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 Malcolm Lowry

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bix229
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MessageSujet: Malcolm Lowry   Lun 8 Juin 2009 - 19:36



Malcolm LOWRY, 1909-1957, est né dans le Cheshire.

A 18 ans, il s' embarque comme steward sur un bateau en route vers la Chine. Cette première expérience sera décisive.
A son retour, il entreprend des études à Cambridge. Mais entre temps, il a fait une escapade sur un cargo norvégien.

En 1931, parait son premier roman, Ultramarine, qui est autant un récit de mer qu' une aventure intérieure.
Il est alors profondément influencé par un écrivain, Conrad Aiken, dont il deviendra le disciple avant d' être son ami.

De 1936 à 1937, il vit au Mexique, un très mauvais séjour, où il connait les pires tracasseries de la part de la police mexicaine.
Il écrit une première esquisse de Au dessous du volcan.

De 1940 à 1954, il vivra à Dollarton, en Colombie Britannique, en compagnie de Marjorie, sa seconde épouse.
De 1954 à 1957, il visite l' Italie et la Sicile et il meurt en Angleterre, victime de l' alcool et des somnifères.

L'œuvre de Lowry pâtit un peu à coté de Au dessous du volcan, un ouvrage auquel il a consacré 10 ans de sa vie, l' écrivant et le réécrivant sans cesse.
Et puis partout où il passe, les maisons flambent et ses manuscrits.
Malcolm Lowry a parlé de cette malédiction dans une nouvelle au titre ironique intitulée : Le feu du ciel vous suit à la trace monsieur.
Ce thème de la malédiction est partout présent dans Au dessous du volcan.
Malcolm Lowry a l' impression d'être là pour payer quelque chose dont il est coupable mais sans savoir quoi.
Et cette obsession réelle est très présente dans le Volcan et dans le
personnage du consul.
Toute sa vie Lowry sera obsédé par l' alcool et la littérature, mais c' est l'alcool qui aura le dernier mot. Malcolm Lowry avait en tête un vaste projet de cycle romanesque qui s' intitulerait : The Voyage that never ends.
Mais l' alcool mit un terme à ce vaste projet.

Au dessous du volcan est un livre somme composé de matériaux autobiographiques et d' éléments complexes de symbolique.
Ce n' est pas un livre facile ni aimable.
La première fois que je l' ai lu, j' ai eu une impression de frustration, de rencontre ratée.
Mais ce livre, comme d' autres m' avait laissé une impression profonde et je savais que j' y retournerai.
Parce que Au dessous du volcan fait partie de ces œuvres qu'on peut lire et relire sans épuiser jamais les significations possibles et les interprétations.
Je n' ignore pas qu' il y a toujours eu une confrérie de branchés autour de ce livre. Mais pas plus que autour de Carver, Bukowski, Kerouac ou
Pynchon.
Heureusement on les entend beaucoup moins et on peut lire le livre en toute sérénité.
En fait peu de gens l' ont vraiment lu, mais ce sont souvent ceux qui le connaissent le moins qui en parlent le plus.
Il faut dire que comme certains chefs d'œuvre, c' est un livre étrange où l' on se sent assez souvent mal à l' aise et effrayé, parce que c' est un livre qui échappe à toute norme.
Par exemple le premier chapitre du roman est aussi le dernier. C' est ainsi qu' on est entrainé dans un tourbillon qui n' a pas eu de commencement et qui pourrait ne pas avoir de fin.
Les personnages disparaissent, mais les questions que le livre pose restent posées. Elles deviennent celles du lecteur.
Le personnage central est le consul Geoffrey Fermin, (un double de Malcolm Lowry lui-même).
C' est un personnage pathétique. Il ne cesse de souffrir, de délirer de chercher à fuir. D' appeler au secours.
Il a l' impression affreuse  d' expier une faute qu' il n' a peut-être pas commise mais qu' il lui faut assumer jusqu' au bout. Jusqu' au châtiment.
On peut dire qu' il finira par mourir réconcilié avec le monde et avec lui-même.
Un tel personnage fait inévitablement penser à Lord Jim de Conrad.
A ceci près qu' il pense qu' il n' y a aucun rachat possible.
Et donc il boit jusqu' au delirium tremens.
Lowry qualifiait son œuvre de Divine Comédie ivre.
Il y a pourtant aussi une histoire d' amour belle et poignante.
Une des plus belles et poignantes que je connaisse.

