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 Yves Bonnefoy

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Lun 22 Aoû 2016 - 19:13

J'ai tendance à être rétif face à Bonnefoy même si j'ai tendance à être plus aérien dans l'expression... il faut dire qu'à l'usage, ce n'est pas l'ensemble des poètes classiques qui trouvent grâce à mes yeux. Il y a certains bouts de Pablo Neruda que j'apprécie mais je m'aperçois également qu'à la lumière de mes lectures poétiques, j'apprécie davantage Pierre Reverdy. Dans cette mesure, il est important de butiner au gré des oeuvres poétiques.

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shanidar
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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Mar 23 Aoû 2016 - 9:44

Mon souci c'est que finalement les livres de Bonnefoy que j'ai trouvé ne comprennent que très peu de poèmes... mais ce que je lis de sa prose est vraiment intéressant.

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shanidar
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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Ven 26 Aoû 2016 - 10:51

Le Lieu d'herbes, le lac au loin suivi de Mes souvenirs d'Arménie

Le Lieu d'herbes est l'endroit où Yves Bonnefoy se retrouve parfois et qui est à la fois un lieu imaginaire, rêvé et pourtant bien réel. Jouant avec les codes d'une réalité amplifiée par le non-existant, le poète nous invite à fermer les yeux et à nous rendre dans un endroit que nous ne connaissons pas, que nous n'avons jamais vu, qui ne fait appel à aucun souvenir mais nous habite, nous habite même d'une manière bien plus vibrante, vivante que notre réel, notre ici et notre maintenant.

Vous avez peut-être suffisamment d'imagination ou de perméabilité au réel pour connaître vous aussi cet endroit idéal, ce Lieu d'herbes ou d'ailleurs, que fréquente quelque fois le poète. Pour ma part, je ne crois pas avoir déjà déambulé dans d'autres mondes hormis ceux inventés par l'écriture, mais il s'agit alors d'endroits tout noir et ce sont les sensations qui parlent à travers mon imaginaire bien plus que la géographie. Je ne peux donc pas me reposer dans ce lieu inventé et pourtant dans lequel le poète se sent bien plus réel, vivant, qu'ailleurs… Et si on ajoute, à l'instar de Bonnefoy, que dans ce lieu vivent peut-être des hommes, des êtres ayant une connaissance 'supérieure' du réel, alors je regrette d'autant plus de ne pas avoir encore parcouru cet endroit.

Un ici ? Ce n'est pourtant pas celui de ma vie présente, il s'efface dès que je rouvre les yeux, et aucun souvenir de ma mémoire consciente n'est là pour le retrouver dans mon existence passée. Par rapport à la qualité de présence, et d'être, que je confère sans hésiter à ce que je vois ordinairement autour de moi ou à ce que je sais que j'ai vu, c'est donc, indubitablement, du non-être. Et pourtant, absent comme il est ainsi de ma vie et de mon savoir, ce lieu d'herbes y est tout de même présent : en ce sens que je n'en ai d'expérience que comme un lieu où je suis, non un où je voudrais aller ou aurais été, en ayant alors gardé souvenir. Ici, en cette sorte d'ici, absence et présence coïncident.

Puis, Bonnefoy cherche à dire d'où lui vient sa vision, son Lieu d'herbes qu'il transforme alors en Lac au loin, lequel lui apporte un peu plus qu'une simple vision puisqu'il émane de lui une tranquillité, une volupté, une plénitude associées au 'beau rêve'. Et pour décrire ce 'beau rêve', il s'interroge sur la manière dont l'enfant voit le monde et comment à partir du moment où il commence à le conceptualiser (quand le langage devient parole, quand l'enfant commence à classifier, à ranger les éléments suivant un ordre 'logique' -sa logique-), alors l'enfant quitte le monde de l'innocence, de l'indistinction, du non-être et entre dans un autre univers. De ce monde perdu (imitant le jardin d'Eden, ce lieu de l'enchantement) il arrive parfois que des images enfouies surgissent dans l'esprit du poète et la poésie, est, pour Bonnefoy, la quête (la reconquête) de cet espace détruit de l'enfance, ce lieu de l'indicible, ce lieu d'avant la prise de conscience du monde.

