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 Claudia Pineiro [Argentine]

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Epi
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeJeu 24 Fév 2011 - 20:30

aeriale a écrit:
Mmm...Pas vraiment terrifiant au sens propre du terme. Plutôt glaçant et un peu surprenant aussi. Mais je n'en dis pas plus, tu risques dêtre déçue sinon sourire
Et finalement, je continue, ça se lit vite et c'est quand même dur de le lâcher !

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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeJeu 24 Fév 2011 - 22:27

Epi a écrit:
aeriale a écrit:
Mmm...Pas vraiment terrifiant au sens propre du terme. Plutôt glaçant et un peu surprenant aussi. Mais je n'en dis pas plus, tu risques dêtre déçue sinon sourire
Et finalement, je continue, ça se lit vite et c'est quand même dur de le lâcher !

Et ça le sera de plus en plus Very Happy
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MessageSujet: Elena et le roi détrôné   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeDim 17 Avr 2011 - 11:02

Elena et le roi détrôné

Citation :
Quatrième de couverture

Pour Elena, atteinte de la maladie de Parkinson, le temps se mesure en cachets de dopamine. Son cerveau n'est plus qu'un roi détrôné, incapable de se faire obéir sans ce capricieux émissaire. Quand on lui annonce l'invraisemblable suicide de sa fille, Rita, elle sait qu'il lui faut mener sa propre enquête, et qu'elle a besoin d'aide. Vingt ans plus tôt, elle a sauvé des griffes d'une faiseuse d'anges une jeune femme qui lui envoie chaque année un émouvant gage de bonheur familial. Alors, au prix d'un effort titanesque rythmé par ses pilules, elle traverse Buenos Aires pour demander à Isabel, qu'elle n'a jamais revue, d'acquitter sa dette : prêter son corps valide pour retrouver le meurtrier supposé. Mais le malentendu est abyssal entre les deux femmes. Qui doit payer et pour quoi ? Condition féminine, vulnérabilité, préjugés, ce roman utilise les ressorts de la littérature policière pour livrer une subtile réflexion sur la construction de l'identité et une troublante interrogation sur l'obstination à vouloir vivre, à tout prix.

Cela tenait de la gageure mais l’auteur a réussi haut la main à retenir l’attention vigilante de son lecteur en transformant le chemin de croix d’une femme d’une soixantaine d’années atteinte de la maladie de Parkinson en odyssée digne d’une tragédie grecque. Oubliez « les ressorts de la littérature policière » de la quatrième de couverture, nous sommes en plein roman psychologique dans lequel trois portraits de femmes se chevauchent, se juxtaposent, se croisent et se repoussent à la fois. Nous sommes au plus près de la maladie, nous sommes même en dedans, dans la tête et le corps d’Elena qui lui échappe, ce corps paralysé et agité à la fois, ce corps hors de contrôle et hors de portée, comme peuvent l’être certains de nos proches, que nous pensions connaître mais qui nous échappent toujours un peu. La maladie occupe la place centrale du roman mais sans pathos ni apitoiements : le ton est rude, sec, frontal et percutant, comme le sont les relations interpersonnelles pleines de non-dits, de colères, de rancunes et de frustrations mais aussi d’amour et d’affection. Il n’est pas donné à tout le monde d’accepter l’inacceptable, nous atteignons tous un moment ou un autre notre limite supportable. Voici alors venu le temps où il n’y a plus aucun échappatoire possible, et nul ne sait d’avance comment il s’y révélera : avec hargne, pugnacité, avec pudeur, avec effroi, peur ou rejet.
Citation :

Un jour, n’importe lequel, le jour où votre fille m’a trouvée vomissant sur un trottoir, le jour où votre fille a été trouvée morte dans le clocher d’une église, ou même aujourd’hui, la vie nous met à l’épreuve, ce n’est plus une mise en scène sur un théâtre imaginaire. C’est le jour où se produit devant nous la véritable révélation, ce jour-là il n’y a plus de mensonge qui vaille.
Ce qui me frappe avant tout après la lecture de ce roman est ce grand respect que je ressens envers ces trois femmes, qu’on se garde bien de juger tant nous ne savons pas nous-mêmes comment nous réagirions face à ces situations. La vie est un combat de tous les jours, âpre et cruel, et la rage de vivre se trouve parfois là où on ne l’attendait pas.
Un très bon roman et un auteur à suivre de très près.
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeDim 17 Avr 2011 - 11:10

