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 Keith Ridgway

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Nathria
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MessageSujet: Keith Ridgway   Lun 30 Mar 2009 - 13:12



Keith Ridgway Né à Dublin en 1966, poète et romancier.
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Nathria
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Lun 30 Mar 2009 - 13:17

- -

Voici les trois couvertures: les françaises sont symboliques.

Mauvaise pente

Il y a le corps de Grace et il y a Grace. Au fin fond de la campagne irlandaise, Grace est un coquillage vide dans lequel résonne l’écho des absences. Elle a perdu son fils cadet par accident et son aîné a fui la maison parentale pour vivre à Dublin. Grace se fait régulièrement battre par son ivrogne de mari. Le soir de trop, elle prend la voiture, le suit sur la route, accélère et le percute de plein fouet.

Cette belle écriture lente, introspective, soulève les mêmes problématiques que chez Nuala O’ Faolain : Un être humain en difficulté se trouve confronté à une société cloisonnée dans un carcan de certitudes. L’histoire de Grace se déroule en 1992, époque à laquelle (fait réel), une jeune fille de 14 ans, violée, se voyait refuser par la loi, sous peine d’emprisonnement, la possibilité de se faire avorter à l’étranger. (On suit le procès en même temps que l’évolution de Grace). Insérer le doute qui permettrait de faire évoluer la réflexion et donc les mentalités est un combat de chaque instant. Mauvaise pente est le récit d’une femme (à travers lequel des milliers de femmes peuvent s’identifier) face à l’incohérence sociale et légale d’une société sclérosée. Mauvaise pente est le premier roman de Keith Ridgway, j’attends le suivant avec impatience.

Extraits :

P168 : « Elle laissa les souvenirs affluer. Elle retrouva les mots pour les décrire et se les récita sans bruit, lentement, comme un enfant qui prie. Elle s’abandonna à l’évocation de ce qu’elle avait commis. »

P218 : « Au-dessus d’elle, il n’y avait que le ciel filant à toute allure et la croix gigantesque. Elle était allongée sans bouger, les mains posées sur la terre glacée, et elle laissait la pluie pénétrer sa bouche ouverte.
Elle pensa : »Si quelqu’un me trouve là et me demande qui je suis, je dirai que je m’appelle Grace et que je suis tombée de la croix.
L’idée la fit rire. »

P342 : « Il n’y avait pas à tergiverser. Elle avait tué. Elle avait fait cela, elle avait accroché ce mot autour de son cou et il l’entraînait inexorablement vers le bas. Vers les détails. Tant de longueur sur tant de profondeur sur tant de hauteur. Comme un balancier d’horloge. Qu’il aille d’un côté ou de l’autre, ça revenait au même. Attendre un bruit de pas dans l’escalier. Guetter des signes dans le silence. Attendre. Elle n’entendait toujours rien. »
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Jeu 30 Avr 2009 - 21:42

Mauvaise pente

Grace Quinn ne supporte plus de vivre aux côtés de son mari violent et alcoolique, un homme qui n’hésite plus à la rouer de coups depuis qu’il a écrasé, il y a de cela des années, une jeune femme qui se trouvait sur sa route un soir de beuverie. Un couple usé, détruit et rejeté depuis toujours par le village : « Tout le monde les connaissait, son mari et elle, mais personne ne les aimait. Elle, a priori, parce qu’elle venait d’Angleterre, lui à cause de ses manières. Cela n’avait pas beaucoup changé : on continuait de ne pas les aimer, lui à cause de ce qui c’était passé, elle parce qu’elle était sa femme. »

Aussi lorsque Grace croise son mari à l’endroit même de l’accident, le lendemain d’une violente dispute, elle ne tarde guère à appuyer sur l’accélérateur afin de l’écraser à son tour. Tuer son mari, camoufler les traces de l’accident, quitter la compagne irlandaise afin de rejoindre son fils Martin à Dublin. Mais peut-on vraiment renouer les liens avec son fils lorsqu’on a tué son père ? D’autant plus que Grace a bien du mal à ne pas se confier à tous ceux qu’elle rencontre…

« Mauvaise pente » est le magnifique portrait tout en nuance d’une femme aux abois qui part à la découverte d’elle-même dans l’Irlande des années 90. Un beau roman emprunt de mélancolie, dans une Irlande pluvieuse et rétrograde qui refuse qu’une jeune fille, âgée de quatorze ans à peine et enceinte à la suite d’un viol, puisse quitter le pays afin de se faire avorter. Beaucoup de finesses, de subtilités et de nuances dans ce roman mélancolique où il est plus facile de trouver une épaule réconfortante et une oreille compatissante auprès d’étrangers qu’auprès de ses proches. Un roman où l’incommunicabilité et l’incompréhension se payeront au prix fort…

Premier roman de l’écrivain Keith Ridgway, « Mauvaise pente » a d’emblée trouvé un écho des plus favorables auprès de la critique anglo-saxonne. Reconnu également par ses pairs, dont Colum McCann et Colm Toibin, ce premier roman a aussi obtenu le prix Femina 2001 du roman étranger.

