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 Rudyard Kipling

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MessageSujet: Rudyard Kipling   Lun 4 Mai 2009 - 17:27


On connait Joseph Rudyard Kipling pour son célèbre Livre de la Jungle qui a connu du succès dès sa parution.
C’est aussi l’auteur de L'Homme qui voulait être Roi. Il est considéré comme un des plus grands auteurs de la littérature de jeunesse et s’est révélé novateur dans l’écriture de nombreuses nouvelles.
En 1907, il est le premier auteur de langue anglaise à recevoir le prix Nobel de littérature.
Lorsqu’il est enfant, il est hébergé dans une famille d’accueil anglaise pendant que ses parents restent en Inde (il est né à Bombay). C’est de cette période horrible à ses yeux qu’il dit tirer son goût pour les histoires :

« Si vous faites subir un interrogatoire à un enfant de sept ou huit ans sur ses activités de la journée (surtout lorsqu'il tombe de sommeil), il se contredira d'une façon tout à fait satisfaisante. Si chaque contradiction est épinglée comme mensonge et rapportée au petit déjeuner, la vie n'est pas facile. J'ai dû subir pas mal de brimades, mais il s'agissait là de torture délibérée, appliquée religieusement et scientifiquement. Par contre cela m'obligea à faire très attention aux mensonges que je dus bientôt concocter et je suppose qu'il s'agit d'une bonne base pour une carrière littéraire. »

J’ai pris ces informations sur divers sites, n’étant pas une grande connaisseuse de cet écrivain (Le Livre de la Jungle, bien sûr, mais j’avoue connaître mieux la version chantante avec le Il en faut peu pour être heureux de Baloo que la version littéraire…).
Je pense qu’il y aura assez d’esprits éclairés chez les Parfumés pour apporter des connaissances plus précises et aussi des points de vue, des coups de cœur…

PS : Merci Kenavo, pour la photo !!! enthousiaste


Dernière édition par pagesapages le Lun 4 Mai 2009 - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Lun 4 Mai 2009 - 17:39

Je viens de lire :
La plus belle histoire du monde, suivi de Par les ondes de Rudyard Kipling
Titres originaux : « The finest Story in the World » et « Wireless »
Traduit de l’anglais et préfacé par Thierry Gillyboeuf
Aux éditions Rivage poche
(je vous copie-colle ici ma chronique de blog)

Extrait : « Il m’était donné, à moi entre tous les hommes, la chance d’écrire le plus merveilleux récit du monde, rien de moins que l’histoire d’un galérien grec racontée par lui-même. »

Le narrateur de La plus belle histoire du monde est un écrivain qui rencontre un jeune homme du nom de Charlie Mears.
« Il habitait dans le nord de Londres et se rendait à la City tous les jours pour aller travailler dans une banque. […] Il faisait rimer “amour” et “toujours”, “lune” et “fortune”, pieusement convaincu qu’on ne les avait jamais fait rimer ensemble auparavant. »

Mais, fait extraordinaire et inexplicable, Charlie semble “inventer” les détails d’une vie passée à bord d’une galère. Sa précision est incroyable. Le narrateur réalise bientôt que Charlie Mears n’invente rien, mais qu’il se remémore.
Doutant des capacités du jeune homme à produire seul un écrit à la hauteur des faits qu’il rapporte, l’écrivain lui achète son idée « pour cinq livres ». C’est lui qui écrira La plus belle histoire du monde, celle d’une vie ancienne, puis d’une autre passée au temps des Vikings, une histoire vraie que nous pourrions tous raconter si nous étions capables de nous souvenir de nos anciennes incarnations.