La poésie est la mémoire d'instants de présence au monde dans les années de l'enfance, puis celle de la perception du non-être par en dessous ces instants et alors celle du doute, celle de cette hésitation que sera la vie, mais c'est aussi une réaffirmation, c'est le vouloir qu'il y ait du sens là où le sens se perdait. Et c'est un travail, assurément. Un long travail de transgression dans l'image non du conceptuel mais de ses refermements sur soi, de ses illusions, tâche qu'on peut nommer l'écriture car il faut des mots, de l'écrit, pour donner pleine figure aux rêves dont le désir d'être veut dégager l'intuition qui le garde en vie. Un travail, tout au long de l'existence. Un travail difficile, car le grand dehors cogne fort aux vitres, parfois. Il y a des jours, même en poésie, où la foi dans l'être se perd.

Ce texte reprend donc, en cherchant un 'là-bas' les grandes questions que pose et se pose Bonnefoy concernant la poésie, l'enfance et le concept. Il faudrait reprendre et affiner son idée de non-être, il faudrait prendre le temps de disséquer plus longuement ce texte touffu, complexe, auquel je n'ai saisi que quelques bribes, lesquelles m'ont amené à penser l'angoisse du poète comme une sorte de dépression, avec ce sentiment d'un lieu perdu, irrémédiablement enfoui, sorte de paradis de l'enfance au moment où l'être ne sait pas qu'il existe, ne connait pas le jeu du hasard qui la placé ici, avec ces êtres-là autour de lui, lesquels n'entreront dans la réalité qu'en se heurtant à la conceptualisation du monde, sa hiérarchisation.

Mes souvenirs d'Arménie

Yves Bonnefoy se souvient de sa rencontre avec les églises d'Arménie dans les années 40, il s'agissait de photographies vues dans des livres d'art et regardant ces photographies Bonnefoy a la sensation de retrouver, de revoir des monuments déjà vu. Cette fois, il ne s'agit pas lors de cette réminiscence du souvenir enfoui de l'enfance mais d'un travail de distanciation que le poète a dû faire en regardant ces mauvaises photographies en noir et blanc, à peine visibles sur le papier vieilli. En voulant mieux voir les images, Bonnefoy a créé une distance entre son présent, le lieu qui l'entoure et ces églises arméniennes qu'il tente de voir, de visiter avec ses yeux et son imagination. De cette distance, de cet écart dans le présent naît le trouble du souvenir, ou plutôt du faux souvenir, du souvenir inventé. C'est dans cet interstice que le souvenir fabriqué s'installe donnant à entendre une proximité illusoire mais féconde, de celle qui ouvre vers d'autres pierres, d'autres œuvres, d'autres cultures.

Ceci dit ce texte est plus anecdotique.

Pour conclure, je dois dire que ces textes de Bonnefoy sont ardus mais fortement enrichissants ; parfois compliqués à lire, il faut les relire pour mieux les comprendre, mais de cette compréhension émane un nouvel entendement, une nouvelle musicalité du texte, et ainsi de suite… ad libitum.

Je vais continuer.

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Ven 26 Aoû 2016 - 15:01

à la lecture de ton commentaire, Bonnefoy est tentant, mais qu'en serait-il de la lecture ? que tu précises "difficile, ardue"

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shanidar
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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Ven 26 Aoû 2016 - 15:06

Bédoulène a écrit:
à la lecture de ton commentaire, Bonnefoy est tentant, mais qu'en serait-il de la lecture ? que tu précises "difficile, ardue"

Difficile à dire aussi, je me demande même si un autre lecteur n'aurait pas une vision totalement différente voire opposée à la mienne... Mais si tu n'as pas envie de te faire trop de nœuds au cerveau, je te conseille plutôt de tenter La longue chaîne de l'ancre, je pense que tu pourrais être séduite par les descriptions de Bonnefoy, son ton léger, aérien, ouvert et le regard bienveillant qu'il porte sur l'enfance.

