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 Malcolm Lowry

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 16 Fév 2015 - 11:25

Il semble bien que ce soit un grand classique. Si Georges Perec le considère... Besoin de temps par exemple pour digérer un peu une somme de lectures avant de m'y rendre...

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bix229
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 16 Fév 2015 - 14:55

domreader a écrit:
Vos commentaires font remonter l'auteur dans ma PAL j'ai Au dessous du volcan sur mes étagères. Mais vu l'état déliquescent de mes neurones ce n'est pas le bon mois. Impossible de me concentrer sur plus de dix pages en ce moment. Malcolm Lowry devra attendre un peu.
Mais non ! Essaye Lunar caustic, Ecoute notre voix, o Seigneur.
Ou encore son Choix de lettres, ntamment celles qu' il adressa à son éditeur où il essaie d' expliquer
et de justifier ses projets en cours et ses motivations.
A le lire on comprend mieux la conception du Volcan. Et les souffrances qu' il endura à cause de ce
livre.
Je l' ai déjà raconté, mais Lowry était persuadé qu' une malédiction le poursuivait où qu' il aille.
Et l' histoire du manuscrit, à elle seule est une histoire lowrienne !
Je citerai simplement le fait qu' une fois la maison où il habitait brula et le manuscrit avec !
Et le feu ne l' épargna pas en d' autres circonstances au point qu' il écrivit une nouvelle qu' il
intitula Le feu du ciel vous suit à la trace, monsieur.

Quoi qu' il en soit, de tels faits aussi troublants ne pouvaient qu' ancrer en lui l' idée qu' il était coupable sans savoir de quoi. Mais les raisons ne manquaient pas si on juge d' après le Volcan !


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Dreep
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 16 Fév 2015 - 16:15

Lunar Caustic est effectivement très bien.

Je pense me pencher sur Ultramarine la prochaine fois.
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Sigismond
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mer 25 Fév 2015 - 0:38

Ultramarine (titre original éponyme), roman, 220 pages environ, 6 chapitres non intitulés, paru en 1933.

Un exemplaire de la première édition, publiée par Jonathan Cape en Angleterre.




Dès avoir pris connaissance du thème, et tourné les premières pages, on se dit: "houlà !"
Allons donc, voici un certain Malcolm Lowry, jeunot, inconnu, qui s'attaque à un roman largement autobiographique, ayant trait à la mer et à la navigation en équipage, à une date à laquelle les Melville, Stevenson, Conrad, Loti et consorts sont encore largement lus !

Et il aggrave de son cas: de surcroît il pose les questions rebattues à l'excès de l'accomplissement du jeune homme de bonne famille en homme, grâce aux humiliations et au travail de bord, dans le sillage d'un "Capitaines Courageux" de Kipling, par exemple (livre, au reste, cité dans "Ultramarine"), pour rester dans la littérature de gens de mer, et s'il faut sortir de celle-ci nous dirions que c'est là un thème littéraire dont on ne dénombre plus ceux qui s'y sont essayé, à toutes les époques.
Bref: un sujet-bateau ( honte  je n'allais pas la laisser passer, celle-là).

Ultramarine narre 48 h dans la vie d'un jeune marin, pas qu'un peu moins qu'un matelot, qu'un chauffeur ou qu'un lampiste:
Un mousse. Le plus bas de l'échelle.
Dana Hilliot (c'est son nom) est à l'âge du basculement de l'état adolescent à celui d'adulte: à l'évidence ce voyage sera initiatique.
De lui, on sait des origines norvégiennes, un rapport trouble, pas réglé à ses parents et ascendants, sur lesquels il fabule, on n'est pas loin de la mythomanie, mais plutôt dans un sens abaissant envers ceux-ci.
On lui sait une idylle, un amour chaste et pudique, envers une jeune fille, Janet, anglaise, de son milieu social, et Dana va tenter de maintenir pur cet amour, un peu fleur bleue, en dépit des aléas et habitudes inhérents au métier de marin au long cours.

