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 Elfriede Jelinek [Autriche]

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Cachemire
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Ven 12 Nov 2010 - 17:54

tom léo a écrit:
Les amantes

Cela grince, cela fait mal, et on ne peut pas parler d’une « belle histoire ». Mais quelle maîtrise, quelle capacité de dénoncer! Peut-être plus abordable que des romans encore plus complexe tardifs?


Quel courage de te lancer dans la lecture de Jelinek!

Je ne le trouve pas encore...
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kenavo
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Ven 12 Nov 2010 - 18:33

Cachemire a écrit:
Je ne le trouve pas encore...
La pianiste est quand même très accesssible Wink
en tout cas pour moi ce livre reste un bon souvenir de lecture

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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
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Sénèque
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darkanny
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Ven 12 Nov 2010 - 18:45

Oui il est accessible, mais à la fin de ce livre je n'en pouvais plus
je ne peux dire exactement pourquoi (lecture assez lointaine) mais je n'en pouvais plus
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kenavo
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Ven 12 Nov 2010 - 19:02

darkanny a écrit:
Oui il est accessible, mais à la fin de ce livre je n'en pouvais plus
je ne peux dire exactement pourquoi (lecture assez lointaine) mais je n'en pouvais plus
Wink oui, son écriture peut donner l'impression d'étouffer son lecteur..
Pour moi cet effet était plus poignant dans Lust (si j'ai bien vu, on n'a pas traduit le titre?)
après 50 pages j'ai abandonné.. impossible de trouver la 'porte d'entrée'
lors de son Prix Nobel, j'ai retenté, abandonné après 20 pages Very Happy

mais son nom me rappelle aussi que p.ex. ma filleule, 20 ans, partie à Vienne pour étudier la littérature germanophone, est déjà plein d'entousiasme pour elle (qui aimait lire jusqu'à présent des polars, histoires de vampirs... Very Happy )

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Cachemire
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Ven 12 Nov 2010 - 20:14

kenavo a écrit:
darkanny a écrit:
Oui il est accessible, mais à la fin de ce livre je n'en pouvais plus
je ne peux dire exactement pourquoi (lecture assez lointaine) mais je n'en pouvais plus
Wink oui, son écriture peut donner l'impression d'étouffer son lecteur..
Pour moi cet effet était plus poignant dans Lust (si j'ai bien vu, on n'a pas traduit le titre?)
après 50 pages j'ai abandonné.. impossible de trouver la 'porte d'entrée'
lors de son Prix Nobel, j'ai retenté, abandonné après 20 pages Very Happy

mais son nom me rappelle aussi que p.ex. ma filleule, 20 ans, partie à Vienne pour étudier la littérature germanophone, est déjà plein d'entousiasme pour elle (qui aimait lire jusqu'à présent des polars, histoires de vampirs... Very Happy )

Vous ne me donnez pas du tout envie!!!
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tom léo
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Ven 12 Nov 2010 - 21:55

Je ne sais pas si je vais continuer avec Jelinek, mais cela reste quand même assez impressionnant.

Pour celui qui veut avoir une idée de ce qu'elle fait et qui sait déchiffre l'allemenad, je vous donne le lien vers son site:
http://www.elfriedejelinek.com/

On y trouve énormément de choses. Elle a même entamé son nouvelle oeuvre sur le Web: "Neid" (l'envie?), qui fait partie d'un projet autour des péchés capitaux.
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colimasson
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Sam 13 Nov 2010 - 11:53

Le film La Pianiste réalisé par Haneke m'a donné très envie de lire l'original... Après avoir feuilleté quelques pages, l'écriture me semble très dense et étouffante, comme vous l'avez fait remarquer à plusieurs reprises, mais intéressante justement à ce niveau-là.
Je me pencherai certainement dessus plus tard...
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Cachemire
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Sam 13 Nov 2010 - 12:39

colimasson a écrit:
Le film La Pianiste réalisé par Haneke m'a donné très envie de lire l'original... Après avoir feuilleté quelques pages, l'écriture me semble très dense et étouffante, comme vous l'avez fait remarquer à plusieurs reprises, mais intéressante justement à ce niveau-là.
Je me pencherai certainement dessus plus tard...

