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 Carlos Fuentes [Mexique]

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moropaco
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MessageSujet: Carlos Fuentes [Mexique]   Dim 29 Mar 2009 - 15:20


11.11.1928 (Panama) - 15.05.2012 (Mexico)

Chef de file de la nouvelle littérature latino-américaine, Carlos Fuentes est l'auteur d'une œuvre autant poétique que politique. Habitué aux voyages depuis l'enfance, il devient diplomate après des études de droit et exerce ses fonctions de par le monde. Très engagé à gauche, c'est grâce à la littérature que le fondateur de la Revue de littérature mexicaine va exprimer ses positions parfois controversées, comme en 2004 avec le pamphlet 'Contre Bush'. Peintre de la société mexicaine, de son présent mais aussi de son passé, l'auteur use autant de la satire que de l'onirisme ou du réalisme le plus exacerbé pour dévoiler les faces cachées d'un monde qu'il n'a de cesse de vouloir saisir. Dès 1954 et son premier recueil de nouvelles 'Jours de carnaval', Fuentes fait preuve de son talent pour évoquer les différentes cultures, classes sociales et valeurs qui caractérisent le Mexique, tout en portant un regard critique. Écrivain habile, il manie différents genres tels que la nouvelle, l'essai ou le roman épistolaire. Lauréat en 1989 du prestigieux prix Cervantès pour l'ensemble de son œuvre, Carlos Fuentes incarne avec sa littérature complexe et profonde, un monument de la littérature mexicaine.
www.evene.fr

Bibliographie

Citation :
Index : (cliquez sur le numéro de la page pour y accéder directement)

1954 Les jours de carnaval
1958 La plus limpide région, Page 1
1959 Les bonnes consciences
1962 La mort d'Artémision Cruz
1962 Aura
1964 Chant des aveugles
1967 Zone sacrée
1967 Peau neuve
1969 Anniversaire
1969 Le nouveau roman hispano-américain
1970 Todos los gatos son pardos
1970 Le borgne est roi
1975 Terra Nostra, Pages 1 , 2 , 3
1978 La tête de l'hydre, Page 4
1980 Une certaine parenté
1981 Les eaux brûlées
1982 Des orchidées au clair de lune
1985 Le vieux gringo
1987 Christophe et son œuf, Page 3 
1990 Constancia et autres histoires pour vierges
1990 La campagne d'Amérique
1990 Cérémonies de l'aube
1992 La Desdichada
1992 Le miroir enterré
1993 L'oranger, Page 3  (sous le titre Les fils du conquistador)
1993 Géographie du roman
1994 Un temps nouveau pour le Mexique
1995 La frontière de verre
1996 Diane ou la chasseresse solitaire
1999 Les années avec Laura Diaz, Pages 1 , 2
2000 Les cinq soleils du Mexique
2001 L'instinct d'Inez, Page 1
2002 Ce que je crois, Page 1
2003 Le siège de l'aigle ,  Page 3
2004 Contre Bush
2004 En inquiétante compagnie
2005 Los 68
2006 Le bonheur des familles, Page 1
2007 Regards sur la France (ouvrage collectif)
2008 La volonté et la fortune
2009 Adan en Eden (non traduit)


Citation :
Mise à jour le 11/05/16, page 4


Loin de moi l'idée de me présenter comme un spécialiste de ce grand auteur mexicain. Il n'est pas non plus mon auteur de langue espagnole préféré. Cependant, c'est un auteur considérable qui a notamment écrit un prologue a couper le souffle, le prologue de l'un de ses ouvrages les plus connus: La plus limpide région (la région mas transparente) qui relate l'histoire de la grandeur et de la décadence des acteurs de la révolution mexicaine de 1910 a travers un narrateur omniscient nomme Ixca Cienfuegos, l'âme du mexique et de sa capitale: Mexico

Ce prologue est, a ce jour, ce que j'ai lu de plus renversant: l'incarnation de Mexico qui décrit ses victoires, ses défaites, ses espoirs, ses désespoirs, ses meurtres, ses viols, ses faits d'armes, ses regrets, ses habitants, ses fantômes, son bouleversant quotidien... 2 pages exceptionnelles a découvrir avant de mourir.


