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 Roger Grenier

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coline
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MessageSujet: Roger Grenier   Ven 4 Sep 2009 - 14:16



Roger Grenier

Ecrivain, journaliste, scénariste pour la télévision et le cinéma ,critique littéraire et homme de radio français, Roger Grenier est né en 1919 à Caen.
Après avoir passé son enfance à Pau, Roger Grenier fait ses études de lettres à Clermont-Ferrand et à Bordeaux.

Il a vingt ans lorsque la Seconde guerre mondiale débute. Il se rend alors à Paris. Il suit les cours de Gaston Bachelard à la Sorbonne avant de participer en 1944 à la libération de Paris.
Après la Libération, il est engagé par Albert Camus dans la revue Combat.
Il poursuit sa carrière à France-Soir, puis aux éditions Gallimard.

Il suivra de près les procès de la libération auxquels il consacrera son premier essai en 1949 sous le titre Le Rôle d'accusé (Gallimard.)
Auteur de nombreux romans dont Les Monstres en 1953 et Ciné-roman pour lequel il obtient le Prix Femina en 1972, il publie également des nouvelles (Grand Prix de la Nouvelle de l'Académie française en 1975 pour "Le Miroir des eaux").
Prix Novembre pour "Regardez la neige qui tombe".
Roger Grenier occupe le poste de directeur littéraire chez Gallimard à partir de 1960.

En 1985, Roger Grenier obtient le Grand Prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.

Œuvres

Andrélie, traits et portaits, 2005, Mercure de France, Paris
Une nouvelle pour vous, 2003
Fidèle au poste, 2001
Roger Grenier ou le droit de se contredire, entretien avec Danielle Stéphane, La Passe du vent, 2001
Le Veilleur, 2000
Les Larmes d'Ulysse, 1998 et 2000
Quelqu'un de ce temps-là, 1997
Trois heures du matin : Scott Fitzgerald, 1994
La Marche turque, nouvelles, 1993
Regardez la neige qui tombe. Impressions de Tchekhov, essai, 1992. Prix Novembre. Rééd. Gallimard «Folio», 1997
Villas anglaises à Pau, photos de Anne Garde, éd. Marrimpouey, 1991
Partita, roman, 1991
Pascal Pia ou la tentation du néant, 1989
Rues, 1934–1988, photos de J. Dubois, Nathan, 1988
Prague, éd. Autrement, 1988
La Mare d'Auteuil, roman, 1988
Albert Camus, soleil et ombre : une biographie intellectuelle, essai, 1987. Prix Albert Camus. Rééd. 1991
Brassaï, essai, 1987

Le Pierrot noir, roman, 1986. Rééd. Gallimard «Folio», 1996
Il te faudra quitter Florence, roman, 1985. Rééd. Gallimard «Folio», 1994
La Fiancée de Fragonard, nouvelles, 1982
La Follia, roman, 1980
Un air de famille, récit, 1979
Iscan, éd. Horay, coll. «Le Territoire de l'œil», 1978
La Salle de rédaction, essai, 1977
Le Miroir des eaux, Prix de la nouvelle de l'Académie française, 1975.
Ciné-roman, 1972. Prix Femina. Rééd. Gallimard coll. «Soleil», 1973 et «Folio», 1995
Une maison place des fêtes, nouvelles, 1972
Avant une guerre, roman, 1971
Claude Roy, 1971
Le Palais d'hiver, roman, 1965. Rééd. Gallimard «Folio», 1973
Le Silence, nouvelles, 1961. Rééd. 1984
La Voie romaine, roman, 1960
Les Embuscades, roman, 1958. Rééd. Gallimard «Folio», 1980
Les Monstres, roman, 1953
Le Rôle d'accusé, essai, 1949
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coline
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MessageSujet: Re: Roger Grenier   Ven 4 Sep 2009 - 14:20

ANDRELIE

« Beaucoup de fils ont écrit sur leur mère, sur l'amour ou bien la haine qu'ils se portaient mutuellement. Ce que j'entreprends est différent. Je me suis mis à envisager la mienne non comme ma mère, mais comme un personnage de roman. Une femme dont la vie fut riche, imprévue, mouvementée, dramatique. Un être humain ni plus ni moins mystérieux que tous ceux que nous croyons connaître. Quelqu'un qui vous inspire l'envie de dessiner un portrait et le plaisir de raconter une histoire. On trouvera peut-être ici une clé pour certains de mes romans, comme 'Le Palais d'hiver' ou 'Ciné-Roman'. Ici, la mère est peinte dans sa vérité, même s'il reste beaucoup à supposer, à imaginer, à inventer sur ce personnage toujours double : la mère et une inconnue. »