« Les Parques qui veillent pourtant à refermer derrière nous les portes de nos vies successives avaient été, cette fois, négligentes, et Charlie pouvait voir, bien qu’il ne s’en rendît pas compte, là où aucun homme n’avait été autorisé à regarder en parfaite connaissance de cause depuis la nuit des temps. »


Le narrateur va donc utiliser Charlie à son insu, car « les commis de banque ne comprennent pas la métempsychose et une saine éducation commerciale n’inclut pas le grec ».
Les incursions de Charlie dans son passé ancestral prendront fin lorsqu’il tombera amoureux.
« Je comprenais désormais pourquoi les Seigneurs de la Vie et de la Mort refermaient si soigneusement les portes derrière nous. C’était afin de nous empêcher de nous rappeler nos premières amours. […] Charlie avait goûté à l’amour de la femme qui tue le souvenir, et la plus belle histoire du monde ne serait jamais écrite. »


Dans Par les ondes, le narrateur assiste à une expérience scientifique : l’émission d’ondes hertziennes et la transmission d’un message en morse, pratique toute récente à l’époque où s’écrit cette nouvelle, en 1901. Prenant appui sur l’atmosphère assez mystérieuse de cette tentative, Kipling l’utilise comme prétexte, comme métaphore de l’inspiration créatrice.
Monsieur Shaynor, l’apothicaire chez qui l’expérience se déroule, va sous les yeux du narrateur-observateur “réécrire” l’un des plus beaux poèmes de Keats, « La Vigile de Sainte-Agnès », prenant appui sur les couleurs, objets et noms qui l’entourent.

Kipling se penche sur les mystères de la mémoire et de la création. Il y introduit une légère dose d’ironie – il rapporte que des touristes anglaises furent électrocutées dans leur bain lors de la réédition d’une expérience de Marconi – et son style sait installer à merveille une atmosphère :

« Á l’intérieur, l’odeur de la cardamone et de l’éther chlorique le disputait à celles des pastilles et d’une bonne vingtaine de drogues, de parfums et de savons. Nos lumières électriques, posées au pied des vitrines devant les bocaux ventrus de Rosamund aux faux airs de tonneaux, projetaient à l’intérieur trois monstrueux griffonnages de rouge, de bleu et de vert qui se brisaient en lumières kaléidoscopiques sur les boutons à facettes des tiroirs de drogues, sur les flacons de parfum en verre taillé et sur les ampoules d’eau de Seltz. Elles empourpraient le carrelage blanc par taches somptueuses, ruisselaient le long des barres d’argent nickelé et donnaient aux panneaux d’acajou poli l’apparence d’un marbre au grain complexe – comme des plaques de porphyre ou de malachite. »

Franchement, il est pas magnifique ce paragraphe ??????

Posant des questions là où il ne trouve aucune réponse, Kipling tente une incursion à la lisière de l’étrange, réussissant à captiver le lecteur. Il montre toute l’étendue de son talent narratif avec ces deux nouvelles peu connues.

Quant aux morales de ces histoires, à nous de décider : dans La plus belle histoire du monde, que se passe-t-il ?
L’amour pour une femme éteint-il la création littéraire, ou est-il plus puissant que nos souvenirs ?
Et dans Par les ondes, les vers de Keats voguent-ils immuables dans l’espace, libres d’être captés par qui le veut, ou est-ce l’âme du poète qui perdure, éternellement, invisible et précieuse, dans l’air et les objets quotidiens qui nous entourent ..?
(je n'ai aucune réponse. C'est même ça qui est bien !) Very Happy
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kenavo
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Lun 4 Mai 2009 - 18:14

Merci pour ce fil Pages, auteur que je voulais découvrir depuis des années.. dés que je serais un peu plus disponible, je vais tenter Very Happy

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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Lun 4 Mai 2009 - 20:08

Oui, bonne idée, je pensais à Kipling depuis lontemps...

