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 Paul Eluard

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colimasson
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Mer 28 Nov 2012 - 22:52

Esperluette a écrit:


Alors, au final, ce petit jeu aura servi à quelque chose : à renforcer ton absence d'appétence pour Eluard. Laughing L'essentiel est de discuter, tant pis si nos avis divergent ou tant mieux, je crois. Wink

Oui, et cela aurait pu en être tout autrement... parfois je suis dubitative, je ne sais pas si je penche pour ou contre l'appréciation. Rien de tel que le temps, la discussion et la confrontation pour être un peu plus sûr de soi...

Citation :

Non je ne sature pas encore. Mais il est vrai qu'il existe plusieurs étapes : la découverte des poèmes, l'alchimie qui opère ou non (la première impression est Capitale Twisted Evil )

dentsblanches


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Esperluette
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Jeu 29 Nov 2012 - 12:34

mimi54 a écrit:


Ben non, justement, je ne suis sensible à la résonance des mots...difficile à comprendre, je sais,mais c'est ainsi.

Les beaux parleurs n'ont aucun éffet sur moi..... cause toujours innocent innocent On ne me séduit pas avec des mots jypeurien

Non, je comprends bien Mimi54! Ne t'inquiète pas ...
La musique des mots ou des sons alors. Ou les deux?
Wink

colimasson a écrit:
Esperluette a écrit:


Alors, au final, ce petit jeu aura servi à quelque chose : à renforcer ton absence d'appétence pour Eluard. Laughing L'essentiel est de discuter, tant pis si nos avis divergent ou tant mieux, je crois. Wink

Oui, et cela aurait pu en être tout autrement... parfois je suis dubitative, je ne sais pas si je penche pour ou contre l'appréciation. Rien de tel que le temps, la discussion et la confrontation pour être un peu plus sûr de soi...



Colimasson,tu es sur la bonne voie : le doute n'est certes pas confortable mais permet de se poser des questions. Parfois les réponses nous échappent parfois non.
La discussion et le partage nous permettent de confronter nos questions, nos intuitions, nos réponses ...
Au plaisir. flower
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Ven 30 Nov 2012 - 6:25

Mimi54, quand vous dites : «On ne me séduit pas avec des mots »... Dites-moi comment un livre peut vous séduire autrement qu'en mots? Curiosité d'écrivain...

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De Gaulle, citant Nietzsche

Dixit celui qui écrivait plus vite que son ombre.
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Esperluette
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Ven 30 Nov 2012 - 12:31

Bon pour patienter et pour situer Eluard dans son contexte, voici un vidéo! Malheureusement, quelques clichés ... je vous laisse deviner lesquels!





ICI
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Esperluette
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Ven 30 Nov 2012 - 12:39

Alors la suite …. De mes élucubrations « esperlutesques » !
honte

Rapidement pour en finir avec cette partie elle se termine par deux poèmes « Ce n’est pas la poésie qui.. » et « L’œil du sourd ».
Quel est le sens ici ?

Bon pour aller vite, je dirai qu’Eluard tente par des images insolites de décrire le principe de sa création poétique. Les contradictions se côtoient se répondent et pour finir aboutissent à une nouvelle forme de poésie. Cet œil sourd semble puiser la matière dans les profondeurs de l’imaginaire. Mais il est réducteur je crois de parler uniquement de poésie. A mon avis, il évoque la peinture également …

La seconde partie Mourir de ne pas mourir évoque davantage la douleur. En effet si La Parole était plutôt associée à des éléments positifs dans Répétitions, elle est sous le joug ici de la négation comme le montrent ces poèmes aux titres évocateurs : Bouche usée (p.63), Giorgio de Chirico (p.62), Silence de l’Evangile (p.68) ou Celle qui n’a pas la parole (p.71).

Pour donner un exemple rapide, il faut également être attentif à la mise en espace des poèmes. Dans le recueil Giorgio de Chirico à gauche et Bouche usée à droite, comme si les poèmes se répondaient dans un silence étrange. Paradoxal ? Oui et alors ? ange

Revenons au premier vers de Giorgio de Chirico :

« Un mur déNONce un autre mur » qui place d’emblée l’espace dans la négation, comme recentré sur lui-même et renvoie également à la peinture de Chirico aux vides angoissants.