Epi, où en es-tu maintenant avec cette lecture ? sourire
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeDim 17 Avr 2011 - 14:11

sentinelle a écrit:
Epi, où en es-tu maintenant avec cette lecture ? sourire
Je ne l'ai pas abandonné finalement et ai continué ma lecture mais j'ai eu du mal parce que comme tu le dis, "Nous sommes au plus près de la maladie, nous sommes même en dedans" et j'ai trouvé cela très dur à supporter, car j'étais dans une période où je ne me sentais pas très en forme. Mais une fois commencé, on ne peut pas lâcher ce livre, c'est juste impossible.

Un auteur à suivre oui et je suis d'autant plus curieuse que j'ai trouvé Eléna et le roi détrôné bien différent des Veuves du jeudi, cela m'intrigue beaucoup.

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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeDim 17 Avr 2011 - 17:25

sentinelle a écrit:
Ce qui me frappe avant tout après la lecture de ce roman est ce grand respect que je ressens envers ces trois femmes, qu’on se garde bien de juger tant nous ne savons pas nous-mêmes comment nous réagirions face à ces situations. La vie est un combat de tous les jours, âpre et cruel, et la rage de vivre se trouve parfois là où on ne l’attendait pas.
Un très bon roman et un auteur à suivre de très près.
Merci pour ce très bon commentaire Senti, tu résumes bien toute la singularité de ce livre.
Et je suis contente si grâce à vous elle se fait connaître ici...

Comme le souligne Epi, cette auteure peut écrire dans des styles très différents, et rester tout aussi efficace. A suivre c'est certain!
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeDim 17 Avr 2011 - 18:53

Je suis curieuse de lire son premier roman traduit en français maintenant oui

Je comprends la difficulté à laquelle tu as été confrontée à la lecture Epi, ce roman n'est sans doute pas à lire en toutes circonstances, certainement pas en tout cas lorsqu'on se sent soi-même patraque, il vaut mieux attendre un peu et se sentir d'attaque pour affronter tout ça sourire

Et merci à vous pour vos commentaires, car lorsque je suis tombée dessus à la biblio, ce roman ne m'était plus inconnu et je n'ai donc pas hésité à l'emprunter, et j'ai bien fait !
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeLun 21 Nov 2011 - 14:07

Les veuves du jeudi

C'est drôle, mais j'ai toujours cette image d'ouverture du film, trois cadavres au fond de l'eau, qui me reste en mémoire. Le film est fidèle au livre d'ailleurs, dans l'esprit, mais est-ce le fait de l'avoir vu avant d'avoir lu le roman, je le trouve plus efficace, plus direct et, donc, le livre de Claudia Pineiro m'a un peu déçu en comparaison. La différence vient essentiellement des deux ados rebelles, qui sont un peu le regard extérieur, et qui sont relativement peu présents dans le film. En revanche, le personnage de Carla, femme battue, y est plus développée, c'est elle qui observe ce petit monde d'ex-riches, nouveaux chômeurs, aux vices privés et aux vertus publiques. Contrairement à Marie, je pense que le livre est très argentin dans son sujet et par son ton, pour décrire cette micro-société repliée sur elle-même, arrogante et intolérante qui supporte mal la déchéance. Ou plus exactement d'en montrer les signes extérieurs. En tous cas, je vous rejoins pour constater que Claudia Pineiro est vraiment une romancière intéressante, ses deux seuls livres traduits en français montrant une capacité à renouveler ses thèmes et son style.
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeMar 22 Nov 2011 - 10:25

