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 Andrzej Stasiuk [Pologne]

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Arabella
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MessageSujet: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Lun 23 Mar 2009 - 22:06

Andrzej Stasiuk (1960-    )




Né à Varsovie, il est publié relativement tard, mais en attendant il connaît une vie très haute en couleurs, qui permet de mieux comprendre les personnages de ses œuvres de fiction. Il est viré de différentes écoles qu’il fréquente, militant dans un mouvement pacifiste, il déserte pendant son service militaire à l’armée, ce qui lui vaut une condamnation à deux ans de prison. Cette expérience carcérale lui servira pour écrire son premier livre publié, Mury Hebronu (Les murs d’Hébron, non traduit en Français), des textes parlant de prison de façon très forte et réaliste (un vrai choc pour moi ce livre). Ce livre paraît en 1992, et l’auteur n’arrête plus de faire paraître d’autres textes, romans, nouvelles, poèmes. Est paru en 1998 une auto-biographie assez jubilatoire, qui raconte ses jeunes années, très déjantées, tout un brossant le tableau d’une époque et d’une génération.

Fatigué par la vie citadine et ses excès, il s’installe dans un village montagnard, il fonde une maison d’édition qui lui permet d’éditer lui-même ses livres, ainsi que d’autres auteurs de l’Europe centrale et orientale


Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

2000 Par le fleuve, Page 3,
2003 Dukla, Page 2, 3,
2004 Contes de Galicie, Pages 1, 3, 4,
2004 Mon Europe (avec Iouri Androukhovitch),
2007 Sur la route de Babadag, Page 1,
2006 L'hiver, Pages 2, 3,
2007 Le Corbeau blanc, Page 3,
2008 Les barbares sont arrivés,
2009 Fado, Page 1,
2009 Neuf, Pages 1, 2,
2010 Mon Allemagne, Page 4,
2011 Taksim, Page 3,
2013 Comment je suis devenu écrivain,

pas encore traduit:
Mury Hebronu, Page 4,

Citation :
mise à jour le 30/09/2013, page 5

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Arabella
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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Lun 23 Mar 2009 - 22:07

Les contes de Galicie (Opowieści galicyjskie)



En guise d’explication, la Galicie est une partie du territoire du royaume de Pologne attribué à l’Autriche pendant les démembrements de la Pologne au XVIIIem siècle. A l’heure actuelle, ces territoires se trouvent dans différents pays, ce qui en reste en Pologne, se situe au sud-est, à la frontière avec l’Ukraine, c’est le territoire le plus oriental, et le plus pauvre du pays.

Andrzej Stasiuk nous parle des gens qui vivent dans ce pays, et plus exactement dans un village. Tout d’abord, il semble s’agir de nouvelles, chacune d’entre elles nous brosse le portrait d’un personnage, en quelques pages à peine. Un conducteur de tracteur dans un kolkhoz, qui bien sûr a complètement périclité depuis les changements politiques par exemple. Ou un retraité qui passe son temps à raconter avec des détails les plus infimes les petites choses de sa vie. Mais progressivement, nous voyons les personnages revenir, et raconter une sorte de récit collectif, de la vie d’une communauté. Les récits apparemment sans lien, se répondent, se complètent, et dessinent une fresque dont les couleurs se découvrent en même temps que les vies et les destins des personnages. C’est parfois tenu et il faut capter le fil qui relie les choses les unes aux autres. Mais les personnages sont tenaces, et même morts, ils reviennent parfois hanter les vivants et finir de jouer leur partition.

Il s’agit de toutes petites gens, essentiellement de paysans, qui vivent tant bien que mal, et plutôt mal, voir très mal. Les hommes boivent, terrorisent leur famille, travaillent dur, et boivent ce qu’ils ont gagné. Les femmes travaillent, mettent au monde des enfants, beaucoup d’enfants. Un réel sordide, triste, désespéré pourrait-on dire. Alors comment l’auteur arrive à lui donner toutes ces couleurs, et cette extraordinaire vitalité ? Là c’est vraiment du grand art. Il utilise un vocabulaire, recherché, précieux, même si sa phrase est économe, le choix des mots est essentiel, il donne des allures d’épopée mythique, d’épisodes lyriques à des scènes qui décrites autrement pourraient sembler d’une trivialité et d’une laideur repoussantes. Il magnifie ces personnes, dans lesquelles on pourrait voir des déshérités, des miséreux, et en fait des héros, essentiellement de tragédie, car tout cela ne peut avoir de fin heureuse. Le mari qui tue sa femme supposée infidèle et dont le fantôme hante certains habitants du village, et en premier lieu le policier qui la arrêté. Et le chapitre final, est hallucinant, drôle et pathétique à la fois.