Dernière édition par shanidar le Mer 11 Mai 2016 - 19:25, édité 11 fois (Raison : mise à jour)
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Marie
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Lun 30 Mar 2009 - 2:04

De ce diplomate et fils de diplomate, je n'ai lu que " Ce que je crois ", dans lequel, sous forme de petits chapitres , il parlait de beaucoup de choses, l'amitié, le Mexique, bien sûr, la famille, la révolution, la mort de son fils. C'était un excellent recueil, mais ma lecture est trop lointaine pour que j'en parle plus, dommage, je me souviens en avoir recopié beaucoup d'extraits ailleurs!!
Des liens:
ici
ici

La critique du magazine Lire ici

Et une entretien à la suite de la parution du recueil de nouvelles , Le bonheur des familles, dans le même magazine
ici

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kenavo
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Lun 30 Mar 2009 - 9:01

Ma première expérience avec cet auteur n'était pas trop réjouissante - je n'arrivais pas à prendre plaisir à ses idées du 'phantastique' qui font partie de la littérature mexicaine..

Mais ayant lu le résume de son roman Les années avec Laura Diaz, je me suis encore une fois mis dans la lecture d'un de ses livres - et c'était sublime.. LE roman du XXe siècle du Mexique.. une famille, la politique, le pays, Frida Kahlo y est... c'est un livre aime

Par après j'ai encore lu Diane, ou, La chasseresse solitaire - il raconte ses années avec l'actrice Jean Seberg.
Bon livre, mais je dirais plutôt une lecture si on veut savoir sur Jean Seberg que sur les qualités d'auteur de Carlos Fuentes Wink

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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Mar 7 Avr 2009 - 19:31

Je commence Terra Nostra....lecture ardue et d'une grande densité tant sur le plan de l'écriture que sur celui du contenu!
Je lis à petits pas et je ne suis aps encore parvenue à connecter tous les liens ensemble...je ne désespère pas Wink
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Kashima
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MessageSujet: Région limpide?   Lun 13 Avr 2009 - 19:37

A l'occasion du salon du livre 2009, consacré au Mexique, j'ai acheté La plus limpide région, parce que ce livre aurait été à l'origine de l'éclosion de la littérature mexicaine en France.




La lecture est ardue. Carlos Fuentes a pris la peine de dresser la liste des personnages au début du livre. Grâce à elle, on s'y retrouve, car le livre s'ouvre sur une soirée chez Bobo, mais par elle, on est freiné, voulant toujours aller vérifier qui est qui...

Puis chaque personnage est présenté, raconte son histoire, comme si c'était un immense puzzle en train de se construire avec nous.

Surtout, il ne faut pas se décourager par le côté difficile de la construction. C'est tellement bien écrit qu'on pourrait même lire sans comprendre...
Et rien que pour cette phrase, on doit poursuivre :
"L'amour est une réalité dans le domaine de l'imagination". (p 52)

Sur France Culture, j'ai pu écouter une interview de cet auteur. Voici de que j'en ai retenu :


Son dernier livre, Le Bonheur des Familles, porte un titre trompeur. Comme il le dit lui même, écrire sur le bonheur est "simplet". Rares sont les grands héros qui sont des gentils - parmi eux, il cite Don Quichotte, dont il relit d'ailleurs les aventures une fois par an.




Dans l'entretien, il dit que l'un de ses derniers livres a pour narrateur une tête coupée sur une plage, et que la réalité a rattrapé la fiction car les têtes coupées se multiplient au Mexique ces temps-ci.

L'animatrice l'interroge sur sa brouille avec Octavio Paz. Il répond qu'il ne se l'est jamais expliquée après 18 ans d'amitié... et, pour couper court, il la renvoie à Octavio Paz, qu'on ne peut malheureusement plus interroger.

Carlos Fuentes aime Balzac ; il aime aussi Kafka, mais ce dernier le terrifie parce qu'il a su prédire toutes les grandes tragédies du XXème siècle, comme les camps.

Il conçoit le roman comme un roman total, un peu comme Balzac. Sa Comédie humaine, c'est L'Age du temps.



Je regrette de ne pas l'avoir rencontré...

Un article de l'AFP :

Carlos Fuentes, chef de file des écrivains mexicains invités au Salon du livre de Paris, a évoqué dimanche le rôle de l'écrivain en Amérique latine, dont "la moitié de la population vit encore dans divers degrés de pauvreté", lors d'une rencontre avec le public.