J'ai vu le film... je n'ai pas du tout aimé!
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colimasson
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Sam 13 Nov 2010 - 21:39

Aïe... Qu'est-ce qui t'a déplu ? C'est vrai qu'il ne doit pas convenir à tous les goûts... attentif
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Marko
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Ven 4 Fév 2011 - 17:23

Sortie en poche de Méfions-nous de la nature sauvage. L'occasion de revenir à Jelinek...


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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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mimi54
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Sam 12 Fév 2011 - 22:46

La pianiste

A sa sortie, j’avais vu le film ; je l’avais trouvé dérangeant, dur, mais joué à la perfection.
Je ressors de cette lecture un peu groggy. En effet, tout est dense et implacable dans cet ouvrage. Voici un roman, composé de deux parties à peine identifiées, sans aucun chapitre, et dont le contenu de chaque partie est à peine aéré. La densité du texte rend le contenu encore plus lourd. Je ressens comme un essoufflement à la lecture, car on ne sait pas où s’arrêter, bien qu’il faille s’arrêter, tellement c’est difficile. Ce livre ne se lit pas d’une traite, il nécessite que l’on prenne son temps.
Bien que la trame de l’histoire ne se situe pas en huis clos, l’impression qui se dégage est celle d’un enfermement, un enferment psychologique des personnages, et notamment les deux protagonistes féminins.

Erika est professeur de piano au conservatoire de musique de Vienne. Elle a 36 ans, et vit (encore) chez sa mère….et dès les premières lignes, on imagine quel sera le psychisme de l’enfant, comme se plait à l’appeler sa mère. Cette mère qui est tyrannique, culpabilisante, infantilisante, abaissante, jalouse de sa fille, qui n’a jamais fait de place au père, et qui formera avec Erika un couple assez glauque.
Erika, en effet, partage avec sa mère le lit conjugale, et est installée dans une relation de dépendance à sa mère, qui lui rappelle constamment les sacrifices consentis pour elle, afin qu’elle se consacre à son art : la musique.
« Le métier d’Erika, la passion d’Erika ne font qu’un : c’est la musique, puissance céleste. »

« Souvent la mère est prise d’inquiétude, car tout possédant doit apprendre d’abord, et il l’apprend dans la douleur, que la confiance c’est bien, mais le contrôle c’est mieux. »

«Chez Erika, tout ce qui peut être fermé est fermé. »

Erika a reçu une éducation rigide, autoritaire, dénuée de toute image et repères masculins, l’homme ayant été diabolisé par la mère. Et, c’est là son drame. Il y a un fossé abyssal entre l’image policée, rigide, cassante, et lisse qu’elle donne lorsqu’elle enseigne « Madame le professeur », et celle dépravée, dévergondée, et névrosée lorsqu’elle sort du conservatoire pour aller dans les peepshow, et jouer les voyeuses dans les parcs un peu chauds de la ville de Vienne.
« Mais Erika ne veut pas passer à l’acte, elle veut simplement regarder. »
De cette absence de repère masculin, Erika sera incapable d’aimer, elle qui de par l’éducation maternelle est incapable de s’aimer. Sa relation aux hommes parait bien compromise.

« Erika ne sent rien et n’a jamais rien senti. Elle est aussi insensible que du carton goudronné sous la pluie. »

Alors quand un élève, plus jeune qu’elle s’en éprendra, la relation qu’ils entretiendront ne pourra qu’être esclavagiste, perverse et violente.
Bien que l’histoire soit nettement portée sur la sexualité é et ses déviances, et que l’auteur soit claire à ce sujet, la sémantique reste dans l’ordre de l’acceptable. L’auteur épargne à son lecteur, par un style impeccable, la vulgarité et ne dédaigne pas user ici ou là d’un humour assez caustique.

