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 Erik Orsenna

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Chatperlipopette
Zen littéraire


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MessageSujet: Erik Orsenna   Dim 25 Mar 2007 - 12:55


Qui suis-je ?

Comment répondre ?

Voici ce que je sais.

Je suis né à Paris, le 22 mars 1947 (de mon vrai nom Erik Arnoult), d'une famille où l'on trouve des banquiers saumurois, des paysans luxembourgeois et une papetière cubaine. Après des études de philosophie et de sciences politiques, je choisis l'économie. De retour d'Angleterre (London School of Economics), je publie mon premier roman en même temps que je deviens docteur d'État. Je prends pour pseudonyme Orsenna, le nom de la vieille ville du Rivage des Syrtes, de Julien Gracq.

Suivent onze années de recherche et d'enseignement dans le domaine de la finance internationale et de l'économie du développement (Université de Paris I, École normale supérieure). En 1981, Jean-Pierre Cot, ministre de la Coopération, m'appelle à son cabinet. Je m'y occuperai des matières premières et des négociations multilatérales. Deux ans plus tard, je rejoins l'Élysée en tant que conseiller culturel (et rédacteur des ébauches de discours subalternes). Dans les années 1990, auprès de Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères, je traiterai de la démocratisation en Afrique et des relations entre l'Europe du Sud et le Maghreb. Entre-temps, j'ai quitté l'Université pour entrer, en décembre 1985, au Conseil d'État. Conseiller d'État depuis juillet 2000, je suis actuellement en disponibilité.

J'ai toujours voulu avoir un autre métier que l'écriture, d'abord pour être libre de donner le temps qu'il faut au livre. Le livre doit être le lieu de la liberté. J'écris chaque matin, pendant deux heures. Restent vingt-deux heures, largement de quoi s'occuper. Mes autres métiers me renseignent sur l'univers.

Parallèlement à mes activités administratives, j'ai donc écrit sept romans, dont La Vie comme à Lausanne, prix Roger Nimier 1978, et L'Exposition coloniale, prix Goncourt 1988. J'ai été élu, le 28 mai 1998, à l'Académie française, au fauteuil de Jacques-Yves Cousteau (17e fauteuil).

En plus de l'écriture, les voyages, la mer et la musique tiennent une place essentielle dans ma vie et dans mes livres. Ces passions, je les dois beaucoup à ma famille.

Ma mère m'a donné la passion des histoires et de la langue française.

Mon père, dont la famille avait une maison sur l'île de Bréhat, m'a enseigné la mer, les marées, les bateaux, les voyages au loin. Je préside d'ailleurs le Centre de la Mer (Corderie royale, à Rochefort).

J'entendais, de l'autre côté du mur, mon frère répéter inlassablement ses exercices de guitare. Et mon grand-père, qui me parlait de nos ascendances cubaines, esquissait de temps à autre, en dépit de sa corpulence, des pas de salsa.

Je n'ai fait que prolonger ces héritages.
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Dim 25 Mar 2007 - 12:59

J'ai fini "Voyage aux pays du coton"....

Erik Orsenna possède un talent certain: rendre simples des notions compliquées, voire complexes.
Après « La grammaire est une chanson douce », « Les chevaliers du subjonctifs », il nous offre « Voyage aux pays du coton »...un voyage tant littéraire qu' « économique » dans le monde de l'économie libérale...une économie libérale vue par le prisme d'un regard de romancier.

Le voyage commence en Afrique, continent de la génèse de l'humanité, au Mali où une entreprise d'état, le CMDT (qui participe à l'alphabétisation des producteurs de coton), centralise les récoltes et permet aux producteurs de vivre du fruit de leur labeur. L'Afrique, où l'attente est reine, où le temps est extensible à l'infini, où les aides routiers décorent leur camion pour tromper ce temps qui s'écoule avec une infinie lenteur....les usines cotonnières ne possèdent pas d'entrepôts pour stocker les balles blanches de coton....Kafka ou Ubu en Afrique? Orsenna nous livre les échos d'une légende Dogon où l'on apprend que « soy » signifie « étoffe » mais aussi « c'est la parole »....quand coton et racines millénaires se mêlent, l'économie sauvage a des accents chantants d'épopée.
J'ai aimé les descriptions des ambassadeurs des Etats-Unis et de France: deux personnages très éloignés l'un de l'autre: l'ambassadrice américaine au leitmotiv de mondialisation économique, l'ambassadeur français à l'esprit empreint des Lumières et sachant regarder autour de lui les beautés botaniques et géologiques du Mali, l'économie sèche et cupide face à la curiosité intellectuelle envers l'autre. Deux visions du monde....on souhaiterait tellement que ce soit la deuxième qui fasse avancer ce monde...

