Parfum de livres… parfum d’ailleurs

Littérature, forum littéraire : passion, imaginaire, partage et liberté. Ce forum livre l’émotion littéraire. Parlez d’écrivains, du plaisir livres, de littérature : romans, poèmes…ou d’arts…
 
Accueil*Portail*RechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 Charles Dickens

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
AuteurMessage
ekwerkwe
Espoir postal
avatar

Messages : 21
Inscription le : 06/02/2007
Age : 40

MessageSujet: Charles Dickens   Mer 4 Avr 2007 - 17:16


De grandes espérances, Charles Dickens

Orphelin, Pip est élevé à la main (leste) par sa soeur, et grandit dans les marais, près de Londres. On fait de bizarres rencontres, dans ces marais: il y passe parfois des forçats en cavale, prêts à terroriser un enfant pour un morceau de pain. Mais les vieilles dames qui vivent en ville, tout près, sont-elle vraiment plus recommendables? L'effroi qu'elles inspirent et les pièges qu'elles tendent ne sont-ils pas autrement dangereux?
On ne se remet pas de son enfance, et Pip ne se remettra pas de ses rencontres: le forçat affamé, Miss Havisham moisissant debout dans ses vêtement de future jeune mariée, la trop belle Estella, Joe le forgeron aussi simple que bon... Adulte, promis à des espérances aussi grandes que mystérieuses, devenu un "monsieur", Pip aura bien du mal à concilier ses origines marécageuses et ses amours inaccessibles, et à retrouver le coeur pur de l'enfant qui sans savoir ce qu'il faisait sauva un homme, dans le marais.


Intriguée par les baskets de Miss Havisham dans Délivrez-moi!, de Jasper Fforde, je décidai de revenir à mes classiques. Bien m'en prit! De grandes espérances est un vrai régal, sublimement écrit, sublimement construit (un roman qui, pour une fois, ne ressemble pas aux puzzles que j'aime tellement, mais plutôt à une broderie, un tableau tissé de fils entremêlés), et si le rythme est un peu long, comment se plaindre de ce regard qui sait si bien s'attarder sur les âmes et les paysages, qui néglige avec tant de sagesse formes et couleurs pour ne rendre que les plus brumeuses des ambiances, les plus tourmentés des sentiments?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ekwerkwe.canalblog.com/
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Charles Dickens   Mer 4 Avr 2007 - 17:37

Un roman magique en effet! Qui peut oublier la maison de Miss Havisham ?drunken

Ce qui est génial chez Dickens, c'est cette construction en méandres, ces héros qui changent continuellement d'environnement, en faisant rencontre sur rencontre. De roman en roman, on retrouve cette évocation du cours de la vie humaine, qui prend toujours des directions inattendues.

Dans David Copperfield, il y a ces très belles lignes sur le rôle vital de la lecture:

"When I think of it, the picture always rises in my mind, of a summer evening, the boys at play in the churchyard, and I sitting on my bed, reading as if for life."
Revenir en haut Aller en bas
Miss Hawisham
Posteur en quête
avatar

Messages : 69
Inscription le : 23/02/2008

MessageSujet: wYA   Sam 23 Fév 2008 - 12:29

J'ai aussi beaucoup aimé ce livre.C'est mon premier Dickens.C'est incroyable comme tout s'enboite.L'économe de l'avocat de Miss Hawisham est la mère de Esthella.Le jeune homme qui s'est batu avec Pip au dédut du livre est Herbert.Chez Dickens tous les livres sont en principe très tristes,mais il rajoute toujours une pointe d'humour à ses écrits.Comme "la tendresse"de la Mère de Hérbert pour ses enfants...
:heart:
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nibelheim
Main aguerrie
avatar

Messages : 389
Inscription le : 02/09/2007
Age : 28
Localisation : Cambrai

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Dim 9 Mar 2008 - 19:31

Je suis en pleine découverte de Dickens car je lis Oliver Twist. C'est plutôt sympa mais quel pathos ! Razz (Le pire c'est que ça marche quand même)

Pour ne pas poster pour rien, je laisse ici une citation de la préface de ce roman, que je trouve intéressante :

"Il est [...] des gens d'un naturel si délicat qu'ils ne peuvent supporter la contemplation de telles horreurs. Ce n'est point à dire que d'instinct ils se détournent du crime, mais que pour être à leur goût, les personnages criminels, tout comme leur viande doivent paraître sous un déguisement délicat. [...] C'est merveille de voir que la Vertu se détourne à la vue des bas sales ; et comme le Vice, s'il s'allie aux rubans et quelques gais atours, change de nom, ainsi que font les dames en se mariant, et devient Romanesque."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://carnets-plume.blogspot.com
Sieglinde
Posteur en quête
avatar

