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 Georges Bernanos

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HamsterKiller
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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeMar 15 Avr 2014 - 21:29

Shocked 

Je ne sais quelle mouchette t'as piqué mais ça a le mérite d'être très clair.

Dans la première partie je n'ai pas trouvé ce ton condescendant que tu évoques. Je vais reprendre ma lecture là.

Vas tu finir (as tu finis) de lire le roman ?
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colimasson
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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeVen 18 Avr 2014 - 14:22

Oui, j'ai fini ma lecture. En même temps, j'ai repris le Journal d'un curé de campagne que j'avais lu il y a quelques mois et qui m'avait fait une meilleure impression. Finalement, je trouve que les deux romans sont très ressemblants.
Ma critique semble peut-être sévère mais Georges Bernanos a du potentiel qu'il tourne malheureusement trop souvent en fanfaronnades misérables.

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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeVen 9 Mai 2014 - 20:32

Journal d'un curé de campagne (1936)


Georges Bernanos - Page 2 Jounal10

Le siècle dernier semblait encore propice à l’expression d’une individualité prise au piège d’une solitude nourrie par la différence. Le vécu catholique, en proie à une désagrégation subtile, persistait encore courageusement et trouvait un écho plus direct chez ses lecteurs contemporains que ce ne serait le cas aujourd’hui. Quel ressort dramatique utiliserait-on à présent pour encadrer les illuminations mystiques d’un homme d’abord isolé à cause des autres, avant de choisir cette solitude comme vocation ? Dans la profession de foi de ce curé de campagne, le raccourci entre l’abandon et l’exaltation spirituelle se satisfait d’idées préconçues. Georges Bernanos peut déployer la panoplie des sentiments contrastés de son personnage avec une souplesse presque géniale, si elle n’était contrainte de fait à s’embarrasser de tous les lieux communs cristallisés autour de la vocation ecclésiastique.


Georges Bernanos s’éloigne tranquillement d’une forme de narration classique en nous soumettant le journal de son curé de campagne et si les événements nous paraissent ainsi plus troubles, assumant une part d’illogisme que les ellipses mystérieuses abandonneront à notre imagination, ils n’échappent cependant pas à l’obligation de la cohérence sur la durée des journées décrites par le curé. Une fois remplies les inévitables contraintes formelles permettant de caractériser le personnage par opposition à ses congénères humains, que ceux-ci soient ecclésiastes ou mortels campagnards, une fois toute la fanfaronnade des particularités individuelles brandies comme composantes uniques d’une personnalité, reste la force d’évocation d’intuitions spirituelles qui nous prouvent que Georges Bernanos n’écrit pas sous la forme d’hypothèses des emportements mystiques impossibles à contrefaire. Mais parce qu’il se croit rare et que ses sentiments lui apparaissent comme une aumône privilégiée, ou peut-être simplement parce qu’il ne sait pas comment parler de l’indéfini sans le rapporter à une expérience particulière, Georges Bernanos entrave son expansion mystique par une complaisance en soi et un mépris des autres qui nous prouve que son curé est effectivement humain –trop humain- tâtonnant sur un chemin d’élévation que Georges Bernanos semble lui-même chercher avidement.

On ne sait parfois si Bernanos ne veut pas seulement nous parler de bourgeoisie en passant par le prisme de la religion...

Citation :
« Après vingt siècles de christianisme, tonnerre de Dieu, il ne devrait plus y avoir de honte à être pauvre. Ou bien, vous l’avez trahi, votre Christ ! Je ne sors pas de là. Bon Dieu de bon Dieu ! Vous disposez de tout ce qu’il faut pour humilier le riche, le mettre au pas. Le riche a soif d’égards, et plus il est riche, plus il a soif. »


...ou encore :

Citation :
Leur idée, en somme, n’est pas bête. Naturellement, il s’agit toujours d’exterminer le pauvre –le pauvre est le témoin de Jésus-Christ, l’héritier du peuple juif, quoi !- mais au lieu de le réduire en bétail, ou de le tuer, ils ont imaginé d’en faire un petit rentier ou même –supposé que les choses aillent de mieux en mieux –un petit fonctionnaire. Rien de plus docile que ça, de plus régulier


Les perspectives s'étirent toutefois lorsque Bernanos évoque l'humanité selon la Communion des Saints :

Citation :
Si la prière était réellement ce qu’ils pensent, une sorte de bavardage, le dialogue d’un maniaque avec son ombre, ou moins encore –une vaine et superstitieuse requête en vue d’obtenir les biens de ce monde,- serait-il croyable que des milliers d’êtres y trouvassent jusqu’à leur dernier jour, je ne dis pas même tant de douceurs –ils se méfient des consolations sensibles- mais une dure, forte et plénière joie ! […] Etrange rêve, singulier opium, qui loin de replier l’individu sur lui-même, de l’isoler de ses semblables, le fait solidaire de tous, dans l’esprit de l’universelle charité !