traversay a écrit:
Les veuves du jeudi

C'est drôle, mais j'ai toujours cette image d'ouverture du film, trois cadavres au fond de l'eau, qui me reste en mémoire. Le film est fidèle au livre d'ailleurs, dans l'esprit, mais est-ce le fait de l'avoir vu avant d'avoir lu le roman, je le trouve plus efficace, plus direct et, donc, le livre de Claudia Pineiro m'a un peu déçu en comparaison. La différence vient essentiellement des deux ados rebelles, qui sont un peu le regard extérieur, et qui sont relativement peu présents dans le film. En revanche, le personnage de Carla, femme battue, y est plus développée, c'est elle qui observe ce petit monde d'ex-riches, nouveaux chômeurs, aux vices privés et aux vertus publiques. Contrairement à Marie, je pense que le livre est très argentin dans son sujet et par son ton, pour décrire cette micro-société repliée sur elle-même, arrogante et intolérante qui supporte mal la déchéance. Ou plus exactement d'en montrer les signes extérieurs. En tous cas, je vous rejoins pour constater que Claudia Pineiro est vraiment une romancière intéressante, ses deux seuls livres traduits en français montrant une capacité à renouveler ses thèmes et son style.

Oh ? Un film tiré ce roman est sorti ? intense reflexion
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeMar 22 Nov 2011 - 10:32

Pas en France. Il existe un DVD en V.O avec sous-titres espagnols et peut-être anglais (je ne m'en souviens plus).

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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeMar 22 Nov 2011 - 10:50

traversay a écrit:
Pas en France. Il existe un DVD en V.O avec sous-titres espagnols et peut-être anglais (je ne m'en souviens plus).

Ah voilà l'explication, merci Traversay content
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeMer 4 Jan 2012 - 15:52

Elena et le roi détrôné

Pour une fois, j’en veux à Actes Sud. Ce roman n’a rien d’une littérature policière, contrairement à ce que dit le 4ème de couverture. Et le titre français est un abus, voulant donner un autre ton au livre que le titre original « Elena sabe » (Elena sait) .

On comprend que « Elena et le roi détrôné » avec un air de tragédie antique, ait séduit poutr ce livre qui parle de vie et de mort, de dette et de filiation. (Il s’explique par le cerveau d’Elena qui est « un roi détrôné, qui ne s’est pas aperçu qu’il ne gouvernait plus »).
Mais lire le livre à la lumière du titre original lui donne un sens plus prosaïque, plus humble, qui ne me déplait pas.. Elena sait . Elena est quelqu’un qui sait quelqu’un qui ne questionne pas (ou mal), et avance; Elle est atteinte de maladie de Parkinson. On la suit au fil d’une journée, les assaut de la maladie rythmés pas les prises de médicaments, lesquelles accordent un répit. Claudia Pineiro nous livre une description scrupuleuse, quasi obsessionnelle de la maladie qui envahit le corps mais aussi l'esprit, fige tous les instants en un combat toujours recommencé, amène Elena à des ressassements taraudants. Elena est à la merci de la maladie, ce démon « cette salope » dit-elle qui lui dicte une vie réduite à s’observer. Au delà de l’émotion que peut donner cette description d’un quotidien impitoyable, Elena est donc quelqu’un qui sait. Ou plutot qui croit savoir.. Elle croit savoir que sa fille Rita, n’est qu’une catholique froide et revêche, sans affect et sans vie personnelle. Qu’elle ne peut donc pas s’être suicidée, pendue au bout d’une corde à une poutre de l’église comme le prétend la police. Elle croit savoir qu’Isabel, qu’elle a empêchée d’avorter il y a vingt ans de cela, lui doit une fière chandelle. Et qu’elle ne peut lui refuser de l’aider à prouver « l’innocence » de Rita. Que d’ailleurs la maladie lui donne ce droit d’exiger. Elle va apprendre au bout d’un long voyage en train puis en taxi à travers la ville, menée avec obstination malgré la maladie, que la vie n’est pas toujours ce que l’on croit, que les droits, les devoirs et l’amour ne se commandent pas, ne se décident pas unilatéralement.