Ses nouvelles, qui se passent en Inde, sont délectables !
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Lun 4 Mai 2009 - 20:12

bix229 a écrit:
Ses nouvelles, qui se passent en Inde, sont délectables !
Il parait que ce sont des merveilles !
Des petits conseils de titres ? bounce
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bix229
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Lun 4 Mai 2009 - 20:23

En plus du roman L' homme qui voulait etre roi, la collection 10 / 18 avait
réédité tout Kipling, je crois :

Quelques recueils :

- Misère et douceur de l' Inde

- Au hasard de la vie

- Sous les cèdres de l' Himalaya

- La Cité de l' épouvantable nuit

- Simples contes des colines.
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Lun 4 Mai 2009 - 20:27

J'avais "repéré" Simples contes des collines, à cause du titre, qui donne tout de suite envie de se ruer dans un fauteuil large avec un plaid, des cookies, ses lunettes, enfin, uniquement le matériel indispensable pour s'immerger ! Very Happy
Merci bix229 ! enthousiaste
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Harelde
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Mar 22 Mar 2011 - 16:14

Je souhaite lire les prix Nobel de littérature.
C'est Mimi54 qui a lancé l'idée il y a quelques mois, et elle m'a beaucoup plu. Souhait encore renforcé par ma lecture (envoutante) de Gabriel Garcia Marquez. Je passe donc à l'acte et viens de découvrir Kipling que je ne connaissais pas.
sourire



Trois Troupiers

Recueil de sept courtes nouvelles mettant en scène trois soldats britanniques en poste dans les Indes de Sa Gracieuse Majesté : Mulvaney, Ortheris et Learoyd. Une très belle écriture très dépaysante, truffée de mots locaux empruntés à l’hindi et au sanscrit. Le narrateur, à qui les soldats donnent du « monsieur », est un civil et de rang plus élevé. Le quatrième "mousquetaire"...

Le deus ex machina : Mulvaney, Ortheris et le narrateur discutent devant un repas improvisé à l’occasion d’un bal. L’un d’eux raconte comment il a sauvé l’honneur d’un colonel en empêchant un capitaine peu scrupuleux de s’enfuir avec la fille de ce dernier.

L’histoire du soldat Learoyd : Où il est question d’un adorable petit chien (un fox-terrier) appartenant à madame la colonelle et que Learoyd est chargé de promener chaque soir. Une dame appartenant à la bourgeoisie anglaise tombe amoureuse de l’animal et corrompt les trois militaires pour se l’approprier. Les trois hommes ne pouvant se résigner à voler le chien, maquille un second animal.

La grande bordée de la classe : Mulvaney, après un congé en Angleterre et un mariage, a quitté l’armée. Pour sa femme, car il regrette son ancienne condition. Il travaille maintenant sur une voie ferrée et a une équipe de coulis sous ses ordres. Le narrateur lui rend visite et Mulvaney lui raconte le passage dans la région d’un régiment de « libérés » (des soldats rentrant en Angleterre et traditionnellement indisciplinés et surnommé la « classe ») sous l’autorité d’un très jeune officier courageux et prometteur.

Un solide chenapan : Les trois soldats et le narrateur sont de nouveau ensemble à discuter. Mulvaney raconte une expérience qu’il a eu voici 14 ans à courtiser la plus belle femme du contingent (mariée à un sergent) et font le spectre d’un caporal décédé hantait la demeure.

Avec la grand’garde : Une nuit de garde dans un fort des Indes britanniques. La chaleur est écrasante et pour se changer les idées, Mulvaney conte à ses amis (toujours la même bande) une bataille passée. Récit militaire qui m’a laissé de glace…

En fait de simple soldat… : L’extrême chaleur et l’oisiveté la plus totale de l’armée coloniale usent les nerfs des soldats. A tel point qu’une épidémie de dysenterie ou de choléra est perçue comme un évènement venant rompre la monotonie insupportable du quotidien. Dans ces conditions, un soldat victime de railleries craque et prend ses camarades pour cible.

Jack le Noir : Mulvaney raconte une nouvelle histoire. Le sergent O’Hara, des années auparavant, était détesté de tous. Les douze hommes partageant la chambrée de Mulvaney décidèrent de l’assassiner et montèrent un traitre complot devant conduire à la mort ledit sergent et de faire porter le chapeau à Mulvaney qu’ils ne portaient pas non plus dans leur cœur. Jack le noir, c'est l'as de pique : carte qui a fait office de courte-paille quand les douze conspirateurs ont eu à déterminer qui allait appuyer sur la gachette.
L’histoire vint aux oreilles de Mulvaney qui prit ses précautions pour faire échouer l’attentat et révéler les vrais coupables.

