et le but qu’elle veut donner à sa vie. Elle refuse de rester à sa place, comme on le lui a toujours ordonné, et la réaction du public et des acteurs, face à ce dénouement qui peut sembler plutôt classique aujourd’hui, montre bien que le propos était très novateur à l’époque.
En réponse à cette pièce, et en manière de contre-exemple cruel, Ibsen a ensuite écrit Les Revenants. Dans cette pièce, contrairement à Nora, Madame Alving, malgré les doutes qu’elle avait autrefois émis quant à sa qualité de mère et d’épouse, n’a jamais cherché à s’éloigner des sentiers battus. Les conséquences, qui nous sont révélées peu à peu dans la pièce, s’avèreront être désastreuses. D’une manière moins éloquente mais tout aussi cruelle, Ibsen renforce une nouvelle fois son propos.

« Vous ne m’avez jamais aimée. Il vous a semblé amusant d’être en adoration devant moi, voilà tout. […] quand j’étais chez papa, il m’exposait ses idées et je les partageais. Si j’en avais d’autres, je les cachais. Il n’aurait pas aimé cela. Il m’appelait sa petite poupée et jouait avec moi comme je jouais avec mes poupées. Puis, je suis venue chez toi… »

Bien sûr, je salue Ibsen pour son audace ainsi que pour son courage. Braver la censure pour essayer d’ouvrir les yeux à des personnes qui n’en ont pas forcément envie représente un acte très charitable et qui mérite qu’on se souvienne de lui.
Pour autant, si dans le fond j’apprécie Ibsen, dans la forme, il m’ennuie profondément. Je n’apprécie pas la manière dont s’expriment ses personnages, leurs phrases monotones et sans vie, leurs réactions brusques et changeantes, qui témoignent beaucoup trop de l’illusion théâtrale. Mais ce serait peut-être trop demander à Ibsen d’exceller à la fois dans le fond et dans la forme. Avoir réussi à révolutionner le propos théâtral et les idées d’un siècle est déjà un grand œuvre. Le reste n’est qu’une question de goût…

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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Jeu 29 Mar 2012 - 20:11

Le canard sauvage
La lecture de cette pièce n’est certainement pas aussi intéressante que sa représentation théâtrale mais elle est tout de même prenante et permet de réfléchir à des sujets importants et notamment à la question : « Faut-il toujours dire ou faire éclater la vérité ? ». A première vue, la plupart répondrait « oui, bien sûr ! », « la vérité n’est-elle pas toujours plus souhaitable que le mensonge ? ». Et pourtant la réponse n’est pas si simple et c’est ce que nous dit bien ce drame.
La petite famille Ekdal vit très modestement mais dans une réelle affection réciproque, construite pourtant sur de graves secrets et aussi le refus de regarder la vérité de ce qu’ils sont en face. Pour l’idéaliste Gregers qui arrive chez eux, les membres de cette famille doivent affronter la réalité et il les force à se confronter à la vérité. Les révélations ébranlent tellement l’équilibre familial et chacun qu’elles conduiront à un drame tragique.
A la fin, un des autres personnages présente une pensée plus pragmatique et il conclut : "Si vous retirez le mensonge de la vie de personnes ordinaires, vous leur retirez en même temps le bonheur". L’affection qui existait entre le père, la mère et la petite Hedvig Ekdal était bien réelle pourtant, leur soucis de l’autre, leur patience et leur tendresse mutuelle. Une fois que les révélations sont faites, ils ne peuvent plus retrouver cette affection et cela les brise. C’est tellement dommage. Un gâchis irréparable…
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Marko
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Jeu 29 Mar 2012 - 20:22

Cachemire a écrit:
"Si vous retirez le mensonge de la vie de personnes ordinaires, vous leur retirez en même temps le bonheur".

C'est probablement très vrai. Finalement on passe son temps à se mentir les uns les autres à des degrés divers. Sinon la vie serait insupportable si on adoptait une position permanente de sincérité absolue! rire Le bonheur serait donc le résultat d'une illusion mensongère? ça fait froid dans le dos!

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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Jeu 29 Mar 2012 - 21:40

Marko a écrit:
Cachemire a écrit:
"Si vous retirez le mensonge de la vie de personnes ordinaires, vous leur retirez en même temps le bonheur".

C'est probablement très vrai. Finalement on passe son temps à se mentir les uns les autres à des degrés divers. Sinon la vie serait insupportable si on adoptait une position permanente de sincérité absolue! rire Le bonheur serait donc le résultat d'une illusion mensongère? ça fait froid dans le dos!

Le bonheur peut être, dans certains cas, le résultat d'une illusion mensongère... et alors? Mais ce que je retiens surtout c'est l'idée que servir la vérité n'apporte pas toujours le bonheur, ou en tout cas peut provoquer des ruptures très graves. Pourquoi dire la vérité quand on sait qu'elle sera forcément blessante ou humiliante? Gregers manque totalement d'empathie et c'est ce qui me dérange dans ce personnage. De plus il souffle à la jeune fille une idée de sacrifice cruelle qui ne l'implique pas du tout lui-même. On a envie de dire "de quoi il se mêle?" N'a-t-il pas fait assez de dégâts déjà ?
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Marko
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Jeu 29 Mar 2012 - 22:48

Je suis tout à fait d'accord. La question que je posais était une sorte d'affirmation. Je partage ce point de vue d'Ibsen.

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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Mar 3 Mai 2016 - 15:42

Les Revenants

Une pièce dramatique.

Où le poids de la religion, de la société poussent l'être au secret et à l'abnégation.

Au point d'en arriver à des situations extrêmes et moralement inverses à la nature (en l'occurrence ici, une relation incestueuse frère/sœur), avec des réputations usurpées, masquant la réalité des actes et un passé qu'on voudrait camoufler mais qui ressort toujours, au moment le moins opportun, comme le diable de sa boîte.

La conscience est un champs de bataille.

La plume d'Ibsen est assez rugueuse pour ne pas céder au lyrisme. Ca tombe bien, le sujet n'en appelle aucun !

Les personnages sont admirablement cernés et creusés. La mère (la sacrifiée), le fils (qui hérite "la tare"), le prêtre (dont l'agaçante certitude vacille), la servante (sans doute la plus lucide sur ses devoirs) et son père (victime d'une apparence trompeuse).

Ne doit pas être simple à jouer sur scène...

Mais le contexte et les mentalités de son époque forcent le respect pour le courage d'Ibsen, qui dénonce l'hypocrisie sociale et ses désastreuses conséquences.

Avons-nous des "Ibsen" aujourd'hui ?

Nous en aurions bien besoin.

A défaut, relisons inlassablement les grands auteurs pour ne pas sombrer dans les illusions, comme vous dites si bien, plus haut.

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ArturoBandini
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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   Mar 3 Mai 2016 - 17:22

Tu nous prépares un voyage en Norvège ? rire

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MessageSujet: Re: Henrik Ibsen [Norvège]   

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