Messages : 67
Inscription le : 08/03/2008
Age : 26
Localisation : Val d'Oise

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Dim 13 Avr 2008 - 15:03

C'est après être tombée sur ce fil que j'ai décidé de me lancer dans la lecture de mon premier Dickens avec Les grandes espérances. Quel bonheur !
Une écriture fluide, poétique, ironique... A la limite, on pourrait même faire abstraction de l'histoire et ne lire le livre que pour son style Very Happy

Les personnages sont tous plus ou moins très attachants. Il y a Miss Havisham bien-sûr, mais aussi Herbert, Joe, Estelle, Jaggers...

Et puis la description du Londres du XIXème siècle, et toute l'atmosphère qui se dégage du livre, à la fois réaliste et fantastique (quelle prouesse !) méritent à elle seule qu'on prenne le temps de le lire.

C'est vrai qu'il y a quelques longueurs mais pas à un moment on ne s'ennuie.

Non vraiment il faut que je lise d'autres Dickens, je crois que j'ai enfin découvert l'auteur qu'il me fallait^^

Par contre la fin du livre est assez décevante. Ma préface m'avait prévenue remarque. Je ne sais pas ce que vous en avez pensé mais j'ai trouvé ça assez niais par rapport au reste du livre qui, justement est très froid, réaliste dans la description des rapports que les personnages entretiennent entre-eux.
La fin que Dickens avait prévue à l'initial collait beaucoup plus avec le reste de l'histoire et aurait sans doute fait une conclusions bien plus touchante (j'ai pu la lire car elle était en note dans mon édition)...
C'est en fait à cause d'un de ses amis qu'ils l'a modifiée au dernier moment, mais du coup elle est totalement incohérante par rapport au reste du récit...
On pourrait finir sur une apothéose, une grande réflexion philosophique à l'échelle universelle... Et au lieu de ça on a le droit à ce happy-end mièvre. Sad
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Snark
Main aguerrie
avatar

Messages : 495
Inscription le : 11/05/2007
Age : 31
Localisation : ici

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Dim 28 Sep 2008 - 22:09

Ms Pickwick

Ms Pickwick est un roman d’aventures comique qui se prolonge sans cesse en raison d’une faille, d’un <<qqch qui ne va pas>> emportant la société pickwickienne ds de nouvelles péripéties… Un roman qui regorge de personnages excentriques et captivants, comme Sam Weller, qui commente le flot de la vie de la manière la plus grandiose, du type : « Pourvu que ça dure! Comme disait le jeune monsieur qui tombait du sixième étage. » Un roman lumineux, mais percé, par intervalles d’une cinquantaine de p., de sous-histoires sombres, voir morbides qui contrastent avec le ton comique et varie le rythme du récit d’une manière d’autant plus divertissante… Ça débute avec la naissance du Pickwick club, que fond, bien sûr, Ms Pickwick, un type un peu gros, philosophe, jovial et bienveillant qui se passionne pour la nature humaine. Le but de leurs 5 membres : nager en plein dans la pâte de « la diversité magnifique de la vie » pour noter et observer scientifiquement les phénomènes qui la constituent. La première chose qu’ils rencontrent est un cheval de 42 ans. C’est du moins son cocher qui le dit. À partir de ces prémices, tout est possible. En bref, s’enchainent toutes sortes de rencontres incongrues, cérémonie militaire qui vire au burlesque, duel raté, séance de chasse où le Pickwick aboutit ivre dans un brouette, amourettes, sous-récits réalistes et fantastiques, pissante satire d’un combat politique, une Ode à une grenouille agonisante, malentendu superbement absurde, etc, etc. Avec tout ça, vous comprendrez que la cohérence prend un coup…. Et alors? Il s’agit « d’une divagation soutenue » (Chesterton, cité par l,auteur de la préface), d’un ouvrage informe et magnifique… où il faut s’attendre à l’inattendu!
Ce roman, j’l’ai dévoré. Il fout la bonne humeur et stimule le gout de l’aventure!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Héri
Envolée postale
avatar

Messages : 193
Inscription le : 16/04/2008
Age : 25
Localisation : Yvelines

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Lun 29 Sep 2008 - 20:38

J'ai lu il y a un an je crois Oliver Twist. C'était un livre très agréable à lire et intéressant, mais comme le dis Nibelheim, le pathos y est vraiment très présent, j'ai même trouvé cela un peu exagéré ^^.