On retrouve dans Bouche usée, le signe du désespoir, dans lequel plus rien n’a de sens. « A la bouche riait la mort ». La parole serait-elle devenue un non-sens ?

Et en fin de partie ce poème Celle qui n’a pas la parole fait écho au poème de Répétition La parole dont les éléments se trouve niés.

« Avalanche à travers sa tête transparente
La lumière, nuée d’insectes, vibre et meurt. »

Je souligne la musicalité des sons qui se répètent ( ça te parle Mimi54 ?) comme pour mettre en relief cette parole liée à l’absence de lumière qui se meurt.

C’est vraiment réducteur car le recueil est vraiment très riche, les facettes sont très diverses… A vous de m’aider si vous le voulez !
Je passerai sous silence la troisième partie intitulée Les petits justes dans laquelle se trouve onze poèmes très courts écrits comme un jeu.

Et je terminerai par la dernière section dédicacée à G. Nouveaux poèmes.

Pffff, je commence à fatiguer moi … Et vous ? scratch
Oui, vous aussi, je vous comprends !!
Razz
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colimasson
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Ven 30 Nov 2012 - 22:42

rire Je comprends que tu commences à fatiguer ! Quelles recherches !

Tout ce que tu fais ressortir a l'air très juste, mais en même temps, j'ai l'impression que c'est beaucoup de spéculations. Je suis admirative devant l'analyse que tu effectues, Esperluette, mais en même temps je ne vois rien d'autre à ajouter que : "Oui, tu as peut-être raison..."
Parce que finalement, tout cela ne me fait pas beaucoup avancer... ne m'en dis pas beaucoup plus sur Paul Eluard, sinon qu'il considérait l'écriture comme un jeu avant toute chose. Et je n'y trouve qu'un intérêt limité...

Cette relecture a l'air de t'avoir un peu déçue, quand même, je me trompe ?

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Sam 1 Déc 2012 - 9:31

Je comprends la question que te pose Coli Esperluette, car moi à lire tes réflexions je ne te sentais pas convaincue (?)

mais c'est vrai que ton "déshabillage" des mots et des idées est conséquent.


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animal
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Sam 1 Déc 2012 - 9:35

ça me plait bien ces approches de plus près. ça fait rattrapage de lectures qui sont facilement "rapides".

par contre je feuilletais hier, sans trop accrocher ... sans trop accrocher à la politisation revendiquée (excessive ?) et à la magnification un peu arbitraire de la poésie (resterai à définir la chose), question d'époque, de courant et autres à travers lesquels on pourrait malgré tout espérer passer ?

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Esperluette
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Sam 1 Déc 2012 - 10:46

colimasson a écrit:
rire Je comprends que tu commences à fatiguer ! Quelles recherches !

Tout ce que tu fais ressortir a l'air très juste, mais en même temps, j'ai l'impression que c'est beaucoup de spéculations. Je suis admirative devant l'analyse que tu effectues, Esperluette, mais en même temps je ne vois rien d'autre à ajouter que : "Oui, tu as peut-être raison..."
Parce que finalement, tout cela ne me fait pas beaucoup avancer... ne m'en dis pas beaucoup plus sur Paul Eluard, sinon qu'il considérait l'écriture comme un jeu avant toute chose. Et je n'y trouve qu'un intérêt limité...

Cette relecture a l'air de t'avoir un peu déçue, quand même, je me trompe ?

Arfff nonn bien au contraire!

Je voulais vous faire partager la tâche impressionnante et parfois fastidieuse d'un travail de recherche et d'analyse! C'est un mélange complexe de fatigue et de trouvailles. On navigue entre doutes et hypothèses et lorsque l'on un bout de piste, on se réjouit et on écrit jusqu'à épuiser cette idée et il faut recommencer!!