Le voyage se poursuit aux Etats-Unis où les protections douanières sont aussi efficaces qu'invisibles....les producteurs sont subventionnés au plus haut point afin de pouvoir concurrencer allègrement les cotonniers africains. Au pays du libéralisme sauvage, les lobbies sont rois, surtout celui du coton, et les subventions publiques la bouée de sauvetage d'une production qui sinon sombrerait. On voit la paille dans l'oeil du voisin mais surtout pas la poutre que l'on a dans le sien. Une allusion aux recherches scientifiques menées par Monsanto fait frémir...
Ensuite, Orsenna nous emmène au Brésil, le pays où tout est neuf, où tout est à créer, à dompter. Il y a encore des terres à conquérir et à défricher...mais à quel prix! La déforestation de l'Amazonie, l'accaparement des terres agricoles par une poignée d'hommes, et la grande importance des OGM dans le coton!!! Quand on inocule un gènes d'araignée pour obtenir une texture plus fine et plus résistante, quand un laboratoire a l'idée d'introduire un gène de lait (il plaisante mais à peine...) afin d'obtenir une blancheur éclatante, il y a de quoi frémir. Le Brésil, pays du libéralisme triomphant, pays émergent en plein croissance où l'oeil avide des grand groupes repère les « bonnes affaires » possibles.

Puis, le lecteur, étourdi, se retrouve en Egypte, où le coton est une culture millénaire et où pousse le plus beau coton du monde. L'Egypte et ses couleurs, son passé illustre et qui poursuit lentement, mais sûrement, sa route vers l'avenir. L'Egypte qui a une conception familiale de l'économie, qui tisse ses relations économiques entre grandes familles à travers le monde. Une autre conception du monde et de sa marche. Un pays qui a son musée du coton où personne ne se rend et qui est d'une richesse incroyable. La rencontre avec le directeur du musée est belle et émouvante: c'est une rencontre d'hommes empreints d'humanité dans un monde qui en est de plus en plus dépourvu. Le temps s'arrête puis reprend doucement sa course. Le chapitre sur l'Egypte s'achève sur cette note d'éternité du bassin méditerranéen, berceau des échanges commerciaux: « ...notre ville (Alexandrie) a d'abord le génie du commerce. Et pour le vrai commerçant, l'important c'est le commerce, pas ce dont il commerce. Le vrai tissage est le lien qui se développe entre les humains. Comment leur donner tort? », « Il y a tous les métiers dans le coton, de l'agriculture à la finance. Un bon négociant doit tout savoir à tout moment de la Chine et de l'Amérique, de l'Australie et de l'Ouzbékistan. Un bon négociant est à l'écoute permanente de la planète. Et puis le coton aime la paix. Quand le coton va bien, c'est que le monde est calme et digne. »