Malcolm Lowry est mort jeune et dans des conditions mal élucidées.
Et depuis sa mort, on ne cesse de publier des textes qu' il a à peine écrit lui-même.
On sait à peu près que Margerie, fait partie de ces veuves abusives qui publient des textes sans l' accord de l' auteur. En les réécrivant en partie et c' est très dommageable.


Bibliographie
 
Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

1933 Ultramarine, Pages 4
1947 Au dessous du volcan, Pages 1, 2, 3
1956 Lunar caustic, Pages 2, 3
1961 Ecoute notre voix, Ô Seigneur,
1968 Sombre comme la tombe où repose mon ami,
1970 En route vers l'île de Gabriola,  
1980 Le Garde-fantôme,
1996 La Mordida,
2012 Merci infiniment, Pages 3
2012 Le feu vous suit à la trace, Monsieur !,

Adaptation de Sous le volcan par Josse de Paw, mise en scène Guy Cassiers, Page 1

Citation :
mise à jour le 25/02/2015, page 4
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Marie
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 8 Juin 2009 - 20:05

Ah, je savais bien que Bix en avait parlé quelque part!
Je le remets dans une des piles! J'avais lu Lunar caustic, mais cela ne m'a pas laissé grand souvenir..

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chrisdusud
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 8 Juin 2009 - 20:58

Citation :
Mais ce livre, comme d' autres m' avait laissé une impression profonde
et je savais que j' y retournerai.

Comme je l'ai dit sur un autre filJe sais également que je vais (re)commencer à lire Au dessous du volcan dans de meilleurs conditions.

Dans la cinquantaine de pages que j'ai lu, ce livre m'a procuré l'étrange sensation de lire une histoire plutôt simple (Une femme, Yvonne, revient voir l'homme qu'elle a quitté, si mes souvenirs sont exacts) dans un écriture très dense chargée de paraboles ou de sens que j'aurai manqué.

Merci Bix pour ce fil ! Faire connaître l'auteur et son livre phare permettra certainement de confronter les différentes perceptions du livre.
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bix229
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mar 9 Juin 2009 - 22:54

Si la mort
Peut voler pour l' amour de voler, est-il rien
que la vie, pour l' amour de mourir, ne put faire ?

Malcolm LOWRY - Pour l' amour de mourir
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Marko
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 22 Juin 2009 - 12:52

Guy Cassier met en scène fin octobre 2009 à Lille le version théâtrale de Sous le volcan de Josse De Pauw d'après Malcolm Lowry (en néerlandais surtitré!). L'occasion pour moi de lire le roman et de le comparer avec cette adaptation (en même temps que celle du film de John Huston). A dans 4 mois...

Citation :
Du 21 au 25 octobre 2009, Grande salle, Lille
Sous le volcan
Josse De Pauw, d’après Malcolm Lowry
mise en scène Guy Cassiers

Spectacle en néerlandais, surtitré en français

Assumant la singularité qui est la sienne, Guy Cassiers, artiste phare de la scène flamande, convoque un roman majeur de la littérature mondiale et le soumet à la magie sophistiquée des images, des lumières et des sons les plus audacieux et les plus contemporains.

Guy Cassier dont j'ai pu apprécier récemment le travail sur Les belles endormies de Kawabata.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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bix229
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 22 Juin 2009 - 15:02

Bon courage à lui... C' est vraiment un pari !
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Marko
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 22 Juin 2009 - 15:04

bix229 a écrit:
Bon courage à lui... C' est vraiment un pari !

C'est sûr! Mais le Kawabata aussi et il en a fait quelque chose de magique. A suivre...

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Sam 12 Sep 2009 - 20:37

Citation :
La première fois que je l' ai lu, j' ai eu une impression de frustration ,
de rencontre ratée.
Mais ce livre, comme d' autres m' avait laissé une impression profonde
et je savais que j' y retournerai.
Même chose! Ce serait vraiment un livre pour une lecture-ou relecture- commune, c'est un roman dans lequel on se perd complètement si on ne lit pas avec attention chaque phrase , Malcom Lowry a mis une quinzaine d'années à l'écrire, on sent que tout a son importance.
Bien sûr, on retient les grands thèmes, la culpabilité qui consume, l'amour passionné mais l'impossibilité du couple. La période, une journée de 1938, jour de la fête des morts.
Et bien sûr,l'alcool..