Enfin cela n'empêche pa Dickens d'être un très grand auteur content
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://librheri.wordpress.com
Bellonzo
Sage de la littérature
avatar

Messages : 1775
Inscription le : 22/07/2008
Age : 68
Localisation : Picardie

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Sam 16 Mai 2009 - 15:32

De grandes espérances (46)de David Lean me semble être une magnifique adaptation du roman.Les rideaux de Miss Havisham,les lueurs sur la Tamise,le forçat au grand coeur sont très réussis.
Un coup d'oeil?Notamment le jeune Pip qui court.
http://www.youtube.com/watch?v=2WUxLy5SOAU
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://eeguab.canalblog.com
Menyne
Agilité postale
avatar

Messages : 864
Inscription le : 26/04/2008
Age : 46
Localisation : dis z'y mieux !

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Lun 18 Jan 2010 - 21:28

Le livre de Marie -Aude Murail m'avait vraiment donné l'envie de lire Charles Dickens.
J'ai donc débuté ma découverte par : Les aventures d'Olivier Twist

Citation :
Olivier Twist (1838) est un feuilleton d'une noirceur concentrée.
Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l'Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans le plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens. L'apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim. On n'oubliera guère, après les avoir croisés, ni l'abominable Bumble ni le ténébreux Fangin, cette saisissante préfiguration des gibiers de bagne qui hanteront Les Misérables de Victor Hugo ...
Quatrième de couverture

Quel parcours !
Le jeune Olivier Twist va de malheurs en malheurs.
Chaque fois qu'un rayon de soleil apparaît, VLAN ... une catastrophe. Il n'y a aucun répit. C'est une succession de rebondissements, de rencontres.
Les descriptions sont telles que l'on visualise vraiment les personnages, les lieux. On renifle les odeurs, on entend les bruits.
C'est certain, ce n'est pas très gai.
Au fil de la lecture, je me suis attachée à ce petit orphelin déambulant dans les rues de Londres.
Je n'arrivais plus à poser le livre.
J'ai aussi apprécié l'ironie de Charles Dickens ; cette manière de se moquer, de tourner en dérision certains personnages.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
kali
Main aguerrie
avatar

Messages : 419
Inscription le : 18/06/2007
Age : 33

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Dim 24 Jan 2010 - 18:02

Mes avis sur trois de ses oeuvres :


Oliver Twist :

Que voilà une histoire triste, sordide, cruelle... mais racontée si drôlement! J'ai vraiment été surprise de trouver dans ce roman un style parfois ironique, franchement mordant.
Un petit extrait pour illustrer : Oliver se trouve encore dans cet atroce orphelinat et a été puni.
"Que les ennemis du "système" n'aillent pas supposer que, durant la période de son incarcération solitaire, on refusa à Oliver les bienfaits de l'exercice, les plaisirs de la société, ni les réconforts de la religion. Pour ce qui est de l'exercice, il faisait un beau temps froid, et on lui permettait de faire tous les matins ses ablutions sous la pompe, dans une cour pavée, en présence de M. Bumble qui le préservait d'attraper un rhume et provoquait dans tout son corps une sensation réconfortante de picotement par l'administration répétée de coups de canne. En ce qui concerne la société, on le menait tous les deux jours dans la salle où dinaient les garçons et, là, on le fustigeait en société à titre d'exemple et d'avertissement publics. Enfin, loin de lui refuser les consolants bienfaits de la religion, chaque soir, à l'heure de la prière, on le faisait pénétrer à coups de pied dans le même local où on lui permettait d'écouter, pour son réconfort spirituel, une supplication en commun des pensionnaires, contenant une clause spéciale introduite par ordre du conseil et dans laquelle ils demandaient en grâce de devenir bons, vertueux, satisfaits et obéissants et d'être préservés des péchés et des vices d'Oliver".

On a là ce qui selon moi est une trame "typique dix-neuvième" : des orphelins aux origines toujours plus nobles qu'on le suppose, de jeunes personnes ultrasensibles au bord de l'agonie du jour au lendemain... Classique, c'est le mot, et ça me plaît!
Quelques mots sur les personnages maintenant. Oliver... mais qu'il est niais ce gamin! Pardon, hein, il est bien mignon, mais c'est pas Dieu possible d'être aussi naïf. On le vilipende sans répit depuis sa naissance et il continue à toujours voir le monde comme un bel épisode des Bisounours. Mais où a-t-il pu bien se forger un esprit à la fois si pur et si bécasson? Il est à la fois touchant et horripilant.
Les personnages secondaires sont plutôt intéressants aussi (parce que oui, Oliver est un personnage intéressant! C'est trop pour que Dickens ne l'ait pas fait juste pour nous agacer). Je pense à Nancy, qui est touchante, et surtout à M. Bumble, tordant mélange de suffisance et de couardise.
Quant à la langue, j'admire ceux qui ont pu la découvrir en VO parce que l'argot semble tenir une place importante!
Finalement, j'ai découvert un roman pas si noir que ça, avec une belle histoire classique et un style mordant qui m'a conquise! Mais que n'ai-je lu Dickens avant??