Le bateau lui-même porte le nom d'Œdipus Tyrannus, rien que ça n'est-ce pas, tout un programme !
Pour l'anecdote Lowry, dans la première édition d'Ultramarine, l'avait nommé "Nawab".  
Œdipus Tyrannus, c'est le nom que Lowry donnera au bateau sur lequel Hugh, le demi-frère de Geoffrey Firmin, embarquera pour faire, lui aussi, l'apprentissage du métier de marin dans "Au-dessous du volcan".
Le navire a tantôt été norvégien de pavillon, tantôt britannique. La Norvège était un des pays les plus pauvres d'Europe à l'orée du XXème siècle. Souvenons-nous que Malcolm Lowry a parfois soutenu, sans que ce soit vraisemblable, que lui-même avait quelque ascendance norvégienne.
Un autre bateau (toujours cette fine technique du contrepoint chez Lowry) "navigue" au long cours tout au long de ce roman: l'Oxenstjerna ("Front-de-bœuf", en norvégien), qui revient à de multiples reprises, comme un bateau-arche, sublimé, mythifiable, obsédant et mystérieux, dont nous ne savons rien, ou si peu.


L'Œdipus Tyrannus le rejette, lui est incompréhensible. On sent d'emblée que, de l'adaptation de Dana au navire, dépendra son accomplissement (la réussite ou l'échec de son voyage initiatique), non seulement de marin, mais sa transfiguration de jeune homme de bonne famille en marin (déclassement social, mais désiré), d'adolescent en adulte.

Lowry en vient même à évoquer Dana en termes plus généralement employés pour des machines, histoire de rendre évident le côté fusionnel - et sa nécessité:
Chapitre VI a écrit:
La tragédie de l'après-midi , les affres du voyage, tout était oublié. Subitement il eut de lui-même une vision d'une parfaite netteté: une feuille rouge tombée sur un torrent blanc. D'un seul coup, dans sa vie, il n'y eut plus d'incohérences, ni ruptures de temps, ni flottements, ni grippages. C'était lui, rien que lui, dont les rouages intérieurs s'étaient disloqués.

 Et, tout d'un coup, le tintamarre tourbillonnant des mécanismes enchevêtrés et des aciers étincelants fit place, en son esprit, à une claire intuition des relations logiques qui commandaient les impitoyables cadences de ces barres de mouvements; les leviers se mirent à danser en mesure avec une étrange cantilène que Hilliot, inconsciemment, avait modelée sur leur murmure, et il lui apparut qu'à travers tout ce complexe engrenage - pièce agrippant une autre pièce, tiges droites qui se levaient pour s'emparer de tiges courbes, leviers qui culbutaient en arrière, se contorsionnaient vers l'avant, - c'étaient sa propre raison d'être, ses propres conflits qui étaient en cause. Finalement, le sens même de son voyage lui devenait évident, et de cela, il devait rendre grâce au puissant, généreux navire.  

 Ces énormes cônes de lumière qui inondaient certains espaces, ménageant d'autre part des masses d'ombres brisées, c'étaient, à l'intérieur d'une maison de ténèbres, les luminaires de son esprit qui se mouvaient; mais ces luminaires mêmes, quelquefois, étaient engloutis par l'irruption du grand jour, et la maison de ténèbres se transfigurait en un arbre éblouissant.

Dana évolue dans un monde clos et masculin qui le rejette et l'humilie. Son déclassement social volontaire n'est pas accepté ("il prend la place d'un brave petit gars, sans besoin"). Confiné à des tâches basses -les plus basses à bord-, il cherche à approcher deux marins norvégiens d'origine comme lui, Norman et Andy; afin de s'en faire des compagnons.

Andy est tutélaire, respecté par l'équipage, influent au-delà de ses fonctions (il est coq, chef cuistot).
Une parfaite figure de père de substitution, incarnant, en somme, la loi à bord du navire, navire dont on ne se lasse pas de rappeler qu'il se nomme Œdipus Tyrannus.
Norman, son subalterne mais qui ne le quitte pas non plus en dehors du temps de travail, paraît être "un bon gars", simple et sans calculs.

Andy a, peut-être aussi, quelque chose de totémique via son extranéité, totale vis-à-vis du milieu dans lequel se mouvait Dana Hilliott; en ce sens Andy rappelle Queequeg de Moby Dick de Melville, et pas seulement par les tatouages, mais aussi par l'expérience brute, tangible, l'école du terrain, d'où découle sa position (somme toute en vue, à sa façon aristocratique ou plus exactement élevée, à l'échelle du navire) obtenue par ses mérites, avec l'assentiment d'un équipage entier.  
Ou encore, en figure tutélaire de père de substitution sorti de la confrontation directe avec la mer, de manière longue, c'est-à-dire éprouvée à l'aune du temps, et qui en fait un chef incontestable confinant au totem, voir le Capitaine Disko Troop de Capitaines Courageux de Rudyard Kipling.