Citation :
Le Consul baisa enfin les yeux. Combien de bouteilles depuis lors? Dans combien de verres,dans combien de bouteilles s'était-il caché,seul depuis lors? Soudain il les vit, les bouteilles d'eau de vie,d'anis, de xérès,de Higland Queen,les verres,une babel de verres- immense, telle la fumée du tain aujourd'hui-dressée jusqu'au ciel,puis croulant,les verres culbutant et se fracassant,tombés des Jardins du Generalife,les bouteilles brisées,bouteilles de'Oporto tinto, blanco, bouteilles de Pernod, d'Oxygénée,d'absinthe ,bouteilles éclatées,bouteilles au rebut,tombées avec un bruit mat sur le sol des parcs,sous les ancs, les lits,les sièges de cinémas, cachées dans les tiroirs des Consulats, bouteilles de Cavados, lâchées et cassées ,ou éclatées en miettes,jetés au tas d'ordures,lancées dans la mer, la Méditerranée,la Caspienne, la mer des Caraïbes,bouteilles flottant sur l'Océan, maccabées écossais, sur les Highlands de l'Atlantique- et maintenant il les voyait, les sentait,tous, depuis le tout début- bouteilles ,bouteilles, bouteilles, et verres, verres, verres, de bitter,de Dubonnet, de Falstaff, de Rye, de Johnny Walker, de Vieux Whiskey Blanc Canadien, les apéritifs,les digestifs, les demi, les doubles, les remettez-ça-garçon,les et glas Araks, les tsuen taks, les bouteilles, les bouteilles, les belles bouteilles de tequila,et les gourdes, gourdes, gourdes,les millions de gourdes de magnifique mescal..Le Consul restait assis sans bouger. Sa conscience s'assourdissait dans le fracas de l'eau. Elle geignait et battait dans la brise spasmodique autour de la charpente de bois de la maison,elle massait,dans les nuages d'orages vus par dessus les arbres, depuis les fenêtres, ses vigies. En vérité, comment pouvait-il espérer se retrouver,tout recommencer quand, quelque part, peut être dans une de ces bouteilles perdues ou brisées, dans un de ces verres qui gisait, à jamais, l'unique clé de son identité? Comment pouvait-il retourner voir à présent, chercher à quatre pattes dans les éclats de verre, sous les éternels bars, sous les océans?

Lu avec difficulté, en m'arrêtant souvent- ce qu'il ne faut pas faire,je crois.
J'ai bien conscience que c'est un texte difficile, que Malcom Lowry définissait comme une Divine Comédie ivre.
J'y reviendrai. Peut être.Si j'en ai le courage, c'est épuisant comme lecture!

Une citation de William Blake à la dernière page

You never know what is enough
unless you know what is more than enough.

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Sam 12 Sep 2009 - 20:48

Bel effort Marie !

Le gusta este jardin que es suyo ? Evite que sus hijos lo destruyan !

Voilà une phrase qui me trotte dans la tete... Et des passages entiers
de cette marche au supplice...
Avec des passages obligés par l' alcool : tequila, mezcal...
Et cet amour désespéré pour Yvonne...
Et le regret de ne pas avoir paricipé à la guerre d' Espagne comme son frère...
J' aimerais bien qu' on le lise ce livre et qu' on en discute...
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Dim 13 Sep 2009 - 21:07

La pièce de Guy Cassier: Sous le volcan dont je parlais un peu plus haut est début Octobre à Paris. J'attends le passage à Lille. La critique semble très favorable.
Lien

4-26 sept.
15-17 oct.
et 3 au 7 nov. Toneelhuis/Bourla, Anvers
13 oct. 30CC / Stadsschouwburg, Louvain
21-25 oct. Théâtre du Nord, Lille
28 oct. Cultuurcentrum Hasselt, Hasselt
30, 31 oct. Kaaitheater, Bruxelles
11-14 nov. Kunstencentrum Vooruit vzw, Gand
18-20 nov. MC2, Grenoble
24, 25 nov. Maison de la Culture d'Amiens
28 nov. Rotterdamse Schouwburg, Rotterdam
30 nov. Koninklijke Schouwburg, La Haye
3, 4 déc. Stadsschouwburg Amsterdam
7 déc. Stadsschouwburg Groninge
9 déc. Stadsschouwburg Utrecht
12 déc. Parktheater Eindhoven, Eindhoven
15, 16 déc. Le Volcan, Le Havre
19 déc. La Comédie de Reims, Reims

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mer 7 Oct 2009 - 20:01

Critique favorable en effet.