Je terminerai ce billet en vous confiant que j’ai été également très sensible à son écriture. Je n’ai donc pas du tout été surprise d’apprendre que Keith Ridgway était initialement connu en tant que poète avant de passer à la fiction. Un premier roman qui donne envie d’aller plus loin dans la découverte de cet auteur !
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coline
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Jeu 30 Avr 2009 - 23:17

Ce commentaire me donne d'emblée envie de découvrir le roman...
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Ven 1 Mai 2009 - 10:39

Je pense que tu pourrais aimer Coline. Sache tout de même que l'ambiance est sombre et terriblement mélancolique, à l'image d'une Irlande triste et continuellement sous la pluie. Il n'en demeure pas moins que c'est un beau roman avec une petite lumière particulière qui se dégage malgré tout de cette gravité. Car il s'agit d'une femme qui part à la rencontre d'elle-même et qui essaye de retrouver une certaine liberté, même si le prix payé n'est pas des plus faibles. Je l'ai pour ma part lu au compte-gouttes, sans doute pour me préserver quelque peu et garder une certaine distance...
Je trouve également que le titre original était plus approprié que sa traduction : The Long Falling.
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coline
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Ven 1 Mai 2009 - 23:51

sentinelle a écrit:
Je pense que tu pourrais aimer Coline. Sache tout de même que l'ambiance est sombre et terriblement mélancolique, à l'image d'une Irlande triste et continuellement sous la pluie. Il n'en demeure pas moins que c'est un beau roman avec une petite lumière particulière qui se dégage malgré tout de cette gravité. Car il s'agit d'une femme qui part à la rencontre d'elle-même et qui essaye de retrouver une certaine liberté, même si le prix payé n'est pas des plus faibles. Je l'ai pour ma part lu au compte-gouttes, sans doute pour me préserver quelque peu et garder une certaine distance...
Je trouve également que le titre original était plus approprié que sa traduction : The Long Falling.

Plus tu en parles et plus j'ai envie de le lire... content
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Sam 2 Mai 2009 - 9:32

Ah Coline, je regrette de l'avoir emprunté à la bibliothèque car je l'aurai bien volontiers cerclé !
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coline
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Sam 2 Mai 2009 - 10:13

sentinelle a écrit:
Ah Coline, je regrette de l'avoir emprunté à la bibliothèque car je l'aurai bien volontiers cerclé !

Cela ne fait rien Senti...Tu sais que j'aime avoir mes livres à moi pour écrire dedans, souligner, surligner...Une maladie!... content
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Ven 7 Aoû 2009 - 16:06


Si j'ai beaucoup aimé Mauvaise pente, je suis nettement moins enthousiaste concernant son roman Puzzle : beaucoup de noirceur, tant et si bien que tout cela finit par étouffer le récit et le lecteur avec.

Citation :
« Keith Ridgway sait bien que le sans-surprise n’a jamais rendu une œuvre passionnante. D’où ce roman irlandais à plusieurs tiroirs, porté par une ambition qui semblait avoir déserté la littérature d’aujourd'hui : drôle, gorgé de beauté, de tendresse, de rage, de folie, de révolte – avec cela superbement écrit. Soulevé par le beau désir de raconter, tout d’âpreté et de nostalgie, déchiré par les choix cruels sur lesquels ne cesse d’achopper la mémoire, Puzzle captive ses lecteurs jusqu’à les empêcher de respirer… » COLUM MC CANN
J'ai manqué d'air mais visiblement pas pour les mêmes raisons que Colum McCann jemetate
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kathel
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Ven 7 Aoû 2009 - 16:20

sentinelle a écrit:

Si j'ai beaucoup aimé Mauvaise pente, je suis nettement moins enthousiaste concernant son roman Puzzle : beaucoup de noirceur, tant et si bien que tout cela finit par étouffer le récit et le lecteur avec.

Je me passerai donc de celui-ci... Pourtant Mauvaise pente m'avait emballée !
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Marko
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Sam 30 Avr 2011 - 14:23

Le cinéaste de "Séraphine", Martin Provost, vient d'adapter à sa façon "Mauvaise Pente" qui sort mercredi en salle sous le nom de "Où va la nuit"





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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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zazy
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Mar 16 Aoû 2011 - 22:40

J'ai terminer, à regret, mauvaise pente

Pour Grace la mauvaise pente a commencé par son mariage contracté en opposition à son père. La vie ne lui a rien épargné, elle a tout enduré, tout endossé jusqu’à l’explosion fatale. Elle pensait se défaire de son ivrogne de mari en le tuant et c’est le contraire qui est arrivé.

