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 Nathaniel Hawthorne

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MessageSujet: Nathaniel Hawthorne   Lun 6 Avr 2009 - 18:47



Nathaniel Hawthorne, né en 1804 à Salem et décédé en 1864 à Plymouth, est le père fondateur de la littérature nord-américaine. C’est effectivement à la publication de « La lettre écarlate » que l’Amérique assiste à la naissance d’une nouvelle forme de littérature, qui n’est plus une simple excroissance coloniale de la littérature anglaise mais une littérature nord-américaine distincte, puisant sa source et son inspiration dans sa propre histoire.



La publication du recueil « Contes et récits », qui précède la publication de son illustre roman « La lettre écarlate », marque le début de cette mutation. Nathaniel Hawthorne puise effectivement son inspiration dans l'histoire de la Nouvelle-Angleterre en remontant deux siècles plus tôt, à savoir l’époque des premiers puritains installés à Salem, qui ont fuit l’Angleterre dans laquelle ils n’étaient plus les bienvenus pour devenir ce qu’ils ignorent encore, à savoir les pères fondateurs d’une future nation indépendante.

Revenir aux origines de l’Amérique, c’était également revenir aux sources de sa propre histoire puisque Nathaniel Hawthorne comptait, parmi les premiers pèlerins et leur descendance directe, deux ancêtres illustres qui participèrent activement - en tant que pasteur puritain et juge - aux guerres punitives indiennes et au jugement lors du procès des “sorcières” de Salem. Nathaniel Hawthorne n’oublie pas qu’il est aussi le fils de cette Amérique là : une Amérique qui, pour parvenir à son indépendance, n’a pas hésité à faire preuve de bravoure et de courage, mais aussi de violence et d’oppression, à l’image des puritains de l’époque qui firent preuve d’intolérance et d’extrémisme.

Est-ce pour expier la faute de ses ancêtres que Nathaniel Hawthorne, hanté par la culpabilité et la dépravation héréditaire de l’âme, revient sur les différentes étapes qui jalonneront la naissance de ce nouveau monde sans en omettre les épisodes les moins glorieux ? Qu’importe les raisons initiales, il n’en reste pas moins que ces récits sont de véritables petits bijoux d’intelligence, de finesse et de justesse : Nathaniel Hawthorne revient sur les premiers balbutiements d’une nation sous forme de contes, de paraboles et d'allégories morales en n’omettant aucun épisode cruciaux de l’histoire de la Nouvelle-Angleterre, que ce soit la vie rude des premiers pèlerins à l’intransigeance des puritains en passant par les guerres d’indépendances, les attaques punitives contre les indiens, la persécution des Quakers ou la chasse aux sorcières.

L’édition de ce recueil a eu la très bonne idée de présenter ces contes dans l’ordre chronologique de l’histoire de la Nouvelle-Angleterre qu’ils déploient, afin d’assurer une totale cohérence dans l’enchainement des récits. Je vous conseille d’ailleurs vivement cette édition, car non seulement l’excellente préface de Pierre-Yves Pétillon, portant sur la biographie de Nathaniel Hawthorne et les débuts de la littérature nord-américaine, est des plus intéressantes mais la postface en fin du recueil ne l’est pas moins ! Nous y trouvons plusieurs pages explicatives du contexte historique de l’époque des récits, qui complètent parfaitement les écrits de Nathaniel Hawthorne dans la mesure où elles apportent une compréhension et un éclairage supplémentaires des plus bienvenus.

Ces contes faisant référence à l’histoire de la Nouvelle-Angleterre ne constituent pas la totalité des contes et récits : nous y retrouvons d’autres contes imaginaires très riches en fantaisies et analyses psychologiques, sans oublier deux récits autobiographiques qui n’ont rien à envier aux contes imaginaires du recueil.

Et pour la petite histoire, c'est l'auteur Rick Moody, qui a fait l'objet d'une lecture commune éprouvante, qui m'a menée vers Nathaniel Hawthorne : tout le récit de Rick Moody, dans son récit "Le voile noir", s’articule effectivement autour d'un des contes que comprend le recueil de Nathaniel Hawthorne, à savoir « Le voile noir du pasteur ». Ce conte relate l’histoire d’un pasteur qui, du jour au lendemain, couvrit son visage d’un voile noir jusqu’au jour de son trépas, et ce afin d’expier ses fautes passées. L’analyse du poids de cette culpabilité morbide mais aussi les réactions d’effroi et de peur de la communauté à la vue de ce voile noir font de ce conte une petite merveille que je vous encourage vivement de découvrir à votre tour. Il se trouve que l’homme qui inspira ce conte à Nathaniel Hawthorne n’était autre que Joseph Moody, que Rick Moody pense être son ancêtre suite aux confidences de son grand-père paternel. Je me suis déjà longuement attardée sur les difficultés que j’ai éprouvées à la lecture du récit de Rick Moody, mais je ne saurais jamais trop le remercier d’avoir attisé ma curiosité quant à cet excellent auteur qu’est Nathaniel Hawthorne ! « Le voile noir du pasteur » faisant partie d’un recueil intitulé tout simplement « Contes et récits », c’est tout naturellement vers celui-ci que mon choix s’est porté pour aller à sa rencontre.
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Lun 6 Avr 2009 - 21:31