Je dirais que pour moi c’est sans conteste un livre marquant, comme d’autres du même auteur.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mar 24 Mar 2009 - 21:19


Fado
Citation :
Les textes brefs qui constituent ce recueil offrent autant d'instantanés d'une civilisation en train de disparaître, celle de l'Europe Centrale et Orientale qui s'occidentalise à toute vitesse. À travers une série de réflexions sur des auteurs yougoslaves, des récits de voyage en Roumanie, en Slovaquie, en Ukraine et sur les routes de Pologne, Stasiuk célèbre la diversité ethnique et linguistique de ces territoires.

La nostalgie se transforme peu à peu en une célébration de la mémoire - personnelle et individuelle, bien éloignée des commémorations officielles. « Le passé et la mémoire sont ma patrie et ma maison » : qu'il s'agisse du passé du sud-est de l'Europe qu'il arpente inlassablement, ou des souvenirs de son enfance qu'il magnifie d'une manière digne de Bruno Schulz, Stasiuk donne une aura quasi métaphysique à la banalité apparente des choses.

On peut lire en dessous du titre Des esquisses de voyages (en tout cas dans ma version allemande). Et c’est exactement cela. 24 esquisses de quelques pages qui prennent le lecteur, tout comme le résumé le dit, sur un voyage soit dans un des pays de l’Europe Centrale et Orientale, soit dans le passé d’Andrzej Stasiuk. Et n’importe le voyage, n’importe la destination – c’est toujours un régal.
Quelle écriture, quelle intelligence.. c’est un plaisir de suivre les idées, les méandres de sa mémoire, les théories qu’il établit..
Un livre qui est pleine d’actualité parce que c’est en effet la partie de l’Europe de laquelle nous ne sommes pas consciente quoi attendre.. et le miroir qu’Andrzej Stasiuk donne aux Européens de l’Ouest pour se regarder n’est pas trop joyeux.

Un auteur dont j’ai vraiment énormément envie de poursuivre la découverte.

Et je suis tellement navrée que je n'ai pas ce livre en français pour vous donner des extraits.. c'est aime

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mar 24 Mar 2009 - 21:26

kenavo a écrit:

Et je suis tellement navrée que je n'ai pas ce livre en français pour vous donner des extraits.. c'est aime

C'est aussi exactement mon sentiment, il y avait des passages tellement extraordinaires, tous les commentaires ne pouvaient qu'affadir, appauvrir, la seule chose pour permettre de s'en rendre compte c'était de donner un extrait, et je ne pouvais pas, car moi aussi je n'ai pas lu en Français. A chaque livre que je lis de lui, j'ai de plus en plus la sensation d'être devant un écrivain d'une densité exceptionnelle, qui a regard fort et très personnel sur le monde, et une écriture d'une force peu commune.

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mar 24 Mar 2009 - 21:45

Arabella a écrit:
C'est aussi exactement mon sentiment, il y avait des passages tellement extraordinaires, tous les commentaires ne pouvaient qu'affadir, appauvrir, la seule chose pour permettre de s'en rendre compte c'était de donner un extrait, et je ne pouvais pas, car moi aussi je n'ai pas lu en Français.
j'étais voir chez son éditeur français avec l'espoir qu'il y avait des extraits de ce livre chez lui... malheureusement pas..
Mais je pense qu'on devrait pratiquement copier des pages entières.. pour vraiment redonner 'sa voix'...

Arabella a écrit:
A chaque livre que je lis de lui, j'ai de plus en plus la sensation d'être devant un écrivain d'une densité exceptionnelle, qui a regard fort et très personnel sur le monde, et une écriture d'une force peu commune.
Je n'en suis qu'à mon premier livre de lui - mais je confirme - la gamme des esquisses dans ce livre comprend ses pensés pendant la nuit en roulant sur l'autoroute, des voyages, des souvenirs de son enfance chez ses grands parents, ses ressentis quand il réveille sa fille de dix ans le matin pour la conduire à l'école..
j'adore tout – à cause de lui qui sait écrire le petit détail et rend donc chaque moment intéressant, unique.. et tout simplement beau drunken

Je viens de commander Dukla miammiam

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mar 2 Juin 2009 - 23:11

Point de lendemain

Avec «Fado», Andrzej Stasiuk reprend le récit en lacets qui l'emmenait, en 2004, «Sur la route de Babadag». Suite (sans fin) d'une odyssée à travers l'«autre» moitié de l'Europe, celle qui, pour le meilleur et pour le pire, se retrouvera toujours «à l'est de l'Occident».