L'étape suivante du voyage: l'Ouzbékistan. Le coton est le revenu de l'état. L'irrigation fait pousser cet arbuste de blancheur....et fait reculer la Mer d'Aral. La mer blanche supplante l'étendue bleue et perturbe l'écosystème d'une région. La marée ne monte plus, elle est pour toujours à marée basse: pour la mer d'Aral, la montre de la lune s'est arrêtée au nom du coton qui fait exister sur la scène internationale au même titre que le pétrole. L'Ouzbékistan, entre tradition et modernité, terre d'Histoire, terre des Scythes, terre qui abrita les artistes proscrits par Moscou...la laideur recèle parfois d'extraordinaires beautés.
Enfin, la Chine. Qui ne laisse plus le temps au temps: les arbres plantés sont déjà grands le long des boulevards modernes. Les jardins des palais anciens ne sont plus que des pépinières où tout s'accélère. Une poésie s'en va pour une prosaïque vision du monde. Les chaussettes font la fortune de Datang et les malheurs de l'Occident: le capitalisme a des racines millénaires en Chine. Le travail est incessant et culturel: « Pourquoi en France, n'aimez-vous pas les enfants? En France, vous ne travaillez pas assez. Donc vous préparez mal l'avenir de vos enfants. Chaque année, la dette de la France augmente. Seuls ceux qui ne travaillent pas assez s'endettent. Et qui doit rembourser? Les enfants. ». En effet, « que répondre? »!
Ce voyage ne masque pas les duretés de la récolte de ce coton si blanc, si doux: il coupe, lacère les mains des récoltants, il mène la vie dure à ceux qui le travaillent et qui en dépendent. Mais le coton est au monde végétal ce que le porc est au monde animal: tout est bon...la fleur floconneuse et blanche, les graines (transformées en huile végétale que nous consommons sans le savoir), les restes fibreux qui deviennent litière. Une manne terrestre?
Le juste prix du labeur de chacun ne se trouve pas dans nos habitudes occidentales d'achats dans les hypers, symboles de la mondialisation et du libéralisme, insultes au travail et à sa valeur. En effet, sous toutes les latitudes cultivant le coton, la fierté du travail bien fait illumine les coeurs des hommes et des femmes qui peinent dans les champs et dans les usines. Et rien ne peut le leur ôter...

« Pour comprendre les mondialisation, celles d'hier et celle d'aujourd'hui, rien ne vaut l'examen d'un morceau de tissu. Sans doue parce qu'il n'est fait que de fils et de liens, et des voyages de la navette. »...Il n'y a rien à ajouter à cette belle conclusion d'Orsenna, en quatrième de couverture.
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Mar 5 Juin 2007 - 18:45

"La grammaire est une chanson douce"
"Les Chevaliers du Subjonctif"


Si vous ou vos enfants avez des problèmes avec la grammaire, l'orthographe ou la conjugaison, ces deux petits bouquins sont pour vous !


Avec Erik Orsenna, oubliez toutes ces fastidieuses règles grammaticales, ces exercices assommants et ces analyses de phrases qui ont empoisonné votre scolarité.
Suivez plutôt Jeanne et son grand-frère Thomas, tous deux naufragés lors d'une terrible tempête qui a fait sombrer le paquebot sur lequel ils voyageaient et les a fait accoster sur une île bien étrange.
Sur cette île paradisiaque, ils vont faire la connaissance de Monsieur Henri (on reconnaîtra aisément Henri salvador) qui leur servira de guide au cours de leur séjour drolatique et mouvementé au sein de cet archipel dédié à la langue française.
Ils visiteront la ville des mots qui font leur marché en quête d'adjectifs, ils feront connaissance avec la tribu des adverbes, celle des pronoms, l'usine à verbes, les horloges du présent, du passé simple, de l'imparfait, du futur et du conditionnel, l'île de l'infinitif, l'île des impératifs ( un grand moment ) ainsi que celle qui sert de décor principal au deuxième opus : l'île des subjonctifs.
Jeanne rencontrera également au cours de ses aventures quelques personnages célèbres qui coulent des jours paisibles : St Exupery, Proust, La Fontaine, Melville, Hemingway, Conrad... tous amoureux des mots et grands magiciens de l'écriture.


Avec ces deux ouvrages, Erik Orsenna nous offre une balade poétique au pays de la langue française, une aventure truffée de rebondissements et de clins d'oeil littéraires, une approche ludique et humoristique de la grammaire et de la conjugaison remarquablement mise en scène et égayée par les illustrations de Bigre.