Merci Sentinelle de cette très complète et intéressante présentation.

Ton anecdote le souligne la lecture d'un livre amène parfois à la connaissance d'un auteur.

(je note aussi les livres ou auteurs cités dans un bouquin)

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Harelde
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Ven 15 Oct 2010 - 16:38

La Lettre écarlate

Nous sommes au XVIIe siècle sur la côte Est des Etats-Unis qui ne sont encore qu'une colonie britannique. En partie du moins, car à cette époque, les français sont encore bien implantés et le drapeau tricolore flotte sur de nombreux territoires du nouveau monde.
La ville de Salem se situe à quelques encablures au Nord de Boston. C'est la patrie de Hawthorne et le théâtre dramatique d'une affaire de sorcellerie (et/ou de règlements de compte) qui s'achèvera en 1692 par le célèbre procès des sorcières de Salem. De nombreuses prétendues sorcières (25, je crois) seront pendues haut et court. L'action de ce livre est antérieure à ce fait historique. Antérieur de quelques décennies : l'action se déroulant aux environs de 1650.
Le livre s'ouvre sur une femme, Hester Prynne, condamnée pour adultère. Nous ne savons rien de cet adultère qui est consommé et a donné naissance à une petite fille âgée de 3 mois. Le procès a eu lieu et Hester sort de prison pour monter au pilori. Là, elle reçoit la lettre écarlate qu'elle devra porter cousue sur sa poitrine sa vie durant. Témoignage de sa faute, témoignage de sa honte. L'homme n'est pas identifié et malgré les exhortations du pasteur, elle se tait. Par fierté, par dédain ou pour protéger son compagnon... Et nous suivons Hester et son enfant qui tentent de vivre (survivre) parmi leurs concitoyens.
Sentiment mitigé. Je me suis assez souvent ennuyé. Hawthorne est très narratif, trop sans doute à mon goût et se contente d'observer en nous décrivant les scènes se déroulant sous ses yeux. Peu d'action, peu de dialogue qui auraient dynamisé un ensemble au rythme un peu lent. Certes, cette lenteur rend sans doute compte de la douleur éprouvée par Hester qui ne maitrise plus sa vie et qui s'est résignée à subir son sort. Sans se défendre, sans se plaindre et sans accuser le père de lâcheté ou la société d'intolérance, d'injustice voir de cruauté. Société prompte à fustiger l'une de ses semblables pour mieux ignorer le ver qui grignote la pomme de plus belle.

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bix229
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Ven 15 Oct 2010 - 17:46

Hawthorne est un grand écrivain mais qui ne s' est jamais imposé en France. Peut etre parce que la
réalité qu' il décrit est typiquement l' Amérique, une certaine Amérique puritaine et peu aimable.
Peut etre l' allégorie qui caractérise ses fictions, est elle un genre qui déconcerte les lecteurs français.
Et puis, il y a constamment ce décalage entre lumière et obscurité... la présence de zones d' ombres, l' ambiguité, les explications un peu didactiques qui ralentissent la lecture...

Et surtout une sorte de fantastique du réel qu' on ne retrouve nulle part aussi bien que dans cette
nouvelle de Wakefield, l' hitoire d' un homme qui quitte sa maison un jour pour aller s' installer incognito
un peu plus loin, dans la meme rue, pas très loin. Et de là il observe sa femme. Vingt ans passent. Et un jour, il rentre chez lui, comme s' il venait tout juste de faire un court voyage.
Cette nouvelle, parfaite est une de ces histoires énigmatiques dont on n' épuise jamais le plaisir de lecture, tout en essayant de comprendre les motivations obscures de ce Wakefield.

Vila Matas, le romancier espagnol, avait épinglé cette nouvelle au meme titre que celle Melvile, Bartleby l' écrivain, dans son livre Batleby et compagnie, à la recherche de ces bizarres écrivains qui emplirent de leur assoudissant silence l' histioire de l' écriture.

