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 Philippe Le Guillou

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Chatperlipopette
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MessageSujet: Philippe Le Guillou   Mar 7 Avr 2009 - 13:52



Source Wikipédia:

Philippe Le Guillou (né en 1959 au Faou) est un écrivain français. Ses romans sont marqués par les légendes celtiques et le christianisme, dans un style rappelant Julien Gracq. Il a reçu le Prix Médicis en 1997 pour Les Sept Noms du peintre et le Prix Méditerranée en 1990 pour La Rumeur du soleil.
Philippe Le Guillou devient professeur de lettres modernes en 1981 à Brest. Il passe l'agrégation en 1985 et enseigne ensuite à Rennes (notamment dans les classes préparatoires du lycée Chateaubriand). Il devient en 1995 inspecteur de lettres puis, en 2002, inspecteur général de l'Éducation nationale. Il est président du jury de l'agrégation externe de lettres modernes depuis 2006.
(NB de Chappy: il a le look de l'inspecteur!!!! Mais il écrit bien donc je lui pardonne Wink )
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Philippe Le Guillou   Mar 7 Avr 2009 - 13:56

Fleurs de tempête


Hélène, jeune femme de 41 ans, a été emportée par un cancer. Une immense amitié liait l'auteur à cette dernière, commencée autour d'un verre sur la terrasse d'un bar très connu de Rennes (le Picadilly), devenue chaque jour un peu plus profonde pour se développer en une relation indéfectible où respect, admiration et érudition se mêlent et s'enchevêtrent.
La première partie du récit est celle de la rencontre, de la naissance de leur amitié, de leur passion intellectuelle commune pour un auteur (elle Proust, lui Gracq), les racines brestoises, les sorties, les soirées à refaire le monde et à disserter sur la littérature, les lectures, les films, les musiques. C'est le temps des études, d'un rêve qui se réalise à Venise, en robe du soir, la vie mordue à pleines dents, la certitude d'exister, de sentir les parfums les plus subtils d'une vie qui sans cesse s'échappe devant soi. Les rues de Venise mènent aussi aux rues de Paris, celles que l'on ne peut apprécier et découvrir vraiment qu'à pieds, piéton de l'histoire, piéton de la mémoire, piéton du cours du temps. Hélène, jeune femme entière, sans concession, passionnément fidèle, insubmersible amie, indéfectible petite branche d'un solide rameau familial, Hélène qui vaillamment apportera le savoir (son savoir, les savoirs) à ses élèves, leur offrant les plus belles pages de la littérature française sans les faire sombrer dans le mortel ennui des cours.
La seconde partie est la plus sombre car sur elle pèse la maladie, la souffrance et la douleur d'être un jour séparé de ceux que l'on aime. Hélène a rencontré un marin et est retournée sur Brest pour vivre avec lui et construire une vie à deux. Tout est splendide face à la rade ou du pont de Recouvrance d'autant qu'un cadeau du ciel est annoncé pour novembre....l'enfant tant espéré. Pourquoi la tragédie s'abat-elle sur le bonheur à peine entamé? Hélène connaît peu à peu l'enfer de la chimio, l'horreur de la perte des cheveux, ses cheveux masse magnifique souple, quasi vivante, puis l'angoisse de la perte d'une partie de sa féminité. Le narrateur conte les jours heureux, les jours où Hélène ne souffre pas, où elle se lance dans des projets, où elle pense pouvoir reprendre le chemin du lycée. La gaieté et le sourire d'Hélène sont autant de poignards dans le coeur de ceux qui resteront.
Philippe Le Guillou emmène dans son sillage un lecteur touché, bouleversé par la subtilité poétique du récit d'un départ annoncé: très vite, il sait que l'histoire ne s'achève pas bien, que l'histoire est douloureuse et profondément triste. La maladie, terrible, insaisissable et désespérement présente, n'est pas déclinée à la manière sirupeuse d'un récit voyeuriste. Loin de là se situe le récit du narrateur: la poésie est à fleur de mot et de page, elle virevolte, beauté radieuse d'une langue travaillée de la manière la plus exquise, ciselée et ornée sans lourdeur, et transcende la douleur des faits. Ecrire sur une longue et lente maladie incurable n'est pas un exercice facile et Philippe Le Guillou offre non seulement la plus belle des déclarations d'amitié à l'amie qu'il n'a plus mais encore il écrit une très belle page de littérature où la langue est aimée, choyée, dansante, chantante, lancinante de beauté et devient un chant dont l'auteur aimerait "qu'il n'eut pas la froideur mallarméenne". D'ailleurs, son récit est un ultime cadeau pour celle qui ne pouvait être allongée que dans "un lit de lumière, une nef enchantée qui l'emmène loin, dans la tradition ophélienne des dérives celtiques.". Ce chant est tout sauf d'un froid mallarméen, il est une ode aux mythes celtiques, chers à Hélène mais aussi chers à l'auteur: les promenades dans les légendes de la forêt de Brocéliande, les balades étranges sur les landes mystérieuses d'une côte déchiquetée et sauvage, accompagnent le dernier voyage d'une jeune femme et d'une jeune mère partie trop tôt.
"Fleurs de tempête" est un roman, certes poignant, d'une subtile poésie qui évite au récit de sombrer dans le pathos et surtout qui offre la part belle à une exquise langue française dont on ne se lasse pas!...Et Philippe Le Guillou, un auteur qui mérite plus qu'un détour!