"Aujourd'hui en Amérique latine, il y a des syndicats, des partis politiques, la presse... toute une série de possibilités civiles de s'exprimer", a-t-il souligné, en français, devant environ 500 personnes massées dans la salle de rencontres du Pavillon du Mexique.

"Les écrivains mexicains qui sont invités à Paris touchent à tous les sujets. Il n'y a plus la détermination que nous avions à faire la critique de l'histoire du Mexique", a expliqué l'auteur de "La plus limpide région", 80 ans, considéré comme l'un des grands écrivains contemporains.

Ecrivain-diplomate, ancien ambassadeur à Paris, Carlos Fuentes, qui vit entre Mexico et Londres, a expliqué son choix d'écrire en espagnol parce qu'"il y avait des choses qui ne pouvaient être dites qu'en espagnol. Il y avait une sorte de terre vierge pour l'écrivain". [chose qu'il a dite aussi dans l'interview : pour lui, l'anglais était déjà défriché alors que l'espagnol a connu une rupture avec l'Inquisition, par exemple.]

"La grande aventure de l'écrivain, c'est de dire : j'écris pour vous, et pour vous, mais aussi pour tous ceux qui ne sont pas encore nés", a-t-il dit.

La littérature mexicaine est à l'honneur au Salon du livre, avec une quarantaine d'écrivains invités, qui attirent un public nombreux depuis le début de la manifestation.
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coline
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Lun 13 Avr 2009 - 21:44

Kashima a écrit:
A l'occasion du salon du livre 2009, consacré au Mexique, j'ai acheté La plus limpide région, parce que ce livre aurait été à l'origine de l'éclosion de la littérature mexicaine en France.

Merci pour ton post très complet Kashima...Je me souvenais aussi très bien de ces mots de morocopasergio:

moropacosergio a écrit:
c'est un auteur considerable qui a notamment ecrit un prologue a couper le souffle, le prologue de l'un de ses ouvrages les plus connus: La plus limpide region (la region mas transparente) qui relate l'histoire de la grandeur et de la decadence des acteurs de la revolution mexicaine de 1910 a travers un narrateur omniscient nomme Ixca Cienfuegos, l'ame du mexique et de sa capitale: Mexico

Ce prologue est, a ce jour, ce que j'ai lu de plus renversant: l'incarnation de Mexico qui decrit ses victoires, ses defaites, ses espoirs, ses desespoirs, ses meurtres, ses viols, ses faits d'armes, ses regrets, ses habitants, ses fantomes, son bouleversant quotidien... 2 pages exceptionnelles a decouvrir avant de mourir.

Je rêverais de découvrir ce fameux prologue en espagnol...
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Marko
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Lun 13 Avr 2009 - 21:59

Chatperlipopette a écrit:
Je commence Terra Nostra....lecture ardue et d'une grande densité tant sur le plan de l'écriture que sur celui du contenu!
Je lis à petits pas et je ne suis aps encore parvenue à connecter tous les liens ensemble...je ne désespère pas Wink

J'ai vu ce gros livre dans la bibliothèque de mes parents et j'ai commencé à le feuilleter mais il a l'air terriblement dense et complexe. Il faudra que j'y revienne avec du temps devant moi... Mais une petite motivation s'impose. J'attends ton avis quand tu auras avancé!

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Lun 13 Avr 2009 - 22:12

Je suis en train de ramer grave avec Terra Nostra. Il faut dire que je suis débordée avec le prix du télégramme (cette année, plusieurs pavés à lire!)!! Je ne serai jamais dans les temps pour mon club de lecture jypeurien
Je ne pensais pas que j'allais peiner à lire ce roman. Cela faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé!
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Lun 13 Avr 2009 - 22:18

Chatperlipopette a écrit:

Je ne pensais pas que j'allais peiner à lire ce roman. Cela faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé!

Il a l'air de résister en effet... Je commencerai probablement par son premier roman "La plus limpide région" dont parle Kashima.

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Mar 14 Avr 2009 - 20:17

Je poursuis donc, et je tombe encore sur une phrase parlant de l'amour, à croire qu'il n'y aurait que ce sujet qui me plaît!
"L'amour par définition exclut la sincérité." (p 158)

Bref... Ce n'est pas un roman d'amour. C'est un roman sur le Mexique, sur la fresque mexicaine des habitants.
Gervasio Pola, le révolutionnaire qui s'opposait à Porfirio Diaz, est fusillé. Son fils, Rodrigo, personnage auquel, pour l'instant, je m'attache le plus, vit seul avec sa mère. Il se souvient de son enfance, la raconte au gardien Ixca.