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Cassiopée
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MessageSujet: L'homme qui voulut être roi   Mer 5 Oct 2011 - 15:44



L'homme qui voulut être roi



Citation :

«Nous sommes deux toqués pas dangereux ….. »

Deux hommes … pas dangereux ? C’est à voir …. Jusqu’où peut-on aller pour le pouvoir ? Car il est bien là le but de ces deux hommes « être roi » calife à la place du calife ….
A quel prix ?

Citation :
« Or, partout où l’on se bat, un homme qui sait dresser des hommes peut toujours être roi. »

Difficile de parler de ce livre en retenant l’envie de raconter ce rêve fou qu’ont fait deux hommes : entrer au Kafiristan et en devenir les rois, prenant « à témoin » un journaliste devant lequel ils signent un contrat les obligeant à une certaine « retenue » tant que leur but n’est pas atteint.

Comment les hommes peuvent-ils se laisser manipuler ? Combien de hasards, de circonstances amèneront nos deux protagonistes à réussir ou pas leur dessein ?

L’écriture de Rudyard Kipling est celle d’un conteur. Il nous livre petit à petit les informations nécessaires à la compréhension du déroulement. Il ne juge pas, ne se pose pas en donneur de leçons mais à travers les questions que se pose le journaliste, son regard sur les événements, il nous donne matière à réflexion ….

Une belle découverte pour moi !


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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Mer 5 Oct 2011 - 15:51

L' adaptation au cinéma par John Huston (1975) est très bonne. Avec aussi de très bons acteurs comme Michael Caine, Sean Connery et Christopher Plummer.
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Mer 5 Oct 2011 - 21:23

bix229 a écrit:
L' adaptation au cinéma par John Huston (1975) est très bonne. Avec aussi de très bons acteurs comme Michael Caine, Sean Connery et Christopher Plummer.
Oui, un très bon film !

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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Mar 8 Juil 2014 - 15:15

Les solitudes de Purun Bhagat



Purun Dass appartient à la caste des Brahmane. D’une caste est si élevée que cette notion même ne signifie plus rien à ses yeux. Progressivement, il a gravi tous les échelons pour finir au poste de Premier Ministre d’un Etat de l’Inde.

Cet homme a reçu tous les honneurs. Pourtant, au sommet de sa gloire, il choisit de tout quitter, de renoncer à sa puissance et à son immense fortune pour se faire Sannyasis – un mendiant menant une vie errante et dépendant de la charité pour son pain quotidien. Le saint homme marche et finit par se fixer dans un temple montagnard dédié à Kali. Les habitants du village voisin, honorés de sa présence à leurs côtés, l’entretiennent contre des prières.

Des années ont passées : Purun Bhagat (nouveau nom choisit lorsque celui-ci a renoncé à son ancienne vie) fait maintenant parti des meubles. Il converse quotidiennement avec les animaux sauvages qui, à l’instar des habitants, l’on accepté. Mais ce miracle est bien peu de chose comparé à celui que l’ascète réalisera à l’occasion d’une mousson particulièrement abondante…

Une courte nouvelle agréable mais sans grand intérêt non plus. Une sorte de Siddhartha de quelques dizaines de pages. Atmosphère chaude et humide de l’Inde. Ambiance forêt tropicale – cette nouvelle fait d’ailleurs partie du Seconde Livre de la Jungle.

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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Dim 8 Mai 2016 - 23:34

Le livre de la jungle


Une star...méconnue !

Car il n'y a pas que Mowgli !

Mais aussi d'autres histoires extraordinaires comme ce phoque qui veut sauver ses frères des massacres d'hommes, ou ce petit enfant Indien, qui assiste à la très secrète danse des éléphants.