Hawthorne est à coup sur un écrivain pour écrivains, admiré unanimement de son temps par Melville,
Poe et Henry James.

Voilà la grande vérité sur Hawthorne, il dit NON ! en coup de tonnerre et le diable lui-meme ne saurait lui faire dire oui.

MELVILLE

Il possède le style plus pur, le gout le plus fin, l' érudition la plus vaste, l' humour le plus délicat, le pathtique, le plus émouvant, l' imagination la plus éblouissante, l' ingéniosité la plus consommée.

POE

Baudelaire l' admirait, et Borges aussi, mais inutile de se sentir écrasé par ces témoignages...
A chaque lecteur de se sentir concerné ou non par cette lecture énigmatique et discrète.


Dernière édition par bix229 le Ven 15 Oct 2010 - 18:13, édité 1 fois
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darkanny
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Ven 15 Oct 2010 - 17:58

Et hop , je le note ce gentleman !
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Arabella
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Dim 17 Oct 2010 - 19:34

Tu fais bien de noter Darkanny.

Il faudrait que je relise La lettre écarlate pour pouvoir bien en parler, mais c'est un livre qui m'a vraiment marqué, la confrontation entre les 3 personnages principaux est hallucinante, la tension dépeinte d'une façon très forte. Il ne se passe pas grand chose en apparence, mais sous cette apparence, un véritable enfer, rendu par petites descriptions. Et bien sûr la peinture de la communauté.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Ven 19 Nov 2010 - 8:30

Harelde a écrit:
La Lettre écarlate

Nous sommes au XVIIe siècle sur la côte Est des Etats-Unis qui ne sont encore qu'une colonie britannique. En partie du moins, car à cette époque, les français sont encore bien implantés et le drapeau tricolore flotte sur de nombreux territoires du nouveau monde.
La ville de Salem se situe à quelques encablures au Nord de Boston. C'est la patrie de Hawthorne et le théâtre dramatique d'une affaire de sorcellerie (et/ou de règlements de compte) qui s'achèvera en 1692 par le célèbre procès des sorcières de Salem. De nombreuses prétendues sorcières (25, je crois) seront pendues haut et court. L'action de ce livre est antérieure à ce fait historique. Antérieur de quelques décennies : l'action se déroulant aux environs de 1650.
sujet traité aussi dans la sublime pièce de théâtre Les sorcières de Salem d'Arthur Miller: ici

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Harelde
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Ven 19 Nov 2010 - 9:17

kenavo a écrit:
Harelde a écrit:
La Lettre écarlate

Nous sommes au XVIIe siècle sur la côte Est des Etats-Unis qui ne sont encore qu'une colonie britannique. En partie du moins, car à cette époque, les français sont encore bien implantés et le drapeau tricolore flotte sur de nombreux territoires du nouveau monde.
La ville de Salem se situe à quelques encablures au Nord de Boston. C'est la patrie de Hawthorne et le théâtre dramatique d'une affaire de sorcellerie (et/ou de règlements de compte) qui s'achèvera en 1692 par le célèbre procès des sorcières de Salem. De nombreuses prétendues sorcières (25, je crois) seront pendues haut et court. L'action de ce livre est antérieure à ce fait historique. Antérieur de quelques décennies : l'action se déroulant aux environs de 1650.
sujet traité aussi dans la sublime pièce de théâtre Les sorcières de Salem d'Arthur Miller: ici
Le sujet des sorcières de Salem n'est pas vraiment le sujet de la Lettre écarlate. L'action de ce livre se déroule dans la même ville, mais avant. C'est le narrateur qui y fait référence, narrateur qui vit au XIXe si mes souvenirs sont bons et qui cite l'évènement pour nous aider à comprendre les moeurs, croyances et états d'esprit des habitants de la ville.

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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Ven 19 Nov 2010 - 10:08

Harelde a écrit:
Le sujet des sorcières de Salem n'est pas vraiment le sujet de la Lettre écarlate. L'action de ce livre se déroule dans la même ville, mais avant. C'est le narrateur qui y fait référence, narrateur qui vit au XIXe si mes souvenirs sont bons et qui cite l'évènement pour nous aider à comprendre les moeurs, croyances et états d'esprit des habitants de la ville.
oui, en effet.. je viens de voir pour La lettre écarlate (que je vais commander parce que Miller m'a donné envie de lire ce livre) et l'histoire est autre.. mais Salem a inspiré Hawthorne aussi bien que Miller pour écrire sur un mal de ce pays..