Fabienne Pascaud écrit dans Télérama :

Dès les premières minutes, on a l' impression de rentrer dans le livre...
Sur le plateau, quatre comédiens brulants concentrent l' essentiel de

l' action...
... Ce spectacle est tout ensemble sensuel et profondément engagé et littéraire.
Il séduit par sa beauté crépusculaire autant que par la violence d' un propos comme réduit à l' ultime étincelle...


Sous le volcan d' après Malcolm Lowry.
Mise en scène de Guy Cassiers au Théatre de la Ville jusqu' au 9 octobre.
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mer 7 Oct 2009 - 23:55

Bravo, ce fil donne vraiment envie de lire "Au-dessus du volcan" enthousiaste .
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Marko
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Jeu 8 Oct 2009 - 0:38

bix229 a écrit:
Critique favorable en effet.

Fabienne Pascaud écrit dans Télérama :

Dès les premières minutes, on a l' impression de rentrer dans le livre...
Sur le plateau, quatre comédiens brulants concentrent l' essentiel de

l' action...
... Ce spectacle est tout ensemble sensuel et profondément engagé et littéraire.
Il séduit par sa beauté crépusculaire autant que par la violence d' un propos comme réduit à l' ultime étincelle...


Sous le volcan d' après Malcolm Lowry.
Mise en scène de Guy Cassiers au Théatre de la Ville jusqu' au 9 octobre.

Merci Bix je prends vite ma place pour Lille.

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mer 21 Oct 2009 - 13:14

C'est pour ce soir le spectacle. 2h en néerlandais surtitré français... J'aurai donc à voir et à lire! miammiam


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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Jeu 22 Oct 2009 - 0:03

Sous le volcan de Josse De Pauw d'après Malcolm Lowry, mise en scène de Guy Cassiers


Dans chaque homme un poème avorté. Yvonne, ta chaleur, ta gaieté, ta simplicité, ta camaraderie, tes qualités par centaines, ton bon sens... les doux commencements de notre mariage. Te souviens-tu de cette chanson de Strauss que nous chantions? Chaque année, les morts reviennent pendant un jour. Ah, reviens-moi comme autrefois en mai. L'alcool me rend pleurnichard, c'est certain, mais personne ne peut prendre ta place, je devrais commencer à le savoir, et je ris en t'écrivant que je t'aime ou pas... Parfois je suis envahi par un sentiment très puissant, un égarement désespéré de jalousie...

Richard Strauss: Allerseelen (par Jessye Norman)

J'en sors et j'en profite pour livrer mes impressions "à chaud".

Guy Cassiers est un metteur en scène passionnant dont j'ai découvert récemment le beau travail à l'opéra sur le roman de Kawabata "Les belles endormies". Il s'est lancé depuis quelques années dans des projets d'adaptations de grandes oeuvres littéraires qui semblent avoir pour point commun d'être des voyages introspectifs, permettant de transformer la scène en espace mental. Il a ainsi dirigé une trilogie d'après Marcel Proust (A la recherche du temps perdu) et donnera prochainement une nouvelle trilogie d'après Robert Musil (L'homme sans qualités). Il a aussi adapté Jeroen Brouwers (Rouge décanté), Klaus Mann (Mefisto)...

Il s'attaque donc ici à Malcolm Lowry en nous projetant dans les souvenirs et l'inconscient de Geoffrey Firmin, interprété par Josse De Pauw lui-même. Il a utilisé les passages les plus emblématiques et adapté certains dialogues pour permettre une approche plus théâtrale.

Il a recours à un dispositif très efficace qui consiste en une estrade où se déplacent les comédiens et un écran géant occupant toute la scène découpé en 48 rectangles permettant des projections sur tout ou partie de ces écrans. On y voit des rues, des arbres, des verres de Tequila, des visions hallucinatoires avec une connotation mystique, des visages et un magnifique ciel d'orage permettant l'un des plus beaux monologues à la fin, celui d'Yvonne Constable ( formidable Katalijne Damen) évoquant sa première rencontre avec Geoffrey.

L'histoire nous raconte le dernier jour de Geoffrey Firmin, détruit par l'alcool, et l'échec de sa tentative pour renouer avec sa femme venue le retrouver au Mexique un an plus tôt. Il sait que seul cet amour pourrait peut-être le sauver mais son mal de vivre lui impose sa chute.