Dans ce livre une description de l’intérieur de la maladie de Parkinson, vraiment bien rendue (j’en sais quelque chose mais cela peut le rendre pénible pour certains) , mais aussi des ravages de toute maladie (le handicap, la culpabilité, la honte, la dépendance, mais aussi l’arrogance que cela donne parfois). Mais aussi une histoire de vie et de mort, d’amour mal exprimé, de vengeance peut-être face à une vie qui n’a pas donné tout ce qu’on en attendait.

Une héroïne qu’on suit à petits pas, comme elle marche elle-même ,q u’on découvre peu à peu, qui, butée et déterminée veut vivre, quoi qu’il arrive, et est prête à beaucoup pour cela, même a certains mensonges. On apprend dans se livre qu’à trop savoir, on se trompe souvent.
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeLun 30 Jan 2012 - 15:34

Les veuves du jeudi

Citation :
On avait d'abord envisagé la possibilité d'une double clôture, en fil de fer barbelé à l'extérieur, avec une autre plus coquette côté intérieur, mais la majorité des propriétaires avait trouvé que ça ne suffisait pas. Un mur, pour que plus personne ne puisse passer, ni nous voir, ni voir nos maisons, ni nos voitures, c'était cela que nous voulions tous. Et aussi ne plus rien voir à l'extérieur.

Fermons les yeux et imaginons un monde insouciant où le risque n’existe pas. Où tout est facile et définitivement acquis. Enfermés derrière leur muraille, protégés par leurs vigiles, ils croyaient pouvoir connaître plaisirs, bonheur et félicité. Ils ne savaient pas que l’argent ça se perd, que l’arrogance ça se casse . C’est la grande leçon que leur donne cette Argentine de la fin du XXème siècle. Un mur n’arrête rien, ni les petites haines ordinaires, ni la mesquinerie , ni le vent dévastateur de l‘inflation et du chômage. Et surtout pas la tragédie.
Plus dure sera la chute

Citation :

Elle aurait bien voulu avoir encore huit ans, et pour seule préoccupation de coiffer ses poupées.

Citation :
Avec le temps, qui accentua la gravité supposée de ces imperfections, cet énervement devint de la douleur ; pas une douleur émotionnelle mais une douleur réelle, physique, un point au milieu de ma poitrine comme si mon sternum allait s’ouvrir en deux. Puis cette douleur se transforma en cicatrice. Et la cicatrice, en rien du tout. Peut-être en moignon.

Citation :
C'est que beaucoup de nos voisins avaient cru, à tort, que l'on pouvait vivre éternellement en dépensant tout ce que l'on gagnait. Et les sommes que l'on gagnait n'étaient pas rien, et cette manne semblait éternelle. Mais un jour, alors que personne n'avait rien vu venir, le robinet ne coulait plus et ils se retrouvaient dans la baignoire, couverts de savon, à regarder la pomme de douche d’où plus la moindre goutte ne sortait.

A travers des portraits finement ciselés de ces hommes et ces femmes qui poussent l’arrogance au-delà du mensonge, super riches, infantiles dans leur besoin de perfection, Claudia Pineiro nous présentent un monde qui croit les ratés n’existent pas, et que seule la façade compte. Un monde qui n’existe pas , donc, et qui est inéluctablement amené à s’effondrer.
Tout cela est observé d’un œil acerbe par deux adolescents que leur éducation n’a miraculeusement pas piégés, et qui auront le dernier mot dans cette histoire noire, très noire, dont l’humour n’est pas exclu.
.


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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeMar 12 Mar 2013 - 21:00

Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 97823310

Bétibou
Citation :
Dans un écrin de verdure à la périphérie de Buenos Aires, un “country club” auquel on n’accède qu’après des contrôles dignes du quartier général de la CIA, un homme est trouvé, la gorge tranchée. Tout porterait à croire qu’il s’agit d’un suicide si, quelques années auparavant, son épouse n’avait connu le même sort. Vengeance ? Règlement de comptes ? Le scoop parvient chez un vétéran des faits divers du journal El Tribuno, en délicatesse avec sa direction qui l’a muté à la rubrique “société”.
La mort dans l’âme, il transmet l’information au novice du service qui ne jure que par son BlackBerry et Google. Toute la presse s’empare rapidement de l’événement et le rédacteur en chef du journal décide de dépêcher au Country Nurit Iscar, une ex-écrivain, alias Bétibou quand elle était sa maîtresse, pour qu’elle livre des chroniques depuis l’intérieur du “sanctuaire”.