Une acuité psychologique teintée de mélancolie : ce sont ces moments-là que j'ai préférés :

Citation :
Hélas ! j’avais cru traverser le monde presque sans le voir, ainsi qu’on marche les yeux baissés parmi la foule brillante, et parfois même je m’imaginais le mépriser. Mais c’était alors de moi que j’avais honte, et non pas de lui. J’étais comme un pauvre homme qui aime sans oser le dire, ni seulement s’avouer qu’il aime.


*peinture de Mark Brusse

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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeVen 9 Mai 2014 - 21:07

Hamsterkiller, où en es-tu ?

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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeVen 9 Mai 2014 - 23:01

Cela fait un quart d'heure que je suis arrêté à cette page et que je réflèchit si je veux/dois réagir ou pas (de peur d'être entièrement à coté ou seul dans mon ressenti). Ton commentaire, Coli, est linguistiquemment parlant splendide et tu argumentes de façon, que je n'arrive pas à voir le moment où je me dis: Stop, là tu te trompes (ce qui enlèverait en rien ton droit de le penser comme tu le ressens évidemment) ou bien: je ne suis, pas d'accord! Donc, une vingtaine d'années après ma lecture (et je me suis juré de la refaire) je ne peux pas réagir comme il faudrait. Mais je ne partage pas certains jugements sur l'attitude de Bernanos, les mots utilisé: fanfannorades, les idées préconcues, inévitables contraintes formelles.... Certes, aujourd'hui on peut se demander si ce langage passe encore, un peu pathétique certes (et est-ce que ce n'est pas vrai pour beaucoup d'oeuvres?). Pourtant cette oeuvre en soi a nourri indubitablement beaucoup de gens, croyants ou pas: je connais plusieurs personnes qui m'ont parlé de leur lecture de ce livre de Bernanos, un sommet pour eux et une illumination. Donc, il y a là à MON AVIS certainement des choses à découvrir. Mais cela demande un grand effort pour nous de mettre le roman dans le contexte historique et spirituel, et de voir le "révolutionnaire" derrière des mots apparemment chargés par notre interprétation dubitative, craignant trop d'être victime d'annonciateurs de foi etc.

Il est possible que ce roman vaut la peine d'être lu à différents âges de la vie! Quand on a quitté les/des certitudes des convictions d'une période de vie, on est tout content de "tâtonner" encore un peu en avant. Et de rester dans nos vraies faiblesses justements des humains. Non, ce n'est pas un chemin de grandeur.
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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeVen 9 Mai 2014 - 23:32

tom léo a écrit:


Il est possible que ce roman vaut la peine d'être lu à différents âges de la vie! Quand on a quitté les/des certitudes des convictions d'une période de vie, on est tout content de "tâtonner" encore un peu en avant. Et de rester dans nos vraies faiblesses justements des humains. Non, ce n'est pas un chemin de grandeur.
Merci pour ces mots . oui 
Le commentaire de Coli m'a interpellée aussi et a été le décllencheur d'une  volonté de relecture avec mon "presque demi-siècle" alors que j'étais encore toute jeune lors de ma première lecture .
A suivre , je vais me le procurer .

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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeLun 12 Mai 2014 - 21:58

tom léo a écrit:
Cela fait un quart d'heure que je suis arrêté à cette page et que je réflèchit si je veux/dois réagir ou pas (de peur d'être entièrement à coté ou seul dans mon ressenti). Ton commentaire, Coli, est linguistiquemment parlant splendide et tu argumentes de façon, que je n'arrive pas à voir le moment où je me dis: Stop, là tu te trompes (ce qui enlèverait en rien ton droit de le penser comme tu le ressens évidemment) ou bien: je ne suis, pas d'accord! Donc, une vingtaine d'années après ma lecture (et je me suis juré de la refaire) je ne peux pas réagir comme il faudrait. Mais je ne partage pas certains jugements sur l'attitude de Bernanos, les mots utilisé: fanfannorades, les idées préconcues, inévitables contraintes formelles.... Certes, aujourd'hui on peut se demander si ce langage passe encore, un peu pathétique certes (et est-ce que ce n'est pas vrai pour beaucoup d'oeuvres?). Pourtant cette oeuvre en soi a nourri indubitablement beaucoup de gens, croyants ou pas: je connais plusieurs personnes qui m'ont parlé de leur lecture de ce livre de Bernanos, un sommet pour eux et une illumination. Donc, il y a là à MON AVIS certainement des choses à découvrir. Mais cela demande un grand effort pour nous de mettre le roman dans le contexte historique et spirituel, et de voir le "révolutionnaire" derrière des mots apparemment chargés par notre interprétation dubitative, craignant trop d'être victime d'annonciateurs de foi etc.