Pour petits et grands, ce conte amusant et exotique, éducatif sans être barbant se déguste avec plaisir et réconciliera avec la grammaire française ceux d'entre nous qui en gardent un souvenir quelque peu amer.
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coline
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Mar 5 Juin 2007 - 18:49

Il y a longtemps que je veux le lire celui-ci...
Tu fais bien d'en parler... Wink
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Mar 5 Juin 2007 - 18:50

Ah! J'oubliais...le troisième volet "La révolte des accents" vient de sortir en librairie.
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liloutine
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Dim 30 Sep 2007 - 1:21

je suus en train de lire la révolte des accents et je trouve ce livre vraiment très bien surtout moi qui ne dispose pas d'un français sans fautes je pense que je vais lire les deux volets précédent.je vous en dirais plus quand j'aurais terminé les 3 volets.
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Sophie
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Dim 30 Sep 2007 - 2:26

J'aime beaucoup Orsenna, à la fois le personnage et ses écrits.
Le livre que j'ai lu le plus récemment: La grammaire est une chanson douce.
J'ai Madame Bâ qui m'attend, dont je n'ai entendu que du bien.

Et surtout j'ai découvert Orsenna grâce à L'exposition coloniale, lu aux alentrous de15-17 ans et dont je garde un souvenir absolument fabuleux; j'ai d'ailleurs ramené le livre ici chez moi pour le relire et surtout savoir que je l'ai avec moi.
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Marie
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Dim 30 Sep 2007 - 2:54

Citation :
Et surtout j'ai découvert Orsenna grâce à L'exposition coloniale,
Ah, j'avais également beaucoup aimé!
Et j'aime le personnage Orsenna, curieux de tout!
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animal
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Dim 7 Oct 2007 - 3:51

La grammaire est une chanson douce.

c'est pas déplaisant, je n'ai pas vraiment accroché, le plus beau c'est quand il ne parle ni de la grammaire ni des mots... c'est un peu trop préfabriqué pour l'impression que j'en ai eu...

peut être je reviendrai vers cet auteur par quelque chose qui n'a rien à voir...

je ne suis pas vraiment réconcilié avec la grammaire clown

les illustrations dans les livres ce n'est pas bête !

(et il est où le mal qu'on peut se faire avec le peu de mots que l'on possède ?)

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Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Dim 7 Oct 2007 - 6:53

Animal, tu devrais essayer "L'Exposition Coloniale"
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Steven
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Dim 7 Oct 2007 - 9:10

Citation :
et fait reculer la Mer d'Aral. La mer blanche supplante l'étendue bleue et perturbe l'écosystème d'une région. La marée ne monte plus

Le chapitre sur l'Ouzbékistan est très représentatif du rapport qu'ont certains exploitants avec la terre nourricière et ses ressources : on se sert, on exploite et tant pis ! Tant pis pour la sècheresse, pour la mort du pays et pour la mort d'une "femme que j'aimais et qui venais de mourir"

Citation :
Le début de la pénombre masquant les détails, l'oeil depuis le promontoire ne voit que du sable, du sable, rien que du sable à perte de vue.
N'importe quel Breton, de Cancale à Tréguier, connaît ces étendues vides, nommées l'estran, et ne s'en émeut guère. La mer est descendue. Ca veut dire qu'elle remontera. Malgré moi et contre toute raison, je me sens d'abord furieux d'avoir fait tout ce chemin pour si peu, pour une simple marée basse.
Mes compagnons m'ont laissé".." Je reste seul. Et c'est alors que l'angoisse m'a pris. Une fois, dix fois, j'ai consulté ma montre. Une fois, dix fois, j'ai scruté cent quatre-vingts degrés d'horizon. Rien ne bougeait, rien n'avançait. "..." Il me semble bien que j'ai appelé et protesté. Que je n'ai pas voulu y croire ; la mer représente tant pour moi. Un souvenir m'est venu. Quand avais-je ainsi appelé, protesté, refusé d'y croire ? J'ai fini par comprendre : de nouveau je me trouvais face à la mort. Face à une femme que j'aimais et qui venait de mourir.
On retrouve cet absence d'une mer d'une autre nature au Brésil :
Citation :
A perte de vue, aucun obstacle. On dirait la mer, une mer multicolore, une collection de verts tendres ou plus sombres, entrecoupés par les rouges intenses des labours. Une mer immobile et qui, pourtant, doucement, ondule. Seuls traits parcourant ces vastes étendues arrondies : des barrières d'arbres impénétrables. Elles cachent et protègent les cours d'eau. Le reste, tout le reste de la végétation primaire a disparu. Remplacée par les plantes qui servent à l'homme...