Corina Ciocârlie
Le jeudi 28/05/09


Le meilleur dans un pays étranger, assure Andrzej Stasiuk, c'est la nuit sur l'autoroute: on quitte une contrée au crépuscule parce qu'elle s'est révélée désespérément ennuyeuse et «on file, disons, droit vers le sud». Pour un habitant de la plaine froide et venteuse d'Europe centrale, il est essentiel de garder ce cap-là: vers le sud et vers l'ouest de Varsovie, là où commence cette terra incognita où les pays n'ont pas de capitale et les habitants n'ont pas d'avenir.
«Et donc me voilà à me remémorer, à partir continuellement à reculons, assis dans la pénombre, à regarder par la vitre arrière, voilà tout ce lyrisme de la perte, cet on the road slave que je tape à la machine – il est trois heures et quart du matin…» Consacré aux retardataires arrivés des profondeurs du passé par un raccourci improbable, Fado est un voyage de nuit, «beau et consternant, désespéré et douloureusement banal, sublime et bouffon, gris souris, gris de pluie».

Un monde en lambeaux

Un jour, Andrzej Stasiuk achète chez un bouquiniste une carte ferroviaire de l'Autriche-Hongrie, datant de 1900: en regardant le papier fragile et jauni qui s'effrite entre ses doigts, il contemple un néant que l'imagination s'apprête à combler. Point d'atermoiements, point de nostalgie – juste une question de survie: voyager, c'est sauvegarder le monde et, en même temps, montrer sa décrépitude, sa fugacité. Bosnie, Serbie, Albanie, Galicie, Marmatie…
Telle une vieille carte qui tombe en lambeaux, ce monde-là s'use et s'élime de l'excès de regards: d'une escale à l'autre, villes et villages cessent d'exister, s'abîment ou s'effacent au fur et à mesure des pliages et dépliages successifs. En longeant le lac d'Ohrid, sur la frontière est de l'Albanie et sud-ouest de la Macédoine, Stasiuk aperçoit un wagon d'omnibus solitaire dans une gare délabrée: «Il était tout couvert de rouille et n'avait plus de vitres. Le machiniste ne disait rien. Une voix de femme sortait de la radio. Alors que nous arrivions en ville, j'ai soudain compris que ce chant était un fado portugais. Il y a des coïncidences qui ressemblent à des plans sophistiqués.»
Cette Europe-là n'est pas méditerranéenne, certes, mais elle partage avec le pays du fado la mélancolie des confins.

Le goût de la pagaille

Dans un très beau texte (Je n'ai pas vu le rideau de fer tomber) publié en mars dans Le Libé des écrivains, Andrzej Stasiuk raconte comment il gagne des euros en amusant le public littéraire de Berlin pour les dépenser ensuite en vin, du vranac au Monténégro, du dionis en Moldavie. Histoire de rappeler que – n'en déplaise aux pères fondateurs de l'Europe – il n'y a point de dénominateur commun entre, d'un côté, «le provincialisme de l'Occident qui lui fait percevoir le reste du continent comme une copie ratée de lui-même» et, de l'autre, le goût de la pagaille balkanique, la tendance à l'affabulation slave, l'amour pervers d'un Cioran pour son pays maudit, le fatalisme tranquille des paysannes ukrainiennes rivalisant avec la liberté des chiens errants, ou la nonchalance des Tziganes entassés dans un ancien quartier juif, au bout d'une petite ville slovaque, au pied d'un château hongrois…
Ayant vécu dix-sept ans dans les Carpates et parcouru un demi-million de kilomètres à la recherche de «l'aura insaisissable des contrées du sud-est», Stasiuk est bien placé pour savoir que l'avenir n'arrive jamais, ne recèle rien et «peut exciter tout au plus les amateurs de science-fiction, les marxistes, les capitalistes ou les demoiselles vieillissantes». Pour nous autres, il y a ces splendides matinées d'automne où l'on attend que la brume s'éclaircisse, que le passé s'épaississe – rien de plus, mais rien de moins, puisqu'on a fini par comprendre que «dans la vie, on ne reçoit rien de plus que ce qu'on a reçu»…


source

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mer 3 Juin 2009 - 19:19

Je viens de lire "Neuf". Pas vraiment emballé, tant pis.