Un portrait, donc, d’Andrélie, c’est le prénom que choisit Roger Grenier pour ce portrait. Elle s’appelait en fait Philomène, Andrélie, Louise, Elisabeth Calmel.
« Andrélie, à cause de la musique, trois syllabes qui finissent dans un murmure liquide, comme un ruisseau se délasse dans une prairie, après avoir longtemps rebondi sur des cailloux. »…

Un portrait illustré de nombreuses photographies parce qu’Andrélie « n’aurait su s’en passer dans la vie familiale. Chacun avait son appareil…[…] Pas d’excursion, de partie de pêche, de fête sans photos. Sans compter les mariages, anniversaires, où l’on allait poser chez le photographe professionnel, devant un paysage en toile peinte, pour un portrait dûment retouché. »

Portrait fidèle?

" La mémoire est déjà elle-même un romancier. La plupart du temps, elle invente, plus qu'elle ne restitue une copie conforme. Nous déformons nos souvenirs, en toute bonne foi, sous la pression de nos sentiments, de nos goûts, de nos passions. Les trahisons de la mémoire sont plus utiles à l'écrivain que sa fidélité. On pourrait dire, sans faire de paradoxe, que plus elle est menteuse, plus elle est véridique. Elle s’accorde à ce qu’il y a de plus profond en nous. Je veux dire que si ma mémoire me trompe, c’est qu’elle sert mieux ce que j’ai à dire, ou que je cherche toujours à dire, plus ou moins consciemment.»


Une battante, une indépendante, une chef d’entreprise ce qui constituait probablement un genre d’exception à son époque … mais fantasque, touchante, naïve, passionnée. Roger Grenier ne l’idéalise pas. Il montre toutes ses facettes avec tendresse, parfois humour et d’une écriture limpide, très agréable à lire.

Andrélie est née à la campagne dans une région de vignes, de châtaigniers et de pierres où son père trouve tout de même le moyen de croiser une actrice et de s’en aller avec elle. A partir de ce moment-là, la mère d’Andrélie n’assume plus son rôle de mère. Ce sont les bonnes sœurs (« huit ans de bagne »), puis une tante à Paris qui prennent le relais.

Andrélie va apprendre le métier d'opticienne. Une première petite boutique rue Rambuteau à Paris, puis une plus grande à Caen, trois autres dans le Béarn par la suite. Ce sont sa santé fragile et les aléas de la vie qui l’amènent à changer de région. Elle a l’air de toujours rebondir, longtemps un peu plus haut même…Son mari très absent et alcoolique ne l’aide guère. Vient toutefois le moment où elle fait faillite, ouvre un cinéma ( !) où ses choix sont peu adaptés à l’époque et à la clientèle locale : c’est un gouffre qu’elle tient « comme un salon »…


" Je voudrais parler de moi le moins possible. Simplement, à chaque ligne, il sera sous-entendu que nous nous aimions. "

Portrait d’une mère, Andrélie est aussi le portrait de lieux et d’une époque marquée par la guerre.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Roger Grenier   Ven 22 Jan 2010 - 17:27


Dans le secret d’une photo
Citation :
Présentation de l'éditeur
Si j'ouvre mes vieux albums, les compagnons d'autrefois, la plupart disparus, me regardent. C'est un plaisir un peu triste et puis, d'autres jours, un face-à-face avec le néant. Certains, certaines étaient jeunes et séduisants, vraiment beaux. Ils n'auront jamais été vieux. Au bout d'un moment, il est intolérable de se dire qu'ils sont dans une tombe, ou réduits en cendres. Je referme l'album. Devant ces photos d'autrefois, j'ai l'impression que le présent est un pays étranger. J'y vis en exil.

Roger Grenier ouvre son album de photos pour ses lecteurs.. et sans nous les montrer, il les fait revivre avec ses mots, c’est sublime !
Je ressors de cette lecture avec un super grand sourire de lectrice méga contente.
Quel talent pour raconter, pour enchainer des petites anecdotes, de faire revivre ses souvenirs en nous donnant des images, des mots, du rire

Mais pas seulement les souvenirs sont sujets de ce livre. Il s’agit aussi et surtout de photographie – de celle en générale et de celle qui a influencé depuis le début la vie de Roger Grenier.

La photo, le temps qu’on a son appareil dans la main, change aussi votre rapport aux autres. « Tout le monde se rend compte que vous avez un avantage, écrit Diane Arbus. Il y a dans cet objet que vous portez une certaine magie qui leur fait quelque chose. Cela les fige d’une certaine façon. »

J’aime bien ses histoires autour de photos, appareil photos, mémoires personnels, citations et :

J’aimais mieux un vieux reporter grognon qui ratait souvent ses photos. Trotskiste par ailleurs, il m’emmenait dans une boutique en étage, boulevard de Sébastopol, où des gens de son clan vendaient des pellicules à prix réduit. Aujourd’hui on a peine à croire que tels furent les débuts de la Fnac. intense reflexion

Et c’est ainsi plein de noms de photographes, de gens rencontrés, de petites histoires qui font du bien ..