Mais Andy, selon une rude pratique traditionnelle envers les nouveaux, et aggravée par les origines de Dana, repousse Dana, l'éprouve, le houspille sans cesse, l'accable de remontrances, de travail, d'humiliations.

Une phrase-clef du livre est: "le bateau t'adoptera si tu le mérites" (notez encore la personnification du bateau).
La manière dont Dana se débarrasse peu à peu de ses faux-semblants, comme d'une gangue inutile, est fort bien tournée.
Est-ce du vécu, Monsieur Lowry ?
Je pense à singer le parler, et les manières à bord, qui ne sont à l'évidence pas les siens, attitude à laquelle il finit par renoncer, mais en douceur.
Je pense à la façon d'assumer des erreurs commises d'emblée, comme s'être rendu au rôle d'embauche en voiture - en limousine - au vu et au su de l'ensemble du futur équipage, ce qui, pour un mousse à cette époque où les automobiles étaient plutôt rares, non seulement ne se fait conventionnellement pas, mais est rien moins qu'inimaginable, erreur au demeurant commise par Lowry lui-même, à ce qu'il semble, lorsqu'il tenta sa chance dans la marine, à l'âge de son héros fictif -mais si autobiographique- Dana.

Il a une occasion de briller aux yeux de cet équipage, lorsqu'un pigeon, d'une totale incongruité, vient se poser sur un mât, à bord. Une façon de montrer qu'il est preux, capable d'actes courageux et gratuits, en somme d'"avoir la vedette" lui est offerte, cadeau tombé du ciel; mais il tergiverse, et c'est Norman qui réalise l'acte de bravoure consistant à aller récupérer le curieux -en ce lieu- volatile.

Plus tard, vers la fin du livre, ce pigeon, adopté et encagé par Norman, fournira une seconde occasion similaire à Dana, en passant malencontreusement par dessus bord, sans pouvoir se servir de ses ailes: et Dana, excellent nageur pourtant, par crainte des requins après une mise en garde d'Andy, ne plonge pas pour le secourir.
Le second signe de ce pigeon est fort différent, pour des incidents assez similaires: mais point trop ne conterai-je les conséquences, ce serait inélégant envers ceux qui lisent ces lignes sans avoir lu le livre, et souhaitent peut-être s'y plonger un jour.

Par fidélité envers Janet -pour ne pas risquer être tenté, noble et sage attitude- Dana passe les escales à bord, refusant de descendre à terre, creusant ainsi davantage le fossé qui le sépare de l'équipage.
Pourtant, tout bien réfléchi, tout bien pesé, un jour il s'y risque, au Japon. Il finit par rencontrer un autre marin, allemand, d'un autre bateau. S'ensuivent quelques pages, savoureuses, d'un Lowry très à l'aise sur un thème commun à tous ses ouvrages:
Quiconque a parcouru quelques pages de cet auteur sait combien Lowry est exceptionnel, vraiment au-dessus du lot, pour ce qui est de décrire l'ivrognerie.

Mais l'un des plus grand apports littéraires de ce livre -j'y viens enfin- tient à un procédé que je trouve remarquable, fort réussi et donnant toute sa dimension à l'ouvrage, bien que je sois certain qu'il navrera, agacera ou fera rejeter le livre par d'autres lecteurs; imaginez des motifs syncopés, composés de bribes de conversations de marins, parfois se raccordant, parfois passant là, sans intérêt, ni queue ni tête, et traversés par Dana Hilliot entièrement plongé dans de l'interne, à soliloquer en silence, avec, pour parachever l'étrange narration, des citations, parfois en grec ancien, parfois en anglais je présume, tout ceci se superposant à l'argot de gens de mer et aux débris de chants de marins...très belle et rare technique scripturale !

Le traducteur, comme l'éditeur, très confiants (trop en ce qui me concerne) dans l'érudition du lecteur, ont omis de traduire les citations en grec ancien, tandis qu'il l'ont fait pour celles des autres langues -s'il y a d'autres langues que l'anglais, ce qui est probable mais non certain.

Au grand jeu "retrouvez l'auteur de la citation", je mise quelques piécettes sur Homère et Eschyle pour le grec ancien, et peut-être Shakespeare, Yeats, Keats, Milton, Melville...
Il faut vraiment que je me procure une édition plus complète, ou plus appropriée en tous cas à mon seuil d'incompétence, lequel s'atteint il est vrai avec une célérité des plus rares.  