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Ven 26 Aoû 2016 - 15:08

merci Shanidar !

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bix229
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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Ven 26 Aoû 2016 - 16:20

shanidar a écrit:
Bédoulène a écrit:
à la lecture de ton commentaire, Bonnefoy est tentant, mais qu'en serait-il de la lecture ? que tu précises "difficile, ardue"

Difficile à dire aussi, je me demande même si un autre lecteur n'aurait pas une vision totalement différente voire opposée à la mienne... Mais si tu n'as pas envie de te faire trop de nœuds au cerveau, je te conseille plutôt de tenter La longue chaîne de l'ancre, je pense que tu pourrais être séduite par les descriptions de Bonnefoy, son ton léger, aérien, ouvert et le regard bienveillant qu'il porte sur l'enfance.
Il vit depuis longtemps, Bonnefoy. Il a beaucoup lu, commenté et il a évolué.
Les textes dont tu parles me  font penser à L' Arrière pays et Rue traversière,
Une question : quelle est l' édition  dont tu parles ? Je n' ai trouvé qu' une éditon de Le lieu d' herbe et pas les autres textes.

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shanidar
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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Ven 26 Aoû 2016 - 19:14

Très bonne remarque, bix car en effet sur la couverture de l'édition Galilée n'est inscrit que : Le Lieu d'herbes mais une fois la page tournée le titre apparait en entier : Lieu d'herbes, le lac au loin suivi de Mes souvenirs d'Arménie. Je suppose que c'est une question de typo pour le titre (pas de surcharge...)...

Et tu as également raison de parler de L'Arrière-Pays qui est cité dans un Prière d'insérer commençant par ces mots : Dans un livre ancien, L'Arrière-Pays, Yves Bonnefoy avait évoqué un fantasme, de nature métaphysique, qu'il croit présent dans beaucoup d'imaginations : existerait aux confins de notre monde un pays qui n'en différerait pas par ses aspects simplement terrestres, "là-bas" les mêmes qu' "ici", mais par la façon dont ses habitants seraient établis dans cette réalité : bénéficiant, par essence ou par accident, d'une aptitude à comprendre, à ressentir, disons à être, supérieure à ce qui nous est accessible, dans nos régions.

J'imagine, bix, toi le grand rêveur et l'amoureux de l'enfance que tu dois souvent te promener dans ce Lieu d'herbes, entouré par des oiseaux et caressé par les feuilles des arbres !

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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Ven 26 Aoû 2016 - 20:10

shanidar a écrit:
Très bonne remarque, bix car en effet sur la couverture de l'édition Galilée n'est inscrit que : Le Lieu d'herbes mais une fois la page tournée le titre apparait en entier : Lieu d'herbes, le lac au loin suivi de Mes souvenirs d'Arménie. Je suppose que c'est une question de typo pour le titre (pas de surcharge...)...

Et tu as également raison de parler de L'Arrière-Pays qui est cité dans un Prière d'insérer commençant par ces mots : Dans un livre ancien, L'Arrière-Pays, Yves Bonnefoy avait évoqué un fantasme, de nature métaphysique, qu'il croit présent dans beaucoup d'imaginations : existerait aux confins de notre monde un pays qui n'en différerait pas par ses aspects simplement terrestres, "là-bas" les mêmes qu' "ici", mais par la façon dont ses habitants seraient établis dans cette réalité : bénéficiant, par essence ou par accident, d'une aptitude à comprendre, à ressentir, disons à être, supérieure à ce qui nous est accessible, dans nos régions.

J'imagine, bix, toi le grand rêveur et l'amoureux de l'enfance que tu dois souvent te promener dans ce Lieu d'herbes, entouré par des oiseaux et caressé par les feuilles des arbres !
Tant que je peux, mais moins que je le voudrais... J' ai beaucoup planté d' arbres et je laisse pousser l' herbe folle. Mais en ce moment
le soleil désseche tout et sans transition ! C' est un peu triste !