C'est clair ce que je raconte? confused

Je suis contente d'avoir relu ce recueil et d'avoir partagé avec vous une amorce d'analyse (qui se déroule en plusieurs étapes : lecture fraîche des poèmes, relecture, recherche, questionnnement tout en conservant l'envie et l'enthousiasme de se lancer dans un exercice périlleux mais ô combien enrichissant).
Trop souvent Capitale de la douleur ne se résume qu'à deux ou trois poèmes : L'amoureuse, La courbe de tes yeux qui occultent de nombreux autres poèmes tout aussi intéressants et riches!

Je ne voulais pas laisser cette impression de lassitude, non! Vous me poussez peut-être dans mes retranchements avec vos questions et j'aime!!

Bédoulène a écrit:
Je comprends la question que te pose Coli Esperluette, car moi à lire tes réflexions je ne te sentais pas convaincue (?)

mais c'est vrai que ton "déshabillage" des mots et des idées est conséquent.


Merci Bédoulène de revenir ici! sourire

Oui, je voulais montrer que parfois le déhabillage apporte un plus à la réflexion mais on perd la dimension poétique de l'oeuvre! Cet exercie est donc à double tranchant!

et je comprends tout à fait celles et ceux d'entre vous qui ne sont pas du tout convaincus par ce genre de lecture trop poussée! Mais nous sommes tous différents par conséquent autant de lecteurs autant de ressentis ou d'impressions différentes. Les nuances ou les divergences sont riches et c'est ce que j'apprécie avec vous les Parfumés!
flower

animal a écrit:
ça me plait bien ces approches de plus près. ça fait rattrapage de lectures qui sont facilement "rapides".

par contre je feuilletais hier, sans trop accrocher ... sans trop accrocher à la politisation revendiquée (excessive ?) et à la magnification un peu arbitraire de la poésie (resterai à définir la chose), question d'époque, de courant et autres à travers lesquels on pourrait malgré tout espérer passer ?


Héhé le Panda, si tu veux te lancer dans la bataille avec nous, viens! Plus on est de fous et plus ....

Oui, il faut resituer eluard dans un courant artistique et historique ... mais cela vaut pour tous les auteurs! C'est en cela que la lecture est une activité sans cesse renouvelée!

Merci de ton passage! flower

Bon, promis je reviens pour la dernière et promis, après je vous laisse tranquille avec Eluard. Il faut savoir varier les plaisirs!
Wink
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colimasson
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Dim 2 Déc 2012 - 22:41

animal a écrit:

par contre je feuilletais hier, sans trop accrocher ... sans trop accrocher à la politisation revendiquée (excessive ?) et à la magnification un peu arbitraire de la poésie (resterai à définir la chose), question d'époque, de courant et autres à travers lesquels on pourrait malgré tout espérer passer ?

Si je t'ai bien compris, je crois que c'est également un peu ce qui me rebute...

Esperluette a écrit:


Je voulais vous faire partager la tâche impressionnante et parfois fastidieuse d'un travail de recherche et d'analyse! C'est un mélange complexe de fatigue et de trouvailles. On navigue entre doutes et hypothèses et lorsque l'on un bout de piste, on se réjouit et on écrit jusqu'à épuiser cette idée et il faut recommencer!!

C'est clair ce que je raconte? confused

Oui, tout à fait ! Et ça me renvoie à mes analyses littéraires de l'an passé ou du lycée... on se pose devant un texte, la tâche semble infinie... et c'est un vrai plaisir de voir tout ce qu'on arrive à extirper de sens entre de simples lignes, de simples alignements de caractères...
Mais en ce moment, je n'aurais plus vraiment le temps de le faire... même si j'aime beaucoup ! intense reflexion

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Esperluette
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Lun 3 Déc 2012 - 12:41

colimasson a écrit:




Oui, tout à fait ! Et ça me renvoie à mes analyses littéraires de l'an passé ou du lycée... on se pose devant un texte, la tâche semble infinie... et c'est un vrai plaisir de voir tout ce qu'on arrive à extirper de sens entre de simples lignes, de simples alignements de caractères...
Mais en ce moment, je n'aurais plus vraiment le temps de le faire... même si j'aime beaucoup ! intense reflexion

Merci de ta réponse Colimasson. Et je suis contente de savoir quelque part que tu partages ma joie de ce travail sur le texte.
Pas de problème, je me livrais à un exercice de style qui m'a menée plus loin que je le pensais!
Mais je vais le mener jusqu'au bout, promis!

flower
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Esperluette
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Lun 3 Déc 2012 - 22:02

(Suite et fin)

Cette dernière section intitulée Nouveaux poèmes alternent poèmes en prose et poèmes en vers, cependant le ton semble toujours lié au désespoir comme le montre le premier poème avec le titre d’un constat amer : « Ne plus partager ».
Mélange de douleur liée à la séparation de l’être aimé mais aussi à celui de ne plus créer avec ses amis surréalistes ? Telle est la question que l’on peut se poser d’emblée.