Il est possible que ce roman vaut la peine d'être lu à différents âges de la vie! Quand on a quitté les/des certitudes des convictions d'une période de vie, on est tout content de "tâtonner" encore un peu en avant. Et de rester dans nos vraies faiblesses justements des humains. Non, ce n'est pas un chemin de grandeur.

Tu sais, ce n'est que mon avis et je ne veux surtout pas en faire une généralité. Je comprends parfaitement que ce livre ait pu être à l'origine d'une illumination chez certaines personnes et je ne cherche pas à discuter pour savoir s'ils ont eu raison ou non d'être touchés par ce livre plutôt que par un autre.

Celui-ci est arrivé au mauvais moment pour moi, non pas parce que j'étais mal disposée au moment de sa lecture mais parce que d'autres livres et d'autres auteurs sont passés par-là avant lui et on fait le travail progressif d'illumination à sa place.

Si je devais citer des livres qui m'ont éclairée, j'en citerais d'autres que celui-ci. Peut-être n'ai-je pas été persuadée par le Journal parce qu'il ne correspond pas aux illuminations que j'ai connues grâces aux livres et aux expériences qui l'ont précédée. C'est une loterie... ça semble aléatoire...

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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeLun 12 Mai 2014 - 23:57

colimasson a écrit:
Hamsterkiller, où en es-tu ?

Arf, j'ai laché cette lecture (sous le soleil de Satan) que je pressens un peu trop "marécageuse". (pas envie de lire ça là) J'y reviendrais plus tard quand ce sera le moment car je n'ai pas pu me forger un avis sur les quelques dizaines de pages que j'ai lu.

J'ai lu ton avis (sur le journal d'un curé de campagne) et la réaction de Tom Léo avec intéret.
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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeJeu 15 Mai 2014 - 21:05

D'accord, tu nous diras si tu comptes reprendre cette lecture... mais elle n'est pas si marécageuse que ça. Le titre crée surtout un effet d'annonce...

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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeMer 21 Mai 2014 - 18:40

Sous le Soleil de Satan (1926)


Georges Bernanos - Page 2 97822511

Sous le soleil de Satan et le Journal d’un curé de campagne se confondent sous l’insigne d’un même élan catholique qui anime Georges Bernanos dans les tréfonds de ses propres emportements spirituels. Les deux histoires se confondent en se construisant autour des interrogations spirituelles de personnages. Leurs controverses intérieures nous font comprendre que Bernanos se projette en envisageant des modes d’existence éloignés des conceptions traditionnelles. Le roman devient alors un lieu d’expérimentation et de conversation personnelle. Tant mieux si le dialogue de Georges Bernanos parvient ensuite à rejoindre celui que le lecteur tient avec ses propres contradictions. Les risques que cette connivence ne se produise pas sont faibles car le Soleil de Satan propage des controverses intérieures qui ne sont pas si hermétiques qu’elles ne le semblent de prime abord, une fois que l’on aura ôté aux occultismes de Georges Bernanos tous les mystères essentiellement littéraires qui se chargent d’éloigner le lecteur du sens premier du texte.


Comme dans le Journal d’un curé de campagne, il faudra s’accommoder des fantaisies narratives qui semblent relever davantage du plaisir investi par Georges Bernanos au moment de l’écriture que de la véritable nécessité intellectuelle. On retrouve souvent un manichéisme caricatural entre les personnages ecclésiastiques et les autres, qui ne nous fait aimer ni les premiers, ni les seconds, et l’ensemble des faits est rapporté avec une complaisance dans les images stéréotypées qui contredit l’aspiration sur-morale de Georges Bernanos.


« Certes, il a contemplé la mort aussi souvent que le plus vieux soldat ; un tel spectacle est familier. Faire un pas, étendre la main, clore des doigts la paupière, recouvrir la prunelle qui le guette, que rien ne défend plus, quoi de plus simple ? »


Et Georges Bernanos brandit fièrement, à plusieurs reprises, un personnage qu’il imagine exceptionnel parce qu’identique à lui dans ses quêtes spirituelles, semblant perdre ainsi de vue l’objectif initial de sa démarche. Satan ne cesse jamais d’agir. Chez Georges Bernanos, il prend la forme de la tentation esthétique et se perd dans une déferlante de stéréotypes qui voilent malheureusement quelques-unes de ses puissantes intuitions.