C'est un drôle de voyage que nous fait faire Erik Orsenna, un voyage que l'on suit volontiers et qui explique pleinement le sous-titre de l'ouvrage : " Petit précis de mondialisation". A des rares exeptions triomphe la logique du profit à tout prix, du rendement.... et de la destruction massive....

Ce matin sur France Inter, Simon Tivolle consacrait son "Mémo" à "L'écologie de papa", à René Dumont... Et ça fait froid dans le dos que tous les thèmes qu'on nous présente aujourd'hui comme une révolution verte était dèjà présents dans les années 70, qu'il y avait dèjà des prises de conscience qui malheureusement étaient regardées avec condescendance...


Dernière édition par le Sam 13 Oct 2007 - 13:36, édité 1 fois
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Aeriale
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Dim 7 Oct 2007 - 18:19

Sophie a écrit:
J'aime beaucoup Orsenna, à la fois le personnage et ses écrits.
Le livre que j'ai lu le plus récemment: La grammaire est une chanson douce.
J'ai Madame Bâ qui m'attend, dont je n'ai entendu que du bien.

Comme toi, Sophie, il m'attend aussi sur le coin de mon étagère (depuis ...presque un an Embarassed )
Je n'ai jamais lu Orsenna, mais ce que Steven a posté m'inspire bien...Je vais donc y penser, merci !
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Sam 13 Déc 2008 - 9:05