Ces deux femmes, pour des raisons qui finalement se rejoignent m’inspirent de la tristesse. Elles sont plus à plaindre qu’à blâmer, même la mère, dont on ne sait explicitement pas grand-chose sur son passé, mais que l’on n’imagine pas très épanouissant.

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Marko
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Sam 12 Fév 2011 - 23:00

mimi54 a écrit:
Ces deux femmes, pour des raisons qui finalement se rejoignent m’inspirent de la tristesse. Elles sont plus à plaindre qu’à blâmer, même la mère, dont on ne sait explicitement pas grand-chose sur son passé, mais que l’on n’imagine pas très épanouissant.

On ressent même une souffrance infinie chez ces deux femmes. La frustration et l'aliénation ne pouvant que générer une perversité masochiste (dans le cas de la fille) ou sadique (chez la mère) dans des relations qui peuvent d'ailleurs s'inverser. Haneke montre un peu la même chose dans son cinéma qui évolue dans un univers très proche. Une civilisation qui privilégie avec une trop grande rigidité l'intellect, l'éducation, et la culture en bridant les émotions, qui censure la sexualité et les besoins du corps peut engendrer des monstres ou au moins un profond mal être. Ce n'est pas nouveau mais elle le montre avec une certaine radicalité qui fait froid dans le dos.

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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Dim 3 Fév 2013 - 13:18

La Pianiste (1983)




On ne se lance pas dans la lecture de la Pianiste avec la confiance béate du lecteur qui attend de l’écrivain une connivence partagée –une sorte d’attention presque filiale. Et pour cause, Elfriede Jelinek ne peut visiblement pas supporter les dominations familiales, qu’elle s’évertue à détruire avec une rage insensée dès les premières lignes de son livre –avant qu’on ne se rende compte que, plus vraisemblablement, elle ne rejette pas uniquement les liens familiaux mais toutes les chaînes qui cadenassent les individus dans des relations où chacun y perd de sa « liberté ».


Elfriede Jelinek elle-même se défend de ces dépendances jusqu’à maintenir très loin d’elle ses personnages. Elle les repousse d’une façon subtile, en les réduisant à l’état d’objets manipulés par des forces qu’ils ne contrôlent pas. Le procédé vire parfois à l’acharnement. Elfriede Jelinek cherche à se défendre tant et si bien que sa propre vulnérabilité semble elle-même sans borne, à l’instar de ses personnages. Elfriede Jelinek, terrorisée, n’aurait-elle pas trouvé d’autre moyen que de les brutaliser et de les malmener jusqu’au ridicule pour se préserver du phénomène pourtant inévitable qui se met en place à chaque nouvelle relation : la dépendance, en degrés et en nature divers ? Si on veut aller plus loin, on peut se demander quelles intentions sont à l’œuvre derrière cette volonté frénétique. On discernerait alors un individualisme forcené qui cherche à tout prix à préserver une identité considérée comme absolue en soi mais dégénérée par les influences extérieures. C’est curieux, car Elfriede Jelinek ne s’interroge jamais sur les caractéristiques de cette identité pure. Que serait Erika si elle n’était pas retenue par les chaînes que lui impose sa mère ? Elle se permettrait des audaces vestimentaires qui exacerberaient sa féminité et ne serait peut-être plus obligée de canaliser sa sexualité dans des peep-shows tristement dépeints, mais serait-ce là l’expression de sa véritable volonté ? Comment être sûr que le moindre acte accompli ne l’est pas en vigueur d’une instance extérieure à soi-même ?