Le monde de Kipling est rude, impitoyable et on est loin de tout sentimentalisme, même si des émotions puissantes traversent ces pages.

D'actualité en ce moment avec le film, je retiens pour l'écrivain un style très personnel, point aisé.

Très élaboré et surtout des histoires, des personnages, des animaux qui forment un univers vert et lointain, là-bas dans l'Inde de son enfance.

Il y a une "magie" Kipling et une "manière" Kipling.

A redécouvrir.
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Dim 8 Mai 2016 - 23:38

tu aurais un petit extrait ?

_________________
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MessageSujet: Re: Rudyard Kipling   Lun 9 Mai 2016 - 15:12

Ma nouvelle préférée, celle de Kotick, le phoque voyant ses congénères assassinés par l'homme et partant seul à la recherche d'une terre vierge, pour les sauver.


Le phoque blanc

Infatigablement, tout seul, il explora l'océan, du nord au sud du Pacifique, nageant jusqu'à trois cents milles en un jour et une nuit. Il lui arriva plus d'aventures qu'on ne peut conter ; c'est tout juste s'il échappa au Requin tacheté ainsi qu'au Marteau ; il rencontra tous les ruffians sans foi qui vagabondent à travers les mers, et les lourds poissons polis et les grands coquillages écarlates et tachetés qui restent à l'ancre au même endroit des centaines d'années et en tirent grand orgueil ; mais il ne rencontra jamais Sea Cow, et jamais il ne trouva une île qui lui plût. Si la grève était bonne et ferme avec une pente douce où les phoques pussent jouer, il y avait toujours à l'horizon la fumée d'un baleinier qui faisait bouillir de la graisse, et Kotick savait ce que cela signifiait. Ou bien il pouvait voir que les phoques avaient visité l'île autrefois et y avaient été détruits par des massacres ; et Kotick se rappelait que là où les hommes sont déjà venus ils reviennent toujours.
(…)

Le vieux phoque, au contraire, l'encouragea :

— Essaie une fois encore. Je suis le dernier de la tribu perdue de Masafuera, et, au temps où les hommes nous tuaient par centaines de mille, il courait une légende sur les grèves au sujet d'un phoque blanc qui, un jour, descendrait du nord et conduirait le peuple des phoques en un lieu sûr. Je suis vieux et je ne vivrai pas pour voir ce jour-là, mais d'autres le verront à ma place... Essaie une fois encore.




Chaque nouvelle comporte une chanson, ici une complainte :

Lukannon

(Ceci est une sorte d'hymne national phoque, sur le mode triste.)

Au matin, j'ai trouvé mes frères (oh ! que je suis vieux !)
Là-bas où la houle d'été rugit aux caps rocheux.
Leur chœur montant couvre le chant des brisants, et de joie
Chante, grève de Lukannon, par deux millions de voix !

Chantez la lente sieste au bord de la lagune,
Les escadrons soufflant qui descendent les dunes,
Les danses aux minuits fouettés de feux marins,
Grèves de Lukannon, avant que l'homme vînt !

Au matin, j'ai trouvé mes frères (jamais, jamais plus !)
Ils obscurcissaient le rivage, ils allaient par tribus ;
Du plus loin que portait la voix au large de la mer,
Nous hélions les bandes en route et leur chantions la terre.


Grève de Lukannon... l'avoine aux longs épis,
La brume ruisselant, les lichens en tapis,
Les plateaux de nos jeux et leurs roches usées,
Grève de Lukannon... ô plage où je suis né !

Au matin, j'ai trouvé mes frères, tristes, solitaires ;
Qu'on nous fusille dans l'eau, qu'on nous assomme sur terre,
Que l'homme nous mène au saloir, sot bétail orphelin !
Pourtant nous chantons Lukannon... avant que l'homme vînt.

En route au Sud, au Sud... ô Gooverooska, va,
Dis notre deuil aux Rois des Mers tandis qu'hélas,
Vide bientôt ainsi que l'œuf du requin mort,
Grève de Lukannon, tu nous connais encore !
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