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 William Butler Yeats

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lekhan
Main aguerrie


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MessageSujet: William Butler Yeats   Sam 15 Mar 2008 - 21:22



Le moment Biographique wikipedia:

Citation :
Fils du peintre John Butler Yeats, William Butler Yeats, est un poète [et dramaturge] irlandais ,né le 13 juin 1865 à Sandymount (Dublin) et mort le 28 janvier 1939 à Roquebrune-Cap-Martin, en France. Yeats est l'un des instigateurs du renouveau de la littérature irlandaise et co-fondateur de l'Abbey Theatre.

Yeats est un poète, un dramaturge qui m'a souvent intrigué. Un des fondateurs de la révolution (culturelle?) Irlandaise. Il est pour moi un des guides de la révolution par l'intelligence. Poète et dramaturge profondément marqué par la culture de son pays, de sa région, il est un des plus grands poètes du 20 ème siècle. On le connait souvent pour sa poésie, et son fameux Recueil La Tour , mais il est également dramaturge. Initié par Ezra Pound (c'est également lui qui lancera Yeats, tout comme Joyce d'ailleurs) à l'art du Nô, il écrira Trois Nôs Irlandais (édité chez l'excellente maison José Corti ) entre réel et surnaturel, où les pierres ont des âmes et où la nature se fait reine des hommes.
Il publiera également un certain nombre de pièces pour le Théâtre de l'abbaye (qui a donné son nom à cette génération).


Ses yeux:

Citation :
Les cygnes sauvages à Coole

Les arbres, les voici dans leur beauté d’automne,
À travers bois les chemins sont secs,
Sous le crépuscule d’octobre les eaux
Reflètent un ciel tranquille ;
Sur les hautes eaux, passant entre les pierres,
Vont les cygnes, cinquante et neuf.

Le dix-neuvième automne est descendu sur moi
Depuis que je les ai comptés pour la première fois ;
Je les vis, avant d’en avoir pu finir le compte,
Qui s’élevaient soudain
Et s’égayaient en tournoyant en grands cercles brisés
Sur leurs ailes tumultueuses.

J’ai contemplé ces créatures brillantes
Et maintenant mon cœur est douloureux.
Tout a changé depuis qu’au crépuscule
Pour la première fois, sur ce rivage,
À entendre le carillon de leurs ailes au-dessus de ma tête
Je marchais d’une marche plus légère.

Toujours sans se lasser, en couples d’amants,
Ils rament dans les froids,
Les complices courants, ou grimpent dans les airs ;
Leurs cœurs n’ont pas vieilli ;
Passions ou conquêtes, où qu’ils partent errer,
Leur font toujours escorte.
Mais maintenant ils glissent sur les eaux tranquilles,
Mystérieux et pleins de beauté ;
Parmi quels joncs feront-ils leur nid,
Sur la rive de quel lac, de quel étang
Raviront-ils d’autres yeux lorsque je m’éveillerai
Et trouverai, un jour, qu’ils se sont envolés ?

In Les cygnes sauvages à Coole.

On notera d'ailleurs la récurrence du Cygne dans son oeuvre. On trouve notamment un poème intitulé Léda et le Cygne édité dans un recueil chez La Délirante.

Citation :
Les nouveaux visages
Maintenant que vous êtes vieille, si vous veniez à mourir
La première, ni le catalpa, ni le tilleul odorant n’entendraient
Mes pas de vivant, et je ne retournerais pas où nous forgeâmes
Des œuvres que le Temps ne pourra entamer.
Que les nouveaux visages, dans les salles anciennes, déploient
Tous les tours qu’ils veulent ; la nuit peut l’emporter sur le jour,
Nos ombres vagabondes errer encore dans les allées de gravier,
Et les vivants, qui sait, paraître moins vivants que les ombres.

In La Tour.


Poète trop souvent ignoré, trop souvent méconnu, il marque pour moi durablement les siècles et préfigure à bien des égards l'engagement littéraire.
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bix229
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MessageSujet: Re: William Butler Yeats   Sam 27 Juin 2009 - 2:04

Mon anglais est beaucoup trop approximatif pour que je me lance dans
sa poésie, mais j' ai lu avec plaisir les 2 volumes de son autobiographie...traduits en
français...
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swallow
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MessageSujet: Re: William Butler Yeats   Sam 27 Juin 2009 - 9:55

Une traduction française du poème :

He Wishes for the Cloths of Heaven
Had I the heavens' embroidered cloths,
Enwrought with golden and silver light,
The blue and the dim and the dark cloths
Of night and light and the half light,
I would spread the cloths under your feet:
But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams under your feet;
Tread softly because you tread on my dreams.