En conclusion, Ultramarine ne donne pas l'impression d'un galop d'essai de jeune littérateur en devenir.
Non, vraiment, je reçois Ultramarine comme un Lowry de premier plan, c'est, certes, un livre "moindre" qu"Au-dessous du volcan", mais c'est un roman extrêmement riche, je dirais même généreux en propositions littéraires, et en tous points remarquable.

Il est intrigant, et sans doute vain, de rapprocher le titre du fameux projet que Lowry, cueilli par la mort, n'a pu mener à bien, et qu'il pensait intituler "The journey that never ends" - le voyage qui ne finit jamais, et dans lequel "Au-dessous du volcan" prenait part directe au futur corpus.  
En effet, la notion d'outre-mer du titre n'est peut-être pas celle que nous entendons généralement: "outre les mers qui baignent les côtes de notre continent", en somme; mais bel et bien plutôt outre toutes les mers, outre toutes les navigations cumulées, possibles sur notre planète.
Via le voyage marin (via l'élément maritime et le bateau voguant) une sublimation, une quête abstraite en marche.
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 23 Mar 2015 - 14:47

j' ai lu avec intérêt ton commentaire Sigismond. merci

Je n'ai lu, pour le moment, que 3 livres de Lowry, Sous le volcan, En route pour Cabriola et les nouvelles de "Ecoute notre voix O Seigneur" les mêmes thèmes se retrouvent, le bateau et l'équipage, l'alcool, l' auteur qui pense à haute voix, les incendies qui le poursuivent ; Lowry critique de l'écrivain Lowry (quel que soit le nom attribué dans les livres à l'écrivain). La "maison", cabane ou autre habitation dont la description est aussi la même et le lieu : bord de l'eau et la forêt derrière. De nombreuses citations pour étayer ses pensées, en langue étrangère comme tu le notes.
J'ai l'impression que l'écriture de Lowry se réalise en départs/retours concentriques. Mais quelle écriture ! les descriptions sont magnifiques même si elles sont accompagnées, presque toujours, d'ombres (mauvais présages, peur.......)

J'ai souffert à le lire, à suivre ses pensées je me suis perdue dans un labyrinthe.................concentrique lui aussi mais j'ai trouvé la porte ouvrant sur une autre lecture.

Je dois pas être très lisible là jypeurien

Bref, je continuerai à lire Lowry !

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 23 Mar 2015 - 15:09

Bédoulène a écrit:
j' ai lu avec intérêt ton commentaire Sigismond. merci

Je n'ai lu, pour le moment, que 3 livres de Lowry, Sous le volcan, En route pour Cabriola et les nouvelles de "Ecoute notre voix O Seigneur" les mêmes thèmes se retrouvent, le bateau et l'équipage, l'alcool,  l' auteur qui pense à haute voix, les incendies qui le poursuivent  ;  Lowry  critique de l'écrivain Lowry (quel que soit le nom attribué dans les livres à l'écrivain). La "maison", cabane ou autre habitation dont la description est aussi la même et le lieu : bord de l'eau et la forêt derrière. De nombreuses citations pour étayer ses pensées, en langue étrangère comme tu le notes.
J'ai l'impression que l'écriture de Lowry  se réalise en départs/retours  concentriques. Mais quelle écriture ! les descriptions sont magnifiques même si elles sont accompagnées, presque toujours, d'ombres (mauvais présages, peur.......)  

J'ai souffert à le lire, à suivre ses pensées je me suis perdue dans un labyrinthe.................concentrique lui aussi mais j'ai trouvé  la porte ouvrant sur une autre lecture.

Je dois pas être très lisible là jypeurien

Bref, je continuerai à lire Lowry !

Un conseil : pour mieux comprendre lowry, ses poblèmes de vie, d' alcoolisme, de création, d' auto
destruction, de culpabilité et de perfectionnisme, lisez-donc sa correspondance et notamment,les explications et justifications de lowry à son éditeur pour justifier les choix des mots et des phrases.
On le sent exaspéré de devoir justifier des choix qu' il a passé des heures, des jours et des semaines
à corriger, à tout revoir et on a l'impression que le débat avec l' éditeur est pour lui exaspérant et
même humiliant.