Dans un Dublin pluvieux et froid, nous assistons au face à face souvent laborieux, sans parole entre la mère et le fils. Grace, toute engluée dans sa culpabilité car, enfin, elle a tué ! ne peut parler à ce fils tendrement aimé, chassé de la maison par son père, empêtré dans une jalousie malsaine. Ils se frôlent, mais ne peuvent se toucher, se retrouver. Sean, un ami de Martin, jouera un rôle important car Grace lui racontera le meurtre et, incapable de se taire, il transmettra ce lourd secret à Martin. Alors là, se passe une chose inouïe : il ne peut accepter le meurtre de son père, lui qui l’a tant haï, et sa haine se retournera contre sa mère. Il ira jusqu’au bout de cette « folie » en avertissant la police.

Le seul moment de douceur de ce livre est l’arrivée de Grace dans une pension de famille où elle va poser sa valise et essayer de se retrouver. L’imposante Mrs Talbot saura lui donner un peu d’humanité et son amitié.


Grace, tout comme X, jeune fille de 14 ans violée à qui la justice refuse le droit de se faire avorter, sont les victimes et, en même temps, le symbole d’une Irlande qui essaie de se libérer du joug de la religion.

C’est un très beau roman aussi lourd que les manteaux mouillés par la pluie de Dublin, très prenant que l’on ne peut lâcher. Cette atmosphère pesante ira jusqu’à la double chute de Grace.

Un très beau prix Femina étranger. Par sa profondeur, je le déclare coup de cœur

Quelques phrases :

Imaginer que tomber de très haut est une progression. Une chose qui en vaut la peine.


Je l'ai fait parce que je voulais me libérer de lui, et maintenant je suis liée à lui plus indissolublement que je ne l'avais jamais été.
Elle avait tué, elle avait fait cela, elle avait accroché ce mot autour de son cou et il l'entraînait inexorablement vers le bas
Les statistiques. Ca vous fait penser à des choses qu'on n'imaginerait jamais autrement.

Un morceau de ciel d’un bleu immaculé qui s’étendait depuis les toits jusqu’au sommet de la fenêtre, comme si on avait mis la mer à sécher.
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Ven 4 Nov 2011 - 17:34

Mauvaise Pente

Keith Ridgway

Voilà une belle histoire de femme, celle de Grace Quinn engluée dans sa vie, dans son mariage, dans son village paumé au fin fond de l'Irlande rurale. Une femme qui fait bien des deuils, celui de sa famille qui n'a jamais vraiment approuvé ce mariage, celui de son pays l'Angleterre, puisqu'elle a épousé un irlandais et est partie vivre avec lui dans l'île qui ne l'a jamais acceptée et ensuite ceux de ses deux enfants, l'un mort en bas âge et l'autre fichu à la porte après avoir révélé son homosexualité à son ivrogne de père. Avant d'essayer de faire le deuil de son mari, elle aura aussi fait le deuil de son honneur puisque par la faute de ce dernier elle était apparue coupable de la mort de son fils aux yeux de tous.

Grace tente de renouer avec la vie en partant à Dublin chez son fils Martin, mais tout n'est pas si simple, le remord lui agrippe le dos et s'accroche, elle ne retrouve plus la complicité d'antan avec ce fils qui ne veut plus qu'une chose, oublier sa famille, ce père odieux et cette vie rurale étouffante. Mais la présence de sa mère le ramène à tout celà jusqu'à ce qu'il découvre la vérité sur la mort 'accidentelle' du père.

Un bon roman qui traduit à merveille l'ambiance irlandaise, celle de la campagne, comme celle de la ville. Une Irlande humide, grise et froide, où l'on rencontre ses amis au pub pour se saouler un peu (ou beaucoup). Une Irlande toujours coincée entre la modernité et une tradition catholique d'un autre âge. Grace est un très beau personnage féminin qui porte bien son nom et poursuit cette longue chute avec dignité, sans se plaindre, en reportant toute sa tendresse sur ce fils qu'elle protège de son mieux en y apportant une attention de tous les instants, jusqu'à la fin.

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zazy
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Ven 4 Nov 2011 - 18:01

Domreader, nous sommes d'accord
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darkanny
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MessageSujet: Re: Keith Ridgway   Ven 4 Nov 2011 - 18:04

Je l'avais déjà noté mais je le re-note.


Dernière édition par darkanny le Ven 4 Nov 2011 - 18:16, édité 1 fois
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