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 Abou-Moutahhar Al-Azdi (Vingt-quatre heures de la vie d'une canaille)

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MessageSujet: Abou-Moutahhar Al-Azdi (Vingt-quatre heures de la vie d'une canaille)   Dim 26 Juil 2009 - 19:26


Vingt-quatre heures de la vie d'une canaille - Abou-Moutahhar Al Azdi

quatrième de couverture a écrit:
Nous sommes à Baghdâd, peU après l'an mil des chrétiens. Le raffinement des moeurs s'échappe de l'enceinte des palais et prend racine dans les rues - où la poésie, comme toujours en Orient, tient le haut du pavé. Abou'l-Qâsim al-Tamînî est de ces amoureux des mots. Sa spécialité : brocarder le ridicule en de féroces couplets. Sa profession : insulteur public. Convié dès le matin à la table d'un riche citoyen de la ville pour un banquet qui durera jusqu'à l'aube, notre héros a pour mission de disputer ses compagnons de table, d'épingler les absents, d'égratigner les tartuffes, de ridiculiser les bien-pensants. Sorte de Panurge qui se pique de pratiquer avec art - et sans remords - toutes les formes de débauche et d'impiété, il ne se refuse aucune gourmandise, pas même celle d'un éloge éperdu à la Beauté. Abou-Moutahhar Al-Azdî (XIe siècle) nous offre l'un des ouvrages les plus sulfureux de la langue arabe, qui mille ans plus tard n'a rien perdu de son feu intime.

Avec préface du traducteur, préface utile car comme pourrait sans trop insister le faire supposer le quatrième de couvertures, plus que le contexte, le personnage principal, l'orateur héros de ce livre est un peu à part... "insulteur public", c'est ce qu'explique la préface... un art servi par une culture très développé et une endurance certaine. On nous met en garde aussi sur le fait que ce soit assez cru et franchement chargé... tout en nous promettant un certain charme...

Vingt-quatres heures et un chapitrage chronologique (à peine moins d'un chapitre par heure) à thèmes : les douceurs de l'existence, l'heure des garçons, partie d'échecs et commentaires... chapitres qui se présente essentiellement comme une succession de poèmes agrémentée de transitions plus ou moins développées (de quelques mots à plusieurs paragraphes) et plus ou moins "gratinées", comme les poèmes d'ailleurs.

C'est un peu déroutant et parfois lourd, voire lourdingue car le procédé de base est la surrenchère avec une réussite pas toujours évidente suivant notre réceptivité, le sujet et une certaine redondance dans les expressions. On balance entre l'extrême de l'insulte et du dénigrement (en épargnant personne) et l'extrême du ravissement, de la félicité et du savoir vivre (ou tout le monde est invité).

A quelques passages près je n'ai pas été emballé par la lecture en elle même (et les tirades vouées à l'intérêt porté aux jeunes adolescents ça fait étrange, on va dire... ).

Redondant mais effectivement libéré et joyeusement cradingue (même si ça tombe à plat des fois ou souvent), des fois une certaine musique du trop, de la surrenchère prend et la lecture décolle un peu (même dans l'horrible ça marche vers la fin !). Mais ce qui reste, qui marque et intéresse principalement c'est que cette forme un peu particulière et la construction deviennent un des composants de l'exotisme que représente ce type de lecture, la forme complète le dépaysement et l'entrevue qu'on peut avoir d'un autre temps et d'une autre culture (et d'un banquet/réception de malade !).

Lecture en demie teinte avec un reste pas si négatif que ça mais pas mal de réticences. A déconseiller aux féministes (bien que les hommes aussi se retrouvent le centre d'expressions imagées) et aux âmes sensibles.

reprise d'extrait mieux que soft :

Citation :
Allons, allons, où sont donc ces bananes fondantes, ces arbouses, ces châtaignes douces, ces noix de coco toutes fraîches, ces pistaches cueillies d'hier, ces cannes à sucre coupées du matin, ces pêches musquées, ces brugnons d'or rouge au parfum de musc ?...

Le tronc du grenadier porte-greffe
nous a offert en cadeau des pêches
dont l'aspect nous était jusqu'alors inconnu.

Aux yeux qui la contemplent, la peau
décline toutes les nuances qui mêlent
la blancheur au rouge le plus vif.

C'est une joue qu'une bouche amoureuse
aurait débarassée par places
de son fard.

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MessageSujet: Re: Abou-Moutahhar Al-Azdi (Vingt-quatre heures de la vie d'une canaille)   Dim 26 Juil 2009 - 21:21

J'avais remarqué ce livre - le titre est assez frappant.
Mais, euh... tu ne m'as pas donné très envie de l'acheter et de le mettre tout en haut de ma petite pile de livres...

Merci pour la critique !

Concernant "l'intérêt porté aux jeunes adolescents", j'imagine que c'est culturel/lié à l'époque.
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MessageSujet: Re: Abou-Moutahhar Al-Azdi (Vingt-quatre heures de la vie d'une canaille)   Dim 26 Juil 2009 - 21:27

mouais je ne serai pas capable de pousser à se jeter sur la chose, j'irai piocher un autre extrait à l'occasion. Il y a de bons moments mais c'est essentiellement basique et en surface, une suite d'esquisse rapides (et répétitives mais c'est le but).

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MessageSujet: Re: Abou-Moutahhar Al-Azdi (Vingt-quatre heures de la vie d'une canaille)   

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