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Lun 23 Mar 2015 - 17:17

merci Bix, je vais voir si j'en trouve, mais déjà j'avais lu celle jointe à Sous le volcan, cela doit le toucher effectivemement parce que dans les nouvelles j'ai bien senti (par le biais de ses héros écrivains) ses interrogations et inquiétudes.

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Sam 16 Mai 2015 - 19:15

AUCUN CHEMIN TRANQUILLE


Hélas pas de chemin tranquille pour mon ame,
Car le mal est en moi ; nul chemin de mémoire
Que ne hante ni présence amie ni vampire ;
Ou ceux que j' ai aimés échangent un soupir,
La carese d' une aile, avant de pénétrer
Dans la demeure des reves, en silence. Là des fruits
Brillent dans la lumière qui rayonne du visage
Le plus serein de tous, celui
De l' amour dissipant la nuit.
Non, il n' y a pas de chemin, pas de chemin
Sinon celui par où toutes les abstractions
Se sont enfuies, les préceptes montés au ciel
Descendues les métaphysiques,
Où continuent de clopiner
Les principes qu' on a reniés.
Aucun chemin, plutot un fleuve en pleine crue
Où, emportés par l' eau, des noyés gesticulent.

Pour l' amour de mourir. - Editions de la Différence


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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Sam 16 Mai 2015 - 19:19

on comprend le titre ; c'est bien du Lowry !

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Sam 16 Mai 2015 - 20:37

Bédoulène a écrit:
on comprend le titre ; c'est bien du Lowry !

C' est vrai, Bédou, pas de chemin pour le malheureux Lowry. Seul celui de l' autodestruction...

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mer 11 Nov 2015 - 1:24


Le Voyage infini
vers la mer Blanche
Malcolm Lowry
Traduit par Martine De Clercq
Langue d'origine : Anglais (Royaume-Uni)
Préface de Jacques Darras

"En juin 1944, alors que Malcolm Lowry mène une existence pour le moins rustique sur la côte pacifique canadienne en compagnie de sa seconde épouse Margerie Bonner, un drame fondateur survient  : leur modeste cabane prend feu. Le couple tente vaillamment d’extraire du brasier les centaines de pages des manuscrits de Lowry. L’essentiel de Sous le Volcan est sauvé mais la version quasi achevée d’un autre texte, In Ballast to the White Sea, part en flammes. Ce manuscrit disparu – comme d’autres dans la vie de l’auteur – ne sera désormais plus évoqué que pour nourrir la légende d’écrivain maudit qui suit Malcolm Lowry comme son ombre. Il faudra attendre la disparition en 2001 de Jan Gabrial, la première femme de Lowry, pour découvrir qu’un carbone d’un premier jet avait été déposé chez les parents de Jan, avant que le couple n’entame son fameux voyage au Mexique, matrice du chef-d’œuvre à venir, Sous le volcan.

C’est la traduction de ce roman inachevé, édité par une équipe de chercheurs d’Ottawa University, qui est présentée ici. Curiosité littéraire s’il en est, ce roman au charme puissant explore déjà tous les grands thèmes chers à Lowry – la fascination de la mer, la question du double, l’addiction à l’alcool et s’affirme dès lors comme une importante pièce du puzzle bibliographique de Malcolm Lowry."

Une sacrée bonne nouvelle et qu' on n' attendait plus. La malédiction du feu aurait-elle pris fin pour Malcolm Lowry ? B

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mer 11 Nov 2015 - 9:11

merci Bix, j'y reviendrai un de ces jours ! (déjà la fin de l'année s'annonce )

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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mer 11 Nov 2015 - 9:44

Ca ferait un livre formidable, cette histoire de manuscrit disparu. Il faudrait décider si Lowry (et d'autres) a réellement oublié le double ou cache son existence pour entretenir le mythe.
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mer 11 Nov 2015 - 14:50

topocl a écrit:
Ca ferait un livre formidable, cette histoire de manuscrit disparu. Il faudrait décider si Lowry (et d'autres) a réellement oublié le double ou cache son existence pour entretenir le mythe.
C' est la vie entière de Lowry qui est un roman. Une fiction plutôt terrible. Il pensait que le feu du ciel le suivait à la trace. Il a meme
écrit une nouvelle sur le sujet.