Le début du roman d'Andrzej Stasiuk, Neuf, fait penser aux polars américains façon Dashiel Hammett. Le Varsovie de l'après communisme y remplace le Los Angeles des années 20 avec les mêmes êtres désenchantés, la main mise de l'empire du crime, les règlements de compte sanglants et tutti quanti. Dommage que Stasiuk dilue son roman en y ajoutant une pléiade de personnages aux contours imprécis et aux destins erratiques. Le livre quitte alors les rails du roman noir et devient atmosphérique, avec des péripéties de plus en plus redondantes. Reste un portrait impressionniste de Varsovie, palpable, et de ses habitants, perdus dans un no man's land capitaliste où triomphe la loi du plus fort.
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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mer 3 Juin 2009 - 19:26

traversay a écrit:
Je viens de lire "Neuf". Pas vraiment emballé, tant pis.
Merci pour tes impressions..
j'ai bien aimé son Fado et j'ai encore Dukla sur ma PAL.. faudrait trouver un moment pour le lire Cool

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Arabella
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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mer 3 Juin 2009 - 21:15

J'ai un nombre inavouable de ses livres sur ma PAL, dont Neuf et Fado. Je les lirai. Un jour. Sauf si je fini écrasée par mes piles.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mer 3 Juin 2009 - 21:18

Arabella a écrit:
Spoiler:
 
rire
on doit te trouver d'urgence de l'aide Razz

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mar 11 Aoû 2009 - 15:09

Sur la route de Babadag.



Le livre est composé de 14 textes, dont le dernier et le plus long donne son nom au volume. Des textes qui parlent de voyages. En regardant son passeport l’auteur estime qu’il a du franchir environ 200 fois une frontière pendant les 7 dernières années. Mais il ne voyage pas n’importe où : Moldavie, Transylvanie, Roumanie, Slovaquie , Albanie…Sur la carte, en Europe. Mais les cartes ne disent pas tout. Un autre monde, qui est à la porte. Cerné de plus en plus, en train de disparaître. Comme hors du temps et de l’espace. Rien de touristique dans ces voyages, ces déplacements plutôt. L’auteur ne visite pas de musées, n’admire pas de monuments, ou alors par inadvertance. Pas d’hôtel réservé, d’ailleurs la plupart d’endroits où il va, n’en ont pas d’hôtels. Parfois une destination, parfois pas, et de toute façon la route peut toujours bifurquer, au gré d’une envie ou tout simplement parce qu’un bus ou un train passe là à ce moment. Pas de villes, ou des toutes petites, ou vraiment parce qu’il n’y a pas d’autre moyen de passer plus loin. Des bourgs, des villages, des hameaux, des maisons, des magasins, des bars, des gares. Et des gens qui les habitent. Qui y survivent on ne sait comment, en tuant le temps. Et l’œil et la mémoire de l’auteur qui enregistrent tous les détails, la couleur d’un mur, un dépôt d’ordures, les hommes qui attendent devant un bar. Et aussi la parole des gens. Quelque soit la langue, même s’il ne la connaît pas l’impression de comprendre ce qu’ils disent. Il ne fait que passer, quelque jours, plutôt quelques heures voir, quelques minutes. Comme à Babadag, deux fois dix minutes en tout. Mais cela suffit.

Il se pose la question de ces voyages. Il y a cette phote d’André Kertesz de 1921 prise dans une petite ville de Hongrie



Citation :
« Il n’est pas exclu, que tout ce que j’ai écrit jusqu’à maintenant, a commencé avec cette photographie……
Cette photographie me harcèle depuis quatre ans. Où que j’aille, je recherche sa version en trois dimensions et en couleurs, et souvent j’ai l’impression que je l’ai trouvé….
Dans tous ces endroits, se posait sur l’écran transparent de l’espace l’André Kertesz de 1921, comme si le temps s’était arrêté à ce moment-là, et que de ce fait le présent ne s’avérait être qu’une erreur, une plaisanterie ou une trahison, comme si ma présence dans ces endroits était un anachronisme et un scandale, parce qu’arrivais du futur, mais je n’en étais pas plus sage pour autant, juste plus effrayé. L’espace de cette photo m’hypnotise, et tous mes voyages n’ont pour but que de pouvoir enfin retrouver le passage secret qui mène à l’intérieur d’elle.»


A la recherche d’un endroit qui n’existe pas, l’auteur nous amène dans des endroits où nous n’irons sans doute pas, qui d’une certaine façon n’existent pas vraiment pour nous. Un voyage unique.


J’ai été heureuse de trouver des morceaux de traduction sur le Net, je pensais vous mettre quelques extraits, mais j’ai trouvé cette traduction tellement pas bonne que finalement j’ai préféré m’abstenir.