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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Sam 27 Aoû 2016 - 17:34

Merci beaucoup shanidar. Je suis un peu perdu dans Les planches courbes : suite à ta présentation, je vais ouvrir La longue chaîne de l'ancre et L'Arrière-pays pour mieux m'imprégner de cet auteur qui me laisse un goût de mystère. Sa poésie dégage une senteur profonde, dont on ressent instinctivement qu'elle vient de loin. Je ne voudrais pas le laisser filer, par impatience.
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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Dim 28 Aoû 2016 - 11:10

Je serai ravie de pouvoir échanger sur les recueils que j'ai lu car encore une fois je ne suis pas sûre d'avoir toujours bien compris ce que veut dire Bonnefoy. Je voulais emprunter Les planches courbes qui semble être représentatif de la poésie de Bonnefoy mais le livre est en réparation, je vais donc essayer de trouver une autre voie d'accès à ses poèmes ! J'ai également acheté L'improbable et autres essais, car comme tu le dis, Reixach, on trouve dans l'écriture de Bonnefoy une profondeur inusitée qui demande disponibilité et ouverture d'esprit mais qui nourrit la pensée.

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MessageSujet: Re: Yves Bonnefoy   Lun 28 Nov 2016 - 11:30

Les Planches courbes

Les mots de la poésie de Bonnefoy sont d'une simplicité brute, étonnante, d'autant plus étonnante que cette simplicité ouvre sur des abymes de sensations. Bonnefoy écrit comme en apesanteur, ses mots ont une légèreté vivante (parfois tellement ténue qu'elle peut paraître un peu dérisoire ou trop connue : l'odeur de l'herbe après la pluie, le son envahissant des rainettes, le fruit mûr et la pierre du chemin sont des repères qui pourraient être usés), mais derrière la 'banalité' des images l'assemblage des mots, des sons, ouvre sur une langueur sensuelle, une écoute du corps, une perméabilité au temps qui attire et retient.

Tout n'est pas formidablement saisissant dans ce recueil et certaines poésies n'ont éveillé en moi qu'ennui ou désintérêt, comme si mes ongles n'arrivaient pas à percer la croute de vernis des mots unis.

D'autres ont fait place à de longs instants savoureux, crémeux, adoucis par une pensée virevoltante, cotonneuse, un peu désuète comme ces gros édredons qui trônent encore parfois, emplis de plume sur des lits accueillants.

Tout un monde de sensation envahit le lecteur qui saura, à l'écoute d'un mot, d'une combinaison, d'un souffle, ouvrir la porte cadenassée de l'univers poétique et se laisser emporter par le flux de la pensée avec l'idée que finalement c'est en dehors de la poésie même, à l'orée du poème, dans l'instant où il échappe et au moment où la pensée fuit que le poème se fait, infuse, différent de celui lu, peut-être même plus intense dans l'intimité qu'il réveille.

C'est sans doute l'expérience la plus étonnante à la lecture de cette poésie. La sensation qu'elle est ailleurs et que le lecteur trouvera hors d'elle ce qui est en lui.

La poésie de Bonnefoy ne serait alors qu'une sorte de sonnerie douce attirant l'attention mais n'ouvrant qu'à un retour sur soi, une poésie de l'insaisissable et de l'impermanence des objets usuels, de cette nature qui nous entoure, de ces mots qui parfois se juxtaposent dans la césure, la retenue du souffle, la collision, la fulgurance de rapprochement inusité (je crois que Sullien parle, un peu plus haut, de déflagration).


Les rainettes, le soir

             I

Rauques étaient les voix
Des rainettes le soir,
Là où l'eau du bassin, coulant sans bruits,
Brillait dans l'herbe.

Et rouge était le ciel
Dans les verres vides,
Tout un fleuve la lune
Sur la table terrestre.

Prenaient ou non nos mains,
La même abondance.
Ouverts ou clos nos yeux,
La même lumière.

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