The Song of Wandering Aengus
I went out to the hazel wood,
Because a fire was in my head,
And cut and peeled a hazel wand,
And hooked a berry to a thread;
And when white moths were on the wing,
And moth-like stars were flickering out,
I dropped the berry in a stream
And caught a little silver trout.
When I had laid it on the floor
I went to blow the fire aflame,
But something rustled on the floor,
And some one called me by my name:
It had become a glimmering girl
With apple blossom in her hair
Who called me by my name and ran
And faded through the brightening air.
Though I am old with wandering
Through hollow lads and hilly lands.
I will find out where she has gone,
And kiss her lips and take her hands;
And walk among long dappled grass,
And pluck till time and times are done
The silver apples of the moon,
The golden apples of the sun.

Ce poème a été repris par Donovan dans une très belle chanson (ici)

Ce serait trop dommage de passer à côté de tant de majesté et effacement pour une fois réunis:




Lui qui aurait voulu pouvoir offrir le ciel





Si je pouvais t'offrir le bleu secret du ciel
Brodé de lumière d'or et de reflets d'argents
Le mystérieux secret, le secret éternel
De la nuit et du jour, de la vie et du temps
Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds
Mais tu sais je suis pauvre et je n'ai que mes rêves
Alors c'est de mes rêves qu'il faut te contenter
Marche doucement, car tu marches sur mes rêves




Traduction libre de « He wishes for the cloths of Heaven » de W.B. Yeats par Keyvan Sayar
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kenavo
Zen Littéraire


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MessageSujet: Re: William Butler Yeats   Sam 27 Juin 2009 - 17:27

swallow a écrit:
Une traduction française du poème que nous propose Lavinie (He Wishes for the Cloths of Heaven), ce serait trop dommage de passer à côté de tant de majesté et effacement pour une fois réunis:
aime oh oui.. merci pour ce fil et ce poème.. cité dans le film sur la vie de Hélène Hanff, 84, Charing Cross et dont je l'entends toujours récité avec la voix d'Anthony Hopkins... c'est trop beau...


c'est à voir et à écouter ici

84, Charing Cross, c'est avant tout un livre :

Citation :
Une authentique et délicieuse correspondance échangée pendant vingt ans (de 1949 à 1969) entre Helene Hanff, scénariste new-yorkaise passionnée de livres et les employés de la librairie Mark & Co., 84, Charing Cross Road à Londres, spécialisée dans les titres épuisés. Frank Doel, le premier et principal interlocuteur de mademoiselle Hanff, est chargé d'assouvir l'insatiable soif littéraire de sa cliente américaine. Son dévouement, sa délicatesse et sa réserve toute britannique touchent la new-yorkaise, exigeante et avide d'éditions originales, de textes rares introuvables aux États-Unis, "Londres est bien plus près de mon bureau que la 17e Rue", a-t-elle décrété. Très vite, un ton chaleureux et intime s'installe entre les correspondants. La générosité, la vivacité, l'extravagance et l'humour d'Helene attisent la curiosité du personnel de la petite librairie et des proches de Frank Doel, qui à leur tour, participent à cet échange épistolaire. Une véritable et extraordinaire amitié par correspondance s'installe entre les protagonistes.
ma première visite à Londres m'avait tout de suite amené dans cette rue.. Charing Cross.. il y en a encore beaucoup de librairies là-bas.. mais plus celle de Frank Doel Wink

Moi, j'adore..
il a son fil chez les Parfumés ici

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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bix229
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MessageSujet: Re: William Butler Yeats   Sam 27 Juin 2009 - 17:29

Merci Swallow, et pour ceux à venir aussi, je l' espère !
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MessageSujet: Re: William Butler Yeats   Sam 27 Juin 2009 - 18:24

Je l'ai déjà mis sur le fil Coup de coeur poétique, mais ce célèbre poème est tellement beau qu'il mérite bien un double postage:


The Lake Isle of Innisfree

I will arise and go now, and go to Innisfree,
And a small cabin build there, of clay and wattles made:
Nine bean-rows will I have there, a hive for the honey-bee;
And live alone in the bee-loud glade.

And I shall have some peace there, for peace comes dropping slow,
Dropping from the veils of the morning to where the cricket sings;
There midnight's all a glimmer, and noon a purple glow,
And evening full of the linnet's wings.

I will arise and go now, for always night and day
I hear lake water lapping with low sounds by the shore;
While I stand on the roadway, or on the pavements grey,
I hear it in the deep heart's core.

W.B. Yeats, 1893


L’Ile du Lac d'Innisfree

Je vais partir maintenant, partir pour Innisfree,
J’y construirai une petite hutte d’argile et d’osier,
J’y aurai neuf rangées de fèves, et une ruche qui donne du miel;
Et je vivrai seul dans la clairière bruissante d’abeilles.

Je goûterai un peu de paix, car la paix coule lentement,
Coule des voiles de l’aube, là où le grillon chante.
Minuit est une lueur, midi un éclat pourpre,
Et des linottes font du soir un envol d’ailes.