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mar 11 Aoû 2009 - 17:01

Arabella a écrit:
A la recherche d’un endroit qui n’existe pas, l’auteur nous amène dans des endroits où nous n’irons sans doute pas, qui d’une certaine façon n’existent pas vraiment pour nous. Un voyage unique.
merci de reparler de lui.. j'ai adoré tellement Fado
je note ce titre Very Happy

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mar 11 Aoû 2009 - 19:00

Oui, Kenavo, tu dois lire celui-ci, qui a écrit sur le même principe que Fado, mais avant. Fado en est en quelque sorte la suite. Une suite que je ne tarderais pas à lire, tellement j'ai aimé celui-ci. Juste un conseil, la traduction n'est pas terrible en Français, il vaudrait peut être mieux le lire en allemand.
Moi, j'ai l'intention de tout lire de lui, parce que plus je lis plus j'aime. Même si ses livres sont assez diférents, il n'y a à ma connaissance que ces deux là qui sont récits de voyages.

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Mar 11 Aoû 2009 - 19:25

Arabella a écrit:
Juste un conseil, la traduction n'est pas terrible en Français, il vaudrait peut être mieux le lire en allemand.
oui, j'ai acheté Dukla de lui aussi en allemand.. du moment qu'un auteur n'écrit pas en allemand, anglais ou français, je choisi selon maisons d'édition, expériences préalables,.. et puisque j'ai lu Fado en allemand et que j'étais sous le charme - je vais garder cette langue pour cet auteur
surtout que sa maison d'édition en Allemagne fait de très beaux livres Very Happy

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MessageSujet: Re: Andrzej Stasiuk [Pologne]   Jeu 17 Sep 2009 - 20:06

Fado



Après ma lecture de Sur la route de Babadag, j’attendais en ouvrant Fado la suite. Mais Andrzej Stasiuk n’écrit jamais deux fois le même livre. Il commence bien à nous parler de ses voyages, toujours dans les mêmes contrées des confins de l’Europe, mais l’angle d’approche est différent. Les textes sont plus courts, au départ il ne semble pas avoir de lien entre les différents moments ou sensations évoqués. Ainsi il nous parle d’un voyage en Albanie, et d’un chauffeur de taxi qui écoutait une chanteuse de Fado, cette musique nostalgique qui convient bien finalement au monde en train de disparaître auquel il est attaché. Un drôle de monde ; par exemple son éditeur albanais lui explique que la parution de son livre sera retardée, à cause des quotidiennes coupures d’électricité. Nous découvrons que l’essentiel de la production en Albanie provient de centrales hydrauliques, qui lorsqu’il n’y a pas suffisamment d’eau ne tournent plus. Et ces centrales sont situées dans des montagnes, dans lesquelles les habitants vivent comme au dix-neuvième siècle, dans des maisons en pierres épaisses, le transport se fait à dos d’âne, et il n’y a ni eau courante ni électricité. Et c’est à cet endroit dans lequel le temps semble s’être arrêté qu’est produite l’électricité qui dans les lieux plus modernes du pays fait marcher les machines, les ordinateurs, les téléviseurs.

Et Stasiuk a une grande nostalgie de ce monde qui disparaît, ces anciennes coutumes, gestes séculaires, ce mode de vie en train de s’éloigner dans le néant, dans lequel la principale richesse des habitants est le temps dont qu’ils ont à disposition des quantités infinies. Plusieurs temps semblent se télescoper dans les endroits que l’auteur traverse, le passé et la modernité, même si cette dernière prend une forme parfois caricaturale, et peu engageante.

Dans la deuxième partie du livre, l’auteur nous montre l’endroit dans lequel il vit, dans les Carpates, un lieu qui ressemblent à tous ces lieux dans lesquels il voyage, où pour amener sa fille à l’école en hiver, il lui faut d’abord empoigner sa pelle et dégager la neige. Et la nostalgie de sa propre enfance, qu’il revit en partie dans celle de sa fille. Les souvenirs du petit citadin dans la campagne de ses grands-parents, avec l’eau tiré du puit, les vaches à traire, les chevaux à rentrer, comme cela s’est passé pendant des siècles, et comme cela ne se fera sans doute plus. Un monde qui disparaît en même temps qu’une vie s’écoule. Le titre Fado résume en réalité très bien cette double et parallèle nostalgie, la tristesse, le regret, de voir le monde que l’on a connu ne plus être, en même temps que sa propre vie se raccourcit, que certains événements, personnes, sensations, ne sont plus que des souvenirs.

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