Je cite le poème dans son intégralité.

NE PLUS PARTAGER

Au soir de la folie, nu et clair,
L'espace entre les choses a la forme de mes paroles ,
La forme des paroles d'un inconnu,
D'un vagabond qui dénoue la ceinture de sa gorge
Et qui prend les échos au lasso.

Entre des arbres et des barrres,
Entre des murs et des mâchoires,
Entre ce grand oiseau tremblant
Et la colline qui l'accable,
L'espace a la forme de mes regards.

Mes yeux sont inutiles,
Le règne de la poussière est fini,
La chevelure de la route a mis son manteau rigide,
Elle ne fuit plus, je ne bouge plus,
Tous les ponts sont coupés, le ciel n'y passera plus
Je peux bien n'y plus voir.
Le monde se détache de mon univers
Et, tout au sommet des batailles,
Quand la saison du sang se fane dans mon cerveau,
Je distingue le jour de cette clarté d'homme
Qui est la mienne,
Je distingue le vertige de la liberté,
La mort de l'ivresse,
Le sommeil du rêve,

O reflets sur moi-même! ô mes reflets sanglants!

Comme une douleur lancinante, les sons se répètent et se font écho montrant ainsi l’effet de la séparation double (d’avec sa femme, d’avec ses amis) sans pour autant cesser de créer.

Cet effet de résonnance dans la première strophe correspond à un espace un peu cloîtré qui sera évoqué dans la strophe suivante. La lumière et la vitalité semblent avoir déserté le regard qui est devenu superflu. Cependant, le poète « distingue » quand même la peur et la perte de façon doublement violente puisque démultipliées par les reflets.

Quant au dernier poème qui clôt à la fois le recueil et cette dernière partie, Celle de toujours, toute, il est placé sous le signe de l’anonymat.

CELLE DE TOUJOURS, TOUTE

Si je vous dis : « j'ai tout abandonné »
C'est qu'elle n'est pas celle de mon corps,
Je ne m'en suis jamais vanté,
Ce n'est pas vrai
Et la brume de fond où je me meus
Ne sait jamais si j'ai passé.
L'éventail de sa bouche, le reflet de ses yeux,
Je suis le seul à en parler,
Je suis le seul qui soit cerné
Par ce miroir si nul où l'air circule à travers moi
Et l'air a un visage, un visage aimé,
Un visage aimant, ton visage,
À toi qui n'as pas de nom et que les autres ignorent,
La mer te dit : sur moi, le ciel te dit : sur moi,
Les astres te devinent, les nuages t'imaginent
Et le sang répandu aux meilleurs moments,
Le sang de la générosité
Te porte avec délices.
Je chante la grande joie de te chanter,
La grande joie de t'avoir ou de ne pas t'avoir,
La candeur de t'attendre, l'innocence de te connaître,
O toi qui supprimes l'oubli, l'espoir et l'ignorance,
Qui supprimes l'absence et qui me mets au monde,
Je chante pour chanter, je t'aime pour chanter
Le mystère où l'amour me crée et se délivre.

Tu es pure, tu es encore plus pure que moi-même.

Que cache « celle » ? S’agit-il de la Parole (poème de la première partie) comme le laisse suggéré ces vers « La mer te dit : sur moi, le ciel te dit : sur moi » qui font écho à « Je glisse sur le toit des vents, je glisse sur le toit des mers » (vers 2 et 3 La Parole, p.21).
Cette parole liée à l’image de la femme est aussi associée à l’anonymat et à la douleur « A toi qui n’as pas de nom et que les autres ignorent ». De quelle figure féminine est-il question ? Le poète évoque la mère :

« O toi qui supprimes l'oubli, l'espoir et l'ignorance,
Qui supprimes l'absence et qui me mets au monde, »

La parole accouche le poète, qui chante l’amour et la mère, l’amour de la poésie ? Ou bien l’amour inavouable pour la mère évoqué, rappelez-vous, dans le premier poème avec le mot « inceste ».