L'avenir de l'eau


J'avais beaucoup aimé la lecture de "Voyage aux pays du coton" et c'est avec plaisir que j'ai reçu le second opus du Petit précis de mondialisation d'Erik Orsenna consacré, cette fois, à l'eau. L'eau, ce bien si proche, si abondant parfois et tellement convoité, souvent maltraité, toujours au centre de toutes les préoccupations.
"L'avenir de l'eau" est un écrit tout sauf sec et aride: Orsenna sait rendre lisible les exposés les plus indigestes et les plus complexes, rendre fluide l'approche d'une documentation pointue, parfois absconse.
Comme Orsenna, je suis bretonne donc très sensible à l'univers de la mer, cette masse liquide mouvante, changeante, dansante, attirante, enivrante et fascinante. Comme Orsenna, je suis à l'écoute de cet élément, dont nous sommes en très grande partie composés, d'où nous sommes issus, dans lequel nous avons baigné pendant les neuf mois de notre vie intra-utérine, et du fait de mon appartenance à un parti à la couleur verte et des dossiers que je suis dans le cadre de mes fonctions d'élue, la lecture de cet essai ne pouvait que m'intéresser.
L'eau fait partie du paysage breton tout au long des saisons: en crachin qui dure, qui dure, en pluies d'orage, en pluie fine ou en averses ensoleillées. Elle coule au fond de mon jardin, tranquille ou presque tumultueuse selon l'intensité des précipitations, parfois elle transpire de la terre engorgée par la déferlante des nuages gris ou déborde des canalisation pour envahir tout ce qui fait barrage à son élan.
Il est difficile de donner une vue d'ensemble du livre: son foisonnement et sa documentation sont tels que l'on a envie de souligner et de citer de multiples passages.
Erik Orsenna procède de la même façon que son précédent opus consacré au coton (plante par ailleurs grande consommatrice d'eau!!!): il s'est rendu dans différentes régions de globe afin de cerner au mieux les particularismes comme les généralités concernant l'eau. Le tout émaillé de références littéraires: la scène sur le Jourdain est d'une grande intensité.
L'eau est la vie mais aussi la mort: lorsqu'elle charrie trop d'ordures, d'immondices, lorsqu'elle n'est pas assainie avant de desservir les foyers, elle apporte maladies et souffrances; lorsqu'elle devient irrationnelle après une mousson diluvienne ou des fontes de neige énormes, se tranformant alors en rouleau compresseur que rien n'arrête, elle entraîne désolation et scènes de chaos et lorsqu'elle subit de terribles secousses sous-marines, elle devient mur liquide dévastateur! L'eau contient la joie et la malheur dans la moindre de ses gouttes, l'eau terriblement présente ou épouvantablement absente, l'eau, molécules sans lesquelles la vie n'existerait pas. Ce bien, ô combien précieux, ô combien peu respecté parfois et ô combien exploité à outrance, risque de se faire rare, paradoxe pour une planète que l'on appelle aussi la Planète bleue: l'eau douce est en passe de devenir un trésor que l'on défendra bec et ongles...elle cède peu à peu la place à l'eau salée, cette eau qui enfle au fil de la régression de la banquise, cette eau qui monte, monte, lentement mais sûrement, au point que certaines parties du globe n'existeront plus, au point que des hommes deviendront des naufragés climatiques.
Entre l'avancée des déserts et la montée des eaux marines, la recherche mobilise et fait bouillonner nos chercheurs: la déssalinisation peut être une réponse au manque d'eau endémique de certaines régions du globe, coup de frein au développement économique, l'édification d'un mur une étrange réponse indienne au désarroi des hommes du Bengladesh. Seulement, la première provoque des dérèglements au sein des mers (les rejets asphixient et polluent mers et océans, étouffant faune et flore) tandis que le second fait frissonner d'horreur et swinguer le Brahmapoutre, fleuve qui attise convoitises et déverse ses tonnes d'eau sur un pays sombrant peu à peu sous la masse liquide et réduit à l'état d'îles éphémères.
L'eau, ce bien tellement commun et accessible pour nous, est une denrée péniblement lointaine pour un trop grand nombre d'êtres humains: pourquoi existe-t-il tant de disparités et d'inégalités? Pourquoi est-ce si difficile de mettre en place un réseau d'assainissement ou de distribution pour certains pays? Pourquoi tant d'énergies, souvent féminines, perdues dans la recherche et le transport de cet élément vital à la vie mais aussi à la dignité humaine? Comment peut-on laisser, lorsque l'on est dirigeant, ses concitoyens dans une telle incurie? L'eau serait-elle, malgré elle, un moyen de domination sur l'autre? Autant de questions que de situations ubuesques, surréalistes et dramatiques, autant d'interrogations que de main mise sur un bien qui devrait être commun, libre d'accès et pourquoi pas gratuit!
Un bien commun, n'appartenant à personne en particulier et donc appartenant à tous, peut-il être autrement que gratuit? On aimerait bien que ce bien commun soit gratuit, or la facture d'eau semestrielle est loin de l'être! En France, la quasi totalité des collectivités territoriales a délégué ses compétences de gestion à quelques grandes entreprises privées qui se chargent de l'assainissement, du traitement des eaux. Ces derniers ont un coût certain et le développement économique sans prise de conscience environnementale provoque l'augmentation des divers traitements que subit l'eau avant de sortir de nos robinets. Le cycle est titanesque tant sur le plan des produits traitants que sur les infrastructures et on ne peut s'empêcher de tiquer un peu devant le coût lorsque l'on sait que les plus grands consommateurs et "pollueurs" d'eau sont les industriels (chez moi, ce sont les entreprises agro-alimentaires, pourvoyeuses certes d'emplois - mais peu qualifiés et donc rémunérés chichement -) et une certaine agriculture! Depuis quelques années, des collectivités territoriales trouvent des alternatives au prix de l'eau: le retour en régie municipale et/ou communautaire en est une et non des moindres: en effet, passer en régie permet d'économiser 20% à 30% sur la facture car la régie n'a pas d'actionnaires à rémunérer! Avec ces 20% à 30% en plus, une collectivité peut un peu plus respirer et entreprendre des travaux pour l'amélioration de ses réseaux! Donc, si la gratuité de l'eau n'est pas possible, en revanche il n'est pas impossible, loin de là, de permettre une baisse non négligeable de la facture! En tout état de cause, ce type de décision est uniquement politique comme le souligne avec justesse Erik Orsenna.
"L'avenir de l'eau" est un essai dont on sort remué, saisi, émerveillé par les prodiges d'inventivité, de créativité, par les hardiesses et les paris des hommes. C'est un essai qui aborde simplement mais avec rigueur les différents points de vue sur l'eau, son devenir, sa nature et ses utilisations: Erik Orsenna sait également mettre le doigt sur le hiatus, le point de divergence et mettre en lumière la beauté intrinsèque de cet élément basique et essentiel. Après cette lecture, on ne regarde plus le moindre ruisseau ni les plus grands fleuves ou océans de la même manière: nous avons les yeux de Chimène pour ces serpents liquides et ces masses salées qui nous dévoilent leurs forces et leurs faiblesses sous la plume efficace d'Orsenna.
"L'avenir de l'eau" est une ode aux eaux de notre terre mais aussi une ode à la terre, cette terre que l'homme ne peut hélas pas s'empêcher de martyriser: l'eau mal maîtrisée, l'eau détournée, enfermée dans des conduites souterraines, érode les sols, les malmène, les appauvrit et précarise la production agricole, celle qui nourrit les hommes! Orsenna a confiance en l'intelligence des hommes de pouvoir qui ne pourront pas laisser la planète aller droit dans le mur sans réagir....je souhaite de tout coeur que la vie l'emportera sur l'avidité et l'envie d'avoir toujours plus! Au final, l'eau et la terre auront le dernier mot, de cela j'en suis certaine....à nous de faire en sorte que ce dernier mot ne soit pas dévasteur!
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Lun 15 Déc 2008 - 1:47