Citation :
« Il voyait. Il voyait de ses yeux de chair ce qui reste caché au plus pénétrant […] : une conscience humaine. Certes, notre propre nature nous est, partiellement, donnée ; nous nous connaissons sans doute un peu plus clairement qu’autrui, mais chacun doit descendre en soi-même et à mesure qu’il descend les ténèbres s’épaississent jusqu’au tuf obscur, au moi profond, où s’agitent les ombres des ancêtres, où mugit l’instinct, ainsi qu’une eau sous la terre. Et voilà… et voilà que ce misérable prêtre se trouvait soudain transporté au plus intime d’un autre être, sans doute à ce point même où porte le regard du juge. […]
Cette âme tout à coup découverte l’emplissait de respect et d’amour. C’était une âme simple et sans histoire, attentive, quotidienne, occupée de pauvres soucis. Mais une humilité souveraine, ainsi qu’une lumière céleste, le baignait de son reflet. »


« Son extérieur est d’un saint, et quelque chose en lui, pourtant, repousse, met sur la défensive… Il lui manque la joie… »


*peinture de Thomas Cole

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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeMer 29 Oct 2014 - 20:20

Sous le soleil de Satan

Ce livre, par son thème, avait tout pour me plaire, mais mon Dieu, que je peine ! scratch

Il me reste une centaine de pages que je vais tenter de balayer mais je trouve l'ensemble laborieux et personnellement, absolument pas "incandescent" comme il est dit ici ou là.
Je trouve même une sécheresse aux sentiments exprimés, comme un manque de souffle. L'auteur sait pourtant écrire.
Ses remarques sont pertinentes.

Dans la narration, il y a un truc qui cloche, une façon de sauter du coq à l'âne qui nuit à l'ensemble.

Allez, je jette un dernier coup d'oeil demain et hop ! je passe à autre chose.

Léon Bloy, dans le même registre (chrétien) transcende. Ici, tout est rugueux. honte
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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeMer 29 Oct 2014 - 20:24

Moi c'est l'inverse, je trouve une vraie grâce à Bernanos, alors que Bloy c'est limite insupportable, ou (désolée) ridicule à force de boursouflure. Comme quoi...

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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeJeu 30 Oct 2014 - 11:03

J'ai fini le livre et carrément balayé les 50 dernières pages, je n'en pouvais plus.

J'ai eu la sensation d'une description de l'exterieur de phénomènes éminemment intimes et cette façon d'aborder le mysticisme m'a laissée de marbre.
J'ajoute que j'ai trouvé l'ensemble dogmatique, abstrait, même s'il y a de beaux morceaux.

Je ne crois pourtant pas manquer de références théologiques. J'ai lu la Bible, comme tout le monde, je continue à la méditer dans mon coin et dans la solitude de mon coeur.
Mais dans ce récit, tout est crypté, il faut quasi deviner ce que le héros ressent, lui qui a "rencontré" Satan. Quant à l'épisode de l'enfant vaguement ressuscité (façon Lazare), je n'ai carrément rien capté. A part le ricanement sournois du "prince du monde"...

Pour une telle expérience, je préfère lire Saint Jean de la Croix, car ça au moins, c'est du vécu et ça parle à l'âme.

Bernanos parle à l'intellect.

Bloy est un rêveur d'un autre type. Enflammé, passionné, oui certes boursouflé parfois, mais j'ai vibré.

Là, rien.

Sensation amère donc, d'être passée à côté d'un chef d'oeuvre. Rolling Eyes

Car c'en est un.
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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeJeu 30 Oct 2014 - 17:03

tina a écrit:
Pour une telle expérience, je préfère lire Saint Jean de la Croix, car ça au moins, c'est du vécu et ça parle à l'âme.
Parlons-en, de Juan de La Cruz impatient content , Tina, une petite ouverture de fil ?
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MessageSujet: Re: Georges Bernanos   Georges Bernanos - Page 2 Icon_minitimeJeu 30 Oct 2014 - 20:33

Ah, ça n'est pas déjà fait ?
Je me souviens de cette lecture hautement spirituelle. Il savait de quoi il parlait celui-là. A lire toute sa vie...
Faudrait même des extraits.
Commentaires parfaitement inutiles. Chacun voit selon ce qu'il est.
Quand j'aurai 5 minutes...
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