Porfirio Diaz



Pendant son adolescence, il se met à écrire pour donner un sens à sa vie, pendant que sa mère "(séquestre) les dernières heures de faible lumière dans son tricot" : n'est-ce pas beau pour dire "tricoter"? (p 164)

Il fait partie d'un groupe littéraire - j'ai eu des réminiscences d'ambiance Faux-Monnayeurs (?)

"Art, littérature, nos nouveaux mots magiques!" (p 178)

Un passage est très drôle : c'est celui de l'écroulement de la littérature et du Dieu Écrivain, quand le groupe décide de rencontrer Flavio Milos, un auteur (inventé ou que Fuentes a masqué) très connu de l'époque. L'écrivain sacré entre dans la maison où ils l'accueillent en criant :
"Vingt dieux, que les femmes ont de jolis culs, ici!"
. Il se roule parterre, se gorge de vin : aucune discussion littéraire n'est envisageable!

Quand celle qui se saigne aux quatre veines apprendra qu'il a passé toute une année à écrire, elle se mettra dans une immense colère, et voici ce qu'elle dira à son jeune fils, d'un réalisme briseur d'espoir :
"Est-ce que j'ai eu un destin, moi? Quelqu'un a-t-il eu un destin? (...) Tu n'as aucun destin, sache-le bien. Tu as des responsabilités", avec une suite de paroles dont le style se rapproche parfois d'Albert Cohen, dans la répétition et la saccade. (182-183)


Le Mexique est toujours le héros du livre, on ne s'en éloigne jamais. Dans la bouche d'Ixca, il est "une chose figée pour toujours, incapable d'évoluer. Une roche-mère inébranlable qui tolère tout. Tous les limons peuvent se développer sur cette roche. Mais la roche en soi ne change pas, elle est la même, pour toujours." (p 167)
Et c'est le même constat désabusé dans la bouche de Natasha, une ancienne chanteuse de cabaret. Si elle reste vivre dans ce pays, c'est que "sous cette lèpre américanisée et de quatre sous il y a une chair vivante." (p 212)
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Mer 15 Avr 2009 - 0:23

Kashima, est-ce que le prologue de La plus limpide region t'a fait le même effet qu'à morocopasergio? (voir premier post de ce fil)
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Mer 15 Avr 2009 - 8:18

Non, pas vraiment. Difficile pour entrer dans le livre.
Je pense qu'il est à relire à la fin et c'est ce que je ferai...
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Mer 15 Avr 2009 - 10:25

Kashima a écrit:
Non, pas vraiment. Difficile pour entrer dans le livre.
Je pense qu'il est à relire à la fin et c'est ce que je ferai...

Il m'arrive souvent de relire les prologues à la fin de mes lectures... content
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MessageSujet: Région limpide (suite et fin)   Mar 21 Avr 2009 - 19:17

C'est comme garder la préface pour la fin, je crois que nous sommes nombreux à faire cela.
Je vous livre mes dernières impressions sur ce livre qui, selon moi, doit être lu...

A travers la vie de nombreux Mexicains, du banquier qui fait faillite à la prostituée des bas-fonds, en passant par le gardien qui reçoit les confidences de tous et tentent de se procurer leur histoire, un pays se dessine.

Rodrigo Pola n'a peut-être pas relaté exactement ce qui s'est passé avec sa mère quand il était adolescent. Dans un passage important du livre, il se révèle (283-290) : "Le problème consiste à savoir comment on imagine son propre visage." Il explique, dans ces pages, comment il est possible d'être ce qu'on peut vouloir paraître la première fois, puis il développe l'idée qu'on ne peut jamais prouver qu'on est écrivain alors qu'on peu donner la preuve tangible, par une œuvre concrète, qu'on est "ingénieur civil", le contenu du livre n'étant pas palpable.
On comprend mieux ce personnage à partir de ce moment-là, et on voit qu'on la pris à tort pour le "pauvre diable" qu'il a voulu paraître...