Yannick Haenel écrit :

"Ce premier roman, l' auteur n' avait céssé, comme chacun de ses livres, de le retravailler pendant des années, au gré de ses errances alcoolisées et de ses espérances kabbalistiques : lorsque Lowry s' était jeté dans la cabane en flammes, il avait reçu une poutre en feu
sur le dos qui l' avait brulé au troisième degré, et de ce bucher sacrficiel allumé par les puissances obscures qui ravageaient son esprit...

... C' est une merveille d' étrangeté : car embarquer avec Lowry, c' est précisément entrer dans ce grand feu où il va chercher ses phrases, ses visions spectrales, ses dialogues hallucinés qui semblent prononcées par le diable lui-même, ces dédoublements d' ames où les frères
se substituent l' un à l' autre, où le père et le fils veillent sur le secret d' un naufrage maritime qui est peut etre celui du monde, où
la mémoire de tous les livres ne cesse d' incuber la moindre phrase et de rejouer, sur le pont d' un paquebot, dans un bar de Cambridge
ou dans une taverne de Liverpool les scènes primordiales qui font apparaitre à travers les siècles, Job, Dante, Moby Dick ou Faust.

Les grandes œuvres font coincider magie blanche et magie noire: elles marient le ciel et l' enfer ; comme le dit Lowry, elles vous font
"prendre part aux mystères" : ainsi de ce roman métaphysique très fou, débordant, spéculatif et absolument illuminé, où chaque
personnage, par ses désirs, ses complications, son inquiétude, bute sur un savoir, qui tout en se dérobant, insinue à chaque instant
que "le monde lui-même avait mis fin à ses jours."

Sous ses jours de voyage maritime constamment reporté au lendemain, le Voyage infini... est aussi une expertise déchirée du suicide
occidental, où "le nom des globes, des roues, des bètes mystérieuses et des anges de bonté" en sait aussi  long sur "le monde en train
de s' écrouler"..
"La société caplitaliste porte en elle ses propres présages rouillés de désastre comme la baleine criblée de lances, affaiblie par ses
blessures avant de subir l' assaut final."


Roman hanté par la décomposition de la société, par l' attente messianique d' une révolution, où l' on croise en effet sans cesse la
présence de la baleine blanche - en un sens on est dans la baleine, on n' en sortira plus, l' apocalypse a déjà eu lieu :
"Quel chemin prendrais-tu Melville, si tu étais vivant ?"

"Le Trérsor Lowry" in Charlie Hebdo, n° 1216

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ArenSor
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   Mer 11 Nov 2015 - 18:56

bix229 a écrit:
Bédoulène a écrit:
j' ai lu avec intérêt ton commentaire Sigismond. merci

Je n'ai lu, pour le moment, que 3 livres de Lowry, Sous le volcan, En route pour Cabriola et les nouvelles de "Ecoute notre voix O Seigneur" les mêmes thèmes se retrouvent, le bateau et l'équipage, l'alcool,  l' auteur qui pense à haute voix, les incendies qui le poursuivent  ;  Lowry  critique de l'écrivain Lowry (quel que soit le nom attribué dans les livres à l'écrivain). La "maison", cabane ou autre habitation dont la description est aussi la même et le lieu : bord de l'eau et la forêt derrière. De nombreuses citations pour étayer ses pensées, en langue étrangère comme tu le notes.
J'ai l'impression que l'écriture de Lowry  se réalise en départs/retours  concentriques. Mais quelle écriture ! les descriptions sont magnifiques même si elles sont accompagnées, presque toujours, d'ombres (mauvais présages, peur.......)  

J'ai souffert à le lire, à suivre ses pensées je me suis perdue dans un labyrinthe.................concentrique lui aussi mais j'ai trouvé  la porte ouvrant sur une autre lecture.

Je dois pas être très lisible là jypeurien

Bref, je continuerai à lire Lowry !

Un conseil : pour mieux comprendre lowry, ses poblèmes de vie, d' alcoolisme, de création, d' auto
destruction, de culpabilité et de perfectionnisme, lisez-donc sa correspondance et notamment,les explications et justifications de lowry à son éditeur pour justifier les choix des mots et des phrases.
On le sent exaspéré de devoir justifier des choix qu' il a passé des heures, des jours et des semaines
à corriger, à tout revoir et on a l'impression que le débat avec l' éditeur est pour lui exaspérant et
même humiliant.
Dommage que ce recueil de lettres n'a pas été réédité. "Sous le volcan" est l'un des livres dont la lecture m'a profondément marqué.
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MessageSujet: Re: Malcolm Lowry   

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Malcolm Lowry
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