Les Chevaliers du subjonctif

La curiosité m'a poussée sur une petite île. J'y ai retrouvé un univers enfantin qui fait du bien. Orsenna ouvre intelligement de nombreuses pistes de réflexion aux jeunes lecteurs (au moins jeunes, aussi !!). C'est bien écrit et il y a un tas de petites phrases bien sympathiques du genre : - L'amour c'est lorsqu'on ne parle qu'à l'autre. Et lorsque l'autre ne parle qu'à toi. Tu verras...

Il m'a fait penser au "théorème du perroquet" de Denis Guedj en plus court, plus léger, moins lourd. L'impression de voir un manga genre "kiki la petite sorcière" et de voler avec "Porco Rosso".

A mon avis, un beau cadeau à mettre sous le sapin qui, une fois la 1ère grimace passée à la vue du mot qui fâche, enchantera certainement plus d'une petite personne.

Envie de poursuivre avec Orsenna.
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MessageSujet: Re: Erik Orsenna   Jeu 18 Déc 2008 - 23:19

Le début de "Longtemps"

Moi aussi, je suis tombé dans un rêve.
Et le rêve m'a emporté.

Autrement, je ne serais pas là, dans le jardin de la Clarté-Parfaite, fêté par un ballet de papillons-lunes géants et vert pâle (Actias selene), doucement bercé par mon fauteuil à bascule et par la très vieille femme que j'aime, couturé de mille cicatrices mais infiniment fier d'avoir vécu selon ma légende. D'ailleurs, cerise sur le gâteau, ne suis-je pas jalousé par les jésuites eux-mêmes ?

Je m'appelle Gabriel. Sain de corps, malgré mon âge deux fois canonique, et très aigu pour l'esprit, comme tu vas pouvoir, émerveillé, le constater.

Je m'apelle Gabriel. Fils de Gabriel, ex-roi du caoutchouc, aujourd'hui disparu. Sur ce point généalogique, j'abrège, car bien d'autres Gabriel nous ont précédés dans l'arbre du temps. Dont le premier directeur de Radio-La Havane (île de Cuba) et un valet du prince de Ligne, l'homme le plus heureux du XVIIIe siècle, où le bonheur n'a pas manqué. Si Dieu m'en donne le loisir, un jour je raconterai leurs aventures.

Sans doute peut-on mener sous d'autres prénoms, des existences honorables, voire poétiques. Mais nos vies à nous, les Gabriel, ont ce je-ne-sais-quoi de libre, rieur et voyageur où l'on reconnaît l'influence de notre archange tutélaire : ses ailes nous empêchent de marcher tout à fait comme les autres.

Comment expliquer autrement nos destins aventureux ?
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Erik Orsenna
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