Un chant de Noël :

Citation :
Le soir de Noël, un vieil homme égoïste et solitaire choisit de passer la soirée seul. Mais les esprits de Noël en ont décidé autrement. L'entraînant tour à tour dans son passé, son présent et son futur, les trois spectres lui montrent ce que sera son avenir s'il persiste à ignorer que le bonheur existe, même dans le quotidien le plus ordinaire.

Je connaissais déjà un peu l'histoire de Scrooge, bien que l'ayant confondue jusqu'à récemment avec celle du Grinch (je sais, je sais...). Cela dit, même un peu déflorée, la magie de ce chant de Noël a parfaitement opéré sur moi!

Scrooge est un vieux grincheux, au coeur bien sec, à la méchanceté bien gratuite et hargneuse... Mais on devine facilement la peine sous cette aigreur-là, et contrairement à d'autres lecteurs dont j'ai pu lire les avis ici où là, j'ai tout de suite eu de la compassion pour ce vieil homme. Il me semble en connaître tant, des Scrooge, autour de moi!

Certes, ce méchant-très-méchant se laisse bien vite et bien facilement convaincre de changer ; il aurait pu opposer un peu plus de résistance pour plus de crédibilité. M'enfin, c'est un conte, alors la crédibilité, hein! On peut être un peu gêné également par ce côté "esprit de Noël", les gens sont joyeux, pleins d'amour et de bonheur, c'est bien dégoulinant de guimauve... On sait où les téléfilms américains trouvent leur inspiration d'origine. M'enfin, moi je suis un bisounours, et/ou une midinette, alors je l'aime, cet esprit de Noël, j'aime ces bons sentiments débordants! Dans un roman, un personnage comme le neveu de Scrooge m'aurait donné quelques envies de gifles, mais dans un conte, au contraire, il faut bien un gentil-très-gentil pour contrer le méchant-très-méchant!

Et puis bon, quel style! Quelle vie dans l'écriture! Je me suis vraiment crue au milieu de cette Londres victorienne, sous la neige, à observer les braves dames s'occuper de leur pudding, ces charmants petits enfants chanter leurs chants... Un vrai plaisir.


De grandes espérances :

Citation :
Orphelin, le jeune Pip est élevé "à la main" par sa furibarde de soeur, en compagnie du forgeron Joe, le mari de celle-ci, qui lui est la bonté même. Un jour qu'il se promène vers la tombe de ses parents, il se retrouve bon gré mal gré à aider un forçat fraîchement évadé ; ce premier événement le marquera grandement. L'autre grand changement de son enfance se produit lorsqu'il est appeler à rendre de fréquentes visites à Miss Havisham, chez qui il fait la connaissance de la jeune Estella.

Et je n'en dis pas plus pour ceux qui ne connaissent pas encore l'histoire!
M'enfin, bien qu'il y ait des rebondissements, on les flaire souvent à des kilomètres à la ronde, et il me semble donc que ce n'est pas tant pour son suspense que De grandes espérances est un grand roman.
Car de mon point de vue, assurément c'en est un! C'est la galerie de personnages, principaux, secondaires et tous les autres qui est remarquable. Comme pour Oliver Twist, je n'ai pas eu beaucoup d'affection pour Pip, qui est bien balourd et surtout ingrat, injuste, souvent terriblement conscient de l'être mais se morfondant sur son mauvais comportement sans pour autant en changer! Mais cesse donc de geindre et agis, flûte à la fin!
Les autres personnages sont assez caricaturaux, mais d'une telle façon que je n'imagine pas que ça eût pu me plaire autrement. Joe est un plouc au coeur tendre, sa femme (soeur de Pip, donc) une imbuvable mégère, Pumblechook est bêtement fier comme un paon (quelle envie de lui rabattre son caquet à celui-là!), Jaggers est un professionnel au coeur de pierre, Biddy et Herbert sont d'une constance et d'une gentillesse surhumaines... Et que dire des deux principaux personnages féminins, Miss Havisham et Estella! Miss Havisham inspire à la fois la pitié et la terreur, elle pousse sa détermination et sa vengeance à point qui m'a fait penser aux tragédies grecques. Quant à Estella, cette espèce de Frankenstein de l'amour... Tout comme pour l'histoire, les ficelles de ces personnages sont énormes, mais tellement bien faites qu'elles ne gênent absolument pas.