Finalement quelle est cette Capitale de la douleur ?

Voilà, j'ai fini de vous embêter! Razz Laughing

Merci à toi Colimasson de m'avoir, sans le savoir, poussé à réaliser ce travail. J'ai retrouvé l'espace d'un instant mon âme d'étudiante, une véritable cure de jeunesse!
J'apprécie le cadeau.

Wink






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colimasson
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Mar 4 Déc 2012 - 22:31

Comment ça ? Tu nous abandonnes sur une interrogation ! Et moi qui croyais que tu allais nous fournir ta réponse... me voilà bien déçue ! Crying or Very sad (ceci dit, je comprends, j'aurais du mal à répondre à ta place ! Wink )

Nous sommes donc toujours placés sous la Sainte Trinité amour-femme-parole. Est-ce caractéristique de ce recueil ? Retrouve-t-on cette même "obsession" dans les autres recueils de Paul Eluard ? Peut-être as-tu une connaissance plus vaste de l'oeuvre du poète, Esperluette ?
Pour ma part, pas le courage de lire un autre recueil ! dentsblanches

Contente que tu te sois lancée ce défi de relecture moi aussi ! Et le prochain, ce sera pour la chaîne de lecture alors ? Wink

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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Mer 5 Déc 2012 - 19:08

colimasson a écrit:
Comment ça ? Tu nous abandonnes sur une interrogation ! Et moi qui croyais que tu allais nous fournir ta réponse... me voilà bien déçue ! Crying or Very sad (ceci dit, je comprends, j'aurais du mal à répondre à ta place ! Wink )

Nous sommes donc toujours placés sous la Sainte Trinité amour-femme-parole. Est-ce caractéristique de ce recueil ? Retrouve-t-on cette même "obsession" dans les autres recueils de Paul Eluard ? Peut-être as-tu une connaissance plus vaste de l'oeuvre du poète, Esperluette ?
Pour ma part, pas le courage de lire un autre recueil ! dentsblanches

Contente que tu te sois lancée ce défi de relecture moi aussi ! Et le prochain, ce sera pour la chaîne de lecture alors ? Wink

Eh oui, tu as vu comme je suis : la reine de la pirouette, Esperluette! Suspect Cool Razz

C'est que je n'ai pas tellement de réponses à vous proposer, en fait. Le recueil est tellement riche que j'ai esquissé des pistes, tu l'as fait également! Mais peut-être que d'autres parfumés tenteront l'aventure avec un autre recueil, qui sait? Wink

J'ai notamment laissé de côté tous les poèmes dans lesquels Eluard évoque le lien qu'il tissait avec de nombreux peintres de son époque : Picasso, Miro, Braque, Klee et De Chirico.

Je suis loin de connaître toute l'oeuvre abondante d'Eluard. Je ne connais que quelques recueils mais je fais une pause (bien méritée Razz ) avant de continuer à le découvrir.

Parmi ses thèmes de prédilection, tu as raison de souligner qu'il a beaucoup "chanté l'amour", "la femme" : mais que veux-tu, il a quand même aimé et épousé trois femmes! Quel séducteur, quand même.
Mais il est aussi le poète du monde, de l'esace, de la luminosité minérale, du regard, de l'engagement, de la fraternité ... j'en oublie certainement.

Ce fut un plaisir de t'avoir et de vous avoir eu pour partenaire(s), en tous les cas.
Au plaisir de renouveler ce genre d'expérience!

flower tousensemble
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colimasson
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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Ven 7 Déc 2012 - 17:11

Plaisir partagé ! On se retrouvera là lorsque le plus courageux d'entre nous sera décidé à recommencer l'expérience avec Eluard... Wink

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MessageSujet: Re: Paul Eluard   Aujourd'hui à 5:49

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