Bétibou, drôle de sobriquet pour une romancière en panne qui vit mal sa cinquantaine. C'est vrai que son esprit indépendant et rebelle, son refus des compromissions, sa fragilité dans le registre amoureux, sans oublier ses petites bouclettes, l'apparentent quelque peu à un personnage qui fut une sorte de symbole du féminisme, la célèbre Betty Boop. On ne peut s'empêcher de penser, à la lecture du livre de Claudia Pineiro, à l'auteure elle-même qui semble avoir transposé quelques traits de son propre caractère en adepte de l'auto-dérision qu'elle pratique avec finesse. Cet aspect là n'est qu'un détail dans la richesse thématique de Bétibou, ouvrage passionnant de bout en bout, dont la trame de thriller cache une cinglante radiographie de la société argentine. Entre autres du monde des privilégiés, vivant dans un "Country Club" à l'écart de la plèbe, un peu comme dans Les veuves du jeudi, mais pas seulement. Claudia Pineiro, à travers le caractère de Bétibou et de deux journalistes qui l'accompagnent dans son enquête, représentant respectivement la vieille école et la nouvelle en pleine Google dépendance, brosse un portrait saisissant des liaisons dangereuses et équivoques qui réunissent la presse, la police et le monde des affaires. Le livre est une petite merveille psychologique qui alterne les rebondissements, on y meurt beaucoup, avec une description amère ou drôle, cela varie, du quotidien des trois héros en quête d'une vérité qu'il ne sera jamais possible de divulguer. La romancière varie avec bonheur les styles, d'une précision chirurgicale pour les détails qui tuent, très à l'aise dans des dialogues enlevés et percutants, s'amusant à créer des personnages secondaires croustillants dont elle épingle la vulgarité avec délectation. En un mot comme un cent, Bétibou est un (béti)bouquin qui craque sous la dent comme du pop corn, intelligent, distrayant et pertinent. Oui, tout cela en 400 pages à consommer avec jubilation.
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MessageSujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine]   Claudia Pineiro [Argentine] - Page 3 Icon_minitimeLun 2 Sep 2013 - 15:05

-Bétibou-


Troisième roman traduit de l'auteure, découverte par Les veuves du Jeudi. L'intrigue pourrait d'ailleurs s'en rapprocher: Un crime maladroitement maquillé en suicide est commis dans un de ces country-clubs ou résidences privilégiées farouchement gardés par une horde de sbires armés et zélés jusqu'à la caricature, bien évidemment.

Atmosphère encore ici brumeuse,  louchant sur un scénario de film noir dont le livre en garde la narration. Tout est en effet retranscrit dans les moindres détails, sans dialogues avec tirés, comme pour un script. C'est sans doute ce qui m'a le plus gênée. Je n'ai pas réussi à retrouver le rythme tendu, la distance, ni même la subtilité de l'auteure qui m'avaient tant séduite dans les deux premiers. A vrai dire le temps m'a paru presque long, l'intrigue pesante, les rebondissements quasi prévisibles. Il m'a fallu attendre les 50 dernières pages pour redécouvrir la verve habituelle de Claudia Pineiro, et quel dommage!

Les thèmes sont cependant percutants: La radiographie d'un univers corrompu et malodorant, celui des "protégés", les liens troubles reliant le pouvoir (celui des affaires comme le politique) et la presse, une vérité impossible à révéler et ces trois héros enquêteurs confrontés à une prise de conscience, piégés par un système dont ils ne pourront s'échapper que par des actions individuelles.

Un bon livre ceci dit, principalement sur la fin, mais qui m'a semblé mal traduit (j'ai vérifié, le traducteur est le même ) ou bien était-ce moi qui souffrais du jetlag? Possible, je n'affirme rien, il m'a juste paru beaucoup plus lourd (dans la forme, je reprécise) que je ne l'espérais. Impatiente de lire d'autres avis car celui de traversay est nettement plus enthousiaste.
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