À Saint-Pétersbourg, par une faveur spéciale, grâce à mes amis Saint-Hippolyte, j’ai pu m’asseoir derrière le bureau sur lequel Dostoïevski a écrit Les frères Karamazov.
[…]
Le lendemain, descendant d’un canot après une promenade sur la Neva, j’ai fait une chute et l’Olympus a été détruit. En me photographiant, moi indigne, assis à la place de Dostoïevski, mon appareil a dû penser qu’il ne ferait jamais mieux.


Livre à lire et relire !

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kenavo
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MessageSujet: Re: Roger Grenier   Mer 3 Fév 2010 - 9:34


Les Embuscades
Citation :
Présentation de l'éditeur
Sur les traces d'une jeune femme, Constance, dont ils sont tous plus ou moins amoureux, les héros de ce roman se trouvent jetés dans quelques événements historiques brûlants : Résistance, franchissement clandestin des Pyrénées, prise de l'Hôtel de Ville et Libération de Paris, guerre civile de Grèce... Mais l'appel de l'histoire pèse toujours moins que celui de deux yeux gris, d'un regard perdu, au bord des larmes...

Je reviens vers cet auteur parce que j’ai adoré ma lecture de Dans le secret d'une photo et c’est dans ce livre qu’il a mentionné son roman Les Embuscades en disant qu’il y avait aussi sujet d’un photographe.

En effet, il donne à son narrateur la profession de photo-journaliste, mais ce n’est pas le fil principal de ce roman. Les désarçonnements de notre héros sont causés plus par Constance que par les moments de l’histoire qu’ils vont vivre ensemble.

Néanmoins les images qu’il donne au lecteur sentent du vécu (pour une anecdote on peut être certaine parce qu’il la raconte Dans le secret d’une photo l’ayant vécu lors de la libération de Paris) et c’est intéressant, bien écrit et pour ma part de telle sorte que je suis entrée dans ce livre sans vouloir y sortir avant la fin.

Très bon moment de lecture et je vais continuer avec cet auteur

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monilet
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MessageSujet: Re: Roger Grenier   Mer 5 Sep 2012 - 17:27

Tu pourrais lire, si ce n'est fait, Le palais des livres, une suite d'essais à propos de thèmes en relation avec l'écriture. je termine ce livre assez court (164 p.) que j'ai parcouru assez vite, tant l'auteur sait retenir l'attention. Les sujets abordés sont :

- le fait divers (en écriture)
- L'attente( de rien, comme absolu)
- Le suicide (comme dernière liberté, vu par les écrivains)
- Vie privée et écriture (rapports éventuels)
- Ecrire l'amour
- la nouvelle (une demi-heure chez le dentiste)
- L'inachevé
- Ai-je encore quelque chose à dire
- Pourquoi écrire ("pour être aimé", titre du chapitre, bien plus divers)

Des réflexions très intéressantes, parfois passionnantes.
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bix229
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MessageSujet: Re: Roger Grenier   Mer 5 Sep 2012 - 18:25

J' aime beaucoup Roger Grenier, excellent écrivain et surtout grand nouvelliste. Ecivain engagé, grand érudit, mais modeste, courageux, anti conformiste (il ose égratigner des écrivains consacrés comme Proust).
Il a la tete pleine de souvenirs, Grenier, et quand on a près de cent ans, on les utiliise dans son oeuvre. Mais Grenier sait trier,classer et tranfigurer l' étoffe de ses souvenirs. Et puis, comme Tchékhov, son maitre, il préfère toujours suggérer qu' imposer. Il faut bien le connaitre pour bien l' apprécier. Il est tellement modeste, discret, que, pour un peu, il se rendrait invisible...


Dernière édition par bix229 le Mer 5 Sep 2012 - 18:44, édité 1 fois
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kenavo
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MessageSujet: Re: Roger Grenier   Mer 5 Sep 2012 - 18:30

monilet a écrit:
Tu pourrais lire, si ce n'est fait, Le palais des livres, une suite d'essais à propos de thèmes en relation avec l'écriture. je termine ce livre assez court (164 p.) que j'ai parcouru assez vite, tant l'auteur sait retenir l'attention.
je l'ai noté, il va paraître en octobre en poche Wink



et comme couverture l'avatar d'Emmanuelle Caminade Very Happy

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