Et puis quel art de la description... Dickens est un peintre à sa façon, comment ne pas se sentir perdu au milieu du brouillard londonien, ou dégoûté au milieu du mauvais quartier de la capitale, ou amusé face au pont-levis miniature de Wemmick?
Et j'ai retrouvé l'humour qui m'avait tant séduite dans Oliver Twist, cet humour un peu caché, qu'on découvre, fort souvent d'ailleurs, au détour d'une phrase, l'air de rien.
L'histoire finalement secondaire perd un peu de son souffle vers le milieu du livre, où j'ai ressenti un certain ennui, un manque d'allant. Toutefois, ce passage au ralenti n'a pas duré trop longtemps (à l'échelle dickensienne, hein, faut remettre dans le contexte "pavé") et le plaisir du début du livre m'a convaincue de ne pas me laisser piéger par ce que j'ai ressenti comme un passage à vide. Bien m'en a pris car j'ai beaucoup aimé l'ensemble du livre hormis cet ennuyeux passage central.

Bref, De grandes espérances est une très belle fresque anglaise, dont on sent l'origine feuilletonnesque (ce que j'apprécie beaucoup) ; pour les personnages, pour le style, un vrai plaisir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://kalistina.over-blog.com
krys
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2093
Inscription le : 06/09/2009
Age : 58
Localisation : sud ouest

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Dim 24 Jan 2010 - 20:05

Le premier Dickens que j'ai lu est David Copperfield et j'en ai été enchantée. En partie autobiographique, le roman raconte l'histoire d'un jeune orphelin, maltraité par son beau-père, et contraint de travailler durement dans les quartiers pauvres de Londres. Il parvient néanmoins à s'élever dans l'échelle sociale en trouvant du travail chez un notaire. Les personnages sont absolument étonnants, outrés, magnifiques. J'aime cette démesure qui fait apparaître le ridicule, et le rire n'est jamais loin des larmes.

Mon roman préféré est cependant La Maison d'âpre-vent, lu plusieurs fois avec délectation ! Il s'agit cette fois d'une jeune orpheline, Esther, qui se trouve être en partie la narratrice du récit, tandis qu'une autre partie impersonnelle raconte les démêlés juridiques d'un procès interminable. C'est absolument excellent et je me prépare à le relire bientôt impatient content
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
kali
Main aguerrie
avatar

Messages : 419
Inscription le : 18/06/2007
Age : 33

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Dim 24 Jan 2010 - 20:29

Tu le lis en VO? Parce qu'en français, je crois qu'il n'est publié que dans la Pléiade, non?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://kalistina.over-blog.com
Marie
Zen littéraire
avatar

Messages : 9564
Inscription le : 26/02/2007
Localisation : Moorea

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Lun 25 Jan 2010 - 1:00

Vous me donnez envie de relire Dickens..

_________________
J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
André Comte-Sponville
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
krys
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2093
Inscription le : 06/09/2009
Age : 58
Localisation : sud ouest

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Lun 25 Jan 2010 - 14:44

oui en effet, j'ai dû l'acheter en VO car impossible à trouver en français, autrement qu'en édition de luxe ; mais on me l'a OFFERT récemment ! impatient content
En VO c'est quand même parfois difficile à saisir, surtout les surnoms que donne Dickens, très alambiqués...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Menyne
Agilité postale
avatar

Messages : 864
Inscription le : 26/04/2008
Age : 46
Localisation : dis z'y mieux !

MessageSujet: Re: Charles Dickens   Lun 15 Fév 2010 - 14:58

kalistina a écrit:



Oliver Twist :

Que voilà une histoire triste, sordide, cruelle... mais racontée si drôlement! J'ai vraiment été surprise de trouver dans ce roman un style parfois ironique, franchement mordant.

Entièrement d'accord. J'adore l'ironie de Dickens. Tout se fait en finesse. Comme tu le dis si bien, ses personnages sont ou franchement niais ou franchement cruels !
Ils sont attachants et énervants à la fois.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Charles Dickens   

Revenir en haut Aller en bas
 
Charles Dickens
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 6Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
 Sujets similaires
-
» Demande à Charles CHEVALIER - AD Rouen - x Anvéville & Cliponville
» Charles Théophile FERET
» Charles Frémine
» Lintot - Message à Charles Chevallier
» Sur le pont du "Charles de Gaulle"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Parfum de livres… parfum d’ailleurs :: Le cœur du forum : Commentons nos lectures en toute liberté… :: Littérature de culture anglaise et (ou) gaëlique (par auteur ou fils spécifiques)-
Sauter vers: