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 Robert Merle

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bertrand-môgendre
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MessageSujet: Robert Merle   Ven 13 Avr 2007 - 22:48


Malevil de Robert Merle
Poche: 635 pages
Editeur : Gallimard (3 mars 1983)
Langue : Français ISBN-10: 2070374440

Histoire :
Dans les années soixante dix, de notre ancien vingtième siècle, les habitants de la planète terre, ainsi que toutes les espèces vivantes, sont décimés, anéantis, rayés de la surface du globe. Tous, sauf quelques uns, protégés par hasard se sont retrouvés, qui dans une grotte, qui dans une cave ou dans une station de métropolitain. Les conséquences de ce désastre causé par une bombe (ou météorite, il n'y a pas de précision à ce sujet), remet à plat les conditions de survie des primates évolués.

Ce roman Malvil raconte l'histoire de ce petit noyau de sept personnages, obligés d'accepter les lois de la vie communautaire quelques soient les idées et habitudes « d'avant la bombe ».
Les péripéties vont bon train allant du partage de la nourriture, à la nécessité absolue de se défendre contre des hordes d'affamées elles aussi, mais moins bien loties.
Une petite démocratie se réinstaure difficilement, surtout ayant peur de la mégalomanie du dirigeant voisin, elle dérive facilement en autocratie.

L'auteur :
Robert Merle écrit de telle manière que son récit devient « allaitant ». Je m'explique. Chaque détail compte dans chaque page (un peu plus de cinq cent). Ce qui rend la progression de la lecture lente, et indispensable à la bonne compréhension d'un fait, qui pu paraître à posteriori anodin, ou capital. Je me suis surpris à m'abreuver de l'aventure, comme si je buvais les paroles du père nourricier, celui par qui passe la survie des protagonistes.
Une intrigue rondement menée, avec quelques effets de manche (le procès d'Emmanuel) délectables. Quand au fond, voir le commentaire.

Commentaire suivant la deuxième lecture de ce roman intrigant, qui me paraissait à la base très jubilatoire tant l'imagination de M. Robert Merle me séduisit, j'émets à présent quelques réserves.

En premier lieu vis à vis de son positionnement particulier à l'égard des femmes. Dans cette société machiste, l'homme redevient chasseur, cueilleur et guerrier, alors que la gente féminine toute entière destinée à procréer (en assurant bien sur le repos du guerrier), se retrouve naturellement derrière les fourneaux ou « au cul des vaches ». (du genre « moi Tarzan, toi Jeanne », en exagérant le trait).

En toile de fond de manière récurrente, la religion, bien évidemment catholique à Malevil, occupe une place trop important à mon goût pour y être honnête. L'Homme acculé aux notions élémentaires de survie de l'espèce cet « animal doué de raison » (un livre de Merle), a-t'il besoin de se nommer autant de curé, d'abbé et d'évêque pour cette populace baignant dans une démocratie allègrement dirigée par un homme à poigne (Emmanuel Comte).
Si oui, j'en suis fort peiné, si non cela me donne l'espoir en l'avenir.

A bien réfléchir, (et là c'est un gros effort pour moi), cet ouvrage séduisant en première lecture pose quelques problèmes de fonds, sans toutefois évacuer les certitudes moralisatrices ancrées de part mon éducation d'européen à prépondérance chrétienne.
Cette notion de faim et de partage est antinomique et déplacée car elle fait appel à une criarde déraison perdue entre la nécessité de survie et l'obligation de dépasser l'égoïsme du primate civilisé. Pour la plupart des africains il n'y a pas ce dilemme, car le partage est inné.

Sur le thème de la propriété , de sa défense par les armes soit-disant indispensables, m'horrifie à priori. Bien sur je ne suis pas en position de faiblesse, « ...défendre des idées d'accord... » mais sans les armes.
Une utopie qui transcende l'état bestial à un idéal plus qu'humain(bertrand-môgendre).
La mort est mon métier touche un tout autre domaine.
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Senhal
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Jeu 19 Juil 2007 - 18:27

Maintenant que tu le dis - je parle de tes réserves - je m'en rappelle, je suis d'accord. Le truc, c'est que j'étais gamine lorsque je l'ai lu et du coup ce n'est pas ça que j'y ai vu. J'ai passé de superbes instants de lecture avec ce roman, c'est grâce à lui que je me suis ouverte à des livres proches de la SF alors que j'étais déjà convaincue (forte tête), de détester ce genre. Non, ce n'est pas un roman de SF exactement, mais je me suis rendue compte de mon goût pour la thématique des "survivants", des mondes post apocalyptiques où le frçant à refonder une communauté. A ce sujet, mon imagination va bon train. La manière dont l'auteur va traiter le sujet est toujours très sensible (et souvent polémique) car cela touche forcément à une vision particulière du caractère fondamental de l'homme. C'est rarement très reluisant. CF Sa Majesté des mouches Wink
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Aura
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Ven 20 Juil 2007 - 10:01

Je n'ai lu qu'un seul bouquin de cet auteur et c'est "la mort est mon métier" inspiré de la biographie de Rudolf Höß.
Ce livre n'était pas désagréable à lire dans la mesure où l'écriture était plaisante. Maintenant je n'ai pas lu d'autres romans.
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Ven 20 Juil 2007 - 14:22

"Malvil"...je n'ai vu que le film avec Villeret et Dutronc, c'était il y a bien longtemps.
J'ai lu "La mort est mon métier" qui m'avit beaucoup impressionnée.
Je me suis lancée, il y a longtemps, dans la lecture de sa "saga" historique "En mes vertes années" etc... Je n'ai pas pu aller jusqu'au bout car prise dans d'autres lectures et autres sujets.
j'aime beaucoup son humour, son écriture et son érudition.
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Aura
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Sam 21 Juil 2007 - 10:09

C'est peut-être étrange mais dans le livre "la mort est mon métier", j'ai presque eu de la compassion pour le personnage principal, Rudolf. Alors que bon, il n'est pas du tout angélique. Il obéissait aux ordres sans se poser de question...
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Sam 21 Juil 2007 - 16:24

Il est vrai qu'au fil de la lecture, la compassion venait à son endroit: les rouages impitoyables de l'appareil nazi étaient impressionnants. Je pense que Merle voulait montrer comment il était facile pour un être humain lambda de sombrer du côté des monstres: on s'habitue toujours au pire.
Dans un autre registre, d'après les discussions que j'ai pu avoir avec les uns et les autres sans pour autant avoir lu le roman, cela rappelle "Les bienveillantes" de Littel.
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bertrand-môgendre
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Sam 21 Juil 2007 - 18:28

chatperlipopette tente un rapprochement
Citation :
Dans un autre registre, d'après les discussions que j'ai pu avoir avec les uns et les autres sans pour autant avoir lu le roman, cela rappelle "Les bienveillantes" de Littel.
J'ai plutôt tendance à dire l'inverse, le roman de Littel rappelle de loin celui de Robert Merle.
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Sam 21 Juil 2007 - 18:51

oui, en écrivant cela je pensais l'inverse puisque chronologiquement "La mort est mon métier" est antérieur aux "bienveillantes" Wink
Heureusement que tu es là pour me remettre dans le droit chemin! Les vacances nuisent à mes neurones stylistiques Very Happy
Je deviens tête en l'air en ce moment rendeer
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Shay
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Mer 29 Juil 2009 - 18:55

Pour Malevil, je dois dire que pour moi c'est généralement LE livre que je mets en avant. Surtout quand quelqu'un me dit "Lire c'est pas mon truc", je trouve que c'est un très bon livre d'action et de réflexion qui n'est pas rébarbatif et que tout le monde peut lire.

Concernant tes réserves Bertrand :
- sur les femmes : bizarrement, cela ne m'a pas choquée. Au final, après la bombe, le monde redevient assez dangereux (hordes, rivalités en tout genre et les moyens de les régler apparaissent souvent extremes), donc j'ai plus vu ca comme un "retour" au source.
Je suis une femme et je suis ravie de l'avancée de nos droits dans la société actuelle, mais je ne trouve pas totalement illogique la façon dont il a traité ce sujet. Dans un tel monde où les besoins sont redevenus basiques (manger, dormir, se protéger) je me pose la question de savoir : est-ce que je continuerai de me battre en tant que femme pour l'égalité ? ou je serai heureuse de trouver des hommes pour me protéger ?
Et aussi féministe que je puisse être (sans être une chienne de garde Dieu merci !), il faut être honnete en disant que la réponse n'est pas si evidente !

- sur la religion et la morale : en fait je crois que d'une manière ou d'une autre j'ai été ravie de lire ce livre parce que je suis d'accord avec les idées qu'il a mises en avant. Je ne pense pas que si une telle chose arrivait ici, l'Homme se remettrait en question et essaierait de batir un monde meilleur. Je pense plutot qu'Il aurait tendance à se rabattre sur des notions qu'il connait et qu'on lui a inculquées de par son éducation ou sa culture. Une façon à lui de se raccrocher à une "vie" précédente d'avoir l'impression de ne pas avoir tout perdu.

C'est donc un retour à un espèce d'age des cavernes où celui qui a le pouvoir c'est celui qui a les femmes et les armes. Je ne le vois pas différemment dans la vie réelle si c'était le cas (il parait que je suis d'une naturel pessimiste envers l'Homme ! jemetate ... meuuuuh non ! ).

Mais toutes ses remarques dépendent forcément comme tu le dis Bertrand de notre origine Européenne.


J'avais également adoré La mort est mon métier. Cette immense froideur qui sort de ce personnage, que Merle nous décrit de manière assez brute. Je trouve que son écriture est assez impartiale, mais pas totalement dénuée de sentiment. C'est assez troublant.


Enfin sur la série Fortune de France, qui, sauf erreur de ma part fait 13 volumes, j'ai du en lire 5 ou 6 mais quelle écriture !! Quel régal !!!
La langue est magnifique (il avait fait beaucoup de recherches à ce sujet) et pas du tout rébarbative. Les personnages sont complètement vivants et les scènes et paysages.... splendides.
Et puis j'ai également trouvé génial qu'il s'intègre totalement dans l'histoire de France. Ce la m'a permis d'apprendre beaucoup de choses.

Je me souviens notamment de la scène de la Saint Barthélémy en plein Paris, haletante et pleine de suspense. Je ne lisais plus un livre, j'étais dans la scène avec les héros.
Il faudra définitivement que je continue la série.
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Mar 8 Sep 2009 - 19:46

Moi j'ai lus La mort est mon métier cet été, j'ai vraiment beaucoup apprécié mais je ne me suis pas penché sur d'autre de ses ouvrages
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krys
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Lun 19 Oct 2009 - 20:38

L'idole

Dans la Rome du 16e siècle, une femme très belle déchaîne les passions ; au milieu des luttes pour le pouvoir entre le pape et les nobles, elle doit se défendre, trahie, méprisée, ou servie avec adoration par ceux qui la côtoient.
Une description minutieuse de l'Italie de l'époque ; la lecture est un peu difficile en raison de la multiplicité des narrateurs, mais le récit s'anime en milieu de livre et on retrouve la verve réjouissante de « Fortune de France ».
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lanfear
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Lun 4 Jan 2010 - 10:48

J'aime énormément cet auteur et en ce qui concerne Malevil, vu que son héros est un "châtelain" (qui a des côtés vraiment agaçants !) il n'a pu s'empêcher de régresser un peu en ce qui concerne les femmes. Mais je pense que c'est spécifique à Malevil, comme c'est écrit à la première personne, on peut vite penser que Robert Merle serait plus ou moins Emmanuel, pourtant il y a les quelques interventions de Thomas (qui est mon personnage préféré de ce livre) qui ridiculisent plus ou moins Emmanuel. Ce qui m'a plu dans ce livre c'est bien sûr la question : que ferait on si notre monde s'écroulait ? On essaierait de revenir à l'ancien système ou alors en créerions nous un nouveau ?

J'ai aussi lu Fortune de France qui est pour moi le meilleur cycle historique écrit. Son humour, ses recherches, ses personnages et bien sûr le langage employé font de ces livres une mine d'or pour les passionnés d'histoire.

Enfin je parlerais de celui que je préfère de cet auteur c'est Madrapour, quel livre épouvantable ! Je m'explique, un groupe de personne se retrouvent dans un avion en ne sachant pas réellement ce qu'ils font ici ni où ils vont exactement. Un huis-clos terrifiant qui évoque les diverses relations entre les êtres humains...
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LunaStella
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Dim 11 Avr 2010 - 17:06

J'avais également adoré La mort est mon métier. Cette immense froideur qui sort de ce personnage, que Merle nous décrit de manière assez brute. Je trouve que son écriture est assez impartiale, mais pas totalement dénuée de sentiment. C'est assez troublant.