« Avant-goût de la chaleur et du confort douillet qui les attend dans le salon. Dont personne n’a fait échapper la chaleur. Peut-être arriveront-elles même à temps pour le film de minuit à la télévision. […] Erika aspire de toutes ses fibres à son doux fauteuil de télévision derrière une porte bien verrouillée. Elle a sa place attitrée, la mère a la sienne et pose souvent ses jambes enflées en hauteur, sur un pouf persan. […] Erika aimerait surtout retourner dans le ventre maternel, s’y laisser bercer dans la douceur et la chaleur des eaux. »


Elfriede Jelinek est agaçante car ses réflexions sont simplistes. Les grossièretés réductrices s’accumulent, surtout au cours des premières pages, comme si, après avoir annihilé tous les liens avec ses personnages en manquant au respect de leur dignité, Elfriede Jelinek cherchait à détruire jusqu’aux liens qui auraient pu l’unir avec son lecteur. Chaque phrase semble une épreuve de patience qu’elle inflige au lecteur devant ses poses superficiellement provocatrices. Avec une rage qui susciterait presque notre pitié pour cette pauvre fille aussi dégoûtée que son personnage Erika, Elfriede Jelinek s’attaque d’abord à la figure maternelle, puis à la culture et à ses apprentissages paradoxalement barbares, ensuite à la monotonie de la vie urbaine avant de terminer par un massacre du sentiment amoureux. Rien ne trouve grâce aux yeux de Jelinek. Et nous l’observons dynamiter le paysage qui l’entoure avec le regard imperturbable du spectateur extérieur. La mise à distance a si royalement fonctionné que le lecteur ne s’émeut plus de rien. Tout est moche, gris et déprimant, mais telles sont les impressions ressenties par Erika/Jelinek, et elles ne parviennent jamais à se propager jusqu’au lecteur qui observe tout cela dans un mélange d’ennui, de pitié et d’amusement.


« En allant à l’école, Erika voit partout de façon quasi obsessionnelle le dépérissement des êtres humains et des victuailles, elle ne voit que rarement croissance et prospérité. »

Ainsi, ce n’est pas le thème de la Pianiste qui provoque une certaine forme de rejet mais l’écriture chiquée d’Elfriede Jelinek. Dans la préface du livre, Yasmin Hoffmann justifie ainsi ce ton :


Citation :
« L’on sait depuis Nietzsche que le rire est bien plus assassin que la colère, aussi Elfriede Jelinek assassine-t-elle les mots avec les mots. Elle les défigure, les retaille, les décompose pour les recomposer dans un sens inconnu mais toujours compréhensible, car son projet n’est pas seulement d’ordre formaliste : l’enveloppe subsiste, mais rendue transparente par la manipulation, afin que l’on perçoive tout ce qui peut se nicher dans un discours sur la famille, l’éducation, la langue, et par là même empêcher le lecteur de s’identifier et maintient une distance entre le texte et le lecteur dont elle interpelle l’esprit critique, et qu’elle invite à condenser ce qu’elle a déplacé. »


L’adhésion ou non à la lecture de la Pianiste résulte peut-être d’une subtile alchimie : chacun appréciera à sa manière la distance dont fait preuve Elfriede Jelinek. Si celle-ci convient au lecteur, alors peut-être pourra-t-on se sentir impliqué dans les évènements qui constituent la substance de ce livre. Quoiqu’il en soit, il est certain qu’Elfriede Jelinek n’est pas un écrivain anodin, en témoigne l’évolution du regard que j’ai pu porter sur son histoire au cours de ma lecture : alors que je la trouvais simplement misérable et ridicule dans les premières pages du livre, mon intérêt n’a cessé de s’accroître par la suite en raison des différents niveaux allégoriques qu’elle déployait. Reste simplement que les fréquences d’émission de Jelinek n’ont pas trouvé réception en moi. Elfriede Jelinek a accompli sa mission : nous ne deviendrons pas dépendantes l’une de l’autre dans une de ces énièmes relations aliénantes –dont la relation écrivain-lecteur fait bien évidemment partie.

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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Dim 3 Fév 2013 - 13:44

Je viens de relire tout le fil...
Je vois que Marko est un ardent défenseur de Jelinek ! et finalement, ça me donne envie de lui laisser une chance et d'essayer un autre livre...
Les exclus, certainement.

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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   Dim 3 Fév 2013 - 15:13

Un des livres inoubliables qui m'a marquée. Ces relations carnivores mère-fille.
Penser à relire EJ bientôt...
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MessageSujet: Re: Elfriede Jelinek [Autriche]   

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