Le volcan tout proche dessine à la fois une sorte de Paradis illusoire, inacessible, et la métaphore d'un monde prêt à exploser alors que s'achève la guerre d'Espagne, que monte en puissance le fascisme au Mexique et qu'on est à la veille de la seconde guerre mondiale.

C'est un roman sur les ravages de l'alcoolisme, un roman d'amour, un roman spirituel et politique, en même temps qu'un hommage aux grandes oeuvres de la littérature, de Cervantes à Melville, de Shakespeare à Dante ou Goethe....

La mise en scène permet de pénétrer cet univers littéraire avec facilité dans un climat de délitement progressif, mettant en avant la déchéance alcoolique et la relation amoureuse avec Yvonne.

Lorsque Jacques Laruelle découvre les lettres laissées par Geoffrey au début de la pièce, sa voix est progressivement remplacée par celle de l'ancien consul qui apparait sur l'écran géant avant que des flammes ne viennent rompre cette évocation, Jacques mettant le feu à ces lettres. Il interviendra à différents moments pour situer discrètement le contexte.

La séquence dans l'église de la Vierge des abandonnés est particulièrement réussie. Geoffrey et le Dr Vigil y pénètrent à travers des panneaux de l'écran qui créent un passage. Tout est vu par transparence dans un climat magique et presque hallucinatoire. Le Dr Vigil lui conseille de prier pour qu'Yvonne revienne, l'amour étant indispensable à la vie.

Toute la dernière demi-heure est magnifique. Cette progression lente vers la mort est visuellement très réussie. Le visage d'Yvonne, devenue inaccessible et déjà enfouie dans sa mémoire, apparait une dernière fois avant de se dissoudre pour être remplacée par des rougeoiments évoquant la lave du Volcan lorsque Geoffrey est abattu par des vigiles qui le prennent pour un espion communiste.

Extrait de la formidable scène de l'orage. L'écran montre un ciel chargé de nuages sombres et menaçants avec un effet d'éclairs très réalistes. Yvonne évoque sa rencontre avec Geoffrey:

Ma tête est aussi sombre que l'orage menaçant qui berce les cimes des arbres. Parfois, le vent s'engouffre dans les fourrés et les fait bruire, siffler. Je gravis l'étroit sentier, je le cherche.

Comme quand je l'ai rencontré pour la première fois. Nous avions rendez-vous pour dîner près de l'Alhambra et je n'ai pu le trouver...

Et le dernier soir avant que je ne parte, nous avions pris rendez-vous pour dîner ensemble à Mexico-City. Il avait oublié l'endroit, et il m'a cherché partout...

Et aujourd'hui, c'est moi qui le cherche, la première nuit de mon retour...

La pluie se met à tomber doucement. Je m'abrite sous l'auvent d'une cantina, encore une. Hugh est entré pour voir si geoffrey y est. La pluie se met à tomber plus dru et le vent fonce comme un bolide par la forêt. Tout mon être semble sur le point d'exploser. La foudre frappe parmi les arbres avec un grondement déchirant et je fais un bond en arrière, me cogne à une cage qui pend à une poutre du toit et dans laquelle quelque chose de grand et de sombre bat désespérément. De derrière les barreaux, un jeune aigle me regarde fixement. J'ouvre la cage. Il n'hésite pas un instant. Il prend son essor entre les arbres noirs et fonce vers le ciel. Je le suis du regard jusqu'à en chavirer. Je ferme la cage. Personne ne saura jamais ce que j'ai fait. Un coup de masse fait trembler la terre. Dans le tonnerre décroissant, rententit un son qui n'est pas celui de la pluie. Cela approche. Quelque animal terrifié par l'éclair. Il approche à plein galop. Une fuite éperdue. Cela se taille un chemin dans les fourrés. Et quand l'éclair fulgure une fois encore, cela pousse un hennissement prolongé, un cri presque humain. Mes genoux tremblent. Je gravis le sentier. A la lumière de l'éclair suivant, je vois le cheval. Dans tous ses détails. Il plane au-dessus de moi. Il se cabre et rue contre le blanc éclatant du ciel. Je hurle. Je m'entends hurler. Alors la Grande Roue tourbillonne autour de moi. Les gens rient dans les nacelles. Les nacelles deviennent des planètes, et - enfin- je vois les Pléiades.

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