Exactement !! Je l'ai lu il n'y a pas très longtemps et la façon dont Rudolf est décrit , sa froideur surtout ,sa mécanicité , son obéissance absolue , son exactitude et sa rigueur en toutes circonstances m'ont troublées . Le choix qu'il fait de nous montrer la vie du personnage depuis son enfance - assez pathétique dûe au personnage fondamental du père- fait qu'on a tendance , non pas à excuser , mais à comprendre un peu Rudolf . De plus il n'y a pas d'analyse du comportement humain dans son livre . Jamais un personnage ne dit : "je me sens .. ". Les faits bruts , l'horreur nazie sont énoncés , sans aucun jugement . Je crois que Robert Merle veut nous montrer dans son roman , que la base du mal , commence là où on ne pense plus ."Annihiler la pensée personnelle , la réaction de la conscience individuelle , tel est le premier pas du nazisme ." (Hélène Berr , Journal) .Le fait "d'obéir aux ordres" ( comme le dit si souvent Rudolf ) , de ne plus avoir de conscience , c'est là le fondement du nazisme. Ce livre fait partie des rares qui montrent le nazisme du côté du "bourreau" , et non pas de la victime.
En tout cas j'ai beaucoup aimé ce livre , remarquable surtout par l'impartialité dont fait preuve Robert Merle mais aussi par la déshumanisation complète du personnage de Rudolf , qui , contrairement à la plupart des personnages de roman , n'a strictement pas changé du début . Il reste le même homme mécanique , sans émotion et froid .
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Dim 11 Avr 2010 - 17:24

LunaStella a écrit:
la base du mal , commence là où on ne pense plus ."Annihiler la pensée personnelle , la réaction de la conscience individuelle , tel est le premier pas du nazisme ." (Hélène Berr , Journal) .Le fait "d'obéir aux ordres" ( comme le dit si souvent Rudolf ) , de ne plus avoir de conscience , c'est là le fondement du nazisme. Ce livre fait partie des rares qui montrent le nazisme du côté du "bourreau" , et non pas de la victime.
En tout cas j'ai beaucoup aimé ce livre , remarquable surtout par l'impartialité dont fait preuve Robert Merle mais aussi par la déshumanisation complète du personnage de Rudolf , qui , contrairement à la plupart des personnages de roman , n'a strictement pas changé du début . Il reste le même homme mécanique , sans émotion et froid .

Des souvenirs ressurgissent en lisant tes impressions de lecture.
Ce qui est terrible c'est que Rudolf est un homme parmi tant d'autres. Il est plus facile de punir un monstre que de punir un homme. Or Rudolf n'est pas le mal personnifié, il est humain. Et quelque part c'est encore plus monstrueux...

"(...) Il y a eu sous le Nazisme des centaines, des miliers, de Rudholf Lang, moraux à l'intérieur de l'immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs "mérites" portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudholf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l'impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l'ordre, par respect pour l'Etat. Bref, en homme de devoir: et c'est en cela justement qu'il est monstrueux."

fin de la préface de Merle 27 avril 1972

Autre livre intéressant mais peut-être plus dur Les Bienveillantes de Littel.
Tu te retrouves également du côté des "bourreaux."
Et le contacte est encore plus violent. Car "cela aurait pu être toi", comme te le rappelle sans ambages le narrateur.
Ah mais je vois que chaperlit en parle un peu plus haut.
Wink
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LunaStella
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MessageSujet: Re: Robert Merle   Dim 11 Avr 2010 - 18:23

C'est aussi ce que je pense : le fait qu'il soit un homme sans haine à proprement parler participe à rendre Rudolf encore plus monstrueux . En plus c'est vrai que ce personnage n'est pas "méchant" en soi , il est juste totalement soumis aux ordres : il ne fait jamais preuve de haine envers les juifs , il se contente de faire ce qu'on lui dit et on dirait qu'il prend même du plaisir à être complètement soumis :
"J'étais puni par un officier , l'officier avait les yeux brillants et le visage maigre de Père , je me mettais au garde à a vous [...] Des picotement me parcoururent l'échine , mon chiffon allait et venait sur la vitre avec une rigueur mécanique ,et je sentais délicieusement ,sur mes épaules et dans mon dos , les regards inflexibles des officiers de ma famille."
Je suis d'accord en tous points avec toi.
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