Rodrigo, amoureux de la seule femme qu’il n’aura jamais, Norma, la parvenue, celle qui préfère se marier avec un homme riche, Federico Robles :
"Il s'aperçut qu'il avait toujours éprouvé, avec Norma, le besoin de préciser son amour, de le remplir de mots des autres, de le fixer, d'insister sur le fait abstrait de son amour dans chaque conversation, dans chaque baiser (...) ; et qu'elle, par contre, n'avait désiré que le phénomène pur et simple et net d'être aimée, sans ces mot, sans cette insistance verbale..." (298)

Et puis un jour, il la revoit, bien des années après. Elle le regarde de haut, le croit encore pauvre. Or, Rodrigo est venu se venger d'elle. Il va la laisser l'humilier, va lui remettre en mémoire l'amour qu'il avait pour elle :
"Il n'est rien de plus réel que l'amour, parce qu'il exige la présence réelle de l'être aimé. Seule la haine peut se forger dans l'irréalité, mais pas l'amour, Norma." (420)
Et enfin, au moment de se quitter, lorsqu'elle lui propose de le déposer quelque part, ce pauvre homme, il lui fait comprendre par quelques mots que la "Jaguar décapotable, à banquette de cuir et ornement nickelés", est la sienne... (421)
"La grimace de Norma fut un baume qui le guérit de toutes les nostalgies, de toutes les maladies de l'âme".





Sur son destin, avant qu'il ne le réalise, Ixca dit à Rodrigo :
"Nous devons nous laisser tomber jusqu'au fond de notre destin, quel qu'il soit." (306)

A travers les dialogues, les discours des personnages, on comprend ce qu'est le Mexique. Le jeune écrivain Manuel Zamacona ose parler crûment à Federico Robles, le banquier qui s'est enrichi avec la Révolution. Il lui explique que le problème de leur pays, c'est de ne pas assimiler le passé, de souffrir sans commencement ni fin (318-330). De plus, il dit :
"Nous avons toujours voulu nous précipiter vers des modèles qui ne nous appartiennent pas, nous habiller de costumes qui ne nous vont pas bien, nous travestir pour dissimuler la vérité. (...) Vous ne voyez pas que le Mexique se détruit en voulant se mettre sur le pied de l'Europe et des Etats-Unis?" (323)





C'est un livre très bien construit, écrit parfaitement, et je comprends pourquoi on en fait un livre de référence de la littérature mexicaine.
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   Ven 1 Mai 2009 - 9:56

L'instinct d'Inez

Ce roman est mon deuxième essai, ou plutôt mon troisième avec Carlos Fuentes, si l’on compte que j’ai commencé deux fois, à quinze années d’intervalle Constancia et autres nouvelles pour vierges, sans réussir à dépasser le cap fatidique des cinquante premières pages. Je n’étais donc pas certaine de réussir à entrer dans ce roman, et le début me laissait incertaine, jusqu’à la fin du premier chapitre où j’ai commencé à être intriguée. Ensuite, le deuxième chapitre convie le lecteur à une répétition d’orchestre à Covent Garden, au moment du Blitz, et présente en même temps deux personnages principaux, lui jeune chef d’orchestre et elle soprano lyrique, dans un début de relation amoureuse contrarié par quelque chose qu'eux-mêmes ne peuvent ni définir, ni comprendre. A partir de ce moment, j’ai eu le stylo à portée de main et l’envie de noter phrases puis paragraphes entiers ! Les réflexions sur la musique et le chant de Gabriel Atlan-Ferrara, le ténébreux chef qui dirige La damnation de Faust, sont très intéressantes.

L’écriture est exigeante, très belle, et j’admets que la brièveté du livre est tout de même un de ses atouts car il n’est pas très facile. A chaque chapitre, des interrogations, des interprétations nouvelles viennent titiller le lecteur et l’obligent à continuer pour chasser cette perplexité… Quel objet est donc ce sceau de cristal et quel rôle a sa transmission ? Qui est le jeune homme entrevu parfois sur une photo et qui ensuite en a disparu ? Quelle est cette femme primitive, vivant à l'aube des temps, à moins qu'elle ne vive dans le futur qui est le temps employé par l'auteur pour tous les chapitres où elle apparaît ?

Ce livre apporte une réflexion sur les rapports entre l'amour, la musique et le temps qui passe, un temps qui n'est pas celui de l'homme, mais celui de l'humanité, que j’ai trouvée passionnante, bien que parfois un peu obscure.
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MessageSujet: Re: Carlos Fuentes [Mexique]   

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