Biblio a lu d'autres romans de cet auteur. Quant à moi, je l'ai découvert grâce à la sélection du Prix des Lecteurs du Télégramme, sélection très très intéressante cette année!
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kenavo
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MessageSujet: Re: Philippe Le Guillou   Mar 7 Avr 2009 - 14:02

Merci pour ce fil, j'en ai parlé déjà de lui - mais sur le fil Julien Gracq, et voilà aussi le livre que j'ai lu de lui:


Les déjeuners des bords de Loire
Citation :
Présentation de l'éditeur
Julien Gracq est sans conteste au nombre des écrivains que j'admire le plus. Je l'ai découvert au lycée en 1976. Je l'ai lu ensuite et l'admiration s'est installée, inentamable. Je lui ai écrit plus tard et j'ai écrit sur son travail. Ma première visite à Saint-Florent-le-Vieil, sur les bords de la Loire, remonte à février 1992. D'autres l'ont suivie, régulières, ferventes. Un jour - c'était en février 1998 - j'ai éprouvé le besoin de raconter le cours d'une de ces journées désamarrées du flux ordinaire des jours. Comme cela, sans désir d'effraction, loin du prosaïsme du reportage, simplement pour rendre témoignage. C'est le sens de ce récit qui narre quelques heures entre deux trains, au bord du fleuve, un jour d'hiver glacial et lumineux, en compagnie du dernier des très grands, quelques heures magnifiques et aimantées qui restent pour moi comme une leçon de littérature et de vie

très belle écriture, mais je dirais quand même qu'il faut s'intéresser plus à Julien Gracq qu'à cet auteur pour trouver tous le plaisir de la lecture de ce livre Wink

(il vient d'ailleurs aussi de sortir un autre livre sur Gracq, j'ai mis l'annonce sur le fil de celui-ci ici)

_________________
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c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Philippe Le Guillou   Lun 11 Mar 2013 - 19:50

Afin d'être raccord avec l'actualité sur l'ouverture du conclave pour la succession de Benoit XVI, je vous propose


Le Dieu noir
Chronique romanesque du pontificat de Miltiade II, pape du XXIe siècle

4ème de couverture
Citation :
Au début du vingt et unième siècle, afin de calmer le Tiers monde qui les menace, Russes et Américains s'entendent pour installer sur le trône de saint Pierre Léopold Hédor Dagotta, primat du Zaïre. Le premier pape noir de la Chrétienté prend le nom d'un lointain prédécesseur des Catacombes, Miltiade. Dans un monde déchiré par les guerres, où certains cardinaux de pays pauvres veulent créer leur propre Église, Miltiade II se voudra, en dépit des attentats, des manipulations politiques et des heurts des deux cultures qu'il revendique, l'artisan d'une foi impossible.Chronique d'un pontificat imaginaire, Le dieu noir veut décrire «la barbarie de demain».

Lecture ancienne (plus de 10 ans bien pesés ...) mais qui était agréable dans mon souvenir

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Shay
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MessageSujet: Re: Philippe Le Guillou   Sam 23 Aoû 2014 - 5:32

Je viens de finir "Le Pont des anges" et de découvrir en même temps que je lis ce fil que c'est en fait la suite du "Dieu noir".

4eme de couverture:
Citation :
Rome, dans la seconde moitié du XXIe siècle : le pontificat du premier pape africain, Miltiade, s'achève dans le sang et les attentats. Les sanctuaires flambent, l'Église universelle est déchirée et secouée de toutes parts. Julius, un dramaturge immobilisé par la maladie, reçoit, après avoir publié une lettre virulente à la suite de la mort du pape, la visite d'un cardinal bénédictin venu d'Irlande qui, quelques jours plus tard, accède, contre toute attente, à la succession de Miltiade sous le nom de Clément XV. Un peintre, Simon Viarmes, amateur des quais du Tibre et des sujets religieux, rôde aussi par là. Un compagnonnage singulier va se nouer très vite entre les trois hommes et, sur fond de coulisses et de splendeurs vaticanes, le pape irlandais, le dramaturge couché et le peintre, lointain héritier du Caravage, seront les véritables piliers du Pont des anges. Rien ne nous est caché des manœuvres du conclave, des mystères du gouvernement de l'Église, des rituels du Vatican, du huis clos romain en résonance constante avec le monde. Clément XV se distingue en apparence de Miltiade, le dieu noir qui avait renoué avec une certaine tradition et les fastes de la liturgie, et l'image s'impose peu à peu d'un homme attachant, complexe, incarné et mystique, hanté par son origine et l'exigence de sa mission, étonnamment moderne et novateur, que l'on suit, de l'élection aux grands voyages, au gré de ses rencontres, de ses méditations, de ses déplacements dans Rome, ses églises et ses cryptes, et sur les routes de la terre.


L’humanité qui se dégage de se livre m'a particulièrement touchée.
Humanité de ce pape qui ne comprend pas bien s'il aurait vraiment du être choisi, humanité de ce dramaturge ronge par la maladie et qui s'essouffle petit a petit.
Et puis bizarrement j'ai été marquée par cet homme, qui doit faire face a la solitude permanente tout en menant la multitude sur le droit chemin. J'ai beaucoup réfléchi aux derniers conclaves, aux derniers papes que l’église catholique a eu a sa tête, et j'ai l'impression de voir cela maintenant d'un autre œil.
Passionnant, il faudrait maintenant que je lise le "premier tome" je suppose..

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