Je vais partir maintenant, car j’entends nuit et jour
Tout bas l’eau du lac battre sur la rive.
Que je marche sur la grand-route ou sur les pavés gris,
Toujours je l’entends au tréfonds du cœur.
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Constance
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MessageSujet: Re: William Butler Yeats   Mar 31 Jan 2012 - 12:01

swallow a écrit:

Lui qui aurait voulu pouvoir offrir le ciel


Si je pouvais t'offrir le bleu secret du ciel
Brodé de lumière d'or et de reflets d'argents
Le mystérieux secret, le secret éternel
De la nuit et du jour, de la vie et du temps
Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds
Mais tu sais je suis pauvre et je n'ai que mes rêves
Alors c'est de mes rêves qu'il faut te contenter
Marche doucement, car tu marches sur mes rêves


Traduction libre de « He wishes for the cloths of Heaven » de W.B. Yeats par Keyvan Sayar



J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur, Swallow, mais je préfère cette traduction sourire


Yeats disait de ce poème qu'il était la meilleure façon pour un homme de perdre une femme. Very Happy



Il voudrait avoir les voiles du ciel


Si j'avais les voiles brodés du ciel,
Ouvrés de lumière d'or et d'argent,
Les voiles bleus et pâles et sombres
De la nuit, de la lumière, de la pénombre,
J'étendrais ces voiles sous tes pas :
Mais moi qui suis pauvre n'ai que mes rêves;
J'ai étendu mes rêves sous tes pas;
Marche doucement car tu marches sur mes rêves.










L’aube


Je voudrais avoir l'ignorance de l’aube
Qui de là-haut a vu
Cette vieille reine mesurer une ville
Avec l’épingle d’une broche,
Ou ces vieillards flétris regarder
De leur pédante Babylone
La course insouciante des planètes,
Le déclin des étoiles et l'éveil de la lune,
Et saisir leurs tablettes pour y faire des calculs;
Je voudrais avoir l'ignorance de l’aube,
Et comme elle tout simplement,
Balancer sur les épaules embrumées des chevaux
Les paillettes de son char;
Je voudrais - car tout savoir ne vaut pas un liard -
Avoir la folle ignorance de l'aube.


20 juin 1914-Février 1916





The dawn



I would be ignorant as the dawn
That has looked down
On that old queen measuring a town
With the pin of a brooch,
Or on the withered men that saw
From their pedantic Babylon
The careless planets in their courses,
The stars fade out where the moon comes,
And took their tablets and did sums;
I would be ignorant as the dawn
That merely stood, rocking the glittering coach
Above the cloudy shoulders of the horses;
I would be - for no knowledge is worth a straw -
Ignorant and wanton as the dawn.


(Extrait de "Les Cygnes Sauvages de Coole", in "La rose et autres poèmes", édition bilingue/ traduction de Jean Briart/ NRF/Poésie Gallimard)
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: William Butler Yeats   Mar 19 Mar 2013 - 12:21

Petite pause de midi .. et j'avais faim ... de découverte ...
Et je me suis dit que j'allais goûter à un peu de poésie (l'occurence de messages sur ce sujet grâce à notre québecois poétique Jack Hubert Bukowski a du m'influencer sourire )
Et je me suis rappelé avoir lu en Irlande un peu de Yeats dans un restaurant ou un pub ...
Et la lecture de ce fil fut un vrai plaisir mais aussi une découverte ... Enfin de la poésie qui me parle ... je pensais vraiment être imperméable à ce genre littéraire !
Encore plus surprenant, cela me parle en anglais mais me laisse plutôt froid en français ....
En tout cas, chers amis "dealers", n'hésitez pas à faire étalage de votre "came" content
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Constance
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MessageSujet: Re: William Butler Yeats   Lun 26 Mai 2014 - 11:58

.


Un poète à sa bien-aimée



Je t'apporte de mes mains déférentes
Les pages de mes rêves sans nombre.
Dame blanche usée par la passion
Comme les sables tourterelle par la vague
Et au coeur plus vieilli que la corne
Qui déborde du feu pâle du temps :
Dame blanche aux rêves sans nombre
Je t'apporte mes vers et leur passion.



Composé en 1895, publié en 1896


(Extrait de "La rose", in "La rose et autres poèmes"/ Edition bilingue, traduit de l'anglais par Jean Briat/ Collec. Points)




A poet to his beloved



I bring you with reverent hands
The books of my numberless dreams,
White woman that passion has worn
As the tide wears the dove-grey sands,
And with heart more old than the horn
That is brimmed from the pale fire of time:
White woman with numberless dreams,
I bring you my passionate rhyme.
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MessageSujet: Re: William Butler Yeats   Aujourd'hui à 22:23

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