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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Ven 19 Nov 2010 - 21:24

J'espère pouvoir encore lire ce mois-ci La lettre écarlate, j'ai hâte de le commencer tant j'avais déjà bien aimé Contes et récits, plus ardu et sans nul doute moins accessible (les notes sont quasi indispensables pour comprendre certains contes) que le roman. J'espère en tout cas ne pas partager la déception d'Harelde et saisir par la même occasion l'opportunité d'être enfin en désaccord avec lui sourire
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Arabella
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Sam 20 Nov 2010 - 0:10

Oui, il faut que tu sois en désaccord avec Harelde. Comme ça, tu pourras être en accord avec moi danse...

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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Sam 20 Nov 2010 - 9:17

Je vois.... il faudra choisir mon camp rire
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Arabella
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Sam 20 Nov 2010 - 15:04

Oui mdr2

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Harelde
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Lun 22 Nov 2010 - 10:17

Mais c'est plus compliqué que ça, vu qu'Arabella et moi sommes tombés d'accord sur un point au cours de la LC Sofi Oksanen. jemetate

dentsblanches

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shanidar
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MessageSujet: Re: Nathaniel Hawthorne   Mer 24 Nov 2010 - 17:33

la lettre écarlate

j'ai eu un mal fou à me concentrer sur cette histoire, mon esprit n'arrêtait pas de prendre la clef des champs pour aller batifoler vers d'autres sujets, n'ayant la plupart du temps rien à voir avec l'Amérique du XVIIème siècle, ni les puritains, ni le péché, pas plus que le diable...

Harelde écrit s'être un peu ennuyé à la lecture de ce roman, il a regretté que l'auteur soit trop descriptif et pas assez narratif, je ne crois pas que cela soit ce qui m'a fait flâner mais tout de même quelque chose m'a manqué. Et si je réfléchis un peu, je me rends compte avec une certaine perplexité et un certain malaise, qu'au fond, ce qui m'a gêné dans ce roman c'est la bonté de l'auteur. Car on nous invite à une sombre histoire de péché, pleine d'horreur sacrée, de diablerie et de vices, alors qu'en réalité, Hawthorne nous propose une fine étude psychologique de personnages dont il s'abstient de juger les errements et dont même il se fait bien souvent le défenseur. Pas de vrais coupables, pas de vrais diables (même le personnage de Chillingworth n'est pas si effrayant que ça), pas de frissons miséricordieux, ni de rage, le manque de pugnacité, de hargne, de voracité m'ont donc laissé sur ma faim... La morale de l'histoire tenant en cette exhortation : "Soyez sincères" et à un appel vibrant à l'indulgence, convient peu à notre époque. Ce qui laisse songeur...

Cependant, ce roman est loin d'être inintéressant. Les personnages y sont ciselés avec beaucoup d'apprêts et la broderie de leurs âmes pleines de circonvolutions est fort bien exécutée. Le personnage d'Hester annonce la femme nouvelle, l'Eve future, la forte, la droite, l'indomptable, l'imperturbable femme à venir, celle qui prend son sort entre ses mains, qui accepte le châtiment et qui en sortira grandie. Dimmesdale, le pasteur, serait plutôt l'archétype du chétif, du faiblard, du sensible, celui qui se laisse guider et attend des autres le salut par la mort. De cette belle opposition surgit la petite Pearl, qui n'est autre qu'un lutin, un enfant-sorcière, une bien étrange créature, sauvage, rebelle, dont chaque présence dans le roman est un sursaut de l'âme, un plaisir, une plaisanterie, un soufflet, une attente. La description de cette petite fille est à elle seule une des réussites majeurs de ce roman qui évacue très rapidement l'histoire et s'intéresse passionément à l'âme des protagonistes.
L'intérêt du roman tient également au fait que les pécheurs ne sont pas stigmatisés, que la société puritaine est jugée pour ce qu'elle est : austère, hautaine, injuste, et qu'il offre une image nette de ce que furent les débuts de la civilisation américaine. Surtout en mettant l'accent sur le manque de gaité de ces colonies dont le Nouveau Continent tirera sa force, Hawthorne nous rappelle à quel point l'Amérique bien-pensante est issue de ces fervents colons tristes, hâves et sans saveurs...

Une agréable lecture, avec de très beaux personnages mais le manque de méchanceté, d'impudeur, de violence, d'imprécation de l'auteur (totalement justifié puisqu'il s'agit de 'puritains') m'a tout de même frustrée... Trop de bons sentiments et pas assez de